vignette|La guerre de Cléomène. La Symmachie hellénique ou Ligue Hellénique a été créée par Antigone III Dôsôn, roi de Macédoine, et tuteur de Philippe V. Cette symmachie rassemble les principaux peuples de la péninsule balkanique et contient une grande partie des États de la Grèce continentale excepté les Etoliens, les Athéniens, les Messéniens, et la cité d'Elis et la cité de Phigalie. La ligue hellénique est composée d’États sous domination antigonide et des États autonomes mais allié à la Macédoine. Cette alliance est défensive et offensive et avait pour but officiel de lutter contre Sparte.

La symmachie est utilisée dans divers sens que ce soit de la coopération informelle dans une guerre, un traité d’alliance ou une confédération d’alliés. Elle peut être défensive ou offensive et inclut généralement une clause pour que les membres de la symmachie aient les mêmes alliés et les mêmes ennemis. Dans de nombreux cas, les alliés sont égaux entre eux mais le cas inverse est aussi vrai ou l’un des alliés peut subordonner les autres. La symmachie a donc également un sens particulier, il s’agit d’une confédération d’alliés sous l’hégémonie d’un seul État dont la ligue d’Antigone Dôsôn est un exemple probant.

L’hégémonen a le commandement militaire mais souvent il possède aussi la présidence de l’assemblée qui rassemble tous les alliés. Beaucoup de symmachies ne sont pas des États fédéraux et reconnaissent la liberté de leurs membres.

Principes généraux de la ligue La ligue hellénique est créée afin de rassembler les principaux peuples de la péninsule Balkanique, la plupart des États de la Grande Grèce continentale.. La ligue hellénique était composée d’état sous domination Antigonide et des états autonomes mais alliés à la Macédoine. Cette alliance est défensive et offensive et avait pour but de lutter contre Sparte. L’une des règles de la ligue hellénique est que l’un de ses membres, ou l’hégémon de celle-ci, puisse demander une aide militaire. Chaque état décidait lui-même de l’aide qu’il comptait apporter et les « conventions » de la ligue précisaient aussi la durée du délai d’intervention. Selon Sylvie le Bohec, il semble que c’est celui qui demande de l’aide qui s’occupe et nourrit les soldats envoyés en secours. Des délégués sont envoyés pour délibérer au conseil fédéral de la ligue et ils reviennent soumettre les propositions, du conseil fédéral de la ligue, à leur conseil intérieur qu’il la rejette ou l’accepte. Pour entrer au sein de la ligue, il faut promettre son dévouement. Cela s’accompagne d’interdits notamment de ne pas rentrer dans une symmachie opposée à la ligue.

Le problème des sources Comme le rappelle Sylvie le Bohec les connaissances des principes fondateurs et des règles de la ligue sont peu nombreuses. Cette connaissance parcellaire est liée au fait que l’on n’a pas retrouvé le texte fondateur gravé, ainsi que ses règles. Celles que nous connaissons et l’existence même de cette ligue nous sont rapportées par des auteurs antiques, le plus souvent non contemporain, et ne parle de celle-ci que brièvement. Car, selon Sylvie Le Bohec, les textes devaient être connus à l’époque et ne nécessitaient donc pas une explication plus en profondeur. La principale source qui nous renseigne sur la symmachie hellénique est Polybe et sa composition exacte n'est connue que sous Philippe V.

Les relations diplomatiques et politiques de 229 à 224 sous Antigone Dôsôn Après avoir repoussé les Dardaniens, Antigone Dôsôn se voit également visé par un mouvement antimacédonien dont la Thessalie , les Etoliens et la Grèce centrale ont fait partie. Après la guerre démétriaque entre les Achaïens et les Etoliens qui se déroule de 239 à 235 et sur laquelle nous avons peu d’informations, les relations entre la Macédoine et les Etoliens à la mort de Démétrios II sont inconnus, ce qui est sûr et que ce décès relança les hostilités. La Thessalie, de tradition irrédentiste, se révolta elle aussi malgré sa longue appartenance au royaume de Macédoine. C’est également un moment où Athènes cherche à recouvrir sa liberté. Ainsi, l’un des athéniens les plus influents du moment, Eurykleidès négocia la retraite de la garnison macédonienne du Pirée, y compris à Salamine aussi, chose qu’il obtint pour la somme de 150 talents. Une somme d’argent tel pour l’époque qu’il fallut du temps pour qu’Athènes puisse réunir cette somme par des souscriptions auprès de l’étranger, notamment auprès d’Aratos de Sicyone, hégémon de la ligue achéenne qui leur souscrit 20 talents. Aratos fut donc déçu de ne pas voir les athéniens rejoindre sa confédération. La fidélité des Béotiens envers les Macédoniens est également assez fragile. La Macédoine paraît donc à ce moment dans une situation critique, en effet elle paraît prête à perdre toutes se possessions en Grèce à l’exception de l’Eubée. La fin du péril dardanien dès 229 permit à Antigone Dôsôn aussi de faire à cette menace, ainsi dès 228 il reprend les trois provinces thessaliennes. La crise était ainsi temporairement jugulée.

De nouveaux progrès du mouvement antimacédonien ont lieu également en Grèce avec des progrès de la Ligue achéenne. Des cités tel que Mégare ou Egine ont rejoint la ligue achaïenne, mais une des grandes affaires restait Argos. Ainsi le tyran de la ville, Aristomachos avait une situation compromise par la chute des positions macédoniennes. Le tyran dut donc se retirer et se laissa convaincre de déposer son pouvoir pour que sa cité puisse entrer dans la Ligue achéenne. Cette conduite suivie par d’autres tyrans tel que ceux de Philionte et d’Hermionè supprime les dernières tyrannies du Péloponnèse.  Cette conversion d’Aristomachos ou n’était pas sincère et renforça les sentiments antilacédémoniens au sein de la Ligue achéenne au moment où Cléomène III entame une période d’extension. Un autre tyran, Lydiadas de Mégalopolis qui lui aussi à déposer sa tyrannie pour rejoindre la ligue achéenne alimente lui aussi le ressentiment anti-spartiate au sein de la Confédération. Les progrès territoriaux de la Ligue achaïenne reste cependant important, elle devient ainsi d’une taille similaire à la ligue étolienne et la dépasse même sûrement en population. Encore une fois, l’expansion de Ligue achaïenne montre également la faiblesse de la Macédoine dans ces régions. De plus, la Ligue étolienne voyant les progrès de sa voisine prêtant alors main-forte à l’expansion spartiate en donnant à Cléomène III quatre cités arcadiennes de cette alliance : Tégée, Mantinée, Orchomène et Kaphyai. Après une expédition mystérieuse d’Antigone Dôsôn en Carie, en Asie Mineure, vers 227 semble montrer que la situation semblait stable à ce moment pour lui, en effet les trois principaux États grecs entretenaient des conflits le favorisant, en effet alors que l’hostilité montait entre les Achéens et les Spartiates, il y avait un rapprochement entre les Étoliens et Sparte qui semble équilibrer la situation. Pour autant, la politique de cette région va être dominer par l’action d’un des deux rois de Sparte, Cléomène III. C'est un roi réformateur qui face aux problèmes économiques et sociaux de sa cité va vouloir la réformer comme Agis IV auparavant qui a été mis en échec par l’oligarchie possédante. Agis IV était le collègue et rival du père de Cléomène III, Léonidas qui cède sa place à son fils en 235. Comme on vient de le dire, Cléomène III ne continua la politique réactionnaire de son père et décida de réaliser une réforme foncière radicale pour reformer le corps civique spartiate. La tradition raconte même que c’est la femme d’Agis IV que Cléomène III a épousé avant son exécution qui l’a converti à la révolution sociale. En réalité, on voit surtout chez Cléomène III une volonté de rétablir la puissance de Sparte qui passe donc par le rétablissement des corps des Egaux (donc par une réforme foncière, la propriété foncière, définissant à Sparte le statut civique) et un éclat à l’international assuré par une politique extérieure hostile à l’expansion achaïenne. Ainsi, l’honnêteté de la révolution sociale voulue par Cléomène III peut être remise en cause, elle s’inscrit en effet plus dans son programme politique qu’autre chose. Cependant, son action intérieure souleva contre lui les ploutocrates lacédémoniens et les autres cités étaient défavorable à une expansion spartiate. Cléomène III mena notamment des actions militaires contre la Ligue achéenne. Ces premières années de règne semblent ainsi conforter Cléomène III dans l’idée que seule une transformation drastique de l’État et de la société spartiate pourrait leur donner la force de contrer l’envahissement achaïen du Péloponnèse. Du côté achaïen, la menace spartiate et étolienne mais de manière indirecte qui s’explique par le caractère stratégique de la cession des cités de Tégée, Mantinée, Orchomène et Kaphyai qui donne notamment accès à Cléomène à l’Arcadie et qui isolait Mégalopolis donne lieu à une attitude défensive de la ligue votée par le conseil fédéral. Cette décision fut prise car Ptolémée III est en bons termes avec les Achéens et les Spartiates, il est donc compréhensible que les Achaïens ne veuillent pas être vu comme ceux qui ont rompu la diplomatie avec Sparte pour garder de bonnes relations avec Ptolémée III qui devra donc choisir son camp. Cependant, il ne semble plus y avoir d’hésitation à avoir en 229 avec la prise de Mégalopolis par les Spartiates, il s’agit du début de la guerre cléoménique. Les opérations militaires eurent donc lieu en 228-227 où l’on peut voir Cléomène victorieux en 227 à Ladokeia où Lydiadas un des chefs de file militaire des Achéens meurt. Il s’agit aussi d’un moment où Cléomène III arrive à faire sa révolution par un coup de force, un coup d’État politique. Ainsi Clèomène III fit supprimer les éphores aussi bien que cette fonction et exila quatre-vingts opposants politiques. Le roi, ainsi débarrassé de ses opposants mena sa révolution sociale en déclara vouloir en retourner à la « constitution de Lycurgue », un important législateur dans l’histoire de Sparte, probablement légendaire. Polybe décrivit le pouvoir de Cléomène après cet événement de tyrannique ce qu’Édouard Will corrobore. D’anciennes méthodes d’éducation spartiate sont remises au goût du jour comme l’agôgè ou les repas en commun nommés syssitia pour renforcer la puissance militaire spartiate. On cherche à amoindrir le problème de l’infériorité numérique spartiate en portant le corps des hoplites à quatre mille hommes et en enseignant l’usage de la sarisse cent dix ans après Chéronée. C’est dans ces circonstances qu’Antigone Dôsôn intervint dans le conflit entre les Achéens et les Spartiates.

De plus, la situation d’Aratos dans la Ligue achéenne était problématique, on lui reprocha de ne pas avoir soutenu Lydiadas à Ladokeia, ce qui fit que le conseil arrêta de financer ses entreprises. Loin d’abandonner la stratégie pour autant, Aratos se dirigea près d’Orchomène où Cléomène III y avait laissé des Spartiates. Cependant, on voit par son isolement diplomatique, l’alliance lagide relevant plus de la théorie qu’autre chose, qu’Aratos est contraint à l’alliance avec les Macédoniens qu’il avait lui-même chassé du Péloponnèse. En effet, cet isolement deviendrait d’autant plus problématique, si une alliance entre les Étoliens et les Spartiates venaient à se faire. Ainsi se pose la question des enjeux macédoniens dans la région et qu’elle serait l’intérêt d’Antigone Dôsôn à intervenir. Cela apparaît à travers l’Accrocorinthe que les Macédoniens veulent récupérer. Pour cela, une alliance avec les Spartiates aussi bien qu’avec les Achéens est possible. Cependant, Aratos prit l’initiative et entama des négociations secrètes avec Antigone dès l’hiver 227/226 par le biais d’une ambassade mégalopolitaine, cité qui avait de vieilles relations avec la cour macédonienne. Assuré ainsi du soutien macédonien, Aratos de Sicyone tenta tout de même de combattre seul les Macédoniens.