Arkadi Plastov (en ), né le à Prislonikha en Russie et mort le à Prislonikha est un peintre soviétique.
Biographie Fils d'Olga Ivanovna née Lehman, descendante d'Allemands russifiés et d'Alexandre Grigorievitch Plastov, il voit le jour le à PrislonikhaCet essai de biographie a été constitué en prélevant et en organisant des informations dans toutes les références citées auxquelles il faut ajouter le livre de Serafima Kouznetsova édité en 1974 chez Aurora Art à Léningrad qui fait souvent référence à l'autobiographie d'Arkadi Plastov., un village naguère situé dans le Gouvernement de Simbirsk et maintenant inclus dans l'oblast d'Oulianovsk. Du côté paternel, c'était une famille d'artistes : le père était peintre d'icônes tout comme le grand-père, Grigori Gavrilovitch, qui avait aussi conçu les plans de l'église du village, l'église de l'Épiphanie. Celle-ci a brûlé dans la nuit du ., mais a été reconstruite à l'identique Restauration de la coupole de l'église de Prislonikha.
À sept ans, il entre à l'école élémentaire, un privilège à cette époque où la moitié des enfants ne sont pas scolarisés, dans laquelle il passe trois ans avant d'être inscrit à l'école théologique de Simbirsk en 1903. Il y passe cinq ans qui, dans son autobiographie, lui laissent un horrible et triste souvenir : pour les 250 pensionnaires régnait la loi du plus fort : les plus forts étaient ceux de année et les plus faibles ceux de année. De plus, il fallait selon son témoignage prier vingt fois par jour et les élèves étaient complètement isolés du monde extérieur Note biographique. Au printemps de l'année 1908, il assiste puis participe à la rénovation des peintures murales de l'église de son village par un artel de peintres en icônes dirigé par son père. Cette expérience enthousiasmante lui révèle son goût pour tout ce qui concerne le travail artistique, mais ses parents rêvant qu'il devienne prêtre pour sortir du besoin l'envoient au séminaire théologique, toujours à Simbirsk où il étudie la théologie, le français, le grec, l'histoire, le latin, la littérature, la philosophie. À l'automne 1908, à l'occasion d'une exposition agricole provinciale où son père l'avait emmené, il découvre des œuvres de Dmitri Arkhanguelski Sim Art. Incité par son père, le lendemain, il demande à l'artiste qui n'a que huit ans de plus que lui, de lui apprendre le dessin, l'aquarelle. Selon le témoignage de son professeur, d'emblée il fait preuve de zèle, de curiosité, d'imagination, d'initiative et il est particulièrement créatif..
En , après avoir quitté la classe du séminaire, avec une bourse du conseil municipal et de l'administration rurale, de clients, d'amis qu'il s'était fait parmi les intellectuels de Simbirsk, il se rend à Moscou pour préparer le concours d'entrée à l'École de peinture, de sculpture et d'architecture de Moscou à l'atelier d'Ilia Machkov. Il échoue et entre le à l'École Stroganoff à l'atelier de . qui le conseille et l'aide moralement et celui de Sergueï Alechine où il travaille la copie à la cire, le dessin d'ornement, le moulage du bronze, la sculpture sur bois et sur ivoire. L'année suivante il réussit à rentrer au MUJVZ (en russe : Московское училище живописи, ваяния и зодчества, МУЖВЗ) et se retrouve à l'atelier du sculpteur , ce qui ne l'empêche pas, lorsqu'il se retrouve seul, de peindre à l'huile et de fréquenter occasionnellement les ateliers de peinture d'Abram Arkhipov, Alexeï Korine, Leonid Pasternak, Alekseï Stepanov, Apollinaire Vasnetsov Le Bibliothécaire. Il commence par la sculpture car ayant peu de moyens il ne peut pas s'acheter aisément les matériaux et les outils nécessaires pour peindre étant très actif, mais aussi parce qu'il pense que pour un peintre, c'est un plus d'avoir une idée claire de la forme. À la suite de cette formation, dans les années 1920, il réalisera un petit nombre d'œuvres comme cette maquette pour un monument dédié à ceux qui sont morts pendant la guerre civile ., des portraits, des compositions fantastiques avec des racines d'arbres. Pendant les vacances d'été, de 1913 à 1916, il retourne dans son village et à Simbirsk où de 1913 à 1916 il expose ses œuvres dans des expositions aux côtés de Dmitri Arkhanguelski. Après trois années de formation où il a pu aussi profiter du patrimoine culturel de la capitale en allant étudier les œuvres d'Isaac Levitan, Valentin Serov, Constantin Korovine, Philippe Maliavine, entre autres, exposées dans les musées ou lors d'expositions, en ayant fréquenté le milieu artistique moscovite, il obtient son diplôme de fin d'études en 1917. Il participe aussi activement à la Révolution de Février et après avoir «parcouru Moscou dans un camion muni de mitraillettes, portant le drapeau rouge sur un fusil, arrêté des policiers et des gendarmes dans des bureaux de vote et des gares ferroviaires...» . il rentre dans son village natal. Il va y passer huit ans à peindre, à tenir la fonction de secrétaire du soviet de village impliqué dans l'organisation d'une ferme collective dont il sera l'un des premiers à être enregistré en 1931, à travailler au sein du comité des paysans pauvres, à organiser l'assistance aux affamés pendant la famine de 1921-1922, mais aussi à participer aux travaux agricoles aux côtés des kolkhoziens, faucher, labourer, semer un terrain que l'État lui a loué comme en témoignent de nombreuses photographies, à s'occuper d'une vache et d'un mouton qu'il a longtemps possédés. Cette vie va se refléter dans toute son œuvre et on peut dire que Plastov est un peintre de la vie paysanne. Il revient à Moscou en 1925 pour réaliser des affiches politiques, d'autres consacrées à l'agriculture et illustrer des livres afin d'avoir un peu d'argent.
En 1928, il réalise sa première exposition individuelle à Kazan dont le catalogue va se montrer très utile. En effet, à Prislonikha, en , lors de la fête Notre-Dame de Kazan, le feu prend dans la grange d'une personne âgée et le chaume enflammé du toit provoque la propagation du feu au chaume d'environ soixante constructions voisines. La maison et l'atelier d'Arkadi Plastov ainsi qu'une grande partie de son travail sont anéantis. Cependant on peut se faire une idée assez exhaustive des œuvres perdues grâce au catalogue de l'exposition précédemment citée, mais aussi par les illustrations reproduites dans des livres édités auparavant. Ce drame semble avoir motivé l'artiste pour se remettre en priorité au travail artistique afin de compenser les pertes subies.
Auparavant, en 1929, il avait découvert les cachots du NKVD. Des agitateurs chargés d'orienter la gestion des fermes collectives étaient arrivés au village pour persuader les paysans d'acheter un tracteur. Le camarade Plastov avait fait remarquer que si cet appareil tombait en panne personne ne saurait le réparer; alors il avait proposé qu'avec les sommes récoltées on achète des chevaux. Accusé d'avoir pris la parole pour entraver la ligne du parti qui était d'industrialiser le pays, il passa quatre mois dans les locaux du NKVD. Les habitants de Prislonikha ont alors écrit une lettre aux responsables expliquant qu'il ne présentait pas de danger pour l'ordre public. Cet aléa ne le décourage pas et probablement encouragé par les réactions des villageois il s'inscrit au kolkhoze en 1931. Son attitude révèle qu'il n'était pas un partisan zélé de tout ce développement technique : très peu de machines dans ses tableaux sauf un avion qui apporte la mort, une moissonneuse-batteuse que l'on voit à peine dans Fête au kolkhoze et il s'était même opposé un moment à l'électrification de son village. Cependant plus tard avec l'argent du Prix Staline de degré, 100 000 roubles, en 1946, il achètera pour lui et sa famille quatre vélos mais, «on n'arrête pas le progrès», douze ans plus tard, une moto IL-49 puis à la fin des années 1960 un VTT GAZ-69.
Pour la première fois, au salon d'automne, en 1935 il expose à Moscou avec La Tonte des moutons, La Fenaison et Les Écuries du kolkhoze puis dès 1937, il appartient à l'.
En 1938, il peint Le Troupeau ou Au pâturage et le c'est l'inauguration de l'exposition «20 ans de l'armée et de la marine rouges». Il y expose Le Bain des chevaux qui avait été précédé par une esquisse en 1937 de 66 x et par plusieurs études. Ce grand tableau qui représente des soldats de l'armée rouge en train de guider leurs chevaux dans l'eau d'une rivière ou d'un étang est jugé comme une des meilleures peintures de l'exposition... réalisée avec une grande habileté Histoire du tableau. Lorsque ce tableau a aussi servi à illustrer un livre pour enfants, Arkadi Plastov a préféré ajouter un short au soldat qui est debout sur sa monture. Auteur de nombreuses scènes de genre, il a peint aussi un très grand nombre de portraits d'anonymes ou pas, de proches, de la famille ou du village, d'enfants ce qui explique la présence de ses œuvres à l'exposition consacrée aux «Gens célèbres au pays des Soviets» à la Foire internationale de New York 1939-1940 sous la direction de . En 1939, il peint un tableau de grandes dimensions Le Gardien du troupeau de chevaux pour le pavillon élevage de l'exposition agricole de l'URSS à Moscou et lors de l'exposition «Industrie du socialisme», il présente Fête au kolkhoze. Dans cette assemblée colorée, les nombreux personnages peints sont des voisins, des amis du peintre dont aucun n'occupe une position centrale mais a un rôle dans la collectivité en fête. Sur cette toile assez immense, 187 x , qui contribue à le faire bien connaître, on voit, accrochés à la moissonneuse-batteuse, le portrait de Staline, l'étoile rouge, la faucille et le marteau et une banderole sur laquelle est écrit «Vivre est devenu meilleur, vivre est devenu plus gai». Ce tableau est le résultat d'un travail préparatoire avec plus de 200 esquisses qui à la suite de critiques négatives est retravaillé : suppression de bariolages inutiles, retouches sur le portrait de Staline, modifications sur les visages des trois vieux autour du samovar, mais Plastov refuse de placer sur la maison des portraits de membres du Politburo comme on le lui propose. Après le congrès du Parti communiste de l'Union soviétique, du 14 au , on lui demande de supprimer le portrait de Staline; Arkadi Plastov qui avait déjà obéï en acceptant de le mettre devrait donc obéïr une seconde fois : il refuse car il ne veut pas qu'on le prenne pour une girouette...