L'histoire de Québec est celle de la ville la plus ancienne du Canada. Située à la confluence du fleuve Saint-Laurent et de la rivière Saint-Charles, elle est fréquentée par les Premières Nations bien avant l’arrivée des colonisateurs européens. Elle a déjà été la capitale canadienne avant de devenir celle de la province de Québec. Elle est connue pour sa topographie particulière avec le cap Diamant qui surplombe la basse-ville. Ville d’histoire, son patrimoine est classé et protégé par différents paliers de gouvernement et organismes internationaux.

Fondation et les 220px|L'arrivée de Samuel de Champlain à Québec selon George Agnew Reid, 1909.|right|thumb À l'aube du , le site actuel de la ville de Québec n'était alors plus visité que par des nomades algonquins qui lui donnent son nom, Québec signifiant « l'endroit où la rivière se rétrécit ». Le lieu est propice à l'établissement d'une colonie permanente. Comme Samuel de Champlain le dit dans ses Voyages en 1613 :

« De l’isle d’Orléans jusques a Quebecq y a une lieue, j’y arrivay le 3 Juillet: où estant, je cherchay lieu propre pour nostre habitation, mais je n’en peu trouver de plus commode, ny mieux situé que la pointe de Quebec, ainsi appelé des sauvages, laquelle estoit remplie de noyers. Aussitost j’emploiay une partie de nos ouvriers à les abatre pour faire nostre habitation. » gauche|vignette|Portrait non authentique de Samuel de Champlain par Théophile Hamel (1870). La ville de Québec a été fondée par Samuel de Champlain le , sous l'aile de Pierre Du Gua de Monts, sur un site situé à proximité d'un ancien village iroquoien appelé Stadaconé où les habitants cultivaient le maïs et profitaient des ressources maritimes du secteur. Il s'agit du berceau de la francophonie en Amérique du Nord et se développera autour de la place Royale.

Le choix de Québec n’est pas anodin. Champlain y voit le potentiel pour le commerce des fourrures, mais aussi pour l’agriculture. De plus, la topographie du terrain représente un avantage défensif non négligeable. Les premiers temps à Québec sont difficiles. Lors de l’hivernement de 1608, près d’une trentaine d’hommes meurent alors que ceux qui restent sont victimes du scorbut.thumb|220px|Habitation de Québec, 1608, par Samuel de ChamplainTranquillement, on s’enracine. On construit l’Habitation en 1608 et la colonisation permanente débute non sans difficulté, l’hiver canadien en rebutant plusieurs. Les Récollets traversent l’océan Atlantique en 1615 avec comme mission d’évangéliser les populations autochtones locales. Deux ans plus tard, en 1627, c’est au tour de Louis Hébert, de Marie Rollet et de leurs trois enfants d’émigrer au Canada et de s’installer à Québec. La famille obtiendra l’une des premières terres en seigneurie et fief de la région. Cette terre, située en haute-ville, témoigne du passé foncièrement agricole de ce secteur. Effectivement, les entrepôts, les quais, les boutiques et les magasins rythmeront le paysage de la basse-ville au bord du fleuve Saint-Laurent et de la rivière Saint-Charles.

La colonisation française est stoppée en 1629 alors que les frères Thomas et Lewis Kirke prennent Québec, mais reprendra dès 1632, lorsque la colonie est rétrocédée à la France, avec davantage de vigueur et de constance. Au cours des , la population augmente. En 1663, elle est de quelque 550 habitants qui demeurent dans environ 70 maisons. Dans l’arrière-pays, on compte qui occupent des fonctions essentiellement agricoles, même si elles fréquentent Québec. À la fin du Régime français, on compte à Québec. C’est au gouverneur Charles Huault de Montmagny que l’on doit l’aménagement urbanistique de la haute-ville qui deviendra un pôle administratif, religieux et militaire fort. Quant à la basse-ville, elle est connue pour ses activités liées au commerce et au monde ouvrier. Les premières voies routières sont tracées et ouvertes, Québec passe de la colonie comptoir à la ville organisée. gauche|vignette|201x201px|Portrait de Jean Talon, par Claude François dit Frère Luc (1671) Dans la nuit du 4 au , un vaste incendie détruit une cinquantaine de bâtiments. À la fin du , les habitants de Québec voient sortir de terre des édifices d’envergure comme la cathédrale, l’Hôtel-Dieu ou encore le Séminaire. On voit aussi s’ériger les premières fortifications de la ville. C’est aussi à cette époque que la première brasserie du Canada entre en service. La Brasserie du Roy est l’idée de Jean Talon, intendant, qui la met en chantier en 1668. Elle entre en opération trois ans plus tard, en 1670. Située au pied de la falaise près de l’Hôtel-Dieu et à proximité de la rivière Saint-Charles, elle n’est en activité que quelques années cessant le brassage en 1675. thumb|Vue de Québec en 1699.|282x282pxÀ la fin du Régime français, le territoire de l'actuelle ville de Québec forme un paysage de contrastes saisissants. Boisés, villages, champs en culture et pâturages entourent la ville. Celle-ci se démarque par son architecture monumentale, ses fortifications (uniques en Amérique du Nord), ses rues boueuses et insalubres, ses riches maisons de maçonnerie et ses bicoques des faubourgs Saint-Jean et Saint-Roch, les premiers à se développer lorsque le centre de Québec se densifie. Malgré son urbanité et son statut de capitale, Québec reste une petite ville coloniale liée étroitement à l'arrière-pays. En effet, les habitants de son hinterland viennent s'y procurer des marchandises de France et vendre leurs surplus agricoles ainsi que du bois de chauffage aux deux marchés de la ville. vignette|Plan de la ville de Québec, 1750 Même si le commerce des fourrures est présent à Québec, il ne prendra pas les mêmes proportions qu’à Montréal dont c’est l’activité économique principale. Ce qui sert Québec, c’est sa position géographique à proximité de deux voies navigables non négligeables que sont le fleuve Saint-Laurent et la rivière Saint-Charles. Cela permet à une économie portuaire de prendre racine et de se développer.

Pour des usages domestiques et commerciaux, on pratique le commerce du bois. La construction navale jouera également un rôle de premier plan pendant plusieurs décennies et occupera des centaines d’ouvriers saisonniers. Entre 1720 et 1740, ce sont 200 navires qui sont construits en rade de Québec. Au cours des , Québec demeure le centre financier et décisionnel de la Nouvelle-France.

La guerre de la Conquête et la guerre de Sept Ans

Voir les articles principaux : la guerre de la Conquête et la guerre de Sept Ans.

La topographie de Québec lui confère une certaine défense naturelle. Il faut être en mesure d’escalader la pente escarpée du cap Diamant pour s’emparer de la haute-ville. Comme la ville est la porte d’entrée de la Nouvelle-France sur le continent nord-américain, celui qui prend Québec, prend la colonie. gauche|vignette|240x240px|Bataille des plaines d'Abraham par John Henry Walker (1877-1879) En juin 1759, une imposante flotte britannique, qui servait sous les ordres du général James Wolfe, au détriment de l'armée française dirigée par le général Louis-Joseph de Montcalm dans le cadre de la guerre de Sept Ans, jette l'ancre près de Québec. Tout le territoire est en état d'alerte. La côte de Beauport, où les Français attendent un débarquement, est fortifiée. Comme le marquis de Montcalm semble vouloir rester sur ses positions à cet endroit, le général Wolfe décide de bombarder la ville afin de briser le moral des troupes françaises.

Le soir du , le bombardement commence de façon très intense et rend la vie difficile aux habitants de la ville.

À la suite d'une victoire française sur la rive droite de la Montmorency, le commandant des forces britanniques, James Wolfe, tente le tout pour le tout : le , ses troupes débarquent à l'Anse-au-Foulon. Elles escaladent la falaise, occupent les hauteurs des plaines d'Abraham et remportent une victoire décisive sur l'armée française. Le , la capitale de la Nouvelle-France capitule. Nicolas Roch de Ramezay remet Québec au général George Townshend qui a pris le relais à la suite du décès de Wolfe. Deux mois de bombardement ont laissé le centre-ville dévasté (près de 80 % de la ville est en ruine).

Régime britannique et le XIXe siècle

En avril 1760, le maréchal de Lévis remporte la bataille de Sainte-Foy. Cependant, l'arrivée de renforts britanniques oblige l'armée française à se replier sur Montréal qui capitule à son tour, en septembre 1760. Trois ans plus tard, la plupart des possessions françaises d'Amérique du Nord sont cédées à la Grande-Bretagne. Le changement de régime n’affecte pas le rôle de Québec qui demeure une ville de garnison ainsi que le centre administratif de la colonie. vignette|Bataille de Ste-Foy, le 28 avril 1760 par George B. Campion La gouvernance britannique apporte avec elle des changements à Québec. C’est le cas, par exemple, du service des postes qui est mis en place. En effet, au cours du Régime français, la poste était livrée grâce à un système informel bien que la correspondance officielle fût davantage encadrée. Avec le Régime britannique, un système officiel est mis en place et le premier bureau de poste ouvre à Québec en 1763. Cela est notamment rendu possible en raison du développement du réseau routier sous la supervision du Grand Voyer, responsable de la voirie.

La diète des habitants sera aussi influencée par le pouvoir britannique. Si le pain de blé est l’aliment principal de l’alimentation au cours du Régime français, l’introduction de la pomme de terre change la donne. Différents alcools comme la bière, le porto et le sherry sont importés tout comme certains fromages typiquement britanniques comme ceux du Cheshire et de la région de Gloucester. La culture du café, lieu de sociabilité par excellence, prend sa place alors que Pierre Hévé ouvre le premier café de Québec, rue Saint-Pierre. gauche|vignette|Loading ship with square timber through the bow port, Quebec City, QC, 1872 Néanmoins, certaines choses perdurent dans le temps, comme le commerce du bois et la construction navale. Entre 1608 et 1799, ce sont qui sont construits à Québec. Si le rythme varie dans le temps au gré des événements qui influencent l’économie, la moyenne s’établit à 31 bateaux par année. Au tournant du , le nombre de quais passe de 11 en 1785 à plus de 20 en 1804. L’espace maritime empiète de plus en plus sur le résidentiel. La solution pour pallier ceci est d’aller vers le fleuve dont on comble artificiellement certaines parties du lit. De cette façon, on parvient à doubler la superficie portuaire. C’est d’ailleurs à Québec qu’est construit le Columbus en 1824. Navire de , il est la plus grosse embarcation en bois au monde à l’époque. En 1833, un autre événement maritime d’importance se déroule à Québec, le voyage du premier transatlantique à vapeur, le Royal William. Bien que les turbines soient montréalaises, la construction se fait à Québec par Black et Campbell. Le bateau quitte Pictou (Nouvelle-Écosse) le et la traversée jusqu’à Gravesend (Angleterre) prendra 25 jours.

thumb|right|Bataille de Québec de 1775

Québec, même sous l’empire britannique, ne perd rien comme place forte de l’Amérique du Nord et elle est convoitée par plusieurs. Pendant la guerre d'Indépendance des États-Unis, la garnison britannique de la ville de Québec fut attaquée par les troupes américaines, les « Bastonnais » (nom donné aux rebelles américains). C'est dans la nuit du 30 au que les généraux Richard Montgomery et Benedict Arnold tentèrent un assaut contre la basse-ville qui s'avère infructueux lors de la bataille de Québec. Guy Carleton et les quelques britanniques et miliciens mettent les envahisseurs en déroute. Montgomery y laissera sa vie. Les Américains devront rapidement évacuer le territoire en juin 1776. Le Canada restera alors dans le giron impérial. La guerre d’Indépendance aura comme conséquence la montée des loyalistes, des citoyens fidèles à la couronne britannique, vers le Canada.