Le Levasseur PL 7 est un avion bombardier-torpilleur français développé à la fin des années 1920 par Levasseur et produit sous différentes versions à partir de 1930.

Histoire Le Levasseur PL 7 est le septième modèle d'avion conçu par l'entreprise de Pierre Levasseur (PL). Il est élaboré sur les bases de l'avion de reconnaissance PL 4 avec l'objectif de remplacer dans l'Aéronavale les PL 2 embarqués sur l'unique porte-avions français. C'est un sesquiplan (c'est-à-dire un biplan dont l'aile basse est plus courte que l'aile haute) d'une envergure initiale de (pour l'aile haute) : le Béarn, doté d'un pont d'envol de seulement .

Le premier exemplaire effectue ses premiers vols d'essais en 1926. Il en découle une première adaptation avec une évolution de la motorisation et de la structure des ailes et de l’empennage : le Farman 12We de 12 cylindres en W fournissant est abandonné au profit du Hispano-Suiza 12Lbr de 12 cylindres en V un peu plus puissant (). De même, l'envergure est abaissée à . Le Levasseur PL 7 n'est donc produit qu'à un unique exemplaire dans sa version originale. Cette première version modifiée du LP 7, la PL 7 18m, effectue ses premiers vols d'essais en 1928 et est présentée à l'aéronavale française en 1929. Celle-ci en commande quinze exemplaires mais, pour répondre à ses contraintes, la Marine nationale demande que parmi ces quinze appareils cinq soient livrés avec une envergure abaissée à et un sixième avec une envergure intermédiaire de . cette commande donne donc lieu à deux nouvelles versions de l'avion en plus des neuf PL 7 18m : les cinq PL 7 16m50 et le PL 7 17m25. Les quinze appareils sont livrés en et déployés sur le Béarn ou après une phase d'essais la Marine valide la version courte 16m50 et commande trente nouvelles unités, portant le total à quarante-cinq. Par la suite, les neuf avions restants au format 18m et le 17m25 sont modifiés pour être portés au format court devenu standard du PL 7. Ces appareils intègrent l'escadrille 7B1 au sein de la « Flottille du Béarn » (embarquée à bord du porte-avion éponyme), qui commence ses opérations et entraînements aux missions de bombardement et torpillage dès le mois de .

Le , alors que le Béarn est en mission au large du Maroc, un PL 7 se désintègre en vol, tuant les quatre membres d’équipage. L'erreur de pilotage est écartée. Les PL 7 sont alors interdits de vol jusqu'à ce que l’enquête détermine la cause de l'accident – les vibrations du moteur à certains régimes ont entraîné le flambage (cintrage négatif) des mâts de voilure aboutissant à la rupture de la voilure – et que les appareils soient modifiés en conséquence : les bâtis-moteurs sont renforcés et une nouvelle hélice tripale remplace l'hélice bipale originale, modifications qui alourdissent un peu l'appareil. Les premiers PL 7 modifiés reviennent en service sur le Béarn en .

Le , un nouvel accident mortel survient : dans le brouillard, trois appareils (deux PL 101 et un PL7) s'écrasent contre une colline près de Locronan. Trois des quatre membres d'équipage du PL7 périssent, le quatrième est brûlé à la face. Quelques mois plus tard, les PL 7 sont remplacés par des Vought 156F, ce qui marque la fin de sa carrière opérationnelle.

Caractéristiques Le PL 7 est construit en bois et en métal. Bien qu'il soit destiné à décoller et atterrir depuis le pont d'un navire, par mesure de sécurité il est conçu avec un fuselage marin (dont le dessous est étanche et en forme de coque de bateau) et des flotteurs en bout d'aile, permettant l'amerrissage. Toujours pour des raisons de sécurité, et comme pour le PL 6 conçu au même moment, le réservoir est largable. De plus, pour assumer sa qualité d'avion embarqué, il est doté d'une crosse d'appontage, et ses ailes sont repliables. Il est conçu comme un avion trois places où les membres d'équipage sont dans un cockpit ouvert composé de deux alcôves situées l'une derrière l’autre.

La version initiale a une longueur de , une hauteur de et une largeur de pour une envergure de et une masse à vide de . Tracté par un moteur Farman 12We de 12 cylindres en W développant et une hélice classique bipale, il peut emporter de carburant et de charge utile (armement et équipage) - soit une masse totale de - à une vitesse de maximum et une altitude maximale de . Il dispose d'une autonomie de .

Côté armement, il accomplit sa vocation première de torpilleur en embarquant en position ventrale une torpille de (de diamètre) pesant . Alternativement il peut emporter jusqu’à . de bombes traditionnelles. Pour sa défense, le PL 7 est également équipé de deux mitrailleuses mobiles Lewis de situées sur le poste arrière.

Variantes En plus du prototype, le PL 7 a été décliné en trois versions, dont le 16m50 qui s'est imposé. Outre la remotorisation avec un Hispano-Suiza 12Lbr de 12 cylindres en V fournissant , la principale différence entre chaque version est l'envergure. Les autres changements, notamment les masses et les surfaces alaires, sont essentiellement des conséquences de cette variation principale.

Première variante, à l'initiative de Levasseur après une première campagne d'essais peu concluante, le PL 7 18m a une envergure légèrement réduite : au lieu de . La nouvelle surface alaire est de pour une masse à vide légèrement augmentée (la structure de l'avion ayant été renforcée) à . Sa vitesse maximale est elle aussi légèrement augmentée en passant de à . Neuf appareils sont produits, avant d'être convertis en PL 7 16.50m.

Autre variante, à l'initiative de l'Aéronavale le PL 7 17.25m a une envergure de et une surface alaire de pour une masse de . Sa vitesse maximale est aussi annoncée à . Un seul appareil est produit, et n'étant pas retenu, il est lui aussi converti en PL 7 16.50m.

Troisième variante, encore à l'initiative de l'Aéronavale, le PL 7 16.50m est la version la plus courte avec une envergure de et une surface alaire de pour une masse de . Ses performances diffèrent légèrement, avec une vitesse maximale de , un plafond revu à la baisse à et une autonomie légèrement accrue : . Il s'agit de la version privilégiée par l'Aéronavale, produite à 35 exemplaires plus les dix appareils convertis depuis les autres versions.

Levasseur 7 T Lors du d’aviation de Paris en , Levasseur présente un Levasseur 7 T, où le T figure pour transport. Mais, malgré sa dénomination, l'appareil est plus une modification d'un PL 4, voire d'un PL 6 : un biplan avec une seule alcôve ouverte pour le pilote et son mécanicien (assis côte à côte) déplacé sur l'avant du fuselage, juste derrière le moteur, et derrière une cabine fermée pouvant accueillir six passagers. L'appareil a la particularité d'avoir des ailes repliables, faisant passer l'avion d'une envergure de à un encombrement de . Équipé d'un moteur Gnome et Rhône Jupiter de , l'appareil mesure de long, de haut et a une surface alaire de . Avec une masse à vide de , à laquelle s'ajoute jusqu'à de carburant et de charge utile (les deux membres d'équipage et les six passagers potentiels), il est censé pouvoir atteindre une vitesse maximale de . Néanmoins, l'appareil n'a jamais volé, a été démonté après le salon et l'avionneur n'a pas donné suite.

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