Le maltha est un enduit-mastic romain notamment décrit par Palladius et Pline et employé pour l’étanchéification des citernes.
Le maltha est associé aux ouvrages qu'on réalisait en opus signinum (Signinis parietibus, Signi operis), dans la description originale donnée par Vitruve au Pierre Gros, Vitruve et la tradition des traités d’architecture. Frabrica et ratiocinatio, nouvelle édition en ligne, Rome, Publications de l’École française de Rome, 2006 , sorte de bétonnage (la plus ancienne mention de « beton » par Philibert Monet autour de 1630), constitué de chaux, de sable et d'éclats de pierre, exempte de tuileaux, dont la compacité était obtenue au terme d’un damage intensif.
Auteurs antiques
Chez Palladius
Le « maltha » est cité deux fois dans le De Re Rustica de Palladius (), chapitres XVII, consacré aux citernes, et XLI, consacré aux caldaria et frigidariaDe Rutilius Taurus Aemilianus Palladius. L’Économie rurale. Panckoucke, 1844. Lire en ligne.
Des citernes (De cisternis) La citerne est en Opus signinum (Signinis parietibus), le,type de bétonnage, originaire de la ville de Segni, constitué de chaux, de sable et d'éclats de pierre, exempte de tuileaux, dont la compacité était obtenue au terme d’un damage intensif décrit par VitruvePierre Gros. Vitruve et la tradition des traités d’architecture : Frabrica et ratiocinatio. Nouvelle édition en ligne, Rome, Publications de l’École française de Rome, 2006. . et que l'on retrouve aussi dans les aqueducs. Pour étancher les murs des citernes, Palladius préconise de couvrir le mortier de tuileau (testacei pavimenti) dont on pare habituellement les ouvrages d'eau, d'une couche de graisse de lard (lardo pingui). Le maltha, ici une composition de poix (picis liquidae, de la poix liquide distillée à partir de résine de pin) et de suif, additionné de chaux sert à colmater les fuites. L'eau est amenée à la citerne par des tuyaux d'argile (tubos fictiles):
Chez Pline
Pour Pline, un caractère essentiel du malthe est que la chaux doit être éteinte avec du vinJean Rougé. Une émeute à Rome au (Ammien Marcellin, XXVII, 3, 3-4 : essai d'interprétation). In: Revue des Études Anciennes. Tome 63, 1961, n°1-2. pp. 59-77. Lire en ligne:
Ammien Marcellin rapporte une émeute de 375 contre Symmaque le père (Lucius Aurelius Avianius Symmaque), suscitée par la déclaration qu'on lui prêtait alors, qu'il préférait éteindre la chaux avec son vin plutôt que de le vendre au prix demandé. Cette émeute nous est également connue par la correspondance et les discours de Symmaque le filsRésumés analytiques. In: Revue des Études Anciennes. Tome 63, 1961, n°1-2. pp. 1-2. Lire en ligne.
En français, malthe
« Malthe » passe dans la langue française. Dans Philibert Monet (1636), Parallèle des langues latine et françaisePhilibert Monet, Parallèle des langues latine et française,Guillaume Valfray imprimeur, 1636, consulter en ligne:
Malthe fait une courte apparition dans le Dictionnaire de la langue française (Littré). de 1873, il désigne un asphalte naturel ou bitume naturelLeçons de chimie élémentaire appliquee au arts industriels par m. J. Girardin. G. Masson, 1875. Lire en ligne:
En italien, on peut noter la proximité de maltha avec « smalto » de même signification, smalto signifie aussi émailGilles Ménage. Le origini della lingua italiana. 1685.
Dans les aqueducs Les specus des aqueducs romains étaient habillé d'un mortier de tuileau dont l’épaisseur pouvait atteindre 3 à Jean-Louis Guendon, Jean Vaudour. Les concrétions de l'aqueduc de Nîmes. In: Méditerranée, troisième série, tome 57, 1-2-1986. Travertins LS et évolution des paysages holocènes dons le domaine méditerranéen. pp. 140-151. https://doi.org/10.3406/medit.1986.2384 Lire en ligne. Un badigeon de maltha rouge pouvait s'ajouter par devant. L'utilisation des concrétions qui se forment à l'intérieur des aqueducs sur plusieurs dizaines de centimètres, comme matériau de construction est attesté; les blocs issus de l'aqueduc de Nîmes présentent quelquefois la couleur rouge du badigeon de malthaJean-Louis Paillet. L'utilisation des concrétions de l'aqueduc de Nîmes en tant que matériau de construction . In: Méditerranée, troisième série, tome 57, 1-2-1986. Travertins LS et évolution des paysages holocènes dons le domaine méditerranéen. pp. 152-160. Lire en ligne.
Les analyses ont prouvé que le constituant du « bol rouge » que l'on trouve sur le pont du Gard, chargé d'assurer l'étanchéité de l'ouvrage, et qu'Émile Espérandieu supposera être du maltha, est un lait de chaux mélangé à un sable de quartz rouge d'une granulométrie précise et fortement chargé en oxyde ferriqueJean-Louis Paillet . Réflexions sur la construction du pont du Gard. In: Gallia, tome 62, 2005. pp. 49-68. Lire en ligne.
Notes
Références
Voir aussi
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