Nicolas Werth, né en 1950, est un historien français spécialiste de l’histoire de l’Union soviétique. Il est directeur de recherche à l’Institut d'histoire du temps présent, affilié au CNRS.
Biographie Famille Le père de Nicolas Werth est le journaliste britannique Alexander Werth, d'ascendance russe, qui a passé en URSS les années de guerreIl en a tiré l'ouvrage La Russie en guerre, Paris, Stock, 1964, 2 vol..
Formation Ancien élève de l'École normale supérieure de Saint-Cloud (L SC 1970), agrégé d'histoire, il commence par enseigner dans le secondaire et à l’étranger (Minsk, New York, Moscou, Shanghaï). Il occupe ensuite le poste d’attaché culturel auprès de l’ambassade de France à Moscou durant la perestroïka (1985-1989).
Carrière universitaire Entré au CNRS en 1989, il se consacre depuis son premier livre (Être communiste en URSS sous Staline, 1981) à l'histoire soviétique. C'est particulièrement l'histoire sociale des années 1920-1930 qui l'intéresse, notamment les rapports entre le pouvoir et la société (violence étatique, résistances sociales…).
Son histoire de l'Union soviétique parue en 1992, un de ses livres à vocation synthétique sur la période allant de la fin de l'Empire russe à la Communauté des États indépendants, est systématiquement cité à sa sortie et dans les années qui suivent dans les bibliographies des classes préparatoire aux grandes écoles et dans les universitésIl n'est pas rare à l'époque de l'entendre désigné sous la forme « le Nicolas Werth », tant il fait figure de référence (voir Publications)..
Nicolas Werth participe depuis 1997 au séminaire « Histoire soviétique : sources et méthodes », placé sous la direction de Wladimir BerelowitchNotice de Wladimir Berelowitch (université de Genève)., du Centre d'études des mondes russe, caucasien et centre-européen (CERCEC) de l'EHESS. Il est par ailleurs membre des comités de rédaction de Vingtième Siècle. Revue d'histoire et des Cahiers du monde russe.
Apport à l'histoire de l'Union soviétique Nourrissant sa réflexion et ses travaux, non seulement des acquis de la soviétologie occidentale, mais aussi des travaux de ses collègues russes (le russe étant sa langue maternelle), il place ses recherches dans la perspective d'un dépassement du clivage entre « école du totalitarisme » et « école révisionniste », le considérant comme obsolète après l'effondrement de l'URSS et l'ouverture au moins partielle des archivesNicolas Werth, La Terreur et le Désarroi, préface, .. Pourtant, par son attachement à l'histoire sociale, N. Werth, « Une source inédite : les svodki de la Tchéka - OGPU » Revue des études slaves, vol. 66, , 1994, ., il se place plutôt dans la perspective des travaux des historiens « révisionnistes ».
Il explique d'ailleurs, à l'opposé de certains soviétologues qui pensaient que le contrôle totalitaire de la société soviétique avait été effectif, que les rapports de la police politique Ibid., ..
Auteur de la partie du Livre noir du communisme consacrée à la Russie soviétique et à l'URSS, il s’est publiquement démarqué de l’idée contenue dans la préface de Stéphane Courtois selon laquelle le communisme serait par essence criminogène. Il a également dénoncé, concernant cette préface, un bilan biaisé du total des victimes du communisme (selon Werth, le bilan serait de 65 à 93 millions), et Dans un entretien accordé au journal Le Monde, paru le 21 septembre 2000, .. Il affirme : .
Il contribue à L’Histoire du Goulag stalinien, travail de recherche en sept volumes initié par les Archives d’État de la fédération de Russie et la Fondation Hoover, dont il co-rédige le premier volume, Les politiques répressives en URSS de la fin des années 1920 au milieu des années 1950 Werth Nicolas, site de l'Institut d'Histoire du temps présent. Il est, en 2007, conseiller historique du documentaire Staline, le tyran rouge, diffusé sur M6 ainsi que pour le film Moissons sanglantes - 1933, la famine en Ukraine (2022) de Guillaume Ribot relatant les observations du journaliste gallois Gareth Jones qui, à partir de , a parcouru clandestinement les campagnes ukrainiennes durant la famine connue sous l'appellation d'Holodomor.
Nicolas Werth préside l'association Mémorial-France, la branche française de l'association russe Memorial.
Publications
Être communiste en URSS sous Staline, Paris, Gallimard, 1981, La Vie quotidienne des paysans russes de la Révolution à la collectivisation (1917-1939), Paris, Hachette, 1984, 410 p. — Prix Albéric-Rocheron de l'Académie française en 1984 Nouvelle édition sous le titre Le Communisme au village, Paris, Les Belles Lettres, , 2023 Histoire de l'Union soviétique : de l'Empire russe à la Communauté des États indépendants, 1900-1991, Paris, PUF, 1992 Réédité et mis à jour dans la collection « Quadrige Manuels », 608 p. Histoire de l’Union soviétique de Lénine à Staline, Paris, PUF, 1995, 1917 : La Russie en Révolution, Paris, Gallimard, 1997, (nº 327) Histoire de l’Union soviétique : de Khrouchtchev à Gorbatchev, Paris, PUF, 1998, Histoire de l'Union soviétique : de l'Empire russe à l'Union soviétique, 1900-1990, PUF, 2001 Histoire de l'Union soviétique. De l'Empire russe à la Communauté des États indépendants, 1900-1991, Paris, PUF, 2008, , mise à jour Les Procès de Moscou (1936-1938), Bruxelles, Complexe, 2006, nouvelle édition revue et augmentée Réédition, Paris, Les Belles Lettres, , 2023 L'Île aux cannibales : 1933, une déportation-abandon en Sibérie, Paris, Perrin, 2008, 256 p. La Terreur et le désarroi : Staline et son système, Paris, Perrin, 2007, , 614 p. L'Ivrogne et la Marchande de fleurs : autopsie d'un meurtre de masse, 1937-1938, Paris, Tallandier, 2009 La Route de la Kolyma, Paris, Belin, 2012 — Prix Essai France Télévisions 2013Remis le par Olivier Barrot, président du jury composé de 21 téléspectateurs. Les Révolutions russes, Paris, PUF, 2017,
Histoire de l'URSS, PUF, 2020 Les Grandes Famines soviétiques, PUF, 2020,
. Adieu ma Russie : Mémoires orphelines, Paris, Les Belles Lettres, 2026 - Première sélection du Prix Décembre
En collaboration Avec Gaël Moullec, Rapports secrets soviétiques : la société russe dans les rapports confidentiels, 1921-1991, Paris, Gallimard, 1995 Avec Marc Grosset, Les Années Staline, éditions du Chêne, 2007
Ouvrages collectifs « Un État contre son peuple : violences, répressions, terreurs en URSS de 1917 à 1953 », in Stéphane Courtois (dir.), Le Livre noir du communisme, Paris, Robert Laffont, 1997,
Sous la dir. de Lidia Miliakova, éd. fr. de Nicolas Werth, Le Livre des pogroms : antichambre d'un génocide, Ukraine, Russie, Biélorussie, 1917-1922, Calmann-Lévy, , Paris, 2010, 750 p. Le Goulag. Témoignages et archives, édition établie, annotée et présentée par Luba Jurgenson et Nicolas Werth, Robert Laffont, , 2017, 1152 p.
CD La Grande Famine en Ukraine, 1932-1933. Le plus grand crime de masse du stalinisme, De vive voix, 2009
Notes et références
Voir aussi Liens externes
La patrie russe de Nicolas Werth sur le site l'Histoire
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