Cet article vise à recenser les monuments aux morts pacifistes de France.
Au cours de la Première Guerre mondiale, la France est sévèrement touchée avec et disparus, soit 10 % de la population active masculine et 18 % des appelés, et . Le nombre moyen de tués par jour chez les soldats français est de 900. Le travail de deuil conduit la plupart des communes de France à rendre hommage à leurs morts : dans les années 1920-1925, monuments aux morts sont érigés malgré les difficultés de la reconstruction.
À la suite de cette hécatombe, quelques communes élèvent des monuments condamnant plus ou moins explicitement le conflit, soit par des inscriptions explicites, soit par des thèmes sculpturaux spécifiques (pères, mères, épouses perdues de douleur ; orphelins ; absence de toute référence à la guerre : armes, soldats, etc.).
Liste Auvergne-Rhône-Alpes Allier : Commentry : le monument aux morts a été réalisé par le sculpteur Félix-Alexandre Desruelles. Il représente un paysan découvrant dans son champ, la tombe d'un soldat. L'homme se recueille, appuyé sur une faux. Il est inscrit sur le monument « La ville de Commentry à ses enfants victimes de la guerre ».. Ce monument peut être considéré comme un monument aux morts pacifiste111770.html 1914-1918 : Dans l'Allier, plusieurs monuments aux morts peuvent être considérés comme pacifistes La Montagne, 13 novembre 2011. Meillard : une plaque est apposée sur le monument aux morts sur laquelle est gravée la phrase : « Maudite soit la guerre et ses auteurs »Hervé Moisan, 1914-1918 : Dans l'Allier, plusieurs monuments aux morts peuvent être considérés comme pacifistes La Montagne, 13 novembre 2011. Rocles : sur ce monument, sous la sculpture d'un visage d'enfant, il est inscrit « Apprenons à supprimer la guerre. » Ardèche : Joyeuse : monument aux morts où la sculpture est intitulée : « Ce qu'il nous reste », elle est constituée d'un couple de paysans symbolisant la douleur après la perte d'un fils dont il ne leur reste que le casque Monument aux morts de Joyeuse (Ardèche)— Histoire de ce monument pacifiste, biographie de chaque victime, histoire des régiments.... Loire : Saint-Martin-d'Estréaux : Le monument aux morts comporte trois panneaux avec une colonne. Une liste présente les morts de la guerre avec leur photo. Au milieu de ces noms, une pleureuse a été sculptée en bas-relief. Sur l'autre face du monument, trois panneaux résolument pacifistes. Un panneau affirme : « Si vis pacem, para pacem », soit « si tu veux la paix, prépare la paix ». Un second panneau se termine par « Maudite soit la guerre et ses auteurs ». Le troisième panneau dresse un bilan de la guerre, en détaillant les morts () et les souffrances des peuples. Enfin avec l'inscription : « les Innocents au poteau d'exécution », il y est dénoncé le drame des soldats fusillés pour l'exemple. Afin de respecter le deuil des familles et celui de la patrie, le monument ne fut inauguré qu'en 1947. Ce texte fut l'objet, dans les années 1930, de dégradations dont furent accusés les membres de l'Action française.. Drôme : Nyons : sur ce monument, une allégorie de la Justice terrasse (ou seulement surplombe ?) un soldat couché (ou blessé?) avec l'inscription : « le Droit prime la force ».. Puy-de-Dôme : Lezoux : sous le monument, il est inscrit « Aux enfants de Lezoux, victimes de la guerre, à ceux qui ont combattu pour l'abolir ». Riom : le monument aux morts est dédié à la mémoire des poilus fusillés pour l'exemple. À l'aube du , six soldats furent passés par les armes pour avoir simplement exécuté, sur ordre de leurs chefs, un repli tactique, qui avait permis d'économiser des vies humaines, sans faciliter l'avance des troupes allemandes. C'est aux six martyrs de Vingré et à ceux de Flirey, Fleury, Fontenoy, Montauville et Souain qu'est dédié le monument de Riom. Situé à proximité du carré militaire au sein du cimetière des Charmettes, il est inauguré le . Il est inscrit sur le monument : « Aux victimes innocentes des conseils de guerre 1914 - 1918 et à celles de la Milice et de la Gestapo 1939 - 1944 ». Le monument est simple, de type obélisque, avec des inscriptions gravées en lettre d'or, mais sans aucun élément décoratif. Rhône : Dardilly : il est inscrit sur le monument : « Contre la guerre, à ses victimes, à la fraternité des Peuples » et « Que l'avenir console la douleur ». Larajasse : le monument près du cimetière de l'Aubépin porte l'inscription « PAIX SUR TERRE » Saint-Appolinaire : sur le monument se trouve la phrase connue de Paul Valéry : « La guerre est le massacre de gens qui ne se connaissent pas au profit de gens qui, eux, se connaissent mais ne se massacrent pas ». Savoie : Termignon : « La Pleureuse », œuvre du sculpteur genevois Luc Jaggi (1887-1976) Page officielle de Termignon.
Bourgogne-Franche-Comté Jura : Moirans-en-Montagne : Le monument, exécuté en 1922 par le sculpteur Buffet-Chaillet, représente une femme nue, tête inclinée, qui pleure ses enfants. Il porte l'inscription « la Pensée de la France à ses morts ». À la suite de la controverse suscitée par la sculpture, le monument ne sera jamais inauguré. Nièvre : Cosne-Cours-sur-Loire : le monument inauguré le est signé « Émile Fernand-Dubois - Sculpteur et Architecte ». Le statuaire a obtenu une médaille d'or au Salon des Artistes Français en 1922 pour le bas-relief intitulé tour à tour La douleur, Muse éplorée ou encore Sanglots sur les ruines, qu'il installera finalement dans sa ville d'adoption à l'instigation de son ami maire Claude Goujat. La femme représentée ici assise devant une ruine, pleure la tête baissée dans sa main, son époux, son fils ou son frère. Territoire de Belfort : Brebotte : le monument érigé en 1923, porte l'inscription « Plus de guerre ! »Le patrimoine des communes du Territoire de Belfort . Yonne : Chevillon : le monument porte l'inscription « Guerre à la guerre — Fraternité entre les peuples ». Gy-l'Évêque : sur le monument, on retrouve les inscriptions « Guerre à la guerre » et « Paix entre tous les peuples ». Le préfet fait traduire le maire devant le tribunal cantonal de Coulanges-la-Vineuse. Un jugement est rendu le , le maire doit retirer la plaque. Le Conseil municipal fait alors graver les inscriptions pacifistes sur le soclepp=89199 3 "Guerre à la guerre", le monument aux morts à caractère pacifiste de Gy l'Evêque à Gy-l'Évêque (89) Numéro du petit patrimoine : 89199 3. Perreux : sur le monument, une plaque apposée est gravée « Guerre à la guerre — Paix entre les peuples ».
Bretagne Côtes-d'Armor : Loudéac : monument œuvre de René Quillivic (voir ci-dessous). Pontrieux : le monument montre une femme baissant la tête et le regard, tenant une brassée de fleurs. Il porte l'inscription « Pierre Lenoir ». Tréguier : le monument est appelé « La Pleureuse ». Il a été réalisé par le sculpteur Francis Renaud. C'est Marie-Louise Le Put qui servit de modèle : elle a perdu sur les champs de bataille de la Première Guerre mondiale ses trois fils et son mari. Finistère : René Quillivic (1879-1969) est un sculpteur breton qui réalisa en particulier dans le Finistère des monuments aux morts d'inspiration pacifiste. Ses modèles étaient souvent des habitants du village ayant perdu plusieurs enfants. Par exemple : Bannalec : le modèle du monument est la sœur d'un disparu. Carhaix-Plouguer : le modèle du monument est la mère d'un disparu. Coray : le modèle du monument est une orpheline. Fouesnant : le modèle du monument est Marie Jeanne Nézet qui a perdu ses trois fils. Plougonvelin : mémorial national des marins morts pour la France, amer de quinze mètres de haut surplombé d'un buste de femme dévorée par le chagrin, Plouhinec : le modèle du monument de la commune natale de Quillivic est sa propre mèreLe patrimoine des communes du Finistère, éditions Flohic 1998, tome 2, . Plozévet : le vieil homme du monument est Sébastien Le Gouill, digne, mais anéanti par la perte de trois fils et deux gendres Pont-Croix : le monument représente une femme, le regard perdu de douleur Saint-Pol-de-Léon : le monument met en scène quatre femmes devant un poilu en train de mourir Penmarch : une pleureuse est érigée près du monument, à côté de l'église Saint-Nonna.
Centre-Val de Loire Cher : Vierzon : un jardin Art déco abrite le monument aux morts d'inspiration pacifiste inauguré en 1933 et œuvre du statuaire angevin Eugène-Henry Karcher de vierzon.htm Le Square Lucien Beaufrère. Ce jardin est ceinturé par les grilles de la paix, ferronnerie représentant notamment des colombes. Cet aménagement porte le nom de « Jardin de l'abbaye » ou « Square Lucien Beaufrère », maire de Vierzon de 1929 à 1935, il est classé au titre des monuments historiques depuis 1996 France Tv.fr. Indre : Éguzon-Chantôme : le monument d'Éguzon reprend au dos du monument une citation d'Horace (« Les mères détestent la guerre »). De plus, sur la face avant, un soldat en uniforme est représenté sans arme et regardant directement la liste des morts.. Indre-et-Loire : Saint-Martin-le-Beau : le monument rend hommage à ses soldats morts par cette seule mention : "Aux victimes de la guerre".
Grand-Est Aube : Balnot-sur-Laignes : sur le monument aux morts, on retrouve l'inscription de Gentioux « Maudite soit la guerre ». Les Noës-près-Troyes : la commune a fait aussi construire, comme sa voisine Sainte-Savine, un monument qui porte l'inscription « Guerre à la guerre ». Sainte-Savine : le monument aux morts a été inauguré le et recense tous les morts de la commune et de sa voisine La Rivière-de-Corps. En haut de sa face Sud a été gravée dans la pierre l'inscription « Aux enfants de Sainte Savine et de la Rivière de Corps Victimes d'une société imparfaite, Guerre à la Guerre » SAINTE SAVINE 6e2.pdf Petit journal du patrimoine réalisé par la classe de 2 du Collège Paul Langevin à Sainte-Savine. Marne : Suippes : le a été inauguré un monument à la mémoire des caporaux de Souain, soldats fusillés pour l'exemple le à Suippes. La réalisation du monument a été confiée au sculpteur Denis Mellinger dit Melden. Il s'est inspiré d'un dessin de Jacqueline Laisné. Bas-Rhin : Strasbourg : le monument aux morts, inauguré en 1936 par le président de la République Albert Lebrun, porte comme seule inscription « À nos morts » sans mentionner la patrie pour laquelle les soldats sont tombés. En effet, la région a été au gré des guerres tantôt allemande, tantôt française, et des Alsaciens sont tombés au combat des deux côtés. Pour honorer ces morts, il a été élevé une sculpture représentant une mère (symbolisant la ville de Strasbourg) tenant sur ses genoux ses deux enfants mourants, l'un Allemand et l'autre Français, ne portant plus d'uniformes pour les distinguer. Ils se sont combattus et devant la mort enfin ils se rapprochent. La sculpture a été réalisée par Léon-Ernest DrivierJean Daltroff, Henry Lévy, Initiateur du Monument aux morts place de la République à Strasbourg Extrait de l'Almanach du KKL-Strasbourg, 2005. Haut-Rhin : Lutterbach : le « Monument à la vie » à l'entrée du cimetière, œuvre du sculpteur Claude Bonnot en 1988, illustre le motif de la transformation des chars en charrues. Voir aussi « Parcours » sur le site de Claude Bonnot..
Hauts-de-France Aisne : Craonne : sur le plateau de Californie se dresse la sculpture de Haïm Kern, commémorant le quatre-vingtième anniversaire de l'armistice de 1918. C'est Lionel Jospin le Premier ministre de l'époque qui inaugura le monument. Le nom de Craonne, situé au cœur de la bataille du Chemin des Dames, a été popularisé par La Chanson de Craonne qui reste associée aux mutins de 1917 de la Première Guerre mondiale.