La connaissance de soi est le savoir qu'une personne acquiert sur elle-même, en termes psychologiques ou spirituels, au cours de sa vie à l'occasion de ses expériences.

La connaissance de soi-même est un ordre particulier de connaissance dans la mesure où, à son foyer même, le sujet connaissant et l'objet à connaître sont confondus, il est « juge et partie ». Cette difficulté centrale rend impérative une recherche exigeante de l'objectivité si cette connaissance doit être de quelque conséquence.

La connaissance de soi sollicite la rectitude de la pensée, l'esprit critique et une certaine considération pour le « regard » extérieur des autres. Par sa nature subjective, elle sollicite pour se consolider les exigences métacognitives et en retour, le gain de lucidité sur les caractéristiques personnelles rend possible un savoir plus consistant.

Une utilité variable

À en croire de grands auteurs, la connaissance de soi a des avantages variables et peut même être repoussée comme nuisible à celui qui s'y engage.

Pascal en fait une priorité :

Marguerite Yourcenar en parle comme d'une expérience essentielle : Marguerite Yourcenar, Mémoires d'Hadrien.

On peut cependant penser le contraire, tel Anatole France confiant :

Différentes exigences

En relation avec la relative diversité des personnes et de leur philosophie, la connaissance de soi peut répondre à des exigences diverses, mobilisant un individu plutôt qu'un autre, à tel moment de la vie ou à tel autre : "nécessité intérieure" ; goût de l'introspection ; curiosité pour le "mystère personnel" : Saint Augustin exigence de lucidité ; retour de l'esprit critique sur lui-même : Socrate d'après Charmide de PlatonPlaton, Charmide,texte intégral et une inscription sur le fronton du Temple de Delphes en Grèce. culture du libre-arbitre : . Spinoza. "agir en accord avec soi" ; effort de congruence ou de réelle motivation ; renforcement de l'estime de soi l'individuation ; découverte de sa vocation, son potentiel, son "horizon des possibles" : . Pindare maîtrise de soi-même ; s'améliorer ; améliorer ses relations : Michel de Montaigne, Essais 2.2 Montaigne des choix pertinents ; maîtriser son destin ; anticiper : Carl Gustav Jung le sens de sa vie : Paul Valéry ou encore

Quel est le soi à connaître ?

La question de la connaissance de soi renvoie avant tout à l'interrogation sur ce qu'il faut considérer comme le "soi".

Cette connaissance peut donc avoir tout ou partie des formulations suivantes : Que suis-je en tant qu'humain ?… dans le cosmos ou dans la biosphère ? Que suis-je en tant qu'être humain inscrit dans une histoire ?… en tant qu'homme ou femme... : en tant que membre de telle culture à telle époque ?… en tant qu'enfant de tel couple ? etc. Qu'en est-il de mon caractère ? ma personnalité ? Que suis-je comme être singulier (quelle est mon ipséité ?) ? Que suis-je de plus que la résultante de mes déterminations et de mes conditionnements ? Suis-je un être libre ? Suis-je conscient ou puis-je devenir conscient de tout ce qui me détermine ?

Une grande partie de la difficulté de cette quête provient de l'intrication de ces questions : comment se situer personnellement sans un début de réponse d'ordre cosmologique ? Comment cerner la place de l'humain sans avoir arpenté son propre univers intérieur ? C'est là la question.

Ensuite, la question renvoie à celle de la connaissance elle-même : "je vois que je me désaltère parce qu'une sensation appelée soif m'y a poussé... ou que je suis violent parce que l'amour maternel a manqué...". Est-ce tout ce qu'il y a à connaître à ce propos ? Quand donc faut-il arrêter les investigations ? Comment intégrer les données fournies par autrui ? Quel degré d'incertitude accepter ? Quelle place effective tient cette connaissance : une information anonyme ou une véritable compréhension ?

Histoire du concept "Gnothi seauton" en grec ou "Nosce te ipsum" en latin Connais-toi toi-même, formule inscrite sur le fronton du temple de Delphes, dont Socrate a fait sa devise, initiant par là même une tradition millénaire qui ne sera contestée sérieusement que 2500 ans plus tard par Nietzsche, qui transformera la formule : "Chacun est à soi même le plus proche" en "chacun est à soi-même le plus lointain". Presque tous les philosophes occidentaux se sont prononcés sur l'interprétation juste de ces mots. Descartes fera de la formule du fronton du temple de Delphes le fondement de sa métaphysique, le cogito : je pense, je sais que je pense, c'est une certitude.

Articles connexes

Liens externes

Bibliographie Marguerite Yourcenar, Mémoires d'Hadrien. Michel de Montaigne, Essais 2.2 Krishnamurti, De la connaissance de soi. (1948-1950). Traduction de Carlo Suares.

Références

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