Jean-Paul Belmondo, né le à Neuilly-sur-Seine (Seine) et mort le à , est un acteur français.
Il est révélé notamment par un film de la Nouvelle Vague À bout de souffle (1960) par lequel il accède à la célébrité internationale. Par la suite, il confirme dans d'autres films tels que La ciociara (1960), Le Doulos (1962), L'Homme de Rio (1964), qui modernisent aussi le cinéma. En 1971, il devient en parallèle producteur et distributeur de films. En 1975, il oriente sa carrière d'acteur vers un cinéma commercial. Il connait alors plusieurs succès dans des polars tels que Peur sur la ville (1975) et dans des comédies telles que L’As des as (1982). Ayant joué aussi au théâtre à ses débuts, il retrouve la scène dans Kean (1987) et connaît le succès. Il alterne ensuite le théâtre avec un cinéma moins commercial et produit également la pièce Le Dîner de cons (1993) avant qu'un AVC en 2001 l'éloigne un temps de ses activités.
Il a joué régulièrement des héros courageux et virils et des anti-héros. Son jeu est caractérisé par un certain naturel à la gouaille, à la raillerie, à l'empathie et à la fougue effectuant souvent les cascades. Il demeure par ses rôles une icône du cinéma français. Sa carrière est également marqué par une période italienne de quatre films. Il a été nommé au BAFTA pour Léon Morin, prêtre (1961) et Pierrot le Fou (1965). Il a également obtenu le Prix Brigadier pour Kean et des prix honorifiques comme la Palme d’honneur à Cannes et le Lion d’or à la Mostra de Venise pour sa carrière.
Biographie Origines et formation Jean Paul Charles Belmondo... naît à Neuilly-sur-Seine. Ses parents sont Paul Belmondo (1898-1982), sculpteur français de renom d'origine piémontaise et sicilienne, né à Sidi M'Hamed (ex-Mustapha, devenu en 1904 un quartier d'Alger), et de Madeleine Rainaud-Richard (1901-1997), une artiste-peintre qui a rencontré son futur mari sur le banc de l'École nationale supérieure des beaux-artspage 11. de Paris. Il a un frère ainé Alain (1931-2025) producteur de cinéma, et une sœur cadette Muriel (1945-) qui fit une brève carrière d’actrice dans quelques films de son frère.
Jean-Paul Belmondo vit ses premières années au 14 villa Saint-Jacques à Paris, puis en 1938, sa famille emménage au , son père a son atelier dans d'anciennes écuries au Belmondo, Biographie de Philippe Durant, Éditions Robert Laffont (2011).. Jeune homme, il a longtemps occupé un deux-pièces dans le même immeubleBelmondo : La Renaissance, VSD (magazine), 18 février 2015.. Durant l'enfance de Jean-Paul Belmondo, la famille connaît quelques privations, Paul Belmondo ayant du mal à vivre de son art pendant la Seconde Guerre mondiale et l'occupation allemandepages 12-14..
Inscrit dans les meilleures écoles de la bourgeoisie parisienne (école paroissiale de la rue Henri-Barbusse, École alsacienne, d'où il est rapidement renvoyé., école Pascal, lycées Louis-le-Grand, Henri-IV et Montaigne)Pages 12 et 25., Jean-Paul Belmondo, peu enclin aux études, est un élève indiscipliné. Il découvre très jeune le plaisir du sport, le cyclisme, le football (au lycée, il est gardien de but), puis la boxe, qu'il va longtemps pratiquer en amateur, et brièvement en professionnel durant son adolescence avec quatre victoires, quatre défaites et un match nul pour l'Avia Club Boxe d'Issy-les-Moulineaux Site de l'Avia Club Boxe, page dédiée à Jean-Paul Belmondo« Il n’a jamais oublié son club » : c’est à Issy-les-Moulineaux que Jean-Paul Belmondo a fait ses débuts de boxeur., leparisien.fr, consulté le 2 juillet 2025.. De cette passion pour la boxe il déclare : .. En 1948, il admire Les Femmes savantes dans une nouvelle présentation qui marquait les débuts de Denise Gence dans la Maison de Molière. À seize ans, il est atteint d'une primo-infection de la tuberculose et ses parents l'envoient dans le Cantal à Allanche. Dans le calme et l'air vivifiant, le jeune homme décide de devenir comédienpage 22..
De retour d'Auvergne, malgré un avis défavorable du sociétaire de la Comédie-Française André Brunot. Cf ., il suit les cours de Raymond Girard et débute au théâtre en 1950 en interprétant La Belle au Bois Dormant dans les hôpitaux de la ville de Parispages 28-29.. Pendant six mois, Raymond Girard va l'aider à préparer le concours du Conservatoire national supérieur d'art dramatique, où il est recalé, mais admis en tant qu'auditeur libre en 1951. En , il repasse l'examen d'entrée mais échoue de nouveau. C'est seulement en qu'il est enfin admis. Pierre Dux dont il est l'élève déclare un jour, .. Ce professeur du Conservatoire lui prédit un abonnement aux seconds rôlespage 42.. Jean-Paul Belmondo y reste quatre ans et y rencontre notamment la « bande du Conservatoire » : il se lie d'amitié avec Jean Rochefort, Jean-Pierre Marielle, Bruno Cremer, Pierre Vernier et Michel Beaune. Il participe également à des spectacles théâtraux sous la direction de Michel Galabrupage 55.. Avec Guy Bedos, il se livre sur la place du village ou aux terrasses de café à des numéros de cabaret en jouant des sketchs de Pierre Dac et Francis Blanchepage 52.. En 1953, il fait la connaissance d'Élodie Constant, danseuse sous le nom de « Renée Constant », qui devient sa compagne. Le couple mène une vie , ce qui n'empêche pas les deux jeunes gens d'avoir une fille, Patricia, née le de la même année (morte le , à , dans un incendie)pages 52-53..
Les professeurs de Jean-Paul Belmondo continuent de ne pas tenir son talent en haute estime. En 1956, lors du concours de sortie du Conservatoire, il interprète une scène de la pièce Amour et Piano de Georges Feydeau : le public l'acclame, mais le jury présidé par Marcel Achard lui fait payer sa désinvolture et lui décerne un simple accessit., lui interdisant ainsi l'entrée à la Comédie-Française. Les camarades de Belmondo le portent en triomphe pour le soutenir, tandis qu'il adresse un bras d'honneur aux juréspages 59–63.. L'acteur et enseignant au Conservatoire Henri Rollan lui dit alors : Blaise de Chabalier, « Jean-Paul Belmondo, itinéraire d'un acteur gâté », Le Figaro, samedi 2 / dimanche 3 septembre 2017, page 18..
Débuts (1953-1969) En 1953, Jean-Paul Belmondo fait ses vrais débuts sur les planches dans deux pièces au Théâtre de l'Atelier, Médée de Jean Anouilh et Zamore de Georges Neveux dans des mises en scène d'André Barsacq. Le jeune acteur se réjouit de jouer dans une pièce d'Anouilh, pour laquelle il est par ailleurs crédité sous le nom de Jean-Paul Belmond. : mais la tragédie s'avère un échec public, ce qui conduira Belmondo à déclarer
En 1956, Belmondo joue dans le film Les Copains du dimanche, une commande de la CGT qui met en scène un groupe de jeunes aviateurs. Il y croise plusieurs jeunes vedettes en devenir dont le jeune Michel Piccoli. Mais le film n'aura pas de sortie nationale sous la pression du syndicat des producteurs et ne sera montré que de façon confidentielle au printemps 1957 à Paris., puis les années suivantes gratuitement dans différents comités d'entreprise. Déçu du sort réservé au film, d'autant plus qu'il était convenu qu'il ne serait payé qu'au pourcentage des recettes en salles, il retourne sur les planches, où il interprète des pièces de Feydeau et de George Bernard Shawpages 66-67.. Sa carrière cinématographique commence vraiment avec un petit rôle, dans Sois belle et tais-toi, réalisé en 1958 par Marc Allégret : Belmondo y croise Alain Delon, également débutantpages 73-74.. La même année, il est envisagé pour tenir l'un des rôles principaux du film Les Tricheurs après que Marcel Carné l'a remarqué dans Les Copains du dimanche.. Carné hésite cependant entre lui et Laurent Terzieff pour le rôle du protagoniste. Après une longue indécision, Carné finit par choisir Terzieff, qu'il juge plus crédible pour un rôle d'intellectuel : il embauche cependant Belmondo pour tenir le rôle de l'un des acolytes du personnage de Terzieff, ce qui permet au jeune comédien d'apparaître régulièrement tout au long du film, et d'améliorer sa situation financière en touchant un bon cachetMarcel Carné, La Vie à belles dents, Belfond, 1989, pages 255-256..
Belmondo retrouve ensuite Marc Allégret pour les besoins du film Un drôle de dimanche, avec Bourvil et Danielle Darrieux. Jean-Luc Godard, alors critique aux Cahiers du cinéma, juge le film exécrable, mais loue le talent de Belmondo en qui il voit . Belmondo ne cache pas l'influence de Jules Berry dans son attitude et son jeu d'acteurhttps://teleobs.nouvelobs.com/actualites/20161004.OBS9344/belmondo-la-gueule-du-bonheur.html François Forestier : Belmondo, la gueule du bonheur. Le Nouvel Observateur. Publié le 9 octobre 2016, consulté le 19 juin 2024.. Godard l'embauche ensuite pour jouer dans son court métrage Charlotte et son jules : Belmondo inaugure ainsi une période de collaboration au mouvement dit de la Nouvelle Vaguepages 84-85, 89-90.. Toujours en 1958, Belmondo est rappelé sous les drapeaux pour servir lors de la guerre d'Algérie, ce qui l'oblige à abandonner les représentations dOscar et l'empêche de post-synchroniser Charlotte et son jules, qui sort avec la voix de Godard.. Une fois démobilisé, il revient en France métropolitaine et se remet en quête de rôles, tout en décidant de se marierpages 90-93..
Belmondo tient l'année suivante son premier rôle important dans À double tour, de Claude Chabrol. Le film connaîtra une carrière commerciale moyenne. Belmondo enchaîne avec un autre film de la Nouvelle Vague, À bout de souffle, de Jean-Luc Godard, qu'il considère comme moins important que celui de Chabrolpages 95-96.. Enthousiasmé par les conditions de travail avec Godard - les dialogues sont quelquefois improviséspages 101-103. -, il tourne ensuite Classe tous risques, film policier réalisé par Claude Sautet, dont il partage l'affiche avec Lino Ventura.
Avant même la sortie des films de Godard et Sautet, Belmondo achève la décennie en interprétant le rôle de d'Artagnan dans Les Trois Mousquetaires, dramatique télévisée réalisée par Claude Barma, tournée et diffusée en direct pour Noël 1959. Bien qu'en retirant un surcroît de notoriété, il n'apprécie guère ce premier tournage télévisuel, du fait des cadences imposées aux comédiens par les conditions du directpages 112-113..
En 1960, il est révélé également aux côtés de l'actrice américaine Jean Seberg dans À bout de souffle de Jean-Luc Godard. Le film est un succès en salles et il accède à la célébrité internationale. Il s'impose comme l'un des films-phares de la Nouvelle Vague. Quant à Jean-Paul Belmondo, il a enfin surmonté les réticences que les tournages de cinéma lui inspiraient en tant que jeune acteur de théâtre. Le mois suivant sort Classe tous risques de Claude Sautet : si le film de Sautet, sorti peu après celui de Godard, est éclipsé par ce dernier, il bénéficiera ensuite de multiples rediffusions téléviséespages 102-109.. Très actif au cours des années 1960, durant lesquelles il tourne 34 filmsBernard Gourbin, L'esprit des années 60, Cheminements, 2006, page 46., Jean-Paul Belmondo devient une figure de premier plan du cinéma français, et s'affirme rapidement comme un interprète aux multiples facettes, capable de tenir des rôles variés sous la direction de différents réalisateurs : il se distingue également comme un acteur très physique, appréciant de tourner sans doublure des scènes mouvementées.