Le régiment de Chartres est un régiment d'infanterie du royaume de France, créé en 1691 sous le nom de régiment de Chartres, devenu sous la Révolution le d’infanterie de ligne.

Création et différentes dénominations : création du régiment de Chartres : renommé régiment d'Étampes : renommé régiment de Chartres 1er janvier 1791 : renommé d'infanterie de ligne

Colonels et mestres de camp : Gabriel-Joseph chevalier d'Estrades Gabriel-Joseph chevalier d'Estrades est du maréchal de France Godefroi d'Estrades. Mortellement blessé à la bataille de Steinkerque, il meurt le 5 août 1692. Voir Correspondance authentique de Godefroi, comte d'Estrades, de 1637 à 1660, pages XI et XII : N. marquis de PluvauxLe marquis de Pluvaux est grièvement blessé durant le siège de Charleroi en 1693 : Louis marquis d'ArpajonLouis marquis d'Arpajon devient brigadier le 2 avril 1703, maréchal de camp 20 mars 1709, et de lieutenant général le 8 mars 1718. Il reçoit deux blessures très graves à la bataille d'Audenarde en 1708 : Philippe Charles marquis d'ÉtampesPhilippe Charles marquis d'Étampes, né en 1712, il est brigadier le 1er février 1719, et meurt le 11 mars 1737. C'est l'époux de Marie-Thérèse de La Ferté-Imbault : Charles de La Ferté-Imbault marquis d'Étampes : Philippe Charles d'Étampes marquis de La Ferté-Imbaut : Louis Auguste, comte d'Étampes : Charles Auguste de La Cour, comte de BalleroyCharles Auguste de La Cour, comte de Balleroy est blessé à la bataille de Dettingen en 1743 : Édouard, comte de Boufflers-Rouvrel : Gilbert de Chauvigny comte de Blot : Louis Henri vicomte de La Tour du Pin-La Charce : Jean Balthazar, comte d'Adhémar de Montfalcon : Pierre vicomte de Jaucourt : Stanislas Catherine chevalier de Boufflers : Jacques Philippe comte de Vernon du Haget : Pierre Marie chevalier de Grave : Étienne Guillaume Picot de Bazus : Étienne Le Bé

Historique Ce régiment est créé par Louis XIV, le , pour Philippe d'Orléans, duc de Chartres, son gendre, puis régent du royaume. Il est d'abord composé d'un seul bataillon de 13 compagnies, dont 3 furent tirées du régiment de Sault, 3 de celui de Touraine, 6 de celui d'Orléans et 1 de Vermandois.

Régiment de Chartres (1691-1724)

Guerre de la Ligue d'Augsbourg Le « régiment de Chartres » fait ses premières armes en 1692 au siège de Namur, dans le cadre de la guerre de la Ligue d'Augsbourg. Le , il se couvre de gloire à la bataille de Steinkerque. Placé en réserve à la gauche, il contribue à rétablir le combat engagé à l'improviste par l'ennemi, et se maintient toujours en première ligne, et à découvert, avec le de Bourbonnais. Le duc de Chartres y reçoit une légère blessure, mais le colonel lieutenant Gabriel-Joseph chevalier d'Estrades, blessé, expire le .

L'année suivante le régiment se trouve à la bataille de Neerwinden,et termine la campagne devant Charleroi. Il se distingue, le , en repoussant vigoureusement une sortie durant laquelle le colonel lieutenant marquis de Pluvaux y est grièvement blessé.

Le « régiment de Chartres » fait les campagnes de 1694 et 1695 en Flandre sous le commandement du maréchal Villeroy.

En 1696 et 1697 il sert à l'armée de la Meuse sous le commandement du maréchal de Boufflers.

Guerre de Succession d'Espagne En 1701, à la mort de Philippe Ier duc d'Orléans frère de Louis XIV, le régiment devint la propriété du nouveau duc de Chartres, Louis d'Orléans, qui succéda à son père, Philippe II d'Orléans passé au commandement du régiment de famille.Le , le régiment de Chartres est porté à deux bataillons au moyen de l'incorporation d'une partie des milices de Metz, et part au mois de mai établir à Namur l'autorité du nouveau roi d'Espagne, Philippe V.

En 1702, le régiment rallie l'armée de Louis duc de Bourgogne et contribue à la déroute de l'armée hollandaise à la bataille de Nimègue. Le , il quitte les Pays-Bas pour se rendre sur le Rhin, et il combat avec le maréchal de Villars à Friedlingen.

En , il sert au siège de Kelh, et plus tard il participe à l'attaque des retranchements de Stollhofen. Il suit Villars en Bavière, combat à Hornberg, à Munderkirchen et à Hochstedt et contribue aux prises d'Augsbourg et d'Ulm.

En 1704, il assiste, dans le corps de Marchin, à la deuxième bataille d'Höchstädt. Revenu en Alsace, il garde le Fort-Louis, et prit en décembre ses quartiers d'hiver à Phalsbourg, après avoir travaillé à l'amélioration des défenses du Fort-Louis.

En 1705 et 1706, le régiment Chartres demeure en Alsace et prend part au secours du Fort-Louis, et à la conquête de Drusenheim, de Lauterbourg et de l'île du Marquisat.

En 1706, il est appelé en Flandre au milieu et se trouva à la malheureuse bataille de Ramillies, après laquelle il vint se refaire à Thionville, où il passa l'hiver.

En 1707, il retourne en Flandre et est embrigadé avec le régiment de Poitou.

En 1708, il combat vaillamment avec le régiment de Piémont à Audenarde ou il charge cinq fois, et son colonel lieutenant, le Louis marquis d'Arpajon, y reçoit deux blessures très graves. Contraint de se jeter dans Gand, il évacue la ville rapidement.

En 1709, il fait encore partie de la brigade de Poitou et combat à Malplaquet.

En 1711, on le voit, au combat d'Arleux, après lequel on l'envoie dans les lignes de la Lauter, où il reste jusqu'en 1713. Cette année, il fait les sièges de Landau et de Fribourg.

Guerre de la Quadruple-Alliance En 1719, dans le cadre de la guerre de la Quadruple-Alliance le « régiment de Chartres » fait la campagne sur les Pyrénées et les sièges de Fontarabie et de Saint-Sébastien. Le il quitte la Navarre pour se rendre en Roussillon, et il contribue de ce côté à la prise de Castel-Ciudad et d'Urgell .

Régiment d'Étampes (1724-1737)

En 1723, à la mort du régent, Philippe d'Orléans, le duc de Bourbon, nommé premier ministre, profite de l'insouciance du nouveau duc d'Orléans, Louis, qui n'avait pas encore de fils, pour donner le régiment, , au colonel lieutenant marquis d'Étampes, dont le régiment porta le nom de « régiment d'Étampes » jusqu'au , époque à laquelle le titre de « régiment de Chartres » et les privilèges de régiment de prince lui sont rendus.

Guerre de Succession de Pologne En 1727 « régiment d'Étampes » fait partie du camp de la Sambre.

En 1733, dans le cadre de la guerre de Succession de Pologne, il est envoyé à l'armée d'Italie et se distingue au siège du château de Milan.

En 1734, il se trouve au combat de Colorno et aux batailles de Parme et de Guastalla.

En 1735, il participe aux sièges de Reggio, de Revere et de Gonzague. A sa rentrée en France, il est dirigé sur La Rochelle.

Régiment de Chartres (1737-1791)

La propriété du régiment, donnée en 1737 à Louis d'Orléans, , est transmise le à son fils Louis-Philippe, et celui ci la passe, le , à Louis-Philippe, qui deviendra « roi des Français ».

Guerre de Succession d'Autriche En 1742, dans le cadre de la guerre de Succession d'Autriche, le « régiment de Chartres » est sur la frontière de Flandre.

En 1743, il passe à l'armée du Rhin sous le commandement du maréchal de Noailles, il combat à Dettingen durant lequel le duc de Chartres conduit vaillamment son régiment. Lors de cette bataille, 6 officiers et 60 soldats sont tués, le colonel lieutenant de Balleroy, 17 officiers et 110 soldats sont blessés. Il termine la campagne en Alsace aux camps de Lauterbourg et d'Haguenau.

En 1744, le régiment de Chartres est en Flandre. Il est aux sièges de Menin, d'Ypres et de Furnes. A celui d'Ypres, le , il s'empare avec le régiment d'Artois de la « redoute de l'Inondation », à l'attaque de gauche. Il termine cette campagne au camp de Courtrai.

En 1745, pendant la bataille de Fontenoy, il reste avec le régiment d'Orléans à la garde des tranchées de Tournai. Il achève ensuite le siège de cette place et participe à la réduction de Termonde, d'Audenarde et d'Ath.

En , il s'établit à Vilvorde pendant le siège de Bruxelles. Le il entre dans cette grande ville pour y tenir garnison. Un détachement resté à Vilvorde, parvient à s'y maintenir malgré tous les efforts du prince de Waldeck, Charles-Auguste, venu pour le débusquer.

A l'ouverture de la campagne de 1747, le « régiment de Chartres » est embrigadé avec le régiment d'Orléans, et il partage cette année et les deux suivantes les services et la gloire de ce corps aux batailles de Raucoux, de Lawfeld, et aux sièges de Berg-op-Zoom et de Maastricht.

A sa rentrée en France en 1749, le régiment de Chartres est mis en garnison à Orléans.

Guerre de Sept Ans En 1756, il est envoyé au camp d'Honfleur

En , il part pour Liège, puis pour Stockheim, pour retrouver le maréchal d'Estrées avec lequel il se trouve à la bataille de Hastenbeck, à l'expédition sur Closterseven et Zeel, puis au camp d'Halberstadt.

Au début de 1758, il revient sur le Rhin. Il cesse alors de faire partie des armées actives et est exclusivement employé à la garde des places jusqu'à la fin de la guerre.

Période de paix Lors de la réorganisation des corps d'infanterie français de 1762, le régiment conserve ses deux bataillons.L'ordonnance arrête également l'habillement et l'équipement du régiment comme suit Ordonnance du roi, concernant l'infanterie françoise : du 10 décembre 1762Habit, revers, veste et culotte blancs, collet et parements rouges, poches en écusson plus larges que hautes, garnies de cinq boutons en patte-d'oie, dont un à chacun des quatre coins, précédés des boutonnières en biais, et un au milieu, trois boutons sur la manche et un en dedans, quatre au revers et quatre en dessous : boutons jaunes, avec le . Chapeau bordé d'or.

En 1762, il se trouve à Douai, d'où il est mis en garnison à Aire et Béthune en , à Tours en , à Bergues et Gravelines en , à Dunkerque en , au Quesnoy en et au camp de Verberie en . Il est envoyé après ce camp à la citadelle de Strasbourg, et de là à Sedan en octobre 1773, au Quesnoy en , à Condé en , à Lille en , à Landerneau et Morlaix en , à Douai en , à Arras en , à Saint-Omer et Gravelines en , à Eu au mois d'août et à Dunkerque en décembre de la même année, à Valenciennes en , au Quesnoy en , à Philippeville et Charlemont en , à Givet en , et à Landrecies et Avesnes en . Au mois de juillet de cette année il se rend à Blois, et revient à Avesnes en octobre. Il passe ensuite à Givet et à Charlemont en , et il revint encore une fois à Avesnes en pour passer à Douai au mois d'octobre.

de ligne ci-devant Chartres (1791-1794) L'ordonnance du fait disparaître les diverses dénominations, et les corps d'infanterie ne sont désormais plus désignés que par le numéro du rang qu'ils occupaient entre eux. Ainsi, 101 régiments sont renommés. Les régiments sont toutefois largement désignés avec le terme ci-devant, comme d'infanterie de ligne ci-devant Chartres.

Guerres de la Révolution française Il quitte Douai le , à la suite d'une émeute devant laquelle il se conduit admirablement, et se rend à Bergues. Il se trouve à Lille au commencement de 1792 et prend part aux premières expéditions que fait la garnison de cette place.

Au mois d'août, le du de ligne, ci-devant Chartres, rallie l'armée de Dumouriez et assiste à la canonnade de Valmy. Le régiment est placé à Metz après la retraite des Prussiens, et lorsque Longwy rentre au pouvoir de la République, il y est mis en garnison.

Pendant ce temps, le du de ligne, ci-devant Chartres, contribue à la défense de Lille, puis à la conquête de la Belgique, où il occupe successivement Tournai et Anvers.

En 1793, le régiment fait partie tout entier de l'armée du Nord. Il se fait remarquer dans un grand nombre de combats et batailles, notamment à la en , aux engagements des 9 , 16 , 19 et autour de Templeuve, au combat du sur le canal entre Malines et Louvain, et à la .

Le du régiment de Chartres est amalgamé le , avec le de volontaires des réserves et le de volontaires des réserves pour former la de première formation.