L'accident de l'avion d'Emiliano Sala, dans lequel ce footballeur argentin et son pilote ont trouvé la mort, s'est produit le . À , le Piper PA-46 Malibu, l'avion léger qui le transportait de Nantes à Cardiff deux jours après l'officialisation de son transfert du FC Nantes au Cardiff City FC, a disparu à dans le nord-ouest de l'île de Guernesey et a été retrouvé dans l’océan atlantique
Après des premières recherches aériennes, infructueuses, l'épave est retrouvée au fond de la Manche le . Un corps, qui s’avèrera être celui d'Emiliano Sala, est remonté à la surface trois jours après et identifié le . Le corps du pilote britannique de l'avion, David Ibbotson, n'a pas été retrouvé.
Le rapport d'accident de l'AAIB publié en établit que le vol (VFR de nuit par mauvaises conditions météorologiques, inexpérience du pilote) n'était pas conforme aux normes de sécurité des vols commerciaux. Emiliano Sala (et probablement le pilote) ont été victimes d'une intoxication au monoxyde de carbone (en l'absence de détecteur à bord). Le pilote, probablement en essayant de rester en conditions météorologiques de vol à vue, a perdu le contrôle de l'avion qui est sorti de son domaine de vol et s'est brisé avant de heurter la mer à .
En 2026, le tribunal de commerce de Nantes dédouanera le FC Nantes de toute responsabilité dans l'accident et déboutera le club de Cardiff qui, après avoir retardé le paiement du transfert, lui réclamait 120 millions d'euros de dommages et intérêts.
Appareil L'avion disparu est un Piper PA-46-310P Malibu, numéro de série 46-8408037, immatriculé N264DB aux États-Unis, mis en service en 1984. C'est un appareil monomoteur à hélice équipé d'un moteur à pistons turbocompressé de , d'une hélice à pas variable, de six sièges, d'un système de dégivrage l'autorisant au vol en conditions givrantes connues, d'une balise de détresse et d'instruments permettant le vol de nuit en IMC..
Selon la base de données de la Federal Aviation Administration américaine (FAA), l'avion appartiendrait à une société-écran, la Southern Aircraft Consultancy Limited, créée en et située à Norfolk au Royaume-Uni..
Il a été affrété pour Emiliano Sala par Willie McKay, père de l'agent de football Mark McKay, qui avait négocié son transfert..
L'avion est piloté par David Andrew Ibbotson, un pilote expérimenté de vivant à Crowle, près de Scunthorpe, dans le Lincolnshire., titulaire d'une licence de pilote privé (PPL). et totalisant environ de vol dont environ 30 sur le type. Le samedi précédent, , il a amené Emiliano Sala de Cardiff à Nantes après la signature de son transfert pour récupérer des affaires personnelles et prendre congé de ses anciens coéquipiers..
Le vol avait été mouvementé, et le pilote a confié sur un réseau social être un peu « rouillé » pour l'approche aux instruments (ILS) à Nantes, lors de laquelle il a été « un peu au-dessus [du plan de descente], ce qui est mieux que d'être trop bas. ». Emiliano Sala avait d'ailleurs confié à Nicolas Pallois n'être pas très rassuré pour le vol de retour.. Une fois monté à bord de l'avion, avant le décollage, il envoie un message vocal à des amis (parmi lesquels son ancien coéquipier aux Girondins de Bordeaux, Diego Rolán.) où il dit, sur le ton de la plaisanterie, être mort [de fatigue], avoir l'impression que l'avion allait tomber en morceaux et avoir peur de ne jamais arriver.. Le pilote s'y serait d'ailleurs repris à quatre fois avant de réussir à démarrer le moteurCe qui n'est pas inhabituel et ne signifie en rien qu'il ne soit pas apte à voler..
Disparition vignette|redresse|250px|Chapelle ardente à Cardiff Le , à UTC ( heure française), le Malibu décolle de Nantes-Atlantique sous plan de vol VFR pour ramener Emiliano Sala à Cardiff où son arrivée est prévue à locales ( heure française)..
À . (heure française), le contrôle aérien perd son contact transpondeur à () au-dessus de la Manche., près du phare des Casquets, à au nord-ouest de l'île Anglo-Normande d’Aurigny et à au nord de l'île de Guernesey.. Peu avant le travers de l'aéroport de Guernesey, l'avion qui volait au niveau de vol 55 (environ ) avait été autorisé à sa demande à descendre pour se maintenir en VMC, mais aucun message de détresse n'a été reçu..
Selon John Fitzgerald, le responsable des opérations aériennes de secours des îles Anglo-Normandes, même avec le moteur en panne, l'avion aurait pu planer près de dix kilomètres à partir du point où le contact a été perdu.
Les conditions météorologiques au moment de la disparition étaient assez classiques pour la saison avec toutefois des pluies éparses, une dégradation avec des pluies verglaçantes à l'avant d'un front froid étant arrivée plus tard dans la nuit.
Recherches Les recherches sont déclenchées le soir même de la disparition de l'avion par les secouristes de Guernesey depuis Saint-Pierre-Port, impliquant deux hélicoptères et plusieurs bateaux. Interrompues dans la nuit en raison d'une dégradation de la visibilité et de pluies verglaçantes., puis reprises les trois jours suivants sans succès.
Plusieurs objets flottants ont été détectés, sans qu'il soit possible d'affirmer qu'ils aient un lien avec l'avion disparu ou ses occupants. La zone est réputée pour ses forts courants et recèle de nombreuses épaves de bateaux. Des recherches terrestres entreprises sur les îles et les côtes voisines ne donnent pas plus de résultats.
Le temps de survie maximal en cas de chute dans la mer, étant donné la température de l'eau, est estimé à moins de trois heures, à peine un peu plus dans un canot de sauvetage.. Le à la mi-journée, le responsable des opérations aériennes de secours des îles Anglo-Normandes, John Fitzgerald, déclare : « Je ne pense pas qu'il y ait la moindre chance qu'ils soient encore vivants à l'heure actuelle. ».
Le à , la annonce l'arrêt des recherches, l'enquête se poursuivant avec le concours des navires de la zone susceptibles de remarquer des débris ou des indices.
À la suite de cette annonce, le gouvernement argentin demande aux autorités britanniques et françaises de poursuivre les recherches pour trouver l'appareil disparu https://www.tdg.ch/sports/actu/avion-disparu-sala-recherches-repris/story/23099315.. De nombreux footballeurs se mobilisent également pour que la police locale poursuive ses recherches... À la suite d'un appel aux dons, des recherches privées organisées par la famille du joueur disparu reprennent le samedi ..
Le 26 et le , deux coussins de siège qui pourraient avoir appartenu à l'avion sont retrouvés par des promeneuses sur les plages de Surtainville et de Baubigny., plages de la côte ouest du Cotentin, à la même latitude que Guernesey. Un autre est retrouvé sur la côte nord de Jersey.
vignette|Image AAIB de l'épave du Piper reposant au fond de la mer.
Le , l'AAIB annonce la reprise de recherches sous-marines avec un navire spécialisé équipé d'un sonar à balayage latéral et d'un véhicule sous-marin téléguidé..
Le , deux bateaux, le Geo Ocean III commandé par l'AAIB et le Morven du (FPV) de la Royal Navy, sous la houlette de , spécialiste anglais des recherches sous-marine, mandaté par la famille, commencent les recherches en se partageant une zone d'environ quatre milles marins carrés., au nord de la fosse des Casquets.. Le Morven localise bientôt une épave par de fond, à environ à l'est de la position du dernier contact radar. Peu après, le sous-marin du Geo Ocean III obtient des images de l'épave, dans laquelle un occupant est visible et dont l'immatriculation est bien celle du Malibu disparu. L'avion est très endommagé et en trois parties, le moteur s'est détaché et l'arrière du fuselage est séparé de la partie avant au niveau du bord de fuite des ailes. Il manque les parties externes des ailes et des empennages.
Le jeudi , l'AAIB annonce que le corps a été remonté mais que les tentatives pour remonter l'avion ont échoué en raison des mauvaises conditions météo. Le corps, débarqué au matin à Portland sur la côte sud de l'Angleterre, est confié à la police du Dorset pour identification. Dans la soirée, celle-ci annonce qu'il s'agit d'Emiliano Sala..
Les prévisions météorologiques n'étant pas meilleures pour les jours suivants, l'arrêt des opérations est décidé, les nombreuses images récoltées par le sous-marin devant suffire à l'enquête technique..
Le , la famille de David Ibbotson lance à son tour une cagnotte pour relancer les recherches de son corps..
Enquête Conformément aux usages internationaux, lAir Accidents Investigation Branch britannique mène l'enquête technique d'accident, en étroite liaison avec le National Transportation Safety Board américain, le Bureau d’enquêtes et d’analyses français et la Junta de Investigación de Accidentes de Aviación Civil argentine.
Le , l'AAIB publie un premier rapport d'enquête préliminaire. Les images de radar de précipitations montrent une ligne d'averses dans la zone, dont certains fortes. L'isotherme zéro degrés était entre . L'avion descend progressivement vers en faisant des altérations de cap à partir du travers de Jersey pour rester en conditions de vol à vue. Dans les secondes, la trajectoire reconstituée à partir des radars montre une chute rapide vers en virage serré de plus de 180° à droite.
L'AAIB précise qu'aucune demande d'autorisation pour une utilisation commerciale n'avait été déposée. Le pilote avait fait précédemment des vols semblables en « partage des frais », sa licence PPL ne l'autorisant pas à être rémunéré. Selon les règles de la FAA (applicables du fait de son immatriculation), dans un tel cas le pilote doit payer la moitié des frais et avoir le même but pour le vol que son passager.
Le , un homme est placé en garde à vue pour homicide involontaire, puis relâché..
Dans un bulletin. publié le , l'AAIB révèle que les analyses toxicologiques du sang du passager ont montré un taux de 58 % de COHb (combinaison d'hémoglobine et de monoxyde de carbone). Le monoxyde de carbone est présent en quantité dans les gaz d'échappement des avions à moteur à pistons et s'il pénètre dans la cabine il peut intoxiquer le pilote comme les passagers, un taux supérieur à 50 % de COHb étant susceptible de provoquer une perte de conscience et même la mort. À la suite de ce rapport, l'un des avocats défendant la famille du joueur défunt demande la récupération de l'épave de l'avion, ce que l'AAIB continue à écarter..
Le rapport d'accident de l'AAIB est publié le .. L'enquête a identifié trois facteurs : perte de contrôle lors d'un virage en pilotage manuel, probablement effectué pour rester en conditions de vol à vue (VMC) ou pour y revenir ; rupture en vol de l'avion, bien au-dessus la vitesse maximale de manœuvre (suivi d'un impact avec la mer à ) ; probable intoxication au monoxyde de carbone du pilote.
Elle a identifié trois facteurs contributifs : le risque de perte de contrôle était accru du fait que le vol ne respectait pas les normes des vols commerciaux, qu'il était effectué en VFR de nuit par mauvaises conditions météorologiques, alors que le pilote n'avait pas suivi un entraînement au vol de nuit et peu d'expérience récente du vol aux instruments ; les inspections périodiques du système d'échappement n'éliminent pas le risque d'intoxication au CO ; il n'y avait pas de détecteur de CO à bord pouvant alerter le pilote à temps pour réagir.
L'AAIB a pris les mesures de sécurité suivantes : insister sur les risques des vols ne respectant pas les règles du transport aérien ; améliorer les instructions aux mécaniciens effectuant les inspections de systèmes d'échappement.
Enfin, le rapport fait cinq recommandations concernant le suivi des licences des pilotes, l'emport de détecteurs de monoxyde de carbone et des inspections supplémentaires des systèmes d'échappement.
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