Le régiment de Soissonnais est un régiment d'infanterie du royaume de France, créé en 1630 sous le nom de régiment de Grancey, devenu sous la Révolution le d'infanterie de ligne.
Création et différentes dénominations : Création du régiment de Grancey : Le régiment est réformé : Le régiment est rétabli sous le nom de régiment de Grancey : prend le titre de régiment de Perche 1639 : reprend le nom de régiment de Grancey : renommé régiment de La Chenelaye : prend le nom de régiment de Souvré : devient régiment de Lauragais : renommé régiment de Ségur : devient régiment de Briqueville 10 décembre 1762 : renommé régiment de Soissonnais : devient le d'infanterie de ligne
Mestres de camp et colonels : Jacques Rouxel de Médavy, comte de Grancey : Pierre Rouxel de Médavy, comte de GranceyMaréchal de camp le , lieutenant général des armées du roi le , † : François Bénédict Rouxel de Médavy, marquis de Grancey : Jacques Léonor Rouxel de Médavy, comte de Grancey : François Rouxel de Médavy, marquis de GranceyBrigadier le , maréchal de camp le , lieutenant général des armées du roi le , † : Adolphe Charles de Romilley, marquis de La ChesnelayeBrigadier le : François-Louis Le Tellier de Louvois, marquis de Souvré : Louis de Villars-Brancas, comte de Lauragais Il deviendra duc de Brancas le , brigadier le , déclaré maréchal de camp en par brevet du mai, déclaré lieutenant général des armées du roi en par pouvoir du : Philippe Henri comte de Ségur : N. de La Luzerne, marquis de Briqueville : Léon Marguerite Le Clerc, baron de Juigné : Jean-Baptiste Louis Philippe de Félix d'Ollières comte de Sainte-Maime : Marie Charles César Florimond de Fay, comte de La Tour Maubourg : Pierre d'Espéron : Jean Jacques François Barthélémy de Lafont : Jacques Grégoire Louis Brobecque : Félix Antoine Duportal
Historique des garnisons, combats et batailles du régiment Origines Ce régiment avait la prétention d'être un des plus anciens de France et d'être la continuation du « régiment de Graville » formé en 1598, au château des Marches en Savoie, avec des vieilles bandes dites de Perche. Il est, en effet, possible, qu'après la paix de Vervins, des bandes anciennes, qui auraient été incorporées momentanément dans le régiment de Graville, aient été conservées sur pied pour occuper, en qualité de garnisons, quelques places des Alpes, et qu'elles se soient ainsi maintenues pendant une trentaine d'années. Ce qui est certain, c'est que le régiment, dont il est question, a été créé par ordonnance du , en faveur du comte de Grancey et pendant la guerre de Savoie. Que des débris de vieilles compagnies franches y aient été versés à sa formation, peu importe, ce semble, puisque la plupart des régiments de pied, organisés au commencement du , se trouvaient dans le même cas. Le rang que celui-ci a toujours occupé prouve, du reste, que sa prétention n'était pas fondée, où du moins qu'elle n'a jamais été accueillie.
Régiment de Grancey (1630-1635)
Guerre de Savoie Créé par ordonnance du , le régiment de Grancey débuta, cette même année de sa création, en occupant Saint-Jean-de-Maurienne avec le régiment de La Frezelière, dans le cadre de la guerre de Savoie. Il quitta cette ville le pour l'attaque de Veillane, qui eut lieu le 19. La ville fut emportée d'emblée, et le château capitula huit jours après.
Guerre de Trente Ans Le régiment fut réformé au commencement de 1631 et rétabli le suivant pour participer à la guerre de Trente Ans. Il fut alors employé en Lorraine et contribua à la prise de Vic et de Moyenvic.
En 1632, il se mit en route pour le Languedoc, où le parti du duc d'Orléans avait pris les armes. Après la bataille de Castelnaudary, il rebroussa chemin et alla faire le siège de Trèves.
On le trouve, en 1633, à celui d'Épinal.
En 1634, il est à la prise d'Haguenau, de Bitche et de La Mothe, et au secours d'Heidelberg et de Philisbourg.
En 1635, il continua de servir sur le Rhin, et lorsque Louis XIII, par une ordonnance datée du , mit ses meilleurs régiments d'infanterie sous des titres de province, celui-ci reçut le nom « régiment de Perche ». Était ce un souvenir de la relation qui existait entre le régiment de Grancey et l'ancien régiment de Graville ? Ce nom de régiment de Perche, au contraire, a-t-il été la cause d'une confusion entre deux corps qui n'avaient de commun que le titre ? C'est ce qu'il est impossible de décider.
Régiment de Perche (1635-1639) Guerre de Trente Ans En 1636, le régiment de Perche servit, au fameux siège de Saverne Siège de Saverne 1636. Son mestre de camp y fut blessé et obtint dans le même temps le gouvernement de Montbéliard. Le régiment vint alors s'établir dans cette ville et prit part, pendant deux ans, aux nombreuses expéditions entreprises par son chef dans les montagnes de la Franche-Comté.
En 1637, il opéra, autour de Bâle et de Montbéliard, fit lever le siège d'Héricourt, s'empara de Saint-Ursanne et fit le siège de Saint-Hippolyte, où le comte de Grancey eut un genou fracassé. Le , il prit d'assaut l'Isle-sur-le-Doubs.
Au début du mois de , Lure était assiégé par les Francs-Comtois. Le , de Perche, partent de Montbéliard, arrivent devant Lure dans la soirée du lendemain, s'emparent à l'instant du fort des Granges et forcent l'ennemi à lever le siège. Au mois d'août, le régiment mit en déroute, près de Montbéliard, trois régiments lorrains. Ces succès attirèrent enfin sur les bras du régiment une mauvaise affaire. Une armée vint lui barrer le passage un jour qu'il était sorti de Montbéliard; il soutint, sous les murs mêmes de la ville, un combat désespéré, et fut presque entièrement détruit P. de Résener : Abrégé de l'histoire du pays de Montbéliard, depuis les temps primitifs jusqu'à sa réunion à la France en 1793.
Régiment de Grancey (1639-1707) Guerre de Trente Ans Rétabli en 1639, sous le nom de « régiment de Grancey », et à douze compagnies, il se rendit, au mois d'avril, à l'armée du marquis de Feuquières, où l'attendait un nouveau désastre. Il suivit la fortune du régiment de Navarre au siège et à la bataille de Thionville et fut, comme lui entièrement défait. Le comte de Grancey rallia les débris de l'infanterie et fit sa retraite sur Metz.
En 1640, le régiment de Grancey fit partie de l'armée de Flandre et fut employé au siège d'Arras. Le , il s'empara de la contrescarpe malgré les efforts des assiégés. Le 30, il était de garde dans les lignes, quand celles-ci furent attaquées par les Espagnols. Il partagea d'abord la terreur et la déroute des Gardes suisses, mais bientôt le dépit et la honte les ramenèrent tous au combat, et le terrain perdu fut repris.
Le régiment repassa en Lorraine au mois d', et contribua à la prise de Bar-le-Duc, de Pont-à-Mousson, de Saint-Mihiel, de Ligny, de Gondrecourt et de Neufchâteau dont le château ne capitula qu'après un rude combat. Le comte de Grancey y fut contusionné par un gros éclat d'un canon qui emporta la tête de son cheval. Le régiment servit ensuite au siège de Mirecourt, et à ceux d'Épinal. Passant de là en Franche-Comté, il fit, le , les approches de Jonvelle, et le lendemain, il livra un assaut si brusque, que l'ennemi abandonna les murailles après avoir tiré quelques coups de mousquet et se retira dans le château, qui ne résista que deux jours. Au mois d'octobre, le régiment de Grancey se rendit devant Dieuze, dont on fut obligé de lever le siège, parce que les Lorrains détruisirent les écluses de l'étang de Lindre et inondèrent le pays.
Le régiment de Grancey, porté à trente compagnies, quitta le Pont-à-Mousson, où il avait passé l'hiver, et courut en Champagne pour recueillir les débris de l'armée du maréchal de Gramont, battu à Honnecourt. Après un court séjour à Mouzon, il se rendit, au mois de juillet, devant Dieuze, dont on voulait s'emparer à tout prix. Le , le régiment étant de garde aux tranchées, on donna l'assaut à La Saline. Il se précipita dans le fossé, quoique les hommes y eussent de l'eau jusqu'aux aisselles, renversa les palissades, pénétra dans l'enceinte de la Saline, et poursuivit la garnison, jusqu'au pont qui sépare La Saline de la ville. La ville se rendit le . Au mois de septembre, le régiment de Grancey reçut l'ordre de se diriger sur le Roussillon, où le roi était alors occupé à faire le siège de Perpignan. Le , étant arrivé entre Montigny-le-Roi et Langres, près du château de Rey, il fut attaqué par un gros corps d'Espagnols, qu'il mit en déroute après un combat acharné dans lequel le comte de Grancey fut blessé. Ce combat fut cause que le régiment n'alla pas plus loin et il hiverna dans la Franche-Comté.
Guerre franco-espagnole En 1643, durant la guerre franco-espagnole, il joignit devant Thionville l'armée du duc d'Enghien qui venait de gagner la bataille de Rocroi. Le , il fit un beau logement sur la pointe de la contrescarpe, et le lendemain il repoussa vigoureusement une sortie.
L'année suivante, il fit partie de l'armée de Flandre, commandée par le duc d'Orléans, Gaston, et servit au siège de Gravelines. Le comte de Grancey ayant obtenu le gouvernement de Gravelines, le régiment y fut mis en garnison, et il y demeura jusqu'en 1652. Ce gouvernement valut le bâton de maréchal au comte de Grancey.
En 1652, les Espagnols assiégèrent Gravelines. Le régiment de Grancey défendit si bien la place qu'il ne la rendit qu'à des conditions honorables.
En 1653, le maréchal de Grancey obtint le commandement des troupes françaises en Piémont. Il se démit du régiment en faveur de son fils, Pierre Rouxel de Médavy, comte de Grancey, et celui ci conduisit le régiment en Italie. Il entra en campagne au mois de septembre, et débuta par la prise de Serravalle. Le 23, il disputa aux Espagnols le passage du Tanaro à la Roquette. Le comte de Grancey y fut blessé de deux coups de pique à la cuisse, en conduisant ses enseignes sur les retranchements des Espagnols, d'où d'autres corps venaient d'être repoussés. Il les emporta et poursuivit longtemps l'ennemi dans sa retraite. Le régiment de Grancey termina cette campagne par la prise de Carpignano, et eut ses quartiers d'hiver dans la vallée de Saint-Martin.
Le combat du , sur les bords de la Bormida, seul événement remarquable de la campagne de 1654 en Italie, est un fait d'armes particulier aux régiments de Navarre et de Grancey. Ces deux corps y taillèrent en pièces deux régiments espagnols.
La campagne de 1655 fut insignifiante.
En 1656, le régiment de Grancey fait le siège de Valencia, après lequel il rentre en France et se dirige sur Thionville, où il passe l'année 1657.
En 1658, il est appelé au siège de Dunkerque. Il garde les tranchées pendant la bataille des Dunes, et contribue puissamment, au mois de septembre, à la reprise de Gravelines. Il y emporte l'ouvrage à cornes, dans la nuit du 19 au 20, et y est rétabli en garnison.
Guerre austro-turque En 1664, dans le cadre de la guerre austro-turque, le régiment de Grancey passa en Hongrie avec le comte de Coligny; il combattit à Saint-Gothard, à côté du régiment d'Espagny.
Il fut appelé, en 1666, au camp de Monchy
Guerre de Candie En 1669, il est envoyé au secours de Candie, et se trouve au combat du 25 juin. Revenu en France la même année, il fut porté, en 1671, à vingt compagnies.
Guerre de Hollande En 1672, le régiment marcha à la conquête de la Hollande. Il assista à la prise de plusieurs places, et notamment à celle d'Orsoy, où son colonel fut grièvement blessé au genou : c'était le second fils du maréchal de Grancey. Ne pouvant plus servir sur terre, il passa dans la marine, et y parvint au grade de lieutenant-général le .
Pendant les années qui suivirent, le régiment de Grancey demeura en garnison dans les places conquises.
Au mois de , il rallia au camp de Charleville l'armée du maréchal de Créqui, et combattit vaillamment à la journée de Consarbrück. Son colonel, Jacques Eléonor Rouxel de Grancey, y fut blessé et fait prisonnier.
En 1676, il contribua à faire lever le siège de Maëstricht.