Mary Marquet est une actrice française, née le à Saint-Pétersbourg et morte le à ParisArchives de Paris , acte de décès , année 1979 (page 20/31).
Sa carrière, étalée sur plus de soixante ans, débute dans les années 1910 et se termine peu avant sa mort dans les années 1970. Elle est sociétaire de la Comédie-Française pendant dix-sept ans, de 1928 à 1945. À partir des années 1960, elle est présente au cinéma et à la télévision
Biographie Micheline Marie Marguerite Delphine Marquet, dite Mary Marquet, compte dans sa famille de nombreux artistes et comédiens. Elle est la fille du comédien Anatole Marquet, lui-même fils de la comédienne et pensionnaire de la Comédie-Française Delphine Marquet, et de Louise Loisel, actrice de théâtre et de cinéma. Une de ses tantes est danseuse étoile. Elle naît le à Saint-Pétersbourg, lors d'une tournée de ses parents.
En 1913, elle entre au Conservatoire national supérieur d'art dramatique et suit les cours de Paul Mounet. Elle y remporte un second prix de tragédie en 1914, mais elle échoue à l'examen de sortie. Cependant, elle est aussitôt engagée dans la troupe de Sarah Bernhardt, cette dernière étant une grande amie de sa famille. Elle joue à ses côtés dans La Cathédrale d'Eugène Morand. Son physique la prédispose aux rôles tragiques et romantiques. Elle interprète avec succès le duc de Reichstadt dans L'Aiglon d'Edmond Rostandet commence avec lui une liaison de trois ans jusqu'à sa mort en 1918.
Elle mène en parallèle, dès 1914, une carrière au cinéma muet puis parlant.
En 1920, elle épouseMention marginale sur l'acte de naissance n° 15/2783/1892 de Maurice Escande sur les Archives de Paris en ligne (consulté le 19 novembre 2011). Maurice Escande, futur administrateur de la Comédie-Française, pour en divorcer neuf mois plus tard, comme le précise, sous forme de boutade, l'intéressé.
En 1921, elle est au Théâtre Antoine, engagée par Firmin Gémier, avec lequel elle monte plusieurs pièces. Il devient son amant et de leur liaison nait, en 1922, un fils, François, dont Gémier suit l'éducation.
vignette|redresse|gauche|Mary Marquet en 1930.
En 1923, elle entre finalement à la Comédie-Française et en devient sociétaire en 1928. Elle y interprète pendant les grands rôles du répertoire : Marion Delorme, Phèdre, Andromaque, Bérénice, Roxane, Lucrèce Borgia ... Elle joue également dans les pièces plus contemporaines de d'Annunzio, Geraldy ou Jean Sarment…
Elle rencontre, en 1927, le président du Conseil, André Tardieu, dont elle devient la maîtresse quasiment officielle. vignette|Publicité Offenthal - 1928. En 1928, l'année de son nouveau statut de sociétaire de la Comédie-Française, elle associe son nom à celui de la maison Offenthal pour la sortie de leur rouge à lèvres et clame : « le rouge à lèvres Offenthal embellit le baiser ».
Elle joue, en 1932, dans Sapho, d'après la pièce d'Alphonse Daudet et Adolphe Belot dans laquelle elle jouait déjà le rôle de Fanny Legrand. En 1934, le film parlant permet au grand public d'apprécier la qualité de sa voix et de sa diction.
vignette|Mary Marquet et Victor Francen à leur mariage civil en 1934. Elle épouse, en 1933, l'acteur Victor Francen qui légitime son fils François, mais le mariage ne dure pas. Quelques années plus tard, il la quitte le jour où elle interprète Athalie. L'interprétation de cette pièce lui vaut d'obtenir la Légion d'honneur en 1939.
vignette|redresse|gauche|Mary Marquet en 1937. Durant l'Occupation, elle reste à Paris. Poétesse, elle crée, en 1940, des récitals poétiques qu'elle poursuivra tout au long de sa carrière et qui lui valent le qualificatif de « Prêtresse de la Poésie » ainsi que le Prix du Brigadier en 1976. Elle est souvent citée parmi les sympathisants de l'occupation allemande, . La mort de son fils, arrêté en 1943, déporté à Buchenwald, où il succombe trois mois plus tard d'une septicémie, la marquera profondément.
À la Libération, elle est arrêtée, soupçonnée de collaboration à cause de ses chroniques dans le quotidien pro-nazis Aujourd'hui, elle aurait aussi tenté d'intervenir pour faire libérer son fils. On la soupçonne également d'avoir une responsabilité dans l'arrestation et la mort de son fils, note 40 .. Retenue au Vel'd'Hiv', envoyée à Drancy, puis à Fresnes, elle est finalement relâchée faute de charges suffisantesParis-Presse, , : « L'affaire Mary Marquet est classée ». Elle relate cet épisode marquant de sa vie dans son livre Cellule 209 publié en 1949Extraits de cellule 209 sur Gallica.
vignette|redresse|gauche|Mary Marquet en 1938 (Studio Harcourt).
En 1945, elle est interdite de retour à la Comédie Française, tout en continuant une carrière théâtrale sur les boulevards, excellant dans les rôles comiques aussi bien que dans des œuvres plus denses (la Mère courage de Bertolt Brecht, La Visite de la vieille dame de Friedrich Dürrenmatt - enregistrée pour la télévision en 1971, Le Coup de Trafalgar de Roger Vitrac). En 1954, elle monte, à Orange, L'Arlésienne d'Alphonse Daudet dans laquelle elle interprète le rôle de Rose Mamaï.
Elle tourne également pour l'ORTF, des adaptations de pièces de boulevard, quelques Maigret, dans Les Cinq Dernières Minutes, Les Saintes Chéries ou encore dans l'adaptation télévisée du roman de Stendhal, Lucien Leuwen.
Sa carrière cinématographique est également bien remplie. Parmi ses films les plus réussis, on peut retenir son rôle de Madame de Maintenon dans Si Versailles m'était conté…, en 1954, de Sacha Guitry et celui de Marie-Angélique Guillain dans Landru, en 1962, de Claude Chabrol. Elle campe une truculente mère supérieure dans La Grande Vadrouille en 1966 de Gérard Oury. On la trouve dans La vie de château (1966) en mère de Philippe Noiret et belle-mère de Catherine Deneuve, dans Le Malin Plaisir (1975) en compagnie de Claude Jade et Anny Duperey et dans Le Casanova de Fellini en 1975.
Elle écrit plusieurs livres de souvenirs : Ce que j'ose dire (1974), Ce que je n'ai pas dit (1975), Tout n'est peut-être pas dit... (1977) et Vous qui m'aimiez, vous que j'aimais (1979).
Elle est également le sujet du film biographique En somme, je n'ai que 76 ans, réalisé par Pierre Jourdan, dans lequel elle revient sur sa vie et sa carrière« Mary Marquet », site de la Comédie-Française, consulté le 23 août 2026..
Mary Marquet a été domiciliée à Paris, 6, rue Foucault de 1942 à 1950, 18, rue de Verneuil de 1950 à 1954, 45, avenue Junot de 1954 à 1971 et 10, rue du Square-Carpeaux de 1971 à sa mortMary Marquet, Tout n'est peut-être pas dit... Jacques Grancher éditeur, 1977.
Elle meurt en 1979 d'une crise cardiaque, dans son appartement de la rue du Square-Carpeaux. Elle est inhumée au cimetière de Montmartre (division 23)Cimetières de France et d'ailleurs, où une amie fidèle l'accompagne jusqu'à cette dernière demeure : la princesse Grace de Monaco.
Filmographie Cinéma 1913 : Frères ennemis d'Henri Pouctal 1913 : De medeminaars d'Alfred Machin - sous réserve 1915 : Sacrifice fraternel de René Leprince 1917 : La P'tite du sixième de René Hervil et Louis Mercanton 1921 : La Ferme du Choquart de Jean Kemm 1924 : La Voyante de Leon Abrams 1934 : Sapho de Léonce Perret 1934 : Un soir à la Comédie-Française de Léonce Perret - court métrage - 1949 : Interdit au public de Alfred Pasquali 1949 : Le 84 prend des vacances de Léo Joannon 1951 : Drôle de noce de Léo Joannon 1951 : Foyer perdu de Jean Loubignac 1951 : Un jour avec vous de Jean-René Legrand 1952 : Minuit quai de Bercy de Christian Stengel 1952 : Lettre ouverte / jaloux comme un tigre de Alex Joffé 1952 : Piédalu fait des miracles de Jean Loubignac 1954 : Si Versailles m'était conté… de Sacha Guitry : Madame de Maintenon 1955 : Les Hommes en blanc de Ralph Habib 1955 : Paris Canaille de Pierre Gaspard-Huit 1955 : Le Secret de sœur Angèle de Léo Joannon 1956 : La Loi des rues de Ralph Habib 1956 : Quelle sacrée soirée / Nuit blanche et rouge à lèvres de Robert Vernay 1959 : Drôles de phénomènes de Robert Vernay 1960 : Au voleur de Ralph Habib 1962 : Arsène Lupin contre Arsène Lupin d'Édouard Molinaro 1963 : Landru de Claude Chabrol 1963 : Nous irons à Deauville de Francis Rigaud 1965 : Les Combinards de Jean-Claude Roy 1966 : Le Jardinier d'Argenteuil de Jean-Paul Le Chanois 1966 : La Vie de château de Jean-Paul Rappeneau 1966 : La Grande Vadrouille de Gérard Oury : la mère supérieure 1967 : Des garçons et des filles de Étienne Périer 1967 : Ce sacré grand-père de Jacques Poitrenaud 1968 : Phèdre de Pierre Jourdan 1968 : Bruno, l'enfant du dimanche de Louis Grospierre 1971 : La Visite de la vieille dame 1973 : Par ici la monnaie de Richard Balducci 1974 : Le Mouton enragé de Michel Deville 1974 : La Merveilleuse Visite de Marcel Carné 1974 : La Bonne Nouvelle de André Weinfeld 1975 : Le Malin Plaisir de Bernard Toublanc-Michel 1976 : Le Casanova de Fellini de Federico Fellini 1976 : Opération Lady Marlène de Robert Lamoureux 1976 : Une fille cousue de fil blanc de Michel Lang
Télévision 1962 : Chéri téléfilm de François Chatel 1968 : Les Saintes Chéries, épisode Ève et les grands-parents (la mère de Daniel Gélin et la femme d'Henri Crémieux) 1968 : Les Cinq Dernières Minutes, épisode Traitement de choc de Claude Loursais 1968 : Les Dossiers de l'Agence O, épisode Émile à Cannes 1972 : Les Enquêtes du commissaire Maigret de François Villiers, épisode Maigret se fâche : Bernadette Amorelle 1973 : Lucien Leuwen, téléfilm de Claude Autant-Lara 1974 : Paul et Virginie de Pierre Gaspard-Huit (feuilleton télévisé) 1974 : Un curé de choc (26 épisodes de 13 minutes) de Philippe Arnal Mary Marquet est également le sujet du film biographique En somme, je n'ai que 76 ans, réalisé par Pierre Jourdan, dans lequel elle revient sur sa vie et sa carrière.
Théâtre Hors Comédie-Française 1912 : Faust de Johann Wolfgang von Goethe, théâtre de l'Odéon 1920 : L'Homme à la rose de Henry Bataille, mise en scène André Brulé, théâtre de Paris 1921 : Le Caducée d'André Pascal, Théâtre de la Renaissance, théâtre du Gymnase 1921 : La Bataille de Pierre Frondaie d'après Claude Farrère, mise en scène Firmin Gémier, théâtre Antoine 1922 : L'Insoumise de Pierre Frondaie, théâtre Antoine 1945 : Les Dames de Niskala d'Hella Wuolijoki, Théâtre Édouard-VII 1948 : Interdit au public de Roger Dornès et Jean Marsan, mise en scène Alfred Pasquali, Comédie Wagram : Gabrielle Tristan 1950 : La Grande Pauline et les Petits Chinois de René Aubert, mise en scène Pierre Valde, théâtre de l'Étoile 1951 : Les Vignes du seigneur de Robert de Flers et Francis de Croisset, mise en scène Pierre Dux, Théâtre de Paris 1951 : Mort d'un rat de Jan de Hartog, mise en scène Jean Mercure, Théâtre Gramont 1951 : Les Vignes du seigneur de Robert de Flers et Francis de Croisset, mise en scène Pierre Dux, Théâtre de Paris : Bourjeon 1953 : Le Ravageur de Gabriel Chevallier, mise en scène Pasquali, Théâtre des Bouffes-Parisiens 1955 : Les Trois messieurs de Bois-Guillaume de Louis Verneuil, mise en scène Christian-Gérard, avec Fernand Gravey, Théâtre des Variétés 1957 : Le Château de Franz Kafka, mise en scène Jean-Louis Barrault, Théâtre Sarah Bernhardt 1963 : Pour Lucrèce de Jean Giraudoux, mise en scène Raymond Gérôme, Festival de Bellac 1963 : Sémiramis de Marc Camoletti, mise en scène Michel de Ré, Théâtre Édouard-VII 1966 : Se trouver de Luigi Pirandello, mise en scène Claude Régy, Théâtre Antoine 1969 : Le Bon Saint-Éloi de Pierrette Bruno, mise en scène Jacques Mauclair, Théâtre de la Potinière 1971 : La Maison de Zaza de Gaby Bruyère, mise en scène Robert Manuel, avec Pasquali, Théâtre des Nouveautés 1972 : Mère Courage et ses enfants de Bertolt Brecht, mise en scène Jean-Pierre Laruy, Centre théâtral du Limousin à Limoges : Mère Courage
Comédie-Française Entrée à la Comédie-Française en 1923 Sociétaire de 1928 à 1945, sociétaire