Le Parti libéral du Canada (abrégé en PLC ; en , abrégé en LPC) est un parti politique fédéral canadien. Ses membres sont appelés les libéraux, et anciennement surnommés les Grits. Le parti, dirigé par Mark Carney, forme le gouvernement au Parlement du Canada. Il possède 174 sièges à la Chambre des communes, mais aucun au Sénat, le premier ministre ayant coupé les liens avec les sénateurs libéraux dans le but de donner davantage d'indépendance à la chambre haute..
Héritier du Parti rouge et des , le Parti libéral se réclame comme centriste : il est plus à gauche que le Parti conservateur et plus à droite que le Nouveau Parti démocratique. Le Parti libéral est depuis longtemps le parti dominant de la scène fédérale canadienne, gouvernant le pays pendant près de au cours du . Tous les chefs du parti depuis sa création sont devenus premiers ministres, à l'exception d'Edward Blake, Stéphane Dion et Michael Ignatieff.
En recul à partir de 2004, les libéraux deviennent en 2011 le troisième parti à la Chambre des communes. Justin Trudeau, fils de l'ancien premier ministre libéral Pierre Elliott Trudeau, est le chef du parti de 2013 à 2025. Arrivé au pouvoir le , après une nette victoire aux élections fédérales, il promet un « changement progressiste ». Cependant, depuis les élections de 2019, les libéraux forment un gouvernement minoritaire. À la suite des élections partielles du , les libéraux deviennent un gouvernement majoritaire.
Idéologies Dans sa constitution, le Parti libéral déclare adhérer à ..
Le Parti libéral doit une partie de son succès au cours du à une certaine souplesse idéologique.
Ainsi, le Parti libéral est à l'origine de l'essentiel des politiques d'État-providence mais a aussi pratiqué de larges coupes dans les budgets sociaux sous Jean Chrétien afin de réduire le déficit.
Le Parti libéral est favorable au principe libéral du libre-échange, mais il s'est parfois montré politiquement défavorable à certains accords de libre-échange, notamment durant les années 1980 quand le Parti progressiste-conservateur soutint l'Accord de libre-échange nord-américain alors que les libéraux s'y opposaient. Plus récemment, le premier ministre Justin Trudeau s'est déclaré fermement favorable au principe du libre-échange..
À partir des années 1960 et 1970, les libéraux, notamment sous la conduite de Pierre Elliott Trudeau, se font les champions du bilinguisme, du multiculturalisme du progressisme et de la cause du fédéralisme au Québec.
Depuis 2014, une personne contre le droit à l'avortement n'a plus le droit de devenir un député libéral., marquant un soutien au mouvement pro-choix.
Organisation En , le Parti libéral a adopté une nouvelle constitution qui modifie largement les structures du parti..
Membres L'inscription au Parti libéral est gratuite. et les membres ont la possibilité de voter sur les politiques du parti par internet.
Les membres sont regroupés en associations de circonscription.
Organes nationaux Le chef du Parti libéral est élu par les personnes inscrites comme membre du parti selon un scrutin préférentiel. Les votes sont pondérés de sorte que chaque circonscription ait le même poids.
Le parti est administré par un conseil national dont les membres sont élus à chaque congrès. Un congrès a lieu tous les deux ans.
Provinces et territoires Depuis l'adoption de la nouvelle constitution du parti en 2016, les partis libéraux provinciaux qui étaient encore affiliés au parti fédéral dans les provinces de l'Atlantique sont devenus indépendants. Le Parti libéral du Canada maintient un conseil dans chaque province et territoire dont les membres sont élus par les inscrits au parti fédéral dans la province ou le territoire..
Ainsi, les partis libéraux provinciaux ont des politiques, finances, adhésions et instances séparées du parti fédéral., toutefois les partis libéraux de l'Atlantique, de l'Ontario et de l'Alberta sont idéologiquement très proches du parti fédéral. À l'inverse, ceux du Québec et de la Colombie-Britannique sont totalement indépendants et leurs dirigeants peuvent être associés à d'autres partis fédéraux (comme Jean Charest ou Thomas Mulcair).
Histoire Origines et Confédération Les libéraux sont issus des réformistes du qui exigeaient du Royaume-Uni la mise en place d'un gouvernement responsable en Amérique du Nord britannique. On trouve parmi eux les Clear Grits que forment, dans le Haut-Canada, George Brown, Robert Baldwin et William Lyon Mackenzie, ainsi que Joseph Howe en Nouvelle-Écosse et le Parti rouge dans le Bas-Canada.
À l'époque de la Confédération des anciennes colonies britanniques pour former le Canada, les libéraux radicaux étaient marginalisés par la coalition conservatrice de John A. Macdonald. Dans les trente années qui ont suivi la Confédération, le Parti libéral est le plus souvent relégué dans l'opposition. En 1873, Alexander Mackenzie est toutefois capable de défaire le gouvernement MacDonald grâce au scandale du Pacifique et il remporte ensuite l'élection de 1874. Le gouvernement qu'il dirige introduit de nombreuses réformes, notamment le vote à bulletin secret et la mise en place de la Cour suprême du Canada. Il est toutefois défait par Macdonald lors de l'élection suivante en 1878.
1887-1919 : Wilfrid Laurier redresse|vignette|Wilfrid Laurier. À ses débuts, le parti libéral est favorable au libre-échange avec les États-Unis et était favorable à l'isolationnisme nord-américain. Il s'est également identifié aux aspirations du Québec, alors que grandissait l'impopularité des francophones envers le Parti conservateur au pouvoir. Ce dernier s'aliène l'appui francophone principalement à la suite de trois évènements : la pendaison de Louis Riel en 1885, la suppression de certains droits des francophones hors-Québec, notamment avec l'adoption par l'Ontario du Règlement 17 en 1912, et la crise de la conscription de 1917.
Avec Wilfrid Laurier, le Parti libéral devient un véritable parti politique. Laurier réussit à faire de son parti une alternative crédible au pouvoir conservateur et à surmonter une réputation d'anticléricalisme qui lui aliénait l'Église catholique, très puissante au Québec à cette époque. Au Canada anglais, sa position en faveur du libre-échange le rend populaire auprès des fermiers et lui vaut un appui important dans les Prairies alors en pleine expansion. Ayant remporté l'élection fédérale de 1896, il se donne comme priorité de coloniser l'Ouest canadien. Pour cela, il crée les provinces de la Saskatchewan et l'Alberta à partir des Territoires du Nord-Ouest. Il favorise aussi le développement de l'industrie canadienne. Le gouvernement de Laurier est toutefois défait lors de l'élection de 1911 à cause de l'opposition envers ses politiques de libre-échange et de sa décision de créer une marine canadienne.
La crise de la conscription divise le parti, car plusieurs libéraux du Canada anglais appuient le gouvernement unioniste de Robert Laird Borden. De nombreux candidats libéraux se présentent ainsi aux élections en tant qu'unionistes ou libéraux-unionistes avec l'appui de plusieurs partis libéraux provinciaux. Les Libéraux de Laurier sont alors réduits à une faction presque entièrement québécoise. À long terme, toutefois, cette situation est positive pour le Parti libéral, qui peut compter sur le vote francophone pendant plusieurs décennies alors que le Parti conservateur est pratiquement rayé de la carte électorale au Québec pendant presque un siècle.
1919-1948 : William Lyon Mackenzie King redresse|vignette|William Lyon Mackenzie King. Sous Laurier puis son successeur, William Lyon Mackenzie King, les gouvernements libéraux font la promotion de la souveraineté canadienne et prennent une plus grande distance avec le Royaume-Uni. Lors des conférences impériales tenues pendant les années 1920, ils revendiquent auprès du Royaume-Uni un statut d'égalité. Après l'affaire King-Byng en 1926, le gouvernement fait valoir que le gouverneur général du Canada ne devrait plus être nommé sur recommandation du gouvernement britannique. Dans cette lignée, le Statut de Westminster est accordé en 1931.
Durant la période qui suit la Grande Dépression jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement libéral se fait le champion des politiques progressistes et introduit un régime d'allocations familiales. Lorsqu'il se trouve dans une coalition avec J. S. Woodsworth et le Parti social démocratique du Canada, King introduit également le Régime de pensions du Canada.
1948-1958 : Louis St-Laurent
1958-1968 : Lester B Pearson redresse|vignette|Lester B. Pearson.
Dans les années 1960, Lester B. Pearson introduit l'accès universel aux soins de santé, le plan d'assurance retraite canadien, les prêts aux étudiants et un plan d'assistance canadienne contribuant aux programmes sociaux des provinces.
1968-1984 : Pierre Elliott Trudeau vignette|redresse|Pierre Elliott Trudeau, premier ministre du Canada de 1968 à 1984. Sous Pierre Elliott Trudeau, le gouvernement libéral travaille à créer « une société juste ». Une des premières mesures est la Loi sur les langues officielles, donnant à l'anglais et au français un statut officiel au niveau fédéral. Trudeau espérait que la promotion du bilinguisme satisferait le Québec quant à sa place dans la Confédération et aiderait la cause du fédéralisme canadien. Cette politique visait surtout à transformer le gouvernement du Canada pour qu'il puisse communiquer efficacement autant avec les anglophones que les francophones, permettant à tout Canadien d'obtenir des services fédéraux dans sa langue n'importe où au pays. Bien que cette politique n'ait pas parfaitement réussi, le bilinguisme officiel a aidé à ralentir le déclin de la langue française hors Québec, et a aussi fait en sorte que tous les services du gouvernement fédéral soient disponibles dans les deux langues officielles. Par exemple, la Société Radio-Canada et CBC (qui appartiennent au gouvernement) offrent des services de radio et de télévision en anglais et en français partout au pays.
Une autre mesure importante est la loi sur le multiculturalisme canadien, de 1988, conçue comme un moyen d'intégrer les immigrants à la société canadienne sans qu'ils aient à renoncer à leur culture d'origine. Cette politique permet au Parti libéral de se concilier de nombreux appuis en provenance des communautés immigrantes à travers le pays.
Le gouvernement Trudeau vise aussi à renforcer les libertés individuelles, d'abord par l'adoption dès 1969 du « bill omnibus », loi amendant de nombreux articles du Code pénal et qui est résumée par la phrase « l'État n'a rien à faire dans les chambres à coucher de la nation ». Cela sera suivi par la Charte canadienne des droits et libertés en 1982, adoptée dans la foulée du rapatriement de la Constitution canadienne.
Trudeau est en même temps partisan d'un gouvernement central fort, et il a longuement lutté contre le souverainisme québécois, en s'opposant notamment à la reconnaissance du Québec comme société distincte.
1984-1990 : John Turner Après le départ de Trudeau en 1984, plusieurs membres de son parti, tels Jean Chrétien et Clyde Wells, continuent d'adhérer à sa vision du fédéralisme. D'autres, comme John Turner, appuient l'accord du lac Meech (1987) et l'accord de Charlottetown (1992), deux mesures qui n'ont pas abouti, mais qui auraient reconnu le Québec comme une société distincte et qui auraient accru le pouvoir des provinces au détriment du pouvoir fédéral.
Avec leur nouveau chef, John Turner, les libéraux perdent le pouvoir lors de l'élection de 1984, et voient leur participation réduite à à la Chambre des communes. Ils procèdent alors à un long travail de reconstruction.