vignette|Le crâne humain est un symbole universel de la mort. alt=|vignette|334x334px|La mort est généralement associée au deuil et à la tristesse. alt=|vignette|216x216px|Déplacement du cercueil avec le corps vers les tombes permanentes. vignette|Le Baiser de la Mort (1930), célèbre sculpture art déco du cimetière du Poblenou, à Barcelone. alt=|vignette|270x270px|Ary Scheffer, La Mort de Géricault (1824), Paris, musée du Louvre. À son chevet figurent ses amis le colonel Bro de Comères et le peintre Pierre-Joseph Dedreux-Dorcy.
La mort est l'état irréversible d'un organisme biologique ayant cessé de vivre. Cet état se caractérise par une rupture définitive dans la cohérence des processus vitaux (nutrition, respiration) de l'organisme considéré.
Au niveau cellulaire, la mort désigne l'arrêt des fonctions de base d'une cellule. Au sein de communautés pluricellulaires, cette mort peut être accidentelle (nécrose) ou régulée, voire programmée (apoptose).
Chez l'être humain, le fait que le cœur puisse arrêter de battre pendant un moment avant d'être réanimé pose la question de la limite, ou de la transition entre vie et mort, qui n'est assez paradoxalement pas une évidence. Face à cette question, l'Organisation mondiale de la santé animale considère la mort comme Code sanitaire pour les animaux terrestres, Organisation mondiale de la santé animale, 2008 (page consultée le 5 février 2008). : elle adopte ainsi une définition de la mort en tant que mort cérébrale, par distinction avec un simple arrêt cardiorespiratoire, état qualifié de « mort clinique », et alors même qu'un tel arrêt des activités cérébrales peut s'accompagner à l'inverse du maintien artificiel ou non d'autres fonctions organiques fondamentales.
Définition médico-légale D'un point de vue médico-légal, la mort (la question considérée étant celle d'un être humain) est le moment où le corps commence à se décomposer, à partir de l'instant où toutes les fonctions vitales sont suspendues : arrêt à la fois du cœur, de la respiration, du flux sanguin, des activités cérébrales Médicalement, certains états mènent irrémédiablement à la mort, alors même que les cellules et certains organes continuent à remplir leurs fonctions. C'est le cas de la mort cérébrale constatée dans certains cas de coma.
Cette définition légale (figurant dans les textes de loi) est importante, car c'est elle qui va permettre des actes tels que le prélèvement d'organes pour la transplantation : la mort légale précède en ce cas la mort physiologique. On maintient ainsi des personnes en état de mort cérébrale sous respiration artificielle, lorsque le cœur continue à battre spontanément : cela permet de maintenir les organes en bon état en vue d'un prélèvement. Certains pays autorisent le prélèvement d'organes à cœur arrêté. Cette pratique est controversée.
Dans la plupart des cas, le décès est constaté par un médecin par des signes cliniques caractérisant un arrêt cardiorespiratoire prolongé. Cela peut être un échec des tentatives de réanimation cardiopulmonaire par une équipe médicale, ou bien la constatation par un médecin généraliste à domicile pour une personne que l'on sait en fin de vie (personne âgée ou bien souffrant d'une maladie diagnostiquée).
Biologie En termes d'entropie (niveau de désorganisation), il s'agit pour l'organisme de maintenir localement une entropie basse. Or l'entropie d'un système fermé ne peut qu'être stable ou augmenter d'après les principes de la thermodynamique. L'organisme doit donc puiser dans son environnement, d'où la nécessité de respirer La mort intervient quand l'organisme ne peut plus puiser et maintenir son entropie basse. La principale source d'énergie sur Terre est la lumière du soleil qui permet la photosynthèse.
Certains animaux, sociaux et coloniaux notamment ont des comportements particuliers à l'égard des cadavres de leurs homologues (ex. : nécrophorèse observée chez les fourmis, guêpes, abeilles coloniales).
Organismes unicellulaires On ne peut se contenter de la définition donnée plus haut pour les organismes unicellulaires, tels que les bactéries, levures, les champignons unicellulaires. En effet, ces organismes possèdent une forme de résistance aux variations de conditions extérieures : la spore. Pour ces organismes, le critère de la vie devient le suivant : la membrane cellulaire est intègre et sépare un milieu intérieur de composition différente du milieu extérieur. La mort est donc causée par la rupture de la membrane. La présence de cette forme de résistance explique la différence entre la pasteurisation et la stérilisation, seul ce dernier traitement tuant les spores.
Les organismes unicellulaires meurent aussi de « vieillesse ». Cela est assez bien documenté dans le cas des levures saccharomyces sp. Une cellule mère donne par division deux cellules filles. On a toujours pensé que ces cellules filles sont identiques entre elles. Ce n'est pas le cas. Il existe en effet sur l'une des cellules une cicatrice visible sur la membrane et reflet de la division qui vient de se produire. Au-delà d'un certain nombre de ces cicatrices, la cellule ne peut plus se diviser : elle mourra de « vieillesse ».
Mort de virus Les virus se situent dans l'inerte. Ainsi, la question de la catégorisation d'un virus parmi les organismes vivants n'étant pas tranchée de manière satisfaisante, il est impossible de se prononcer sur la mort d'un virus en général, car il a besoin d'un autre être vivant pour survivre.
Cela dit, il existe différents types de virus, se situant plus ou moins du côté du vivant ou de celui de l'inerte. Les virus sont souvent résumés à une séquence génétique encapsulée par une membrane biologique ayant la propriété de se fondre avec celle des cellules infectées. Ces virus peuvent être comparés à des livres que les cellules sont capables de lire et retranscrire, le texte étant le code génétique. Ils seraient donc, d'un point de vue biologique, plutôt du côté de l'inerte. Par contre, le virus ATV (Acidianus Two-tailed Virus) quand il sort de la cellule qui l'a produit, a une forme de citron et deux bras lui poussent à chaque extrémité. C'est un processus actif, ce qui fait que ce virus est plus du côté du vivant que de l'inertePour la Science, décembre 2006. Quant au virus mimivirus, il contient un code génétique plus important que certaines bactéries, et en même temps de l'ADN et de l'ARN.
Les médicaments antiviraux se contentent d'empêcher les virus de se multiplier, par interférence avec la réplication du matériel génétique, formation de la capside ou prévention de la formation de virus complets. La prévention de l'encapsidation du code génétique du virus, ARN ou ADN, dans la capside virale est donc une manière d'inactiver un virus. Dès que les conditions sont à nouveau réunies (présence d'une cellule hôte, absence d'antiviraux), le virus se multipliera à nouveau. Le problème se complique par la présence d'une forme silencieuse du virus au cours de laquelle le code génétique du virus s'intègre dans celui de l'hôte parasité. La destruction totale du virus implique la destruction de ce code.
Les virus peuvent néanmoins être « détruits », c'est-à-dire que l'information génétique qu'ils contiennent peut être dégradée par des agents physiques (chaleur) ou chimiques. Ces procédés sont utilisés avant d'inoculer un virus (vaccin). Dans ce cas, ce dernier se retrouve complément inactivé et peut être considéré comme « mort »..
Philosophie vignette|upright=1.3|Le Triomphe de la Mort.Peinture de Pieter Brueghel l'Ancien (1562).
En paléontologie, la découverte de rites funéraires est un élément important pour déterminer le degré d'éveil social d'un hominidé.
Cette conscience de la mort est un moteur de cohésion sociale (s'unir pour résister aux calamités, aux ennemis) et d'action (réaliser quelque chose pour laisser une trace). Elle est un élément important de la réflexion métaphysique. C'est aussi ce qui donne la puissance symbolique à des actes tels que l'homicide et le suicide.
La philosophie des Lumières en Europe, incitant à la maîtrise de la nature, suggère l'avènement d'une domination de la dégradation du corps de l'Homme.
D'après le Phédon de Platon, la mort est la séparation de l'âme et du corps. Enfin délivrée de sa prison charnelle, l'Âme immortelle peut librement rejoindre le ciel des Idées, L'Éternité, le domaine des philosophes.
Selon Épicure, la mort n'est rien puisque « tant que nous existons la mort n'est pas, et que quand la mort est là nous ne sommes plus. La mort n'a, par conséquent, aucun rapport ni avec les vivants ni avec les morts, étant donné qu'elle n'est plus rien pour les premiers et que les derniers ne sont plus. » (Lettre à Ménécée).
Jankélévitch, dans La Mort, propose quant à lui une réflexion sur la mort d'un point de vue grammatical : (c'est la mort du « on »), (la mort du « je »), (c'est la mort du « tu »).
Autres aspects scientifiques Anthropologie La mort est un sujet qui fascine toutes les sociétés et depuis toujours, qui donne lieu à de nombreuses recherches anthropologiques, au point d'en faire un sous-champ distinct. Pour tenter de répondre à de grandes questions qu'elle soulève, elles ont très souvent recours à l'imaginaire. Yannis Papadaniel explique que la conception de la « bonne » mort est variable entre chaque société et chaque époque, pouvant prendre différentes formes, à la manière d'un soldat qui meurt au combat, d'un individu pieux qui reçoit un jugement divin positif le faisant entrer au paradis, etcPapadaniel, Yannis (2016) « Mort », Éditions des archives contemporaines, Paris, sur Anthropen.org..
En plus des conceptions idéelles, c'est-à-dire des idées que l'on se fait de la mort, l'anthropologie étudie les pratiques humaines qui l'entourent. Cela peut prendre la forme de l'étude des rites funéraires, comme la manière dont on dispose du corps, des recueillements familiaux ou de la manière dont le deuil est étalé dans le temps. Les recherches anthropologiques sur la mort peuvent également avoir une perspective religieuse, et soulignent un rapport à la mort de plus en plus éloigné des ritualités, voire aseptisé, comme le rapportent Louis-Vincent Thomas. ou Philippe Ariès..
Cet énoncé soulève des débats et des spécialistes comme Jean-Hugues Déchaux., Allan Kellehear., Tony Walter. et C. Seal. énoncent plutôt que le rapport à la mort n'est pas plus faible, seulement plus intime en raison de la sécularisation grandissante observée en Occident.
Yanis Papadaniel tire pour point commun de ces arguments l'idée suivante : . Plutôt, que les familles et individus ont des pratiques funéraires avec un niveau de syncrétisme variable entre différentes traditions religieuses et spirituelles.
Projet d'Edison Thomas Edison projeta la création d'un appareil qui serait censé pouvoir permettre de communiquer avec les morts, en enregistrant leur voix et leurs sons, dénommé nécrophone ou appareil nécrophonique en françaisSite du magazine Le Point, article publié le 05 mars 2015 "un nécrophone pour fantômes bavards le rève de thomas edison, consulté le 13 janvier 2019 (spirit phone en anglaisSite science.howstuffworks, page "10 Inventions by Thomas Edison (That You've Never Heard Of)", consulté le 13 janvier 2019), mais l'appareil resta à l'idée de projet.
Mort et religion
Animisme Dans l'animisme, la mort est perçue comme une continuité, au point que l'on puisse dire qu'il n'y a pas vraiment de mort dans le langage animiste et que le dialogue des « morts » et des vivants se poursuit sans interruption notamment par l'intermédiaire des rêves.
Un célèbre poème de Birago Diop intitulé SoufflesLeurres et Lueurs (1960), Birago Diop résume cette perception :