Giuseppe Conte (), né le à Volturara Appula (province de Foggia), est un juriste et homme d'État italien, membre du Mouvement 5 étoiles (M5S) depuis 2021. Il est président du Conseil des ministres de à .

Né dans les Pouilles, il étudie le droit à l’université de Rome « La Sapienza » et devient professeur universitaire de droit privé. Il entre en 2013 au Conseil de la justice administrative.

Pendant la campagne pour les élections générales de 2018, le M5S annonce qu’il sera nommé ministre pour l'Administration publique en cas de victoire du parti. Alors inconnu du grand public, Conte devient finalement président du Conseil dans le cadre d’une alliance entre le M5S et la Ligue. Il avait initialement renoncé à cette fonction après un désaccord avec le président de la République sur le choix du ministre de l'Économie.

Il assume le discours eurocritique des partis de sa majorité, s'opposant à la Commission européenne sur son projet de budget pour 2019 et en mettant en cause l'action européenne dans la gestion des flux migratoires. En , après avoir démissionné à la suite de dissensions internes à la majorité puis de la demande du vice-président du Conseil Matteo Salvini d'organiser des élections anticipées, il compose un nouvel exécutif dans le cadre d'un accord entre le M5S et le Parti démocrate (PD).

Il quitte la tête du gouvernement après la défection d’Italia Viva de Matteo Renzi. Peu après, il rejoint et prend la présidence du M5S, dont il était proche depuis son entrée en politique en 2018. Il est élu député aux élections parlementaires de 2022.

Situation personnelle Origines Giuseppe Conte naît le à Volturara Appula, un village de situé dans la région méridionale des Pouilles. Son père est fonctionnaire municipal et sa mère institutrice..

Formation Il étudie le droit à l'université de Rome « La Sapienza », où il rédige une thèse sous l'autorité de Giovanni Battista Ferri, dont il devient par la suite assistant..

Il affirme avoir effectué des formations de perfectionnement juridique à l'université Yale (New Haven, 1992), à l'université Duquesne (Pittsburgh, États-Unis, 1992), au (Vienne, 1993), à l'université Paris 1 (Paris, 2000), au Girton College (Cambridge, 2001) et à l'université de New York (New York, 2008 et 2009), formations qui sont néanmoins remises en cause., de même qu'un soutien controversé à la méthode Stamina..

Selon la presse italienne, qui rapporte des propos du New York Times, Giuseppe Conte aurait falsifié son curriculum vitæ en prétendant avoir fait une partie de ses études à l'université de New York, ce qu'a démenti la porte-parole de la faculté américaine. De même les universités Duquesne de Pittsburgh, celle de Malte et de l'Internationales Kulturinstitut de Vienne n'auraient pas de trace de lui dans leurs répertoires. Il aurait également prétendu avoir été désigné comme expert au « Social Justice Group de l'Union européenne », mais ce groupe n'existe pas.. La Sorbonne n'a pas non plus répertorié le nom de Conte dans ses registres..

Carrière professionnelle Il travaille comme boursier auprès du Conseil national de la recherche (CNR) en 1992-1993.

Il est professeur de droit privé à l'université de Florence et professeur adjoint à l'université LUISS de Rome...

Le , il est élu membre du Conseil de présidence de la Justice administrative (CPGA) par la Chambre des députés, sur proposition du Mouvement 5 étoiles. Il en est ensuite désigné vice-président.

Il dirige une collection chez l'éditeur Laterza sur les « maîtres juridiques ». Il appartient à l'Association Henri-Capitant.

Vie privée Séparé de sa compagne, Valentina Fico, il est père d'un garçon né en 2007.. Alors qu'il est chef du gouvernement, la presse révèle que sa compagne est Olivia Paladino, fille de l'entrepreneur romain Cesare Paladino et de l'actrice suédoise Ewa Aulin. Il est de confession catholique..

Une opération du ménisque l'a privé de son rêve de devenir joueur de football professionnel ; il est un supporter de l'AS Roma..

En 2019, il déclare un revenu annuel supérieur à un million d'euros..

Ascension politique Débuts vignette|Giuseppe Conte se rapproche du M5S en 2018. Giuseppe Conte dit avoir le cœur qui bat traditionnellement à gauche. En 2013, le dirigeant du Mouvement 5 étoiles (M5S) Luigi Di Maio lui propose de le soutenir pour intégrer le Conseil de justice administrative, mais Conte lui indique n'avoir pas voté pour le M5S et ne pas s'en sentir proche..

Élections générales de 2018 Cependant, pendant la campagne des élections générales de 2018, il est présenté comme futur ministre pour l'Administration publique dans un éventuel gouvernement dirigé par Di Maio. Il lui revient de présenter le projet du parti dans ce domaine. Il s'engage alors à simplifier le cadre normatif, combattre l'hypertrophie de normes et appelle à un recensement de l'ensemble des règles existantes afin d'abroger les lois jugées inutiles..

Président du Conseil des ministres Première désignation avortée gauche|vignette|Giuseppe Conte (à droite) et le président de la République, Sergio Mattarella, lors d'un entretien au cours duquel il est chargé de former un gouvernement.

En , deux mois après les élections, il est proposé pour devenir président du Conseil des ministres, à la tête d'un gouvernement de coalition entre le Mouvement 5 étoiles et la Ligue du Nord.. Cette proposition apparaît à la suite de deux entretiens entre, d'une part, le président de la République, Sergio Mattarella, et d'autre part, Luigi Di Maio et Matteo Salvini, chefs de file respectifs du Mouvement 5 étoiles et de la Ligue.

Le , à la suite de la proposition faite par les deux vainqueurs des élections, le président de la République annonce un temps de réflexion et de consultation avec le président de la Chambre des députés Roberto Fico et la présidente du Sénat Elisabetta Casellati, mettant en doute l'autonomie future d'un président du Conseil nouveau en politique face aux poids lourds des partis élus, dans un contexte de mise en garde par la Commission européenne face aux possibles dérapages budgétaires..

Il est finalement chargé par Mattarella, le , de former un gouvernement, ce qu'il accepte .. L'annonce de la composition du gouvernement est alors fixée au ., mais cette date est cependant repoussée, du fait des désaccords portant sur la composition du gouvernement.

Mattarella s’oppose notamment à la nomination de l'eurosceptique Paolo Savona au poste de ministre de l'Économie et des Finances.. Face à l'opposition du président sur cette question, Conte rend son mandat et renonce à constituer un gouvernement le ... À la suite de ce refus, le chef de l'État confie le mandat à Carlo Cottarelli, ancien cadre du FMI, de façon à constituer un gouvernement technique. En réaction, Luigi Di Maio menace de demander la destitution du président de la République..

Deuxième désignation et prise de fonction

La formation d'un nouveau gouvernement technique est ensuite gelée et Di Maio annonce la possibilité d'un compromis avec le président en vue de former un gouvernement.. Il ajoute que son allié Salvini s'est montré défavorable à la demande de destitution de Mattarella.. Le , le M5S et la Ligue annoncent finalement un accord pour la formation d'un gouvernement entre leurs deux formations.. Cottarelli renonce le soir même à former un gouvernement.. La coalition désigne alors de nouveau Conte pour diriger le gouvernement, ce que Mattarella accepte..

Il prête serment le .. Cet exécutif est alors présenté par la presse italienne et étrangère comme le premier gouvernement populiste d'Europe occidentale... Après un discours de Giuseppe Conte devant le Sénat de la République, le , le gouvernement obtient la confiance par 171 votes favorables, 117 contre et 25 abstentions., et le lendemain, celle de la Chambre des députés par 350 votes pour, 236 contre et 35 abstentions..

Le journaliste Matteo Pucciarelli indique : « Le M5S prend la direction des ministères dotés d’un fort poids socio-économique, tandis que la Ligue obtient ceux qui revêtent une dimension symbolique et identitaire. [...] Mais la formation du gouvernement est, depuis le début, soumise à la surveillance de l’« État profond » italien : la présidence de la République (M. Sergio Mattarella), la Banque d’Italie, la Bourse et, surtout, la Banque centrale européenne. Celui-ci veille à ce que les ministères qui comptent vraiment en matière d’économie (les finances et les affaires européennes) échappent aux deux partis ».

Le vote de confiance est l'occasion pour Giuseppe Conte de présenter le élaboré par le M5S et la Ligue. S'il affirme que , il appelle l'Union européenne à devenir . Il s'exprime notamment sur la question migratoire, affirmant que car . Se disant favorable à , il indique sa volonté de mettre fin . Dans le domaine économique, il juge que la dette publique italienne est , concédant qu'elle doit être réduite mais . Il s'engage en outre à diminuer les impôts, augmenter les aides sociales et réduire l'écart entre la croissance économique italienne et celle de l'UE..

Bien qu'il ne soit pas le premier chef de l'exécutif , il est le premier président du Conseil à n'avoir aucune expérience de gestion gouvernementale ou administrative..

Mesures économiques vignette|Giuseppe Conte participe en au sommet des pays du sud de l'Union européenne à Malte.

Le , Giuseppe Conte annonce que l'Italie ne modifiera pas son projet de budget pour 2019 malgré le non-respect des critères européens en matière de réduction de la dette publique mis en avant par la Commission européenne (celle-ci réclame au pays quatre milliards d’euros d’économies en plus de déjà consentis).. En , une procédure de sanction à l'égard de l'Italie est lancée par l'Union européenne.. Le déficit prévu pour l'année 2019 (2,4 %) s'inscrit cependant dans la continuité des années précédentes (2, 5 % en 2016 et 2,3 % en 2017).

Finalement, le gouvernement italien accepte de reporter de six mois la mise en place du revenu universel, proposé par le M5S, et l’abaissement de l'âge légal de départ à la retraite, défendu par la Ligue... La loi de finances pour 2019 prévoit ainsi un déficit public de 2,0 % du PIB (contre 2,4 % initialement) et une croissance ramenée à 1 % (contre 1,5 % auparavant).. Le , les députés italiens approuvent ce nouveau budget..

Le gouvernement promet des privatisations massives à la Commission européenne. Les actifs cessibles devraient être essentiellement immobiliers, les gouvernements précédents ayant déjà privatisé la plupart des entreprises publiques. Une amnistie fiscale, mesure défendue par la Ligue, est adoptée afin d'éponger les contentieux dans la limite de euros. Une baisse de la fiscalité pour le petit patronat et les travailleurs indépendants est également décidée et doit par la suite concerner l’ensemble de l’impôt sur les sociétés, selon un mécanisme de flat tax (système d’imposition à taux unique), tout en avantageant principalement les revenus les plus élevés. Le gouvernement met en place une mesure provisoire, pour la période 2018-2021, permettant de partir à la retraite à 62 ans avec au moins 38 années de cotisations.

Politique internationale Il se présente le devant le Parlement européen pour y tenir un discours dans lequel il fustige une Union européenne oligarchique et des élites qu'il appelle à tenir compte des intérêts des peuples. Dénonçant l'austérité et estimant que l'économie a pris le pas sur le pouvoir politique, il présente son programme de gouvernement comme le plus grand plan de réformes structurelles jamais conçu. Il appelle à relancer la solidarité dans les domaines de la fiscalité et de l'immigration : selon lui, l'Europe est hypocrite sur cette dernière question, notamment parce que le système de répartition des migrants ne fonctionne pas. Il estime enfin que les États membres ne doivent pas avoir peur du conflit.