August Meyszner est un officier SS, né le à Graz (Styrie, Autriche-Hongrie) et mort exécuté le à Belgrade (Yougoslavie).
Homme politique nazi, il fait carrière dans la police, atteignant un grade d'officier supérieur au sein de l' (, ) autrichienne puis allemande après l'Anschluss. Lors de la Seconde Guerre mondiale, il occupe le poste de chef supérieur de la SS et de la Police en Serbie. Il est décrit par les historiens comme l'un des subordonnés les plus brutaux du Heinrich Himmler.
August Meyszner commence sa carrière comme officier de la gendarmerie. Durant la Première Guerre mondiale, il sert sur le front italien et atteint le grade de Major en 1921. En , il rejoint le parti nazi autrichien et devient député de droite puis, en 1930, ministre de la province de Styrie. Du fait de son appartenance au parti nazi, il est écarté de la gendarmerie en 1933. En , il est arrêté puis mis en détention au camp d'internement de Wöllersdorf-Steinabrückl avant d'être libéré trois mois plus tard. En juillet de la même année, il est de nouveau arrêté à la suite d'une tentative de coup d'État, mais s'échappe de sa cellule et fuit en Allemagne, où il rejoint d'abord l', puis l'Allgemeine SS. Il travaille ensuite dans divers postes de police en Autriche, en Allemagne et en Norvège occupée jusqu'à sa nomination au poste de chef supérieur de la SS et de la Police dans la Serbie occupée, au début de l'année 1942. Il est parmi les rares officiers de l' à accéder à ce poste.
Le séjour d'August Meyszner en Serbie est marqué par la friction et la concurrence entre les responsables militaires, économiques et diplomatiques allemands. C'est également durant cette période qu'il développe une méfiance et une haine viscérales envers les Serbes. Au cours de son mandat, il supervise régulièrement des exécutions et envoie des dizaines de milliers de travailleurs forcés en Allemagne et en Norvège occupée. Un détachement de la Gestapo, sous son commandement, a recours notamment à un pour tuer huit mille femmes et enfants juifs détenus au camp de concentration de Sajmište. En , ses critiques envers les autres dirigeants du régime d'occupation allemand qui, selon lui, ne sont pas assez durs et cruels envers les civils serbes, lui valent d'être renvoyé de son poste de chef de la SS et de la Police. Heinrich Himmler le transfère ensuite à Berlin afin d'établir une gendarmerie à vocation européenne. Après la guerre, il est capturé par les Alliés et incarcéré dans l’attente de son jugement. Extradé en Yougoslavie avec le reste de ses subalternes, il est jugé et reconnu coupable de crime de guerre par un tribunal militaire yougoslave : il est condamné à la peine capitale puis pendu en .
Jeunesse et début de carrière alt=Photographie panoramique d'une ville.|gauche|vignette|Graz, ville natale d'August Meyszner.
August Edler von Meyszner naît le à Graz., en Autriche-Hongrie, de Rudolf Edler von Meyszner, un (lieutenant-colonel) de l'armée territoriale impériale-royale autrichienne (la ) anobli en 1884, et de son épouse Thérèse (née Tuschner). Son oncle est le lieutenant général Ferdinand von Meyszner. Après avoir terminé ses études primaires et secondaires à Graz, il fréquente une école des cadets à Vienne. En 1908, il est affecté au d'infanterie de la à Graz en tant qu'élève-officier et, le , devient (sous-lieutenant) dans le bataillon de Leoben. Jusqu'au , il occupe le poste d'officier technicien au département des transmissions et des communications téléphoniques, tout en assurant l'entraînement au ski du bataillon. À sa demande, il est transféré à la brigade de la gendarmerie de Trieste, le . En 1914, il effectue un stage en vue de ses nouvelles fonctions d'officier de gendarmerie et, le , soit une année jour pour jour après son transfert à Trieste, il est officiellement admis dans la gendarmerie autrichienne.
Au début de sa carrière dans la gendarmerie, il est nommé commandant du à Gorizia. Le , il est promu (lieutenant). En août, il devient commandant de la section côtière de la gendarmerie de Grado, puis il est transféré le mois suivant à la section des gardes-frontières basée à Tolmin, dans l'actuelle Slovénie.
Première Guerre mondiale Quelques jours après le début de la Première Guerre mondiale, August Meyszner épouse Pia Gostischa, jeune femme originaire de Marburg an der Drau (aujourd'hui Maribor). Le couple a une fille et un fils.
Le , il est affecté comme commandant d'une compagnie de gendarmerie sur le front italien. Plus tard dans la même année, il est nommé commandant de la . Le , il est promu Rittmeister (littéralement maître de cavalerie, équivalent à capitaine) avec effet au . En 1917, il est conseiller à la . En août de la même année, il est rappelé à la gendarmerie de Trieste et, en novembre de l'année suivante, devient commandant de la gendarmerie de Styrie à Graz. Durant la Grande Guerre, August Meyszner est blessé et reçoit diverses distinctions honorifiques. Il est notamment décoré de l'ordre de la Couronne de fer, de la croix du Mérite militaire, de la médaille du Mérite militaire, de la croix des Troupes de Charles et de la médaille de la Croix-Rouge de .
Durant l'entre-deux-guerres Carrière en Autriche En , August Meyszner commande la gendarmerie frontalière de la ville de Judenburg, à la frontière avec le royaume des Serbes, Croates et Slovènes. Cette année-là, il adhère à la , une association sportive nationaliste allemande, et prend la tête du groupe paramilitaire d'extrême-droite (Garde nationale styrienne). Plus tard, il profite de son rang supérieur dans la gendarmerie pour fournir des armes aux troupes de la Heimwehr. alt=Photographie représentant le portrait d'un homme de type caucasien, vêtu d'un costume militaire clair.|vignette|Au milieu de l'année 1927, August Meyszner est reçu en audience par Adolf Hitler. Jusqu'en 1928, August Meyszner travaille à Judenburg, période durant laquelle il est à maintes reprises envoyé en renfort de plusieurs détachements. En 1921, il est promu major et, en août de la même année, est envoyé à la tête d'un détachement de gendarmes afin de superviser l'unification du Burgenland avec l'Autriche. Ses hommes se heurtent à des séparatistes hongrois dont l'un parvient à le blesser à la jambe. En 1922, son unité réussit à maîtriser des syndicalistes en grève dans la région de Judenburg et, en 1927, mate la rébellion survenue au lendemain de la révolte de Juillet. Il rejoint le parti nazi autrichien le et reçoit le numéro de membre 10.617. En , il est reçu en audience par Adolf Hitler avec deux de ses camarades de la Garde nationale, Walter Pfrimer et Hanns Albin Rauter. Le , August Meyszner est transféré à Graz où il entre en contact avec des organisations d'extrême-droite.
En 1930, August Meyszner devient député au , le parlement provincial de Styrie, où il représente le Heimatblock, parti politique du groupe paramilitaire nationaliste Heimwehr. Le système de représentation proportionnelle de la Styrie lui permet également d'obtenir un poste de ministre au sein du gouvernement provincial. En 1931, il s'intéresse au projet de coup d'État de Pfrimer, mais ses obligations de député et de ministre l'empêchent de participer au putsch, qui avorte après l'émission d'un mandat d'arrêt à l'encontre de Pfirmer et de son complice Konstantin Kammerhofer. August Meyszner nie toute implication dans l'affaire mais déclare ouvertement son soutien aux putschistes. Durant cette période, il occupe brièvement le poste de chef de la Garde nationale. Il commence également à tisser des liens plus étroits avec le parti nazi autrichien et rencontre à plusieurs reprises Theodor Habicht, délégué d'Adolf Hitler en Autriche. À la fin de l'année 1933, les négociations entre les deux hommes aboutissent à l'accord dit de Venise, par lequel la Garde nationale est mise sous l'égide du parti nazi. En , August Meyszner exprime ouvertement sa sympathie pour l'idéologie nazie en critiquant violemment les juifs d'Europe devant le . À partir du mois de , le gouvernement dirigé par le Front patriotique d'Engelbert Dollfuss proroge la juridiction du parlement et, en juin de la même année, interdit le parti nazi autrichien et la Garde nationale. Quelques jours auparavant, les fonctionnaires membres du parti nazi autrichien sont déclarés subversifs. August Meyszner est par la suite déchu de son siège au parlement et mis en retraite anticipée de la gendarmerie en , à l'âge de .
À l'issue de ses entretiens avec Habicht, August Meyszner est nommé chef adjoint de la brigade (SA) du centre de la Styrie, avec le rang d' (équivalent en France du grade de lieutenant-colonel). Durant cette période, il voyage beaucoup et rencontre des hauts dirigeants du parti nazi en Hongrie et en Yougoslavie. En , il est interné au camp d'internement de Wöllersdorf-Steinabrückl durant trois mois et demi en raison de ses activités avec les nazis. Il est libéré après avoir effectué une grève de la faim. Peu de temps après, les dirigeants de la Garde nationale de Styrie sont arrêtés et August Meyszner reprend le contrôle de l'organisation. De nouveau arrêté peu après l'échec du putsch de juillet, au cours duquel Dollfuss est assassiné, August Meyszner s'échappe de sa cellule le et s'enfuit en Yougoslavie. Les autorités autrichiennes le soupçonnent de fournir des armes aux conspirateurs mais son rôle exact dans le putsch de juillet reste incertain. Les brigades de la Garde nationale de Styrie et la SA jouent quant à elles un rôle important dans cette tentative de coup d'État. Selon l'historien autrichien Hans Schafranek, August Meyszner, ainsi que Rauter et Kammerhofer, qui dirigent la brigade SA de Haute Styrie, ont mis au point avec le soutien d'Habicht une conspiration contre les dirigeants de la SA autrichienne afin de contourner les directives venant du bureau central de la SA et s'attribuer ainsi les mérites du putsch devant le Führer.. En Yougoslavie, August Meyszner ne reçoit plus de pension et commence à manquer d'argent. Il travaille alors comme chef de la politique culturelle dans un refuge pour fugitifs nazis. En , il s'embarque pour l'Allemagne et se rend dans un autre refuge pour fugitifs nazis à Miastko, dans la province de Poméranie, avant d'être transféré dans un établissement similaire à Berlin. Il soumet son curriculum vitæ à l'Allgemeine SS qui, à l'époque, est la nouvelle branche paramilitaire du parti nazi allemand et dépasse rapidement la SA en termes d'effectifs. Il y souligne avoir de l'expérience en tant que planificateur et orateur politique, et suggère d'utiliser ses compétences au-delà du domaine militaire.
Carrière en Allemagne alt=Portrait en noir et blanc d'un homme vêtu d'un costume militaire.|vignette|Le chef de l' Kurt Daluege a dû intervenir pour le compte d'August Meyszner lors d'une altercation avec le secrétaire d'État à la Sécurité en Autriche, Ernst Kaltenbrunner (ici, portrait de Kurt Daluege en 1933, nommé au ministère prussien de l’Intérieur, chargé des forces de police).