Le boulevard Saint-Germain est un boulevard de la rive gauche de Paris, , et en raison de la proximité de l'église Saint-Germain-des-Prés qui lui est dédiée.
Situation et accès vignette|Boulevard Saint-Germain, à l'angle de la rue de Buci et de la rue du Four. Long de et large de environ, le boulevard Saint-Germain part de la Seine au coin du quai Saint-Bernard et face à l'île Saint-Louis, dans le , longe le fleuve à quelques centaines de mètres au pied de la montagne Sainte-Geneviève, puis traverse le et rejoint à nouveau la Seine au niveau du quai d'Orsay, dans le . C'est la principale voie du Quartier latin et du faubourg Saint-Germain, avec le boulevard Saint-MichelBelleret, Le Monde, 25 février 2005. et la rue Saint-Jacques.
Origine du nom Son nom lui vient du faubourg Saint-Germain que traverse le boulevard.
Historique C'est l'un des projets conçus personnellement par le baron Haussmann lors des travaux de transformation de Paris sous le Second Empire. Il complétait sur la rive gauche les boulevards de la rive droite et facilitait la desserte est-ouest des quartiers
centraux sur la rive gauche. Il ne fut cependant achevé que sous la République, par l'ouverture de son tronçon central (entre les rues Hautefeuille et des Ciseaux) en 1877..
Le percement du boulevard Saint-Germain a entraîné la démolition d'un nombre important d'anciens hôtels du faubourg Saint-GermainSelon le Journal des débats politiques et littéraires du 14 avril 1911, le percement du boulevard Saint-Germain a entraîné la démolition des hôtels de la Force, Samuel-Bernard, de Broglie, de Montmorency et de Bentheim.. Il a également absorbé plusieurs rues, dont notamment : la rue des Noyers, entre la place Maubert et la rue de la Harpe (y compris l'ancienne rue du Foin, entre la rue Saint-Jacques et la rue de la Harpe, qui lui a été réunie en 1851) ; la rue des Deux-Portes-Saint-André, entre la rue Hautefeuille et la rue de la Harpe (dans la partie incorporée au boulevard Saint-Michel) ; la partie occidentale de la rue de l'École-de-Médecine (entre la place Henri-Mondor et la rue de Buci), autrefois dénommée sur cette section « rue des Boucheries » (on y comptait vingt-deux étals de boucherie pendant la Révolution) ; une partie de la cour du Commerce-Saint-André; la rue des Lavandières-Saint-Jacques (rue des Lavandières-Maubert, rue des Lavandières-place-Maubert); la rue d'Erfurth ; la rue Childebert ; la place Gozlin ; la partie de la rue Gozlin touchant à la même rue de Buci ; le carrefour Saint-Benoît ; la rue Taranne (entre la rue de Rennes et la rue des Saints-Pères) ; la partie orientale de la rue Saint-Dominique (à partir de la rue des Saints-Pères) ; la halle aux veaux de Paris.
On peut constater que plusieurs maisons de ces rues disparues ont été conservées, car elles se trouvaient par hasard dans l'alignement du boulevard. On peut ainsi retrouver le côté impair de la rue de l'École-de-Médecine place Henri-Mondor ; son côté pair entre la rue de Seine et la rue de Buci ; tout le côté impair de la rue Taranne ; et tout le côté pair de la rue Saint-DominiqueLéonard Pitt, Paris, un voyage dans le temps, Parigramme, 2008, , , 115, 131 et 134-135..
En , à l'occasion de leur visite en France, le tsar russe Nicolas II et son épouse Alexandra empruntent le boulevard Saint-Germain, le trajet devant les conduire à l'ambassade de Russie, pages 1-2..
Le 11 mars 1918, durant la Première Guerre mondiale, les boulevard Saint-Germain sont touchés lors d'un raid effectué par des avions allemands.. Le 30 mars 1918, un obus lancé par la Grosse Bertha explose au carrefour Saint-Germain-Buci.. Le , un autre obus tombe au .
En , entre et manifestants étudiants du Quartier latin qui voulaient marcher en direction du palais Bourbon sont stoppés par des gardiens de la paix au carrefour des boulevards Saint-Michel et Saint-Germain. Peu après, l'Assemblée nationale vote à l'unanimité un vœu condamnant des violences policièresEmmanuel Blanchard, « Quand les forces de l'ordre défient le palais Bourbon (13 mars 1958). Les policiers manifestants, l'arène parlementaire et la transition de régime », Genèses, 2011/2 (), ..
Une partie des événements de Mai 1968 se déroula sur le boulevard.
Le boulevard a longtemps abrité des maisons d'édition et des librairies, par exemple des éditions médicales à proximité de la faculté de médecine. Au fil des années, elles ont tendance à être remplacées par des magasins de mode et des restaurants.
Bâtiments remarquables et lieux de mémoire
Section du : du pont Sully au boulevard Saint-Michel thumb|Le boulevard Saint-Germain vu depuis la rue du Cardinal-Lemoine en direction de la place Monge.
: le photographe Eugène Pirou a eu ses studios dans cet immeuble en 1889. : immeuble étroit construit à la place du mur de l'enceinte de Philippe AugusteDominique Lesbros, Paris, immeubles insolites, Parigramme, 2015.. Selon Alexandre Gady, il s’agit d’un ancien passage issu d’un lotissement du début du .. : emplacement du bar Le Thélème, lieu d’une fusillade entre la police et le gang des « Pieds-Noirs » des frères Zemour, le .. : en 1905, Alain-Fournier suit Yvonne de Quiévrecourt jusqu'à cette adresse, où elle était en vacances, chez une grand-tante.. : consulat général d'Uruguay dans les années 1920« Legaciones y Oficinas de Pasaportes », La Semaine à Paris, 21 novembre 1924, p. IV, sur Gallica.. 21 : immeuble de 1881-1882 construit par l’architecte Jean Boussard« 21, boulevard Saint-Germain », sur pss-archi.eu.. Les cariatides encadrant l’entrée, privées de bras et de jambes, sont en outre tournées de profil (on en trouve un autre exemple au 66, avenue Kléber, à l’entrée d’un immeuble également réalisé par Jean Boussard). : André Pieyre de Mandiargues et Henri Cartier-Bresson y vécurent. Leonor Fini y vécut également, lors de sa liaison avec Mandiargues commencée en 1932Vincent Guiroud, « Leonor Fini et André Pieyre de Mandiargues : un roman inachevé », Non-Fiction, 22 mars 2011.. : ici avait lieu pendant le siège de Paris le conseil municipal de Bourg-la-Reine, qui se réunit de au dans un premier temps, dans l'ancien immeuble (l'immeuble actuel date de 1890), puis au rue de RennesXavier Lenormand, Bourg-la-Reine, Histoire des Rues, PAO Imprimerie Nouvelle Orléans, , 1994 , .. : Georgette Elgey y a vécu jusqu’à sa mort. : restaurant Le village Ronsard. Dans le film de Jean-Pierre Melville, Le Cercle rouge tourné en 1970, Bourvil habite au-dessus du restaurant. : hôtel particulier du , autrefois situé rue des Noyers. Armand Salacrou y a vécuArchives départementales de la Seine-Maritime, registre matricule 1R3472.. : bâtiment de l'École spéciale des travaux publics, construit à l'emplacement d'une rangée de maisons anciennes dont l'une vit naître Alfred de Musset en 1810. : hôtel particulier du , autrefois situé rue des Noyers..
: en 1864 est construit le théâtre de Cluny, sur une partie du site de l'ancien couvent des Mathurins qui vient d'être démoli. Jusqu'à la fin du , il est célèbre pour les opérettes et les pièces de boulevard qui y sont jouées. En 1933, il est transformé en cinéma, renommé Cluny-Palace, conservant sa façade d'origine et sa salle de neuf cents places dotée d'un balcon. En 1948, François Truffaut y organise des séances de son cercle Cinémane. Durant l'été 1972, la salle est scindée en deux sur la hauteur, chacune proposant trois cent cinquante places. Le cinéma ferme une première fois en 1985, est repris par une nouvelle équipe qui le rouvre l'année suivante en orientant la programmation vers les films d'art et essai mais le Cluny-Palace finit par définitivement fermer en 1989.. En 1991, la Fnac y installe une librairie internationale, proposant des ouvrages dans des langues principalement européennes, ainsi qu'en arabe et dans certaines langues asiatiques. Sur trois niveaux, l'immeuble fait alors de surface.. Si l'enseigne Librairie internationale a été conservée sur la façade, lui succèdent un magasin de micro-informatique puis, jusqu'à nos jours, un centre de salles de sports.. : immeuble où demeura et se pendit le docteur Simon Noël Dupré (1814-1885), professeur d'anatomie et de chirurgie, poète, chansonnier et homme politique français.
Section du : du boulevard Saint-Michel à la rue des Saints-Pères
: librairie Hachette, fondée en 1826 par Louis Hachette, remplacée par une banque depuis 1994. Sur le mur même de la librairie, on pouvait lire une plaque rappelant l'emplacement de l'hôtel d'Aligre où Charles Baudelaire est né en 1821Paris, Guide bleu Hachette, 1988, . ; le trophée de la première Coupe de France de football y fut exposé pendant plusieurs semaines aux yeux du public, avant la finale jouée le .. : Édouard Branly (1844-1940), physicien et médecin français, pionnier de la radio, habita cet immeuble. : l'architecte Charles Garnier y est mort ; une plaque lui rend hommage. : cinéma UGC Danton. : le médecin Arnold Netter y a vécu ; une plaque lui rend hommage. : le Journal des économistes y tint son siège au et au . : siège de La Revue politique et littéraire et de La Revue scientifique dans les années 1870-1890. : appartement de Pierre-Charles Pathé, et siège du Comité des intellectuels pour l'Europe des libertés. : cinéma MK2 Odéon (côté Saint-Germain). : « maison à loyer » (Victor-Auguste Blavette architecte)Antonin Raguenet, Monographies de bâtiments modernes (Paris : Librairie d'architecture), 143e numéro, monographie 113.. Dernier domicile parisien d’Yves Montand, où un hommage lui fut rendu à sa mort le . , à l'angle de la rue Grégoire-de-Tours : immeuble construit en 1877-1879 par Charles Garnier pour le Cercle de la librairie, association professionnelle des métiers du livre. Le bâtiment sur la rue Grégoire-de-Tours a été prolongé à la fin du . Il abrite aujourd'hui l'école de journalisme et l'école urbaine de l'Institut d'études politiques de Paris. À l'occasion de l'aménagement d'une partie de cet immeuble en surface commerciale, des archéologues de l'Inrap ont mené des fouilles préventives en 2025. Sous les fondations, ils ont mis au jour des vestiges datant du : remblais, fosses, ainsi que des indices d'activités artisanales liées à la tabletterie et/ou à la boucherie.. : plaque de la Ville de Paris en hommage au docteur Pierre Simon.. Au dessus de la porte d'entrée se trouve la marque de la Librairie Masson. : la Librairie polonaise de Paris. : cinéma UGC Odéon. : l'écrivain Gilbert Cesbron y vit de 1946 à 1979 ; une plaque lui rend hommage. Entre les : une plaque rappelle les massacres de Septembre 1792.
: l'anarchiste Ravachol fit en partie sauter cette maison le . Dans les années 1930, l'immeuble est acheté par un couple de commerçants juifs venus de Roumanie, dont hérite ensuite leur fille Yolande. Emprisonnée dix ans en Roumanie pour des raisons politiques, celle-ci revient ensuite à Paris, s’installe au sixième étage du bâtiment, loue le reste des appartements et gère au rez-de-chaussée une boutique de vêtements pour hommes avec son mari. Il meurt de la maladie de Parkinson dans les années 1990. Sans enfant, elle consacre alors son héritage à lutter contre cette maladie avec la fondation de France, créant à cet effet la fondation Schutzman-Zisman, du nom de ses parents, désormais inscrit au-dessus de la porte de l'immeubleNathalie Birchem, « La postérité de l’immeuble de Yolande », la-croix.com, 7 novembre 2017..