Châtelet est une station des lignes 1, 4, 7, 11 et 14 du métro de Paris, située à cheval sur les 1 et .

Avec République, elle est une des deux seules stations du réseau à être desservie par cinq lignes de métro distinctes. Du fait de sa position en plein cœur de la capitale, elle constitue le centre névralgique du métro parisien et fait partie d'un pôle d'échanges plus global intégrant la gare de Châtelet - Les Halles ainsi que la station de métro Les Halles.

Situation gauche|vignette|upright|Agencement souterrain des différentes lignes de métro et RER de Châtelet - Les Halles. La station est implantée au centre de Paris, à la limite administrative entre le quartier Saint-Germain-l'Auxerrois à l'ouest, le quartier des Halles au nord, le quartier Saint-Merri à l'est ainsi que le quartier Notre-Dame au sud. Elle comprend deux parties reliées entre elles par un long couloir équipé de deux tapis roulants.

Ces derniers desservent sous la place du Châtelet : la ligne 7 sous le quai de Gesvres (entre Pont-Neuf et Pont Marie) ; la ligne 11 sous l'avenue Victoria (terminus précédent ou suivant la station Hôtel de Ville, selon le sens de circulation).

Plus au nord, ils desservent : la ligne 1 sous la rue de Rivoli (entre Louvre - Rivoli et Hôtel de Ville) ; la ligne 4 sous la rue des Halles (entre Les Halles et Cité) ; la ligne 14 en diagonale entre ces deux précédentes rues, en parallèle à la ligne 4 (entre les stations Pyramides et Gare de Lyon).

La station est reliée, depuis la partie nord, par un autre couloir comprenant trois trottoirs roulants, à la gare RER de Châtelet - Les Halles (desservie par les lignes A, B et D) et, par l'intermédiaire de celle-ci, à la station de métro Les Halles de la ligne 4.

Il s'agit par ailleurs d'un des rares grands pôles de correspondance du réseau à ne disposer d'aucun raccordement de service entre les différentes lignes de métro qui s'y croisent. Histoire

Mises en service La station Châtelet proprement dite est ouverte le , soit plus de deux semaines après la mise en service du premier tronçon de la entre Porte de Vincennes et Porte Maillot. Jusqu'à son achèvement, les rames de métro la traversaient sans y marquer l'arrêt.

Le , la station de la est ouverte avec l'inauguration de son premier tronçon sur la rive droite de la Seine, dont elle constitue provisoirement le terminus sud depuis Porte de Clignancourt jusqu'au , date d'achèvement de la double traversée sous-fluviale, permettant aux rames de poursuivre à travers la rive gauche du fleuve jusqu'à Porte d'Orléans.

La station de cette ligne retrouve cependant son rôle de terminus le matin du en raison d'importantes infiltrations d'eau à la traversée de la Seine, en lien avec la crue de 1910 qui entraîne une première interruption du trafic jusqu'à Vavin. Si le service est néanmoins repris dans la journée. il est à nouveau interrompu dans l'après-midi compte tenu de l'aggravation des infiltrations. La station se retrouve entièrement noyée le suivant, et n'est rouverte au public que le de la même année après réparation des nombreux dégâts causés à l'infrastructure de la ligneJean Robert, op. cit., 74 à 78.

Le , la station de la est ouverte avec la mise en service de son prolongement depuis Palais Royal (aujourd'hui Palais Royal - Musée du Louvre) jusqu'à Pont Marie. Initialement conçue en tant que station indépendante sous le nom de Pont Notre-Dame, elle devient Pont Notre-Dame - Pont au Change le de la même année. Les et 7 se croisent alors sans correspondance. Le , elle est reliée aux stations des et 4 par la création d'un long couloir de correspondance. À cette occasion, elle reprend leur dénomination de Châtelet, le toponyme de Pont au Change subsistant toutefois en sous-titre entre parenthèses sur la faïence des quais.

Cette fusion est motivée par la construction de la qui est effective le . La station de cette dernière est inaugurée en tant que terminus occidental de son premier tronçon, depuis Porte des Lilas, et conserve aujourd'hui ce rôle. Elle porte comme sous-titre Avenue Victoria jusqu'en 2018.

Le , la station est mise en correspondance avec la nouvelle gare de Châtelet - Les Halles sur les lignes A et B du RER (rejointes par la ligne D le ), elle-même reliée à la station Les Halles de la ligne 4 qui, en parallèle, est reconstruite à l'est de son emplacement initial (situé sous la rue Baltard) afin de permettre des relations piétonnes rapides avec les quais du RER.

Enfin, le , la station de la ligne 14 est ouverte à son tour à l'occasion de l'inauguration de son premier tronçon entre Madeleine et Bibliothèque François-Mitterrand. Depuis cette date, la station est la seconde du réseau à détenir le record du plus grand nombre de lignes de métro en correspondance, soit cinq au total, à égalité avec République (desservie par les lignes 3, 5, 8, 9 et 11).

Origine des noms La station tire sa dénomination principale de sa proximité avec la place du Châtelet, laquelle est aménagée à l'emplacement du Grand Châtelet, ancienne forteresse qui servit de prison et de tribunal sous l'Ancien Régime, avant d'être démolie en 1802. Dans le langage courant, le nom de Châtelet est aujourd'hui utilisé pour désigner non seulement la place éponyme (simplifiant son odonymie), mais également la gare RER de Châtelet - Les Halles, pourtant située plus d'une centaine de mètres au nord, voire l'ensemble de l'hypercentre de Paris.

La station de la ligne 7, établie près de la Seine sous le quai de Gesvres, doit son nom initial de Pont Notre-Dame et son sous-titre actuel de Pont au Change à sa proximité avec les ouvrages d'art en question, le pont Notre-Dame tenant son nom du voisinage de la cathédrale Notre-Dame et le pont au Change faisant référence aux changeurs et orfèvres qui s'établirent sur ce dernier.

Le sous-titre d’Avenue Victoria, attribué dès l'origine au terminus de la ligne 11 avant de disparaître en 2018, provient quant à lui de l'implantation de ses quais sous l'avenue Victoria, laquelle rend hommage à la reine Victoria du Royaume-Uni (1819-1901).

Modernisations De à , comme la majorité des stations de la en parallèle de sa conversion au roulement pneumatique, ses quais sont rallongés de 75 à afin de permettre l'accueil de nouvelles rames MP 59, dotées de six voitures contre cinq pour l'ancien matériel Sprague-Thomson, pour faire face aux importantes surcharges chroniques apparues depuis la Seconde Guerre mondiale.

Le , la station est la première à être dotée de trottoirs roulants, d'une longueur de , dans le couloir reliant ses parties nord et sud afin de diminuer les temps de correspondance dus à leur relatif éloignement géographique..

Comme l'essentiel des stations de la ligne 4 entre et , les quais de cette dernière sont allongés à leur tour de 75 à en parallèle de sa pneumatisation, afin de recevoir des rames MP 59 de six voitures destinées à augmenter le débit de cette ligne.

À l'occasion de l'ouverture le de la gare de Châtelet - Les Halles et du couloir de correspondance la reliant à cette dernière, la station est partiellement modernisée avec la pose de petits carreaux en céramique plats fins, alternant entre la teinte ocre et le blanc, sur les piédroits des couloirs de correspondance de sa partie nord, en remplacement du carrelage blanc biseauté d'origine alors considéré comme démodé. La même année, une fresque de l'artiste français Hervé Mathieu-Bachelot, intitulée En rouge et en blanc, est installée sur un mur non loin des principaux accès à la et de la sortie « Place Sainte-Opportune ». En 1985, le couloir reliant les parties nord et sud de la station reçoit également deux mosaïques identiques de ce même artiste qui se font face : Obliques enrubannées (œuvre réalisée avec André Ropion).

Comme un tiers des stations du réseau entre 1974 et 1984, l'ensemble des points d'arrêt sont aménagés en style « Andreu-Motte », en jaune pour la , en rouge sur la , en vert pour la et en bleu sur la . Ces aménagements sont mariés avec des carreaux en céramique blancs plats sur les , tandis que la faïence blanche biseautée d'origine est conservée sur la et renouvelée sur la ; ceci entraîne sur les quais de cette dernière la disparition des faïences dans le style d'entre-deux-guerres de la CMP d'origine, décoration caractérisée par ses cadres publicitaires en faïence de couleur miel ainsi que le nom de la station incorporé dans la céramique des piédroits. Le point d'arrêt de cette même ligne est néanmoins le premier à se voir retirer ses banquettes en carrelage bleu plat dès les années 2000, sur le quai d'embarquement.

Dans le cadre de l'automatisation de la ligne 1, les quais de la ligne précitée sont rénovés en 2009, perdant alors leur décoration « Motte » jaune, et rehaussés au cours du week-end des 7 et ; ce document est une archive. afin de recevoir des portes palières, lesquelles sont installées en .

Du au , les couloirs assurant la correspondance entre les lignes 4 et 14, devenus trop exigus et congestionnés, sont élargis et doublés pour chacun d'un escalier mécanique montant. Les trémies d'escaliers fixes empiétant sur les quais de la sont alors supprimées au profit d'une large ouverture au milieu de chaque piédroit., tandis que le vaste couloir sur lequel ils débouchent en contrebas est remanié et décoré dans le même style que la gare du RER à laquelle il donne accès, avec des parements de verre opaque sur les murs (du même format que les traditionnels carreaux en céramique blancs biseautés dont ils reprennent la disposition en quinconce) et du carrelage gris anthracite au sol.

À partir de 2014 jusqu'au , l'ensemble des couloirs, hormis ceux donnant accès à la , sont modernisés dans le cadre du programme « Un métro + beau » de la RATP. Afin de faciliter l'orientation des voyageurs, la station est depuis lors divisée en deux secteurs distincts dénommés secteur Rivoli (regroupant les lignes 1, 4 et 14) et secteur Seine (où se trouvent les lignes 7 et 11). Chacun se distingue par un code couleur assorti d'un symbole également représenté en relief sur les frises en céramique au-dessus du carrelage blanc biseauté : celles du premier, de couleur bronze, possèdent des motifs suggérant les alignements d'immeubles de la rue de Rivoli, tandis que celles du second, de couleur bleu azur, sont ornées de vagues rappelant la Seine. En outre, la gare du RER et la station voisine Les Halles sont également désignées sous la mention secteur Forum, dont le pictogramme associé, de couleur dorée, évoque la Canopée des Halles. Par la suite, les noms des deux premiers secteurs seront progressivement rajoutés dans un encart coloré sur la gauche des panneaux nominatifs des quais, en commençant par la en 2018 puis la en 2019.

Dans certains couloirs, les carreaux en céramique blancs biseautés ont pour la première fois des dimensions mesurant le double de celles du format classique, de façon similaire aux carreaux de la station Porte d'Orléans sur la , et qui seront par la suite déployés aux stations Maisons-Alfort - Les Juilliottes sur la ligne 8 (en 2016) et Basilique de Saint-Denis sur la ligne 13 (en 2018). En outre, le couloir de liaison avec la gare du RER a dorénavant la particularité d'être équipé de bandeaux d'éclairage blancs et arrondis dans le style « Gaudin » du renouveau du métro des années 2000 (sans vasques de protection cependant), modèle que l'on ne retrouve habituellement que sur les quais de la majorité des stations rénovées. Par ailleurs, les travaux de modernisation ont également entraîné le retrait du carrelage bleu plat typique du style « Motte » qui recouvrait les débouchés des couloirs d'accès au terminus de la ligne 11, en haut des principaux escaliers de sortie des quais, remplacé par du carrelage blanc biseauté classique.