La famille Mareschal (que l'on trouve également sous la forme Maréchal) est un lignage noble savoyard, mentionnée vers la fin du , originaire très probablement de Maurienne et implantée à Montmélian, feudataire des comtes de Savoie. Il pourrait s'agir d'une branche issue de la famille vicomtale des Miolans-Charbonnières-La Chambre mais sans preuves à ce jour.
Elle est pour le chanoine Saturnin Truchet (1890-1904) l'une des familles les plus illustres de Maurienne, tandis que le généalogiste Amédée de Foras parle de l'.
La famille est éteinte en ligne masculine. La branche Mareschal de Luciane, issue en ligne féminine, fait partie des familles subsistantes de la noblesse française sur preuves de 1457, depuis l'Annexion de la Savoie à la France de 1860.
Histoire De la charge au patronyme La famille Mareschal semble apparaître avec la mise en place de la charge d'un maréchal par les comtes de Savoie, vers le , que les membres possèdent de manière héréditaire, hypothèse partagée par la plupart des historiens spécialisés de la région, notamment le généalogiste Amédée de Foras (1893), le général Bordeaux (1925) (lire en ligne)., l'abbé Adolphe Gros (1948). ou encore l'abbé Félix Bernard (1969). ainsi que les médiévistes plus récents comme Bernard Demotz ou encore Guido Castelnuovo. Selon toute vraisemblance le nom de cette fonction héréditaire est devenu un patronyme. Les Mareschal semblent en tout cas posséder cette charge jusqu'en 1276.
Les formes patronymiques rencontrées dans les documents médiévaux sont Mareschalus (Mareschal ou Maréchal), Marescalus, de Montemeliano (Mareschal de Montmélian ou encore de Montmélian), voire Maréchal de Saint Michel de Maurienne. L'abbé Bernard les nomme Maréchal de Saint-Michel. On trouve également Mareschaux, au cours du .
Foras rappelle que quelques auteurs, notamment Samuel Guichenon, ont voulu voir dans cette famille les descendants d'une famille originaire d'Angleterre, les Marshal, qui seraient venus en Savoie dans la suite de Pierre de Savoie. Cependant l'auteur rappelle que cette charge est apparue sous le règne du comte , père de Pierre, soit une quarantaine d'années avant la naissance du jeune prince.
Les premiers Mareschal Le premier personnage mentionné, selon les documents, serait un certain Petrus Mareschalus témoin avec Guifredus du comte en Maurienne Thomas , lors d'une donation en 1190., à l'abbaye d'Aulps. Un Wiffredus ou Guifredus Marescalcus, peut être le précédent, fils ou proche parent de Pierre, est mentionné de 1195 à 1222, dans une vingtaine d'actes. Ce Guifredus est dit, dans un acte de 1197 « ». À partir de 1222, il est mentionné sous les formes désormais de Guifredus ou Viffredus Marescalcus, de Montemeliano, ou simplement Guifredus ou Wiffredus de Montemelioano ou de Montmeliant. Le médiéviste Bernard Demotz indique que la première mention, avec certitude, apparaît dans un acte de 1236, avec Guiffredi Marescalci. Ce dernier apparaît à nouveau dans une charte de la Chartreuse d'Aillon, datée de l'année 1238, sous la forme Willelmus Marescali de Montemeliano, puis plus loin sous la forme (« Guillaume de Montmélian, maréchal du seigneur, comte de Maurienne, en 1238 »)..
Foras avance l'hypothèse que . Cette hypothèse est partagée et développée par l'abbé Bernard. Les historiens Félix Bernard et Adolphe Gros complètent cette hypothèse et indiquent qu'Ismidon (I) de Saint-Michel (mentionnée en 1151), fils du seigneur Guillaume de Saint-Michel, aurait eu deux fils, Pierre et Ismidon (II), présents comme garants des seigneurs de La Chambre, en 1153.. Ce Pierre serait donc le Petrus Mareschalus cité vers 1190 et auteur de la famille des Mareschal/Maréchal de Saint-Michel, puis de Montmélian.
L'abbé Bernard précise par ailleurs que , une hypothèse reprise par ses successeurs ( lire en ligne)..
Sur l'usage de « Montmélian » dans la qualification, Amédée de Foras conclut qu' Pourtant, il s'agit de la thèse retenue par le médiéviste contemporaine, Bernard Demotz, dans l'ouvrage 1000 ans d'histoire de la Savoie. La Maurienne (paru en 2008), où il indique
Les Mareschal en Savoie vignette|gauche|Installation historique de Montmélian, au pied du « Rocher » au bord de l'Isère. Selon Foras, les Mareschal se sont installés dans ce bourg, considéré comme la clef de la Savoie, contrôlant la route principale entre la France et l'Italie, via la vallée intra-alpine de Maurienne, et dans une moins importance celle passant par la Tarentaise. Ils possèdent les droits notamment sur le pont et le péage qui permet de passer l'Isère.
Le comte Aymon de Savoie désigne dans son testament de 1343 Pierre Mareschal, chevalier, conseiller, puis maître auditeurPhilibert Falcoz, Notice sur la Commune d'Arbin, 1911, 38 pages, (lire en ligne)., comme son exécuteur testamentaire et l'un des membres du conseil de régence pour son fils, Amédée, aux côtés d'autres grands personnages du comté.. Cet acte a été signé dans la maison forte du Crest (Crêt), possession des Mareschal. Ce noble Pierre Mareschal a été châtelain et surtout bailli en Val d'Aoste (1318-1326), puis du Val de Suse (1331).. Il a prêté hommage au comte pour ses fiefs de Montmélian, le . Il a obtenu par ailleurs les seigneuries de Bonvillaret (1327) et de Montfort (1335). Son fils, Jean Mareschal de Montmélian, est à l'origine de la branche des Mareschal-Meximieux (voir la section « Les Mareschal de Bresse »).
Le château du Crest (Crêt) reste entre les mains des Mareschal-Meximieux jusque vers 1530 où il passe par mariage avec la dernière héritière de la famille, fille de François Mareschal, baron de Meximieux..
Les Mareschal en Maurienne vignette|droite|La tour ronde du château de Saint-Michel (arrière-plan), la maison-forte dite « tour carrée » et l'église de Saint-Michel-de-Maurienne.
En 1297, ils sont propriétaires à Montdenis, dans la Maurienne. Quelques années plus tard, en 1309, le 3 des Ides de novembre, Jacques Mareschal, qualifié de damoiseau, fils de Jean Mareschal, prête hommage au comte de Savoie pour le Castrum Sancti Michaelis. La filiation s'établit à partir de cette date. Jacques Mareschal a trois fils : Guillaume, auteur de la branche des seigneurs du Châtel et de Saint-Michel et éteints en 1529, Jacques, qui a pour descendant Pierre, baron de Valdisère, à l'origine de la branche des Mareschal-Duyn de Valdisère, et Henri (mort avt. 1388), dont les descendants sont à l'origine de la branche des Mareschal-Luciane (voir ci-après) et du rameau des seigneurs de Fonville et de Surmont (éteint vers la fin du ).
Le , la famille Mareschal signe un traité avec le comte de Savoie, Amédée VI, dans lequel elle garde ses droits , mais abandonne les peines de mort ou de mutilation à l'autorité comtale..
Le chevalier Jean (III) Mareschal de Montmélian, seigneur de Combefort, fils de Pierre, épouse Urbaine de Duin (Duyn). Il reçoit en 1540 le titre de « Vicomte de Tarentaise » et prend le titre de baron de la Valdisère (Val d'Isère). Ils ont un fils unique Jean (IV), premier à porter le nom de Mareschal-Duyn, vicomte de Tarentaise et baron de la Valdisère. Le titre se maintient dans la famille jusqu'en 1795. Jean-Marie Mareschal de Duyn, petit-fils de Jean III, épouse en 1570 Gasparde de Cuynes, ils ont deux fils : Pierre, (Jean-)Balthazard et Henri. L'aîné, Pierre, est l'auteur des barons de Valdisère, comtes d'Allinge (1664), et dont la descendance s'éteint en 1781. Le second, Balthazard, est l'auteur des marquis de Malcaz, dont la branche s'éteint en 1793.
Jean-Balthazard (de) Mareschal de Duyn, fils de Jean-Marie de Duyn, seigneur de Saint-Michel, obtient par lettres patentes du , le titre de baron de Saint-Michel, sans toutefois posséder la juridiction sur la seigneurie..
Cécille (Sécille, Sicillin) Mareschal de Saint-Michel épouse Pierre Luciane, originaire de Saint-Martin-la PorteGabriel Pérouse, Inventaire sommaire des archives départementales de la Savoie antérieures à 1793, Archives communales, Chambéry, 1911, 275 pages, ., dont sera issue la branche des Mareschal-Luciane (voir ci-après).
Les Mareschal de Bresse vignette|droite|Façade de la mairie de Meximieux, cette dernière a pris comme blason les armes de Mareschal. Jean (I) Mareschal de Montmélian, seigneur de Bonvillaret (vers 1355-1409), fils de Pierre Mareschal, épouse vers 1383/84 Ancilésie de Chalamont, fille et héritière de Guillaume de Chalamont.., seigneur de Meximieux, Montanay, Troisfontaines (Trois-Fontaines), il a été l'un des premiers chevaliers de l'Ordre du Collier. Le généalogiste Samuel Guichenon, dans son Histoire de la Bresse et du Bugey (1650), donne une généalogie de ces Mareschal, seigneurs de MeximieuxSamuel Guichenon, Histoire de la Bresse et du Bugey, 1650, (lire en ligne). , en partie corrigée par Foras. De l'union de Jean Mareschal de Montmélian († avant ) et d'Ancilésie de Chalamont seraient nés trois enfants, Pierre (III) (qui suit), Jacques, fait chevalier et qui donnerait naissance à la branche de Châtel sur Saint-Michel (Maurienne) et comtes de La Val d'Isère, et Antoine, sans postérité. Le généalogiste de Foras valide le mariage avec Ancilésie de Chalamont qui serait morte avant le . Cette date est celle de la confirmation franchises accordées à Meximieux au nom de Pierre (III) par son père Jean Mareschal. Est également témoin, Jean, un bâtard. Jean (I) Mareschal épouse en secondes noces Simonne, veuve de Jean II de Coligny († 1396), seigneur de Cressia (Jura). Pour descendance, il aurait eu donc Pierre (III), avec Ancilésie de Chalamont, que Foras fait mourir avant son père. Guichenon donne pour épouse de Pierre (III), Alix de Corgenon, héritière de Jean de Corgenon, toutefois de Foras juge cette alliance comme étant . Guichenon donne André-Humbert Mareschal (qui suit) pour son fils, alors que Foras considère qu'il s'agit d'un frère cadet de Pierre (III).
Humbert (I) Mareschal-Meximieux est chevalier et devient seigneur de Bonvillaret (1409-v. 1460), de Meximieux, héritier de Montanay, Corgenon, Troisfontaines, de la Tour de Déaul et de Bonvillard, Montfort, du Crest et de la Tour de Freynière. Il épouse Jeanette de Menthon, avec qui il a six enfants. Guichenon le donne pour mort près de Dole. Pour la suite, les deux auteurs s'accordent. L'aîné, François (I) hérite dans un premier temps de la seigneurie de Montanay, puis de Meximieux. François (I) Mareschal-Meximieux est notamment responsable des fortifications en Bresse en 1449, avec le titre de capitaine général. Cette nomination semble être contestée par les syndics de la provinceJoseph-Philibert Brossard (1846-1897, Archiviste-paléographe de l'Ain), Ville de Bourg, Comte-Milliet, 1872, (lire en ligne).. Tout comme ses prédécesseurs, il confirme les franchises obtenues par Meximieux, le . Il épouse Jeanne de Vissac, fille d'Antoine, seigneur d'Arlent. Lors d'un partage avec ses frères, il obtient la maison forte de Saint-Ours, ainsi qu'un fief à Saint-Julien-en-Maurienne. L'une de ses sœurs, Jeanne († avt. 1463), épouse en 1437 Jean Chabod, dit « seigneur de Lescheraines » par Foras. Amédée de Foras indique que le duc est présent à la cérémonie. L'un des frères cadet, Jean (II), est seigneur de Montfort, Bonvillaret (v. 1460-v.1475), du Crest et la Tour de la Freynière. Il épouse Philippine Alleman, fille du chevalier Antoine, seigneur de Saint-Georges (Dauphiné), ils ont trois enfants (deux filles et un garçon Humbert (II) qui suit). Les derniers frères cadets, Louis (I) est abbé de Saint-Rambert-en-Bugey (1438-1480), et Antoine hérite de la Tour de Deaul. C'est l'un des fils de ce dernier, Georges, qui succède à Louis (I) à la tête de l'abbaye de Saint-Rambert-en-Bugey. Les deux autres fils aînés d'Antoine Mareschal-Meximieux héritent pour l'un, Hugues (ou Hugonet), de la maison forte du Crest, et en étant chargé avec son second frère, Guillaume, de la co-seigneurie de Revonas.