Le manoir de Kervégan (également appelé Ker Guegant. puis Kervégant) est un manoir situé au lieu-dit de Kerlaouénan dans l'ancienne commune de Servel, rattachée depuis 1961 à Lannion (Côtes-d'Armor).

Manoir tenu par trois grandes familles. La porte est inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du .

Historique alt=|gauche|vignette|Servel - Cadastre C, feuille - 1826 La première construction de Kervégan date très probablement de la fin au début du et est historiquement lié à sa seigneurie. Le bâti actuel se situe entre les années 1635 et 1645 avec une restauration lui donnant son aspect contemporain en 1815. La seigneurie de Kervégan est l'une des nombreuses seigneuries de la paroisse de Servel. Elle est limitée à l'Est par la seigneurie de KervouricPotier de Courcy - Nobiliaire et armorial de Bretagne, 1890, (tome 2. ). (alias Ker Bourric puis KerbouricLa seigneurie de Kerbouric, en Servel, possédait une juridiction attestée du . La seigneurie de Keranfaou était unie à celle de Kerbouric. Cette seigneurie de Kerbouric était détenue par Pierre de Lannion, seigneur du Cruguil, puis, en 1718, par Anne-Bretagne, comte de Lannion et fils du précédent. La seigneurie est à Gaëten de Lannion en 1756. InfoBtretagne.), au Nord par celle de KeradrivinLa seigneurie de Keridrivin, en Servel, possédait une juridiction mentionnée en 1641. Yvon de Morizur est seigneur de Keridrivin en 1412. Cette maison se fond ensuite dans Lesmais ou Lesmaës. Cette seigneurie est vendue en 1619 par Claude de Lesmaës à Jean du Fresne, sieur de La Vallée. Cette terre passe ensuite entre les mains successives des familles Fleschard (avant 1672), Kerousy et Kerannou (à partir de 1672). InfoBretagne, à l'Ouest par celle de Traou LéguerLe manoir de Traou-Léguer (). Propriété jadis de la famille Saliou. Le nom de Rolland Guyon () se trouve gravé sur un linteau. On y voit aussi un puits daté, semble-t-il, du . InfoBretagne, et au Sud (environ 400m) par le fleuve côtier, le Léguer. Elle s'appuie, d'une part, sur la maison manale de Kervégan (domaine et maison noble attesté en 1778 sous le nom « la maison noble de Kervigant »Ogée Dictionnaire historique et généalogique de la province de Bretagne, 1778, rééditions : 1843, 1979) qui a le « droit de maout » : un moulin existait sur le ruisseau venant de Keradrivin, le « droit de colombier » : le pigeonnier, tout comme le moulin (disparus aujourd'hui), sont encore situés sur le plan cadastral Napoléon de 1826 et trois parcelles portent encore le nom en breton de « Parc ar houldry » et d'autre part, sur une chapelle primitive ( probablement fin , famille des Tertres) connue sous le nom chapelle Saint-NicodèmeLouis Harbonville, La chapelle de Saint-Nicodème : de Louis XIV à la révolution, dans bulletin de l'ARSSAT, 1994, ; Yves Briand, La chapelle de Saint-Nicodème en Servel, articles parus dans L'Écho de Lannion les et 8 août 1959. à environ 150 mètres au Sud-Ouest du manoir.

Un inventaire du , nous décrit le maison comme suit : « Grand vitrail au pignon levant haut avec un écusson. Accoudoir à côté de l'Évangile (banc) un écusson en sculpture du Seigneur de Boisgelin, seigneur de Kervégan, paroisse de Servel. Quelques reliques. À l'extérieur, ancienneté d’une pierre avec écusson gravé semi-engagé du Seigneur du Tertre, seigneur de Kervégan de Servel. Porte actuelle écusson du Seigneur de Kergariou, seigneur de Kergrist de Coetillio, paroisse de Ploubezre ».

Le manoir est doté d'un puits (toujours existant). Il était probablement doté d'un four à pain sur le pignon sud-ouest (très certainement détruit lors de la restauration de 1815), si l'on se fit aux attaches en pierre encore existantesConstat fait par Denis-Marie Lahellec, délégué de pays Lannion-Trégor, Côtes d'Armor, Bretagne - Fondation du Patrimoine..

Une grosse rénovation fut effectuée au début du par Vincente Logou, alors propriétaire des lieuxBase Mérimée, fiche n° : PA00089287. Inscription faite sur l'une des portes de la cour intérieure : « FF PAR VINCENTE LOGOU 1815 ». vignette|« À l'intérieur, la cheminée est composée d'une grande pierre sculptée de deux écussons et au centre d'un grand médaillon ovale avec guirlandes le composant. Cette pierre de au relief suffisamment indiqué et dégrossi, repose sur deux pieds droits de 30 cm à leurs extrémités »Rapport Cardon 1948. Médiathèque de l'architecture et du patrimoine. Très abîmé, le manoir fut partiellement pillé et amputé d'une partie de ses trésors d'architecture au . Une cheminée exportée dans une villa côtière (Trébeurden ou Trégastel) sur laquelle on peut remarquer le collier de l'ordre du Saint-Esprit, ordre de chevalerie le plus prestigieux de la monarchie française, et les consoles à volutes caractéristiques de la première moitié du Le manoir de Kervegan(t) à Servel, par François-Marie Sallou (ARSSAT).. peut toujours remarquer sur les anciennes dépendances du manoir encore existante côté Nord-Est, deux pierres de granit sculptées difficilement lisibles, l'une est un linteau avec quelques lignes d’inscriptions, et l'autre un blasonnement des anciens seigneurs de Kervégan. Malheureusement, une partie de ce patrimoine bâti a aujourd'hui disparu : porte cochère et piétonne, four à pain, sculptures sur granit en tout genre, pigeonnier et moulin (Servel - Cadastre C, - 1826)

Le manoir fait partie en 2021 des dix lauréats Vieilles maisons françaises parmi les châteaux et demeures historiques en FranceLabel « VMF Patrimoine historique » sur vmfpatrimoine.org..

Seigneurs de Kervégan Les registres des baptêmes-mariages-sépultures, tenus par les différents recteurs de Servel, ont gardé la trace des seigneurs de Kervégan(t). Cette seigneurie de Servel n'avait pas « droit de justice ». Elles se comptent, principalement, au nombre de trois grandes familles.

Des Tertres thumb|redresse=.4|des Tertres Les « Tertres (des)», en breton Rozou (connus sous l'appellation « du Tertre » aux ). La famille des Tertres, sieurs de Kervégan(t) et de Crec'hgouriffen « aujourd'hui Crec'h Goulifern » (paroisse de Servel, évêché de Tréguier), mais aussi, du Roc'hou (paroisse de Lanvézéac), du Hentguer (paroisse de Brélévenez), de Pontguennec (paroisse de Perros-Guirec) est attestée à KervégantPotier de Courcy « Nobiliaire et Armorial de Bretagne » 1846, réédition de 1986, écrit pour cette famille de Kervégan et de Crec'hgouriffen en la paroisse de Servel en 1426 lors de la réformation des fouages, par Guillaume du Tertre, alors propriétaire des lieux, seigneur du Roc'hou en Lanvézéac et de Kervégan en Servel, marié à Catherine Merou, dame de Kergomar. Le domaine s'écrit alors Ker Guegant, la forme Kervégant apparaît dès 1535BNF MS 22321 Réformation de Tréguier en 1535, p519 dans l'expression : « La Motte de Kervégant à le mengouet à Jean du Tertre ». Kervégan fut un site à motte que l'on rapporte d'une manière générale au . La seigneurie de Kervégan est antérieure à la date de 1426, puisqu'elle est la propriété de Charlemagne du Tertre (1360) et Alain du Tertre (1358), lequel payait une rente féodale à Hervé de Kerbouric, frère puîné de Thomas, seigneur de KerbouricRecueil du cabinet de Lannion du , archives départementales du Morbihan, page 180/138. Selon la généalogie des seigneurs de Goasvenl (Manuscrit de Keroulas), la chapellerie fondée fin - début dans l'église de Servel serait due à Guillaume du Tertre, époux de Catherine Merou de la maison de Kergomar en Loguivy-les-LannionKeroulas, carte 28, f° 15..

Leur descendante et dernière héritière de la seigneurie de Kervégan(t), Renée du Tertre, dame de Kervégan(t) en Servel (fille de François du Tertre, sieur de Kervégan(t) en Servel et capitaine des arquebusiers de Tréguier et de Marguerite Couffon, héritière de la famille Couffon) décédée en 1612, se marie à François du BoisgelinSociété d'émulation des Côtes-d'Armor, 1924, T56, p74 et F. de Berthier in L'Homme du Concordat, CPI, 2010, . (fils de Charles du Boisgelin, sieur de Kervégan et de Kerveret en Lanloup et Jacquette de CoattarelSociété d'émulation des Côtes-d'Armor, 1924, T56, ., de la maison noble de KernaudourLa noblesse de Bretagne devant la chambre de la réformation 1668-1671, Comte de Rosmorduc, 1896, tome III, .).

Du Boisgelin

thumb|redresse=.4|du Boisgelin Par le mariage entre François du Boisgelin et Renée du Tertre, les BoisgelinBranche aînée de la maison du Boisgelin dite de la Garenne., sieurs de KervéganLes maisons nobles de Lanloup - § 5 - Kervégan InfoBretagne et de KerveretLes maisons nobles de Lanloup - § 4 - Kerverret InfoBretagne (paroisse de Lanloup) possèdent dès lors KervéganPotier de Courcy « Nobiliaire et Armorial de Bretagne » 1846, réédition de 1986, écrit pour cette famille de Kervégan paroisse de Servel. Leur petit-fils et héritier Claude du BoisgelinSociété d'émulation des Côtes-d'Armor, 1924, T. 56, . et sa femme Jeanne Calloët (fille de Maurice Calloët, conseiller du roi, procureur en la Cour royale de Lannion), vendirent Kervégan en Lanloup par acte du à noble Raoul Ollivier, sieur du Bouredeau en Plouha et à Marguerite Gendrot son épouse. Claude du Boisgelin s'était retiré à Kervégan en ServelCouffon, SEmCdN, LVI, Lanloup, p74 et avait eu quatre enfants : Pierre, Gabriel, Maurice et Jean. Pierre mourut sans hoirs et son frère Gabriel, qui lui avait succédé, se noya en traversant une rivière en 1691, ne laissant pas d'enfant de Gilonne du Liscouet qu'il avait épousé le à Louannec.

De Kergariou

thumb|redresse=.4|de KergariouAu , Kervégan est du domaine de la famille de KergariouBranche aînée de la maison de Kergariou., sieurs de KergristInventaire du patrimoine culturel en Bretagne – Château de Kergrist de CoetillioInventaire du patrimoine culturel en Bretagne – Château de Coatilliau Coatilliau (paroisse de Ploubezre). Par la suite, il semble que Kervégan devienne un convenant. Louis de KergariouJean-Yves Marjou (arrière grand-père de René-Fiacre de Kergariou), sieur de Coetillio, est marié à Gabrielle Calloët (fille de Maurice Calloët, conseiller du roi, procureur en la Cour royale de LannionRapport de Charles Colbert de Croissy en 1665 lors de son voyage en Bretagne sur la ville de Lannion.) dont la sœur Jeanne est mariée à Claude du Boisgelin (lui même, père de Gabriel « noyé accidentellement en 1691 » et petit-fils de François du Boisgelin et Renée du Tertre). Une autre branche de kergariou, branche de Kergrist, est sieur de Kervégan (alias Kervéguen plus exactementY. Botrel « Les justices seigneuriales de l’évêché de tréguier », 2002, pages 98 et 99.) en Plouigneau à la suite d'une alliance avec la maison noble de ToulcoëtUrvoy de Portzamparc, « Généalogie et parenté Urvoy », 1998, pages 98 et 99.. Il est à noter, qu'un procès de prééminences avec visite, expertise de l'état de la chapelle Saint-Nicodème (par. de Servel, év. de Tréguier), est dressé les 17 au par le sieur Jan-Baptiste FresnelArchives départementales des Côtes-d'Armor, série G - Servel, conseiller du roi, et son sénéchal au diocèse de Tréguier, à Lannion, montre que le seigneur de Kergariou est René-Fiacre de Kergariou dit Comte de Kergariou et conseiller au Parlement de Bretagne de 1756 à 1785, de la branche de La Grandville en BringoloUrvoy de Portzamparc « Généalogie et parenté Urvoy », 1998, .gauche|vignette|redresse=.33 Sur le pignon de la ruelle reliant la rue de l'église à la venelle des 3 avocats, à Lannion, se trouve le visage d'accueil de la maison de Gabrielle Calloët, dame douairière de Coatilliau et épouse de Louis de KergariouFrançois-Marie Sallou - Bulletin 2019 - ARSSAT..

Notes et références

Annexes Archives départementales des Côtes-d'Armor Manoir de Kervégan : Liste indicative et non exhaustive de documents conservés aux archives départementales des Côtes-d'Armor

Série E - Seigneuries. Familles. Notaires. État civil (avant 1790) Sous-série 1 E : Seigneuries 1 E 3376 : Seigneurie de Barach et annexes (Servel, Perros-Guirec, Saint-Quay-Perros), 1613-1787.