Bérénice (Berenike) ou Berenice Troglodycta (en grec : Βερενίκη), ou encore Baranis et aujourd'hui connue sous le nom de Medinet el-Haras, est un ancien port égyptien sur la mer Rouge, fondé vers avant notre ère par , qui le nomma ainsi en hommage à sa mère .
Toponymie Berenice Troglodycta est l'une des trois villes consacrées par à sa mère avec Bérénice Épidire et Bérénice Pancrisia.
Dans la géographie gréco-romaine, le nom « troglodycta » désignait le littoral de la mer Rouge côté africain, ainsi qu'une partie de l'arrière-pays.
Histoire C'était à l'origine un port d'intérêt stratégique sur la mer Rouge, où étaient débarqués les éléphants destinés à l'armée royale. Initialement, les éléphants étaient importés d'Inde mais la guerre avec les Séleucides en avait interdit le commerce. Les éléphants africains provenaient de la région occupée maintenant par le Soudan, l’Érythrée et l’Éthiopie, ils étaient transportés dans des bateaux spéciaux appelés elephantagoi..
Les éléphants étaient capturés à proximité d'Adulis, arrivaient par mer à Bérénice, traversaient le désert jusqu'à Apollinopolis (Edfou) puis descendaient le Nil. importa ainsi soixante-treize éléphants qu'il fit combattre contre le roi séleucide et ses éléphants indiens à la bataille de Raphia, en 217 avant notre ère..
Durant la période romaine, le port reçoit des épices, de la myrrhe, de l'encens, des perles et des textiles qui sont transportés à travers le désert oriental vers la vallée du Nil, Alexandrie puis Rome.
Ce port déclina au avant notre ère, le grand port égyptien de la région étant Myos Hormos (Quseir al-Quadim), plus au nord. Si Bérénice constituait un abri plus sûr, son port était cependant d’un accès périlleux et difficile, nécessitant de passer à travers de nombreux bancs de sable et de corail.
Bérénice connut un regain d'activité vers la fin du , avec le développement du commerce vers l'Inde et l'accroissement de la taille des navires marchands. L'empereur Hadrien avait fait construire, en , une route la reliant à Antinoupolis, située sur le Nil, appelée la via nova Hadriana.
Après la période romaine, Bérénice aurait été contrôlé par les Blemmyes..
Les archéologues du Berenike Projekt ayant fouillé le site estiment qu'il fut habité jusqu'au mais que ses plus grandes périodes d'activité furent les , le et le début du .
Durant l'Antiquité tardive, le commerce entre le monde romain et l'Inde connaît un regain d'activité. Néanmoins, Rome ne contrôle plus totalement la mer Rouge. Aux , Bérénice est de nouveau occupée probablement par les Romains, mais l'archéologie a montré une présence de marchands aksoumites, des alliés chrétiens de l'empire romain. Une céramique du rapporte qu'en 524-525, ordonne aux ports de la mer Rouge mettre des bateaux à disposition des Aksoumites afin qu'ils puissent mener une guerre contre le royaume d'Himyar. Bérénice n'en fournit que deux, ce qui montre le déclin de la ville durant cette période.
Recherches et découvertes archéologiques vignette|Vue de Bérénice par James Raymond Wellsted en 1838 Le premier édifice étudié sur le site fut le temple de Sarapis fouillé par Belzoni en 1818 puis par Wilkinson durant les années 1830. Durant ces mêmes années 1830, Wellsted réalisa le plan du site et de son millier de maisons.
Le projet archéologique « Berenike » (de l'ancien nom grec) est mené conjointement par l'université du Delaware et le Centre polonais d'archéologie méditerranéenne (PCMA) durant vingt-cinq années de 1994 à 2020. L'équipe d'archéologues est dirigée par Steven Sidebotham (université du Delaware) et Iwona Zych (PCMA).
Des récipients finement décorés en verre et en céramique furent découverts, leur présence est continue pour toutes les époques d'occupation du site.
Les habitations étaient construites de blocs de coraux et de gypse mêlés à des briques d'adobe. Leur intérieur était décoré de riches tapisseries. Certains possédaient des murs et des sols revêtus de marbre provenant d'Asie mineure.
La nourriture était importée de la vallée du Nil distante de trois-cent-cinquante kilomètres.
Les archéologues ont fait de remarquables découvertes, décrites dans l'American Journal of Archaeology d'octobre 2022 : un complexe religieux daté entre le et le de notre ère, dénommé le « sanctuaire du faucon » par les chercheurshttps://www.journals.uchicago.edu/doi/10.1086/720806 Détails sur le « sanctuaire du faucon »..
Le « sanctuaire du faucon »
Dans l'un des bâtiments du complexe nord de la ville de Bérénice, les scientifiques ont identifié un petit temple égyptien traditionnel de l'époque des Blemmyes où étaient disposés les restes d'une quinzaine de faucons accompagnés d'œufs. Une étrange inscription a également été déchiffrée : .
Le professeur Joan Oller Guzmán qui a dirigé les recherches déclare dans un communiqué :
Autant d'éléments qui, d'après les archéologues, indiquent que le temple servait aux Blemmyes pour des activités rituelles, mélangeant leurs traditions et celles égyptiennes. Les experts suggèrent qu'elles pourraient d'ailleurs être liées au culte du dieu Khonsou.
Notes et références
Bibliographie , , 102-103
Voir aussi
Liens externes
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