Georgina Dufoix, née Nègre le à Paris, est une femme politique française. Elle est notamment ministre des Affaires sociales et de la Solidarité nationale de 1984 à 1986.
Biographie Née le à Paris., Georgina Nègre est la fille d'Alain Nègre, directeur d'un garage automobile et conseiller municipal de Nîmes sous le mandat d'Edgar Tailhades (SFIO), et d'Antoinette Pallier. Elle est la sœur de l'architecte Jean-Rémi Nègre.. Elle est issue d'une vieille famille protestanteFrançois Charcellay et Jean-Pierre Souche, Je n’imaginais pas que Mitterrand serait élu, Midi libre, 9 mai 2011Les Nègre - L'empreinte protestante, L'Express, 3 mai 2004. Elle est mère de quatre enfants.
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Elle épouse, le , Antoine Dufoix, ingénieur de l'École centrale Paris et président de société.
À la suite du décès accidentel de son père en 1967, Georgina Dufoix prend la responsabilité du garage, à l'âge de 24 ans, et crée avec son frère les concessions de location de voitures, « Avis » à Nîmes, Arles et Alès.
Carrière politique Fonctions nationales
Georgina Dufoix est Secrétaire d'État à la Famille de à dans les gouvernements Mauroy I et Mauroy II. . Désormais, la CAF verse une allocation parent orphelin au parent qui ne perçoit pas la pension alimentaire due pour les enfants avant que la CAF ne se retourne contre le parent défaillant« L’allocation de soutien familial (Asf) », sur caf.fr.
Elle a aussi été Secrétaire d'État à la Famille, à la Population et aux Travailleurs immigrés de à dans le gouvernement Mauroy .
La circulaire interministérielle du et ses cinq circulaires d’application ministérielles sur l’enfance maltraitée a pour objectif, après l'affaire de l’enfant du placard«Pourquoi ma mère m'a fait ça?», sur lexpress.fr, 14 janvier 1993 (1982) d’ (titre de la lettre ouverte signée par Georgina Dufoix et publiée par Le Monde en 1983« Plus que jamais oser parler la violence », sur lemonde.fr, 12 avril 2020) d’améliorer le dispositif de recueil et de traitement des signalements. Un téléphone vert est installé dans les départements (avant de devenir national en 1989) ; pour la première fois l’Éducation nationale est mobilisée afin de repérer les enfants en grande difficulté.
La loi du sur les rapports des parents et des enfants avec le service de l’aide sociale à l’enfance, a le souci de lutter contre l’accusation d’arbitraire qui pesait sur l’ASE héritière de la DASS et de l’Assistance publique. La prise en compte des droits des parents (droit d’être informés sur les prestations ASE, droit d’être assisté, droit de donner son accord sur les prises en charge, droits aux recours y compris judiciaires) est considérée comme le fondement de l’action sociale moderne anticipe sur la loi médico sociale de 2002 et la loi de 2007 rénovant la protection de l’enfance.
Avec la loi Dufoix, l’enfant même handicapé acquiert le droit d’être adopté. Ainsi, tout enfant a droit à une famille même s’il est handicapé : cela devient un droit fondamental.
Ministre des Affaires sociales et de la Solidarité nationale de à dans le gouvernement Fabius, elle crée un Institut de l’enfance et de la famille, ce qui répond à l’une des 110 propositions du candidat François Mitterrand. Cet établissement public, créé en 1984, vise à mettre la recherche en sciences sociales au service de tous les acteurs (politiques, administratifs, professionnels, militants et familles à travers les médias). Il ambitionne par certains côtés de parachever la démarche de réhabilitation de prise en compte du fait familial et le souci de s’interroger sur la place de l’enfant dans et hors de la famille. En 1985, elle contribue à déclencher l'affaire de la ciclosporine en soutenant les trois médecins français qui annoncent triomphalement avoir découvert un remède au sida.
Porte-parole du Gouvernement de à , ministre déléguée à la Famille, aux droits de la Femme, à la Solidarité et aux Rapatriés de mai à dans le gouvernement Rocard , présidente de la Croix-Rouge française de 1989 à 1992, elle met en application des préconisations de l'IGF et de l'IGAS à l'issue de leur mission d'enquête conjointe. Elle démissionne à la suite de l'affaire HabacheRésumé du parcours à la CRF de G. Dufoix.
Déléguée générale à la lutte contre la drogue et la toxicomanie de 1989 à 1993, Georgina Dufoix élabore et met en œuvre un programme de 42 actions, adopté par le conseil des ministres le , en matière de prévention, de répression, d’action sanitaire et sociale, de recherche et d’évaluation.
Elle amène l’Union européenne à créer fin 1989 le Comité européen de lutte anti-drogue (CELAD) ; son initiative a été le point de départ de la politique européenne développée depuis lors en ce domaine.
Fonctions locales Candidate aux élections législatives de 1986, Georgina Dufoix conduit la liste PS, qui recueille , soit 28,84 % des suffrages exprimés. Elle est élue député du Gard de 1986 à 1988 aux côtés d'Alain Journet. Candidate à sa réélection en 1988 dans la première circonscription du GardCandidats investis par le PS aux élections législatives de 1988, elle est battue par Jean Bousquet.
Conseillère générale du Gard de 1982 à 1985 pour le canton de Nîmes-5, elle est conseillère municipale de Nîmes de 1977 à 1989.
Fonctions internationales Georgina Dufoix a été membre du conseil d'administration de l'Unrisd (organisme de recherches sociales des Nations unies)., du WSP international de Genève (War-torn Society Project), présidé par Martti Ahtisaari, prix Nobel de la paix 2008. et du Gouverning Council de INTERPEACE Genève.
Affaire du sang contaminé En , en tant que ministre des Affaires sociales et de la Solidarité nationale, Georgina Dufoix est mise en cause dans l’affaire du sang contaminé avec Laurent Fabius et Edmond Hervé, son ancien secrétaire d’État chargé de la Santé lorsque la journaliste Anne-Marie Casteret publie dans l'hebdomadaire L'Événement du jeudi un article prouvant que le Centre national de transfusion sanguine (CNTS) a sciemment distribué, de 1984 à 1985, des produits sanguins contaminés, notamment par le virus du sida.
Après avoir été ministre dans le premier gouvernement Rocard, Georgina Dufoix est donc attaquée par des associations de victimes et la polémique sur la contamination de transfusés par le virus du VIH s’accroît dans les médias.
Le , à la suite du scandale occasionné, outre de nombreux débats publics et manœuvres juridiques, une révision constitutionnelle remplace la Haute Cour de justice par la Cour de justice de la République.
Le procès des ministres a lieu en février et , intervenant plusieurs années après la condamnation de l’ancien directeur du Centre national de transfusion sanguine, Michel Garretta, et trois autres médecins pour tromperie (1992-1993).
Laurent Fabius et Georgina Dufoix sont relaxés le par la Cour de justice de la République, l’accusation d’homicide involontaire n'étant pas retenue à leur encontre. Aucun des acteurs de cette époque, médecins, administratifs, politiques n'a été jugé coupable au motif que les connaissances scientifiques de l’époque ne permettaient pas de prendre d’autres décisions : en 1985, la séropositivité était considérée par certains scientifiques comme un signe de protection ou même une immunité contre le sida.
Sa déclaration sur TF1, le : a été résumée par une formule devenue célèbre (« responsable mais pas coupable »)« Citations et proverbes »..
En droit, selon la Cour de justice de la République, elle n’était ni responsable (elle n’a commis, en tant que chef de service, aucune faute détachable du service, le seul responsable était alors l’État lui-même dirigé par une gouvernance ministérielle), ni coupable (elle n’a commis aucun acte illégal).
Pseudo-médecines Georgina Dufoix apporte à plusieurs reprises son soutien aux pseudo-médecines : le , elle prend un arrêté ministériel autorisant le remboursement des préparations homéopathiques par la Sécurité sociale. Ce remboursement sera effectif pendant 36 ans, avant d'être arrêté le .
Le , elle déclare dans une conférence de presse vouloir organiser une étude randomisée en double aveugle sur deux produits homéopathiques (ce que tout le monde approuve), mais également permettre l'enseignement de l'homéopathie et de l'acupuncture à l'Université et leur consacrer une fondation. De nombreux commentateurs ont relevé l'incohérence entre la démarche de test, qui sous-tend que les méthodes ne sont pas validées, et la mise au programme universitaire, qui ne saurait contenir que des méthodes prouvées. L'étude a été réalisée puis publiée dans The Lancet en 1988, elle n'a pas montré d'efficacité de l'homéopathie dans l'accélération de la reprise du transit après chirurgie digestive.
Elle est membre d'Invitation à la vie, association qui prétend guérir des maladies aussi graves que le cancer, la maladie de Parkinson, ou la sclérose en plaques, par la prière, l'imposition des mains ou encore l'« harmonisation des centres énergétiques » du corps..
Après la politique Georgina Dufoix se convertit au protestantisme évangélique au début des années 1990. Durant la campagne présidentielle de 2007, elle lance un blog de prière pour soutenir les candidats.
En 2012, Georgina Dufoix se prononce contre le projet de loi ouvrant le mariage et l'adoption aux couples de même sexe présenté par le gouvernement Ayrault et prend part à la manifestation du 13 janvier 2013 organisée par le collectif La Manif pour tous. Elle dénonce au passage la « théorie du genre », déclarant : et que ce projet de loi essaie .
Elle préside la Fondation des monuments romains de Nîmes, qui contribue à la restauration du patrimoine nîmois, et fréquente des personnalités politiques de tous bords.
En 2024, elle réagit au décès de Robert Badinter, qu'elle a connu au gouvernement entre 1981 et 1986, déclarant : « Il a une vie qui honore la race humaine ». Pour elle, l'ancien garde des Sceaux « a été un homme de réconciliation, un homme de justice, un homme qui aimait les êtres humains »..
Notes et références Notes
Références
Voir aussi
Bibliographie . Patrick Cabanel, « Dufoix, Georgina (née Nègre) », in Patrick Cabanel et André Encrevé (dir.), Dictionnaire biographique des protestants français de 1787 à nos jours, tome 2 : D-G, Les Éditions de Paris Max Chaleil, Paris, 2020,
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