Les Jeunesses communistes révolutionnaires étaient l'organisation de jeunesse en solidarité politique avec la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), parti politique français d'extrême gauche. Son fonctionnement était autonome par rapport à celle-ci, lui permettant entre autres une plus ample liberté d'action et de décisions tout en restant étroitement liée à la LCR. , les JCR regroupaient pour l'essentiel des étudiants et des lycéens mais aussi des jeunes salariés et des jeunes chômeurs.

Les JCR se sont dissoutes le , à l'occasion de leur dernier congrès national, en vue d'intégrer le Nouveau Parti anticapitaliste.

Idéologie Les JCR se définissaient comme une organisation révolutionnaire de jeunesse. Leurs bases théoriques puisaient dans le marxisme, les idées de la IVe Internationale (fondée par Léon Trotsky en 1938 et dont la LCR était la section française). Ils rejetaient donc le capitalisme qu'ils combattaient et luttaient pour l'établissement d'une société socialiste. Les JCR défendaient le fait qu'une rupture révolutionnaire serait nécessaire pour abolir le capitalisme car toutes les tentatives de le réformer ont échoué. Selon eux, ce sont les travailleurs qui seraient aptes à renverser le système capitaliste, aptitude conférée par leur position au cœur du système de production. Ils rejetaient aussi fermement les idées et les régimes issus du stalinisme qu'ils n'estimaient pas correspondre au socialisme. Les JCR étaient aussi une organisation fermement opposé à toute forme de discrimination ou d'inégalité, sexisme, racisme, homophobie.

Histoire Il ne faut pas confondre les Jeunesses communistes révolutionnaires avec la Jeunesse communiste révolutionnaire. Bien qu'elles aient été liées, ces deux organisations furent créées a des moments différents et n'existèrent pas en même temps.

En 1979, la LCR décide de se doter d'une organisation de jeunesse. À cette fin elle fonde les Jeunesses Communistes Révolutionnaires, nom choisi en mémoire de la Jeunesse communiste révolutionnaire. Dans les années 80 les JCR interviennent dans les campagnes de soutien au régime sandiniste du Nicaragua, dans les lycées, participent à la marche des beurs et au mouvement anti-raciste. En 1986, juste avant les grandes grèves étudiantes et lycéennes, ils animent dans l'UNEF-ID une tendance qui pèse 5 %. Après le mouvement de 1986, la tendance syndicale pèse six fois plus. Après la campagne de soutien à Pierre Juquin (issu du PCF) lors de la présidentielle de 1988 (il obtiendra environ 2 % des suffrages), les JCR sont traversées par un débat important sur le type d'organisation à construire et donc sur l'apparition de celle-ci. C'est aussi cette année qu'Olivier Besancenot rejoint les JCR à l'âge de 14 ans. En 1990, les JCR scissionnent avec d'un côté les JCR Égalité et de l'autre les JCR Autre Chose. La LCR a donc deux organisations de jeunesse. En 1993, les JCR Égalité sont exclus, pour avoir décidé de présenter leur propre candidat aux élections législatives. La majeure partie forme la Gauche révolutionnaire (certains sont revenus à la LCR au début des années 2000) ; mais une partie, les JCR Égalité Sociale restent en solidarité politique avec la LCR ; les JCR Autre Chose deviennent les RED. En 1994, les deux organisations de jeunesse se réunifient dans les JCR-RED.

Structuration interne Au niveau local les JCR étaient structurées en cercles. Généralement, il y avait un cercle par université et par lycée où les JCR étaient présents. L'ensemble des cercles d'une ville, ou d'une agglomération constituaient une section. Celle-ci était coordonnée au moyen d'un Bureau de Ville (BV) élu par les militants en congrès local. Le BV pouvait être changé en assemblée générale de section. Avant chaque congrès national, les sections organisaient des congrès locaux auxquels participaient l'ensemble des militants. Les congrès locaux élisaient un nombre de délégués pour le congrès national proportionnel au nombre de militants de la section.

Au niveau national, les JCR fixaient les grandes lignes de leur orientation via le congrès national. Celui-ci avait lieu tous les un an et demi à deux ans. Le congrès national élisait la Direction Nationale (DN) composée d'environ 40 personnes. Celle-ci devait mettre en œuvre le mandat du congrès et prendre des orientations en fonction de la situation.

À la fin du congrès national, juste après son élection, la Direction Nationale élisait le Bureau National (BN) composé de 7 à 9 personnes membres de la DN. La DN se réunissait environ tous les 3 mois. Le BN était chargé de la mise en œuvre des orientations définies en DN. Il était amené à prendre des décisions qui n'avaient pas forcément été débattues en DN et devait s'en expliquer à la DN suivante. S'il y avait des désaccords, la DN avait la capacité de révoquer le BN. Le BN pouvait convoquer des DN extraordinaires. Si une majorité des 2/3 des militants le demandaient, il pouvait y avoir un congrès national extraordinaire. Les militants du Bureau national n'avaient pas de privilèges supplémentaires liés à leurs mandats, ils étaient tenus de se rendre dans les instances de bases pour y effectuer les tâches militantes de terrain et y prendre là aussi, un rôle de direction.

Toutes les instances étaient révocables et tous les militants avaient le droit d'y assister (BN, DN, BV, ainsi que les commissions). Les JCR possédaient aussi des commissions chargées de diverses thématiques (antiracisme, femmes, internationalisme, jeunes travailleurs, écologie et LGBTI.).

Les plus gros cercles en région parisienne étaient Nanterre (Hauts-de-Seine) et Jussieu (Paris).

Congrès nationaux des JCR Les congrès nationaux sont comptés à partir du congrès de réunification de 1994.

Le V congrès des JCR s'est tenu en novembre et . Une seule position fut présentée par la direction sortante. Celle-ci s'est fait amender sans qu'il y ait de plateforme déclarée.

Le VI congrès des JCR s'est tenu en . Trois positions (plateformes) y étaient présentées :

- Plateforme B : 45 % Propose de fédérer tous les jeunes révolutionnaires dans une nouvelle organisation révolutionnaire de jeunesse. Pense qu'il y a globalement un recul des droits sociaux, même s'il y a une remontée des luttes depuis 1995. Proche d'une sensibilité de la Plateforme 1 de la LCR.

- Plateforme C : 20 % Propose de faire de l'engagement dans le mouvement anti-guerre la priorité de l'organisation car pense qu'il va s'agir d'un mouvement de masse attirant un grand nombre de jeunes. Pense que la période est plutôt celle d'une remontée des luttes mais qu'il n'est pas le moment pour avancer l'idée d'un parti anticapitaliste. Proche de la Plateforme 4 de la LCR depuis sa création lors du congrès de de la LCR.

- Plateforme D (Lutte de Classe) : 35 % Propose de fédérer tous les jeunes se réclamant de l'anticapitalisme dans une nouvelle organisation ; favorable à un parti anticapitaliste large en se constituant en courant marxiste révolutionnaire à l'intérieur. Pense qu'il y a globalement une remontée des luttes sociales depuis 1995. Proche de la Plateforme 4 de la LCR depuis sa création lors du congrès de de la LCR.

Le VII congrès des JCR s'est tenu les 9 et . Il opposait deux plateformes :

- La plateforme X : 27 % En partie issue des anciennes plateformes C et D du précédent congrès ; elle propose le regroupement en une nouvelle force de la gauche anti-libérale comme stratégie révolutionnaire, notamment autour des collectifs pour une candidature unitaire anti-libérale. L'objectif affiché étant de construire un pôle révolutionnaire dans cette nouvelle force antilibérale et de mener à terme à une force révolutionnaire.

- La plateforme Z : 73 % Globalement issue de l'ancienne plateforme B ; elle propose d'organiser la jeunesse sur des bases révolutionnaires, en structurant les JCR pour prendre l'initiative et faire militer les jeunes, pour les convaincre de s'organiser. Elle rejette le mouvement antilibéral pensant que cela risque d'atténuer et de diluer les idées révolutionnaires. Les militants proches du courant Démocratie Révolutionnaire (Plateforme 2 dans la LCR) ont voté pour cette plateforme tout en émettant des critiques.

Le VIII congrès des JCR s'est tenu en .

Le IX congrès des JCR s'est tenu les 13 et . C'est à l'occasion de celui-ci que fut actée la dissolution de l'organisation en vue de l'intégration au sein du NPA. Une bonne partie des débats ont porté sur la nécessité de doter le NPA d'une organisation propre de jeunesse ou au moins d'un secrétariat jeunes permettant une certaine autonomie.

Mouvements et campagnes des JCR Mouvement anti-Le Pen right|thumb|300px|Banderole des JCR en solidarité avec la Palestine Les JCR ont mené campagne pour Olivier Besancenot lors de la présidentielle de 2002 puis ont participé aux mobilisations contre la présence de Le Pen au deuxième tour. Ils ont été à cette occasion à l'origine de « grèves antifascistes » dans certains lycées. Leur mot d’ordre était : « 20 ans de politiques antisociales, c’est 20 % pour le Front National ! Dans la rue, combattons le chômage et la précarité ! »

Mouvement anti-guerre Les JCR ont participé à la campagne contre la guerre en Irak, témoignant de leur opposition idéologique à celle-ci. Les JCR affichaient aussi leur solidarité envers la résistance irakienne. Ce soutien était lié au droit à l'autodétermination des peuples. Ainsi si les JCR soutenaient inconditionnellement la résistance irakienne dans toutes ses composantes, ils se permettaient d'émettre des critiques à son égard. Dans la même mouvance, les JCR affichaient également un total soutien envers la cause palestinienne et participaient aux manifestations sur le sujet. Ce pôle « anti-guerre » des JCR était concrétisé par leur participation aux collectifs « Agir contre la guerre ».

Soutien aux jeunes grévistes Les JCR ont soutenu divers mouvements de grève de jeunes travailleurs, dans des entreprises telles que McDonald's, Pizza Hut, Maxi-Livres. Ce soutien s'est notamment manifesté par l'organisation de collectes de soutien aux grévistes ou par la participation aux occupations de locaux.

Campagne contre la loi interdisant les signes religieux à l'école Les JCR ont mené une campagne contre la loi interdisant le port du foulard dans les établissements scolaires. Ils ont dénoncé cette loi comme raciste, islamophobe et sexiste, avec les arguments suivants : Tout le monde doit pouvoir avoir accès à une éducation publique gratuite. L'exclusion des musulmanes choisissant de porter le voile risque de les contraindre à se rendre dans des écoles religieuses auxquelles les JCR sont opposés. Cette loi s'inscrivait dans une offensive islamophobe visant à stigmatiser les musulmans et en particulier les femmes.

Cette position tranche avec la position de la quasi-totalité de l'extrême gauche, qui n'a pas fait campagne contre cette loi.

Les JCR souhaitaient ainsi défendre le droit de choisir des femmes, c'est pourquoi ils affirmaient également soutenir les femmes forcées de porter le foulard et qui voulaient le retirer. Ils ont ainsi mené une campagne de solidarité internationale avec les femmes afghanes persécutées. Dans cette optique ils ont participé à la fondation du collectif « Une école pour tous-tes » et furent signataires de l’Appel des Indigènes de la République.

Campagne pour l’égalité des droits homos-hétéros En 2004, après que Sébastien Nouchet, jeune homosexuel, a été brûlé vif dans le Nord, les JCR ont participé au collectif « Égalité des droits », pour le droit au mariage et à l’adoption pour les couples gays et lesbiens. Les JCR se prononçaient aussi pour la disparition des normes sexuelles et contre toute vision normative de la sexualité. Chaque année, les JCR participaient à la Marche des fiertés lesbiennes, gays, bi et trans (LGBT) et à l’Existrans (marche des transsexuels, transgenres et trans).

Mouvements étudiant de 2003 et lycéen de 2005