Les effets du changement climatique sur la santé humaine sont et seront variés, et certains sont encore imprévisibles. Les maladies liées à l'alimentation et à l'accès à l'eau, ainsi que les zoonoses sont déjà en augmentation, tout comme les maladies cardiovasculaires et rénales causées par la chaleur .. Le climat, c'est-à-dire l'ensemble des conditions météorologiques d'une région ou d'un lieu, est étroitement lié à la santé humaine, le premier influençant la secondeHenry, S. LSPED1221: Interactions population, environnement et développement, 2012 Louvain-La-Neuve..
Les effets du changement climatique peuvent être physiologiques et/ou psychologiques (santé mentale). Et dans ces deux cas, ils peuvent être locaux, régionaux ou globaux, et immédiats ou différés. Ils peuvent aussi, souvent, combiner, additionner ou multiplier leurs impacts .. Les effets directs sont liés à des changements plus ou moins brusques et/ou intenses dans le climat et la météorologie (comme de fortes variations ou anomalies de température ou de précipitations, éventuellement associées à une augmentation d'évènements catastrophiques (catastrophes naturelles). Ces effets directs sont principalement physiologiques : le corps humain et nos sociétés sont limités dans leur capacité à subir des changements météorologiques de plus en plus intenses, longs et brutaux (bouleversement des régimes de températures et de précipitations, et augmentation de fréquence et ampleur des catastrophes naturelles par exemple) ; indirectement, via notamment la dégradation et d'une moindre résilience des écosystèmes et des agrosystèmes (cf. moindre qualité des eaux, de l'air, des sols, des habitats naturels, des réseaux trophiques et donc des services écosystémiques). Les pertes de rendement de la sylviculture, des pêcheries et de l'agriculture en général auront des conséquences sur la disponibilité et la répartition des ressources alimentaire, et sur l'industrie et des échanges économiques aux échelles locales, régionales et internationale.. Au début des années 2020, près de la moitié de la population mondiale connaît déjà une grave pénurie d'eau pendant au moins un mois par an, ce qui n'explue pas aussi des inondations catastrophiques, deux phénomènes qui intensifient le risque sanitaire. Les effets indirects sont liés à la dégradation de notre environnement, au nombre de jours supplémentaires où la température sera telle que toute activité physique deviendra difficile ou impossible ; à la diminution de sa capacité des écosystèmes et agrosystèmes à résister aux changements. L'humanité risque d'être de plus en plus confronté, par exemple, au manque d'eau, à une diminution de la qualité de l'eau, de l'air, du sol, des habitats naturels, des écosystèmes, et donc des services qu'ils nous rendent. Ces changements affectent déjà l'agriculture, l'industrie et le commerce mondial et menacent la paix dans le monde. Outre les morts directement causés, des maladies émergentes, des épidémies ou pandémies seront favorisées, alors que les chaînes d'approvisionnement, et une dégradation des capacités de transport augmenteront l'insécurité alimentaire .
vignette|Manhattan dans le smog. Selon l'OMS : « Le changement climatique représente la plus grande menace pour la santé dans le monde au 21ème siècle »Organisation mondiale de la santé, « Appel de l'OMS en faveur d'une intervention d'urgence pour protéger la santé face au changement climatique », 2015.. Par rapport à ce qui est attendu (dans « un monde à +4°C » par exemple), les effets sanitaires du changement climatique sont encore très faibles. Il est difficile d'en mesurer et quantifier précisément les conséquences sanitaires, mais le changement et le réchauffement climatiques comptent parmi les plus graves menaces du en matière de santé environnementale pour l'espèce humaine et de nombreuses autres espèces.. Tous les indicateurs globaux suivis par le GIEC, l'OMS et l'ONU (notamment dans le cadre des approches One Health (une seule santé), indiquent que les efforts faits pour stabiliser le climat sont encore très insuffisants ; les effets sur la santé sont amenés à augmenter progressivement avec le réchauffement et le dérèglement climatiques. Certaines populations et régions seront touchées avant d'autres et/ou plus que d'autres, mais toutes seront touchées, directement ou indirectement. La gravité de ces effets dépendra de efforts faits aujourd'hui pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, rendre les écosystèmes plus résilients, et intégrer la dimension « santé » dans l'adaptation au réchauffement climatique.
Distribution géographique des effets sanitaires du changement climatique
Bien que certaines zones tempérées pourraient tirer certains avantages du changement climatique (réduction du taux de mortalité hivernal ou diminution potentielle de la malaria), les effets négatifs du changement climatique sur la santé humaine l'emporteront largement sur les impacts positifs, et plus particulièrement dans les pays en voie de développement.
Le niveau de développement économique est l'un des facteurs de la capacité d'adaptation au changement climatique : le niveau d'accessibilité au système de santé et le degré de développement des établissements et infrastructures publics de soins est un élément clé dans les facultés d'adaptation.
À ce jour, malgré une croissance économique globalement en hausse, et à cause d'une répartition inégale des richesses, les pays en voie de développement offrent un accès aux soins souvent limité et ne disposent pas de moyens suffisants pour préserver les populations les plus démunies des maladies et dommages liés au changement climatique.
Épisodes météorologiques extrêmes Bien que l'homme se soit adapté à des climats très différents dans le monde, le domaine des températures où se développe la vie humaine est assez étroit. Notre corps doit maintenir une température interne d'environ , et les variations très au-dessus ou au-dessous de cette valeur peuvent nous rendre malades et affecter gravement notre santé.
Actuellement un des facteurs climatiques les plus alertant pour notre santé, est le changement climatique, qui touche surtout les zones de températures extrêmes. Il affecte tant directement qu'indirectement notre santéLa Médecine - Le climat & la santé, sur le site alertes-meteo.com.
Températures extrêmes Chaleur extrême De nos jours, avec le réchauffement climatique, apparaissent des avantages, tels qu'une baisse de la mortalité hivernale dans les zones tempérées ou une augmentation de la production vivrière, mais dans l'ensemble ses effets sont très largement négatifs. En effet, il va avoir une grande influence sur les besoins fondamentaux de la santé, c'est-à-dire l'air pur, l'eau potable, la nourriture, etc. Ainsi, avec la pollution humaine et le réchauffement climatique, la teneur de l'air en ozone et d'autres polluants, qui renforce l'apparition de maladies cardiovasculaires et respiratoires, augmentent fortement. Cette pollution de l'air urbain . En été, surtout dans les zones à température très élevée, en période caniculaire les températures contribuent directement à la mortalité par maladies cardiovasculaires ou respiratoires surtout chez les personnes âgées et les plus faibles. Ainsi, en 2003 en Europe, durant la canicule de l'été ont été enregistrés plus de supplémentairesOMS, "Changement climatique et santé", Aide-mémoire , publiée en 2010. Dans le monde, 37 % des décès causés par des températures caniculaires seraient dues au réchauffement climatique.
En période de chaleur extrême, il est constaté une concentration plus élevée en pollen et autres aéroallergènes, source du déclenchement de crise asthmatique, une maladie dont souffrent environ de personnes.
Les vagues de chaleur et canicules (de plus en plus fréquentes) entrainent déjà des surmortalités. En par exemple, la vague de chaleur qui a touché l'Europe a provoqué supplémentaires par rapport à une période similaire sans canicule. Ce phénomène devrait empirer dans le futur (bien que les régions tempérées puissent être relativement épargnées par le phénomène). L'activité physique et sportive, normalement indispensable à une bonne santé, devient dangereuse voire mortelle quand il fait trop chaud. En 2021, le WWF estimait qu'en France on perdrait jusqu'à 66 jours de sport par an dans un scénario à +4°C (c'est-à-dire plus de deux mois par an, quand la température dépasserait 32° C). Or, c'est le scenario retenu par la France pour ses politiques d'adaptation au réchauffement. .
Froid extrême De l'autre côté, si on se concentre sur les effets d'un climat froid, on peut aussi récolter plusieurs éléments importants. À part le fait que le climat froid nous protège de plusieurs maladies infectieuses transmises par les animaux, il est également source de déclenchement de maladie. Et d'ailleurs, statistiquement, le froid reste plus meurtrier que la chaleur Climat, Météo, Santé, Observatoire Régional de la Santé Nord – Pas-de-Calais, 2011. On peut en effet observer lors des vagues de froid, une surmortalité qui est renforcée en premier lieu par l'augmentation du nombre de personnes ayant des maladies respiratoires, maladies vasculaires et cardiovasculaires. On peut citer comme exemple, la grande vague de froid qui toucha la France en Voir: Vague de froid de janvier 1985 en France, où fut enregistrée une surmortalité de plus de 13 %, essentiellement à cause de pneumonies, d'accidents vasculaires cérébraux et des infarctus du myocarde.
Des températures extrêmement froides sont également une source de prévalence de l'asthme, entraînent des troubles mentaux, le syndrome de Raynaud, et des maladies endocriniennes.
Quand il fait froid, notre corps adopte des comportements qui favorisent la transmission des virus, on devient donc plus sensible aux virus et aux maladies, ce qui explique la surmortalité en hiver. Le froid n'apporte pas plus de virus et de maladie, mais accentue la fragilité de notre organisme ce qui permet à plus de virus et maladies de s'installer dans notre corps. On note ainsi la présence de maladies à virus (angine, amygdalite, rhume, sinusite, etc.), et des infections respiratoires (nez, gorge, bronches, poumons).
Le froid fragilise donc notre organisme, mais pire encore il permet à certains virus de persister plus longtemps dans l'air. C'est le cas du virus de la grippe.
Catastrophes naturelles et variations des précipitations
thumb|Inondations en Haïti Ces cinquante dernières années, le nombre de phénomènes météorologiques exceptionnels a triplé entraînant plus de par an principalement dans les pays en développement. L'impact des catastrophes naturelles se fait sentir de plus en plus fortement dans le mondeChangement climatique et santé, Aide-mémoire , janvier 2010, site de l'OMS.
Élévation du niveau des mers Une des catastrophes naturelles la plus marquante est l'élévation du niveau des mers qui est source de destruction de l'habitat, des zones d'activités économiques et des infrastructures les plus essentielles à la population. Sachant que plus de la moitié de la population mondiale vit à moins de de la mer, cela est très préoccupant. Ceci pourrait avoir un effet indirect sur la santé humaine. Ainsi, les personnes concernées seront obligés de se déplacer, ce qui augmenterait les risques sanitaires, allant des troubles de la santé mentale aux maladies transmissibles.
Inondations et tempêtes La modification des précipitations est également une source de problèmes. D'une part, quand il y a excès de précipitations, cela peut provoquer des inondations. Ce phénomène augmente en fréquence et en intensité. Les inondations contaminent les sources d'eau douce, augmentent le risque de maladies à transmission hydrique, peuvent provoquer des noyades et certains traumatismes physiques.