Vladimir Roudolfovitch Soloviov ou Soloviev (en , Vladimir Rudolfovitch Soloviov) est un journaliste de radio et télévision russe né le à Moscou. Il est un des visages de la propagande du régime russe durant la présidence de Vladimir Poutine, plus particulièrement depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022.

Biographie

Enfance Vladimir Soloviov naît le dans une famille russe dont la mère et le grand-père paternel sont d'origine juive. Son père, Rudolf Naoumovitch Soloviov (qui portait le nom de famille Vinitskovski jusqu'en 1962, avant de prendre celui de sa mère, elle même d'origine russe), était professeur de politique économique et champion de boxe de Moscou. Sa mère, Inna Solomonovna Soloviova (née Chapiro en 1943) était guide au musée-panorama de Borodino. Ses parents se sont rencontrés alors qu'ils étudiaient à l'université pédagogique d'État de Moscou. Ils se sont séparés alors que Soloviov avait quatre ans, mais ont gardé des relations amicales. Les grands-parents du côté maternel, Solomon Lvovitch Chapiro et Polina Petrovna Chapiro, travaillaient au Centre M.V. Khrounitchev de recherche et de production astronautique d'État.

Enfant, Soloviov est scolarisé à l'école , spécialisée dans l'enseignement de l'anglais et réservée aux enfants de l'élite soviétique (membres du Comité central du Parti communiste, diplomates, etc.).

Il entre au Komsomol à 14 ans.

Enfant, Soloviov pratique les sports de combat, en particulier le karaté. Il est également passionné de football et s'entraîne dans une école de football.

Jeunesse et études Vladimir Soloviov entre en 1980 à la faculté de physique et chimie de l'université des sciences et technologies d'État MISiS dont il sort diplômé en 1986 avec mention très bien (). Au cours de ces études, il fait la connaissance de Vladislav Sourkov et de Mikhaïl Fridman, d'un an ses cadets.

De 1986 à 1988, il est employé comme expert au Comité des organisations de jeunesse soviétique, et écrit dans son temps libre.

Il obtient un diplôme supplémentaire (, un grade académique entre la maîtrise et le doctorat) à l'Institut d'économie mondiale et de relations internationales RAN. En 1990, sous la direction du professeur Iou. V. Kourenkov, il défend une thèse en sciences économiques intitulée .

Carrière En 1989-1990, en pleine crise de la fin de la Perestroïka, Soloviov est collaborateur scientifique à l'Institut d'économie mondiale et de relations internationales RAN, et enseigne la physique, les mathématiques et l'astronomie à l'école où il était scolarisé enfant.

En 1990, il est invité à enseigner l'économie à l'université de l'Alabama à Huntsville. Aux États-Unis, il débute des activités d'entrepreneur et devient consultant pour des sociétés de construction.

En , a lieu la chute de l'URSS.

De retour en Russie en 1992, il fonde une société dans le domaine du développement des techniques de pointe. Il déclare à ce sujet : . Il devient également membre du Comité des entrepreneurs d'Amérique, et préside une association de jeunes économistes.

Il vend l'ensemble de son affaire en 1998 et achète des actions de Gazprom. La même année, il est invité à participer à la chaîne de radio Serebrianni dojd (Pluie d'argent) par ses fondateurs Natalia Sindeïeva et Dmitri Savitski, ce qui marque le début de sa carrière journalistique.

En 1999, il commence à animer des émissions télévisées sur la chaîne TNT à l'invitation de son directeur Sergueï Skvortsov . De 1999 à 2001, il coanime avec le présentateur Alexandre Gordon l'émission Progrès sur la chaîne ORT consacré à la vie politique et sociale russe. Sur TNT, il présente l'émission Strasti po Soloviovou, dans laquelle il reçoit de nombreuses personnalités politiques et journalistiques de l'opposition, comme Anna Politkovskaïa et Grigori Iavlinski, ainsi que du monde du show-business, comme Alexandre Gradski et Philipp Kirkorov. Après son départ sur la chaîne TV-6, il y anime deux émissions : Zavtrak s Soloviovym (Déjeuner avec Soloviov), dans laquelle il reçoit des politiciens russes dans un cadre informel, et Solovinaïa notch (la nuit de Soloviov - ou du rossignol - jeu de mots sur son nom qui est dérivé de rossignol), un programme musical consacré à la chanson populaire russe.

En 2002, après la fermeture de la chaîne TV-6 (dont il animait le dernier programme diffusé à l'antenne), Soloviov présente deux émissions politiques sur la chaîne TV : Smotrite, kto prishol (Regardez qui est arrivé) (interviews avec des politiciens russes, y compris de l'opposition), et Poedinok (débat entre deux invités, à l'issue duquel un vote du public désignait le vainqueur) .

À la suite de la fermeture de la chaîne TVC en 2003, Soloviov commence à travailler pour la chaîne NTV où il présente son programme hebdomadaire K bariéru jusqu'en 2009.

Il joue pour l'équipe de football du Congrès juif russe dont il fait partie.

À partir d', il travaille pour les chaînes de télévision russes d'État de la holding VGTRK. Son émission Poedinok est à nouveau diffusée sur Rossiya 1 de 2010 à 2014 et de 2015 à 2017. Il présente sur la même chaîne depuis 2012 Voskresnyi vetcher, (soirée dominicale) au départ hebdomadaire, puis devenue quasi quotidienne depuis 2014 sous le nom Vetcher s Vladimirom Soloviovym (Soirée avec Vladimir Soloviov)Le politologue de centre droit, Sergueï Mikheïev, y est souvent invité.. Il anime parallèlement l'émission Polnyi Kontakt (Plein contact) sur la radio Vesti-FM avec Anna Chafran.

En 2012, il devient membre du Conseil de la télévision publique par décret de Vladimir Poutine.

En automne 2015, à la suite de l'intervention militaire de la Russie en Syrie, il est le seul journaliste russe auquel Poutine accorde une interview.

Depuis le , il présente l'émission Moscou, Kremlin, Poutine sur la chaîne Rossiya 1, entièrement consacrée aux réalisations du Président pendant la semaine écoulée. Le ton employé, le choix des invités (généralement proches du pouvoir, quand ils n'en sont pas issus à l'instar de Dmitri Peskov) et des thèmes ont conduit de nombreux médias et commentateurs russes d'opposition à interpréter l'apparition de cette émission comme la preuve manifeste de la résurgence d'un culte de la personnalité en Russie.

Le média estonien Delphi révèle lundi à partir de documents de l'administration russe que le propagandiste qu'il est . Et de rappeler qu'« Kremlin Leaks » : ce que l'on sait du vaste plan de propagande russe dont les détails ont fuité, leparisien.fr, 29 février 2024..

Prises de position Les prises de position publiques de Vladimir Soloviov ont beaucoup varié au fil de sa carrière, effectuant un virage à 180 degrés entre le début des années 2000 et le début des années 2010.

Au commencement de sa carrière de journaliste, il défend la liberté journalistique et prend publiquement position à plusieurs reprises contre la restriction de libertés des chaînes de télévision privées dans la lutte les opposant au Kremlin, comme dans le cas très médiatisé de la chaîne NTV ..

À partir de 2007, il soutient de plus en plus ouvertement le pouvoir. Lors d'un meeting électoral en vue des élections législatives russes de 2007, il décrit le président russe comme un leader .. Quelque temps plus tard, dans une interview au journal Vzglyad, il s'en prend ouvertement à l'opposition et à ses leaders..

En , de concert avec d'autres journalistes, et personnalités politiques et médiatiques russes, il signe une lettre de soutien au fonds Vse my - Berkut () créé pour la défense des membres du Berkout opposés aux activistes d'Euromaïdan..

Crimée La position de Soloviov concernant la Crimée a grandement évolué au cours des années, jusqu'à présenter des points de vue complètement contradictoires, comme le montrent ci-dessous ces extraits de ses propres déclarations (2008, 2013 et 2014) :

Guerre du Donbass Vladimir Soloviov soutient les séparatistes russes depuis le début de la guerre du Donbass, qualifiant le conflit comme étant une opposant les (armée ukrainienne) aux (forces séparatistes) ..

Opposition russe En , il qualifie les participants aux manifestations non autorisées à Moscou sur la rue Tverskaïa d'., d', de , en précisant que

Controverses En 2006, Vladimir Soloviov écope d'une amende de roubles après une plainte du candidat aux élections municipales de Samara, Viktor Tarkhov, qu'il avait copieusement insulté lors d'un débat qu'il animait entre lui et son opposant.

En , il accuse les étudiants de politologie appliquée de l'École des hautes études en sciences économiques de « former des groupuscules terroristes organisés » dans le but de préparer des « Maïdans souterrains », une déclaration qui scandalise l'établissement.

Une nouvelle plainte est déposée contre Soloviov en par l'homme d'affaires russe pour atteinte à l'honneur à la suite de déclarations du journaliste à la radio en .

En , le Conseil national ukrainien de radio et télévision inscrit Soloviov à la liste de sanctions pour ses positions en faveur de l'annexion de la Crimée par la Russie et le conflit du Donbass. Il est interdit de territoire et d'antenne.

En , il traite les opposants à la reconstruction de la cathédrale Sainte-Catherine d'Iekaterinbourg de « démons » et « diables ».

Le journaliste russe Vladimir Pozner considère que Soloviov cause du tort au journalisme russe et « refuserait de lui serrer la main » s'il venait à le rencontrer.

En , la Fondation anti-corruption, proche de l'opposant Navalny, révèle que Soloviov détient une villa au bord du lac de Côme en Italie et est titulaire du permis de résidence italien. Sa fortune immobilière, également constituée de trois appartements à Moscou et d'une villa dans l'oblast de Moscou, est évaluée à 1 milliard de roubles (soit 10 millions d'euros en ) .

Le , les utilisateurs de YouTube découvrent une chanson satirique Evening Bullshitter sur la chaîne de Boris Grebenchtchikov qui se moque d'un propagandiste de la télévision russe, sans toutefois en citer le nom. Un débat s'ensuit quant au protagoniste de la chanson et les soupçons s'orientent vers Vladimir Soloviov. Soloviov déclare dans une interview accordée à Gazeta.ru être confronté à un déluge de ridicule et de critiques, qualifiant ces événements de « harcèlement ».

Au début de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, fin , Vladimir Soloviov est interdit de territoire du Royaume-Uni, du Canada, d'Australie, et de tous les 27 pays de l'Union européenne, ses biens sont confisqués et il est frappé de sanctions économiques ЕС лишил депутатов Госдумы шопинга в Милане и вечеринок в Сен-Тропе // РБК, 22 фев 2022 Владимир Соловьёв, Маргарита Симоньян, Мария Захарова и Пётр Толстой попали под европейские санкции «Радио Свобода»: под санкции ЕС попали Маргарита Симоньян, Мария Захарова и Владимир Соловьёв, 23 февраля 2022.

Depuis , la chaîne Soloviov Live est diffusée vers la Russie et les territoires annexés de l'Ukraine sur la plate-forme Trikolor TV par le satellite Ekspress AMU1/Eutelsat 36C géré par l'opérateur français Eutelsat. Cette diffusion (ainsi que la présence de la chaîne sur le portail internet de la VGTRK également sanctionnée) a été signalée à l'Arcom par le Comité Diderot, qui demande à l'Autorité de mettre en demeure l'opérateur de satellite pour qu'il en cesse la diffusion.

Vie privée Vladimir Soloviov, divorcé deux fois, est père de huit enfants.

Passions et loisirs Grand sportif, Vladimir Soloviov pratique régulièrement le football, le tennis ainsi que différents arts martiaux (il est ceinture noire de karaté). Passionné d'automobile, il a obtenu le permis de conduire pour toutes les catégories de véhicule autorisées en Russie.

Filmographie Films et séries 2000 : Agent natsionalnoï bezopasnosti 2 : Boris Lopatine, homme d'affaires 2004 : Tol'ko ty... ili bogataïa Lisa : présentateur de télévision 2005 : Boginia praïm-taïma : Caméo 2006 : Park sovetskogo perioda : Caméo

Films documentaires 2013 : Mussolini. Zakat : auteur et présentateur