Le secteur de l'énergie au Kenya est caractérisé par une consommation par habitant très faible, inférieure de 71 % à la moyenne mondiale en 2021, et par l'absence de ressources fossiles, jusqu'à la découverte en 2012 d'un gisement de pétrole, non encore exploité ; le pays importe donc la totalité des hydrocarbures dont il a besoin. Les énergies les plus utilisées en 2021 sont la biomasse traditionnelle (62 % de la consommation primaire d'énergie), le pétrole (18,5 %) et les énergies renouvelables (17 %, surtout géothermie, éolien et hydroélectricité).
L'électricité représente seulement 5,1 % de la consommation finale d'énergie du pays en 2021, et la consommation d'électricité du pays par habitant atteint seulement 5,6 % de la moyenne mondiale. La production d'électricité repose à 89,8 % sur les énergies renouvelables, en particulier la géothermie (40,7 %) : le Kenya est, en 2021, le d'électricité géothermique avec 5,3 % de la production mondiale ; le pays investit massivement dans le développement de cette ressource, dont le potentiel est considérable ; il envisage d'exporter une partie de sa production. Il développe aussi l'hydroélectricité (29,7 %), l'éolien (16 %) et plus récemment le solaire (1,3 %).
Énergie fossile Le Kenya ne disposait d'aucune ressource fossile jusqu'à la découverte en 2012 d'un gisement de pétrole dans le bassin de Lokichar, au nord du pays. Les réserves étaient estimées en 2016 à un milliard de barils, mais le gisement est situé dans une région reculée, à 850 km du port de Lamu, le site d'exportation le plus vraisemblable Kenya may have a lot more oil than it previously thought, Quartz Africa, 11 mai 2016.. Le Kenya avait négocié avec l'Ouganda, qui a découvert des réserves encore plus importantes sur son territoire, pour la création d'un oléoduc commun afin de partager les investissements, mais l'Ouganda a finalement abandonné ce projet en 2016, préférant exporter son pétrole par le port tanzanien de Tanga, déjà pleinement opérationnel alors que celui de Lamu est en construction ; de plus, l'Ouganda craignait d'éventuelles attaques des islamistes somaliens al-Shabab Uganda picks Tanzania for oil pipeline, drops Kenya plan, BBC News, 23 avril 2016.. Le Kenya prévoit donc de construire seul son oléoduc Lokichar-Lamu () d'une capacité de , dont la mise en service est prévue pour 2022 ; d'ici là, un programme pilote d'exportation a été mis en place, le pétrole étant transporté par camion sur jusqu'au port de MombasaKenya rules out refinery option for Turkana oil, energysiren, 19 février 2019..
Le Kenya importe encore la totalité de ses besoins en combustibles fossiles : en 2021, dont de produits pétroliers et de charbon Energy Statistics Data Browser - Kenya : Balances 2021, Agence internationale de l'énergie, 21 décembre 2023..
Secteur aval Le Kenya dispose d'une raffinerie à Mombasa (Kenya Petroleum) ; d'une capacité de , elle a arrêté ses activités fin 2013. Elle devrait être remise à niveau et relancée dans le cadre du « plan national pour le développement et la commercialisation de pétrole » approuvé par le gouvernement kényan le Le Kenya veut démarrer sa production de brut en 2017, Jeune Afrique, 12 août 2016..
Les de produits pétroliers importés en 2021 ont été utilisés pour les transports internationaux (), pour la production électrique () et pour la consommation finale (), qui se répartit en 76 % pour les transports, 6 % pour l'industrie, 8,5 % pour les usages résidentiels, 5,9 % pour le secteur tertiaire, 2,2 % pour les usages non énergétiques (chimie) et 1,2 % pour l'agriculture.
Consommation d'énergie primaire La consommation intérieure d'énergie primaire du Kenya s'élevait en 2021 à , dont 62 % de biomasse et déchets, 18,5 % de pétrole, 16 % de géothermie, éolien et solaire, 2,1 % de charbon et 1,1 % d'hydroélectricité.
La consommation d'énergie primaire par habitant était en 2021 de , inférieure de 71 % à la moyenne mondiale () ; la France était à , les États-Unis à Energy Statistics Data Browser - Key indicators : Total energy supply (TES) per capita, Kenya, 1990-2021, Agence internationale de l'énergie, 21 décembre 2023..
Secteur électrique L'électricité représentait 5,1 % de la consommation finale d'énergie du pays en 2021.
La consommation d'électricité du pays était de par habitant en 2021, soit seulement 5,6 % de la moyenne mondiale (/hab), 3 % de celle de la France (/hab) et 1,6 % de celle des États-Unis (/hab) Energy Statistics Data Browser - Electricity consumption per capita, Kenya 1990-2021, Agence internationale de l'énergie, 21 décembre 2023..
Production d'électricité + Production d'électricité au Kenya par source (GWh) Source 1990 % 2000 % 2010 % 2020 % 2021 % 2021 var.2021/1990 Pétrole 231 7,1 % 53,0 % 36,1 % 754 6,5 % 10,2 % +446 % Hydraulique 76,6 % 33,0 % 45,0 % 36,2 % 29,7 % +48 % Géothermie 326 10,1 % 429 10,7 % 14,8 % 43,3 % 40,7 % +1445 % Biomasse-déchets 201 6,2 % 133 3,3 % 270 3,8 % 218 1,9 % 250 2,0 % +24 % Éolien 17 0,2 % 11,4 % 16,0 % ns Solaire 3 0,0 % 88 0,8 % 167 1,3 % ns Total énergies renouvelables 92,9 % 47,0 % 63,9 % 93,5 % 89,8 % +270 % Total 100 % 100 % 100 % 100 % 100 % +283 %Source des données : Agence internationale de l'énergie Energy Statistics Data Browser : Electricity, Kenya 1990-2021, Agence internationale de l'énergie, 21 décembre 2023.
Le gouvernement a annoncé des objectifs de 100 % d'énergies renouvelables dans le mix électrique en 2020 et de de capacités renouvelables en 2030. Mais simultanément il maintient deux projets de centrales au charbon à mettre en service en 2024 dans le comté de Lamu et en 2034 dans le comté de Kitui, qui sont très critiqués. En 2019, la Banque africaine de développement s'est retirée du financement du projet de centrale de Lamu.
Thermique fossile Le Kenya disposait fin 2018 de onze centrales thermiques d'une puissance totale de ; la plus puissante, Kipevu 3 () à Mombasa, a été mise en service en 2011 par l'entreprise publique KenGen (Kenya Electricity Generating Company), mais la plupart appartiennent à des producteurs indépendants ; elles sont équipées de groupes diesel, brûlant du fioul lourd, sauf deux turbines à gaz brûlant du kérosène. Leur coût de production est deux fois plus cher que celui des centrales géothermiques et quatre fois plus cher que celui des centrales hydroélectriques, mais elles sont indispensables pour assurer la continuité de la fourniture d'électricité lors des périodes de sécheresse et lorsque des centrales géothermiques sont en maintenance ; leur flexibilité est également précieuse pour faire face aux pics et creux de la demande An inside look into Kenya’s expensive diesel power plants, The Energy Siren, 14 décembre 2018..
Le projet de centrale à charbon () de Lamu, à 21 km au nord de la ville de Lamu, dans le comté du même nom, sur la côte de l'Océan indien, fait l'objet d'une bataille juridique depuis des années. le Tribunal national de l’environnement a invalidé, le , le permis environnemental délivré en 2016 au projet de construction ; le développeur du projet, Amu Power, devra reprendre la procédure d’étude d’impact environnemental (EIE) en consultant effectivement les communautésKenya: la justice bloque un projet de centrale à charbon sur l’archipel de Lamu, RFI, 26 juin 2019. Kenya : un tribunal de l'environnement annule le permis de la centrale à charbon de Lamu, agenceecofin.com, 27 juin 2019..
Hydroélectricité
Les centrales hydroélectriques du Kenya atteignent fin 2023 une puissance installée de , au en Afrique, et ont produit en 2023 2024 World Hydropower Outlook, ( 63-71, 92-93), Association internationale de l'hydroélectricité (IHA), 12 juin 2024..
La quasi-totalité de ces centrales appartiennent à l'entreprise publique KenGen : neuf centrales de plus de et cinq plus petites, totalisant en 2019 Hydro, KenGen, 2019..
La majeure partie du parc hydroélectrique du Kenya est constituée du « Seven Forks Scheme » sur le fleuve Tana, qui totalise avec cinq centrales, la principale étant la centrale de Gitaru () Gitaru Hydroelectric Power Station, Global Energy Observatory, 30 avril 2010., une centrale au fil de l'eau, construite de 1975 à 1978 avec 2 groupes ; le troisième a été ajouté en 1999 ; son débit est régularisé par les réservoirs de Masinga et Kamburu situés à l'amont, qui sont équipés de centrales de et respectivement. A l'aval, la centrale de Kindaruma () date de 1968 et celle de Kiambere () a été construite de 1983 à 1988.
La centrale de Turkwel (), construite de 1986 à 1991 dans le comté de West Pokot près de la frontière ougandaise, turbine les eaux du barrage de Turkwel, aménagement à buts multiples sur la rivière Turkwel.
Le projet de centrale de High Grand Falls (), sur le fleuve Tana, a été adjugé en à l'entreprise britannique GBM Engineering Consortium ; le réservoir aura une surface de et un volume de ; il alimentera en eau la ville de Lamu ; son achèvement est prévu en 2032 British firm to build Kenya’s largest water reservoir, constructionkenya.com, 4 octobre 2018..
Géothermie
Le Kenya est en 2021 le d'électricité géothermique avec 5,3 % de la production mondiale Statistics Data Browser : World : Electricity 2021, Agence internationale de l'énergie, 23 décembre 2023..
Éolien
Solaire En , l’État du Kenya a accordé un contrat de 20 ans à la société privée kényane Kenergy Renewables pour l’achat de à cette entreprise. La centrale, d’un coût estimé à 60-70 millions de dollars environ, sera bâtie à Laikipia, dans le nord du KenyaLe Kenya mise à plein sur les énergies renouvelables, Banque africaine de développement (AFDB), 10 octobre 2018..
La centrale solaire photovoltaïque de Garissa (), en construction pour la Rural Electrification Authority (REA) près de la ville de Garissa, devait entrer en service en Garissa-based 55MW solar farm starts operations in Dec, Business Daily Africa, 22 février 2018..
La construction de la centrale solaire photovoltaïque d'Alten (), alias Keesses 1, près de la ville d'Eldoret, capitale du comté d'Uasin Gishu, à l'ouest, a commencé en et devrait s'achever en 2019. Le constructeur prévoit une deuxième centrale de même taille : Kesses 2 Kenya, Alten Energias Renovables.
Deux autres centrales de la même taille sont en construction près d'Eldoret par Radiant Energy et Eldosol Energy, avec des financements de la Banque européenne d'investissement Three investors advance 120 MW solar power projects in Kenya, renewablesnow.com, 27 octobre 2018..
Autres centrales en construction : Rumuruti (), comté de Laikipia Solar firm to sell 40MW from Sh6bn Laikipia unit, Business Daily Africa, 14 juin 2018., Malindi (), comté de Kilifi UK injects £52m into solar power plant in Kenya, energylivenews.com, 7 mai 2019. et Kopere (), comté de Nandi, développé par le français Voltalia French firm inks 50MW solar electricity purchase deal, Daily Nation, 27 mai 2018..
Le 25 février 2021, EDF annonce deux prises de participation dans des entreprises actives dans le domaine du solaire au Kenya : 50 % d'Econet Energy Kenya, une filiale du groupe africain DPA spécialisée dans le solaire en toitures à destination des entreprises et 23 % de Bboxx Kenya, entreprise britannique spécialisée dans l'installation de kits solaires autonomesEDF prend deux participations dans le solaire au Kenya, Le Figaro avec AFP, 25 février 2021..
Projet de centrale nucléaire