vignette|alt=Confetti lors d'un évènement artistique|Des confettis en papier coloré. vignette|Bataille de confettis en plâtre au Carnaval de Milan 1884Le Monde Illustré, mars 1884.. vignette|Échos de la Mi-Carême 1895 à ParisExtrait de l'article La Mi-Carême débuté page 1 : La soirée, Le Petit Journal, 22 mars 1895, page 2, .. vignette|Bigophones et confettis parfumés à Arcachon en 1896Union Orphéonique, article paru dans L'Avenir d'Arcachon, , , 12 janvier 1896, page 2, .. vignette|La Croix, .
Les confettis sont des projectiles festifs qu'on lance au moment de certaines fêtes et tout particulièrement durant le carnaval. Les confettis peuvent être constitués de divers matériaux tels que le papier, plastique, métal (aluminium,..) ou matières organiques (pétales de fleurs, feuilles,...).
Histoire du confetti Initialement, ce furent des dragées, d'où le nom qui lui est resté, puis des boulettes de plâtre, appelés quelquefois en France confetti italiens, et, enfin, de nos jours, des petits morceaux de papier ronds de différentes couleurs. Ils sont très souvent associés au serpentin, appelé aussi à ses débuts spirale ou spirale-opéra, dont la vogue mondiale commença au Carnaval de Paris 1892.
Le lieu de leur invention est inconnu. Cependant, il est certain que leur lancement mondial eut lieu au Carnaval de Paris en décembre 1891À l'époque, comme encore de nos jours en Belgique ou en Allemagne, la période du Carnaval durait à Paris depuis la Saint Martin le 11 novembre jusqu'au Mardi gras situé avant la date mobile du lundi de Pâques.. Ils étaient utilisés jadis au carnaval en quantité bien plus importante qu'aujourd'hui. Les confettis en papier étaient couramment vendus au kilogramme. Il exista aussi autrefois des confettis en papier parfumé. Origine et orthographe du mot vignette|gauche|Au Carnaval de Rome 1857, on brandit des cornets de confettis au-dessus d'un Romain qui cherche à s'en abriter avec un parapluie. vignette|Marchands ambulants au Carnaval de Rome en 1857 : l'enfant vend des confettis en plâtre et sucre, le vieil homme des bouquetsDétail d'une gravure de A. Jourdain d'après une gouache de C. Sauvageot, parue dans L'Illustration, , Volume XXIX, 28 février 1857.. vignette|Bataille de confettis en plâtre place de la Préfecture au Carnaval de Nice en 1891. upright=0.6|vignette|Équipement pour la bataille de confettis en plâtre à Nice en 1904 : sac, pelle, masque de protectionDétail d'une carte-postale d'époque.. upright=0.6|vignette|Trois Pierrots au Carnaval de Nice en 1921 : celui du milieu porte un sac à confettisDétail d'une photo de l'Agence Rol.. À l'origine, les confettis jetés au Carnaval étaient des sortes de dragées. Le mot signifie « dragées » en italienLe nouveau Petit Robert, dictionnaire alphabétique et analogique de la langue française, édition 2009, précise que c'est le pluriel de « confetto », mot qui vient du latin confectus, qui signifie « préparé » et a également donné le mot « confit » (article Confetti, page 502)..
Or, le mot dragée n'avait pas tout à fait le même sens qu'aujourd'hui ; en effet selon l'Encyclopédie, les dragées étaient, « Dragée » sur le site ARTFL.. En italien, on ne dit pas confetti (en l'occurrence confetto, qui veut dire aussi bien fruit confit ou préparé) pour désigner les petites bouts de papiers festifs mais coriandoli [di carta], dont l'étymologie rappelle la graine de coriandre (ou d'anis) enrobé de sucre blanchi et que l'on se jetait ou s'offrait pendant les fêtes au moins depuis la fin du « Da quando c'è l'abitudine di gettare i coriandoli a Carnevale? », sur le site treccani.it..
Orthographe – Pour le pluriel, l'orthographe italienne confetti a jadis été souvent employée dans la rédaction de textes en français. Cependant, aujourd'hui, le pluriel correct du mot confetti se forme par l'ajout d'un « s » à la fin, car, quand un mot d'origine étrangère est intégré à la langue française, il cesse d'être soumis aux règles grammaticales de son pays d'origine pour être soumis aux règles grammaticales françaises (rapport du Conseil supérieur de la langue française publié dans les documents administratifs du Journal officiel du ).
Confettis dragées et boulettes de plâtre Le lancer de bonbons se pratique toujours au Carnaval, en Allemagne. Il en existe au moins un exemple connu au Carnaval de Paris en 1834.
Le Journal des débats relève cette année-là queJournal des débats, 10 février 1834, , . Voir l'article en entier reproduit sur la base Commons. :
En France, le jet de confettis-dragées existait jadis dans les fêtes et pas seulement au Carnaval. Comme on peut le voir, par exemple, en 1840, lors de la cérémonie du baptême et de la bénédiction de la cloche paroissiale à Étréchy, commune située près d'Étampes :
En 1861, parlant du Carnaval de Naples douze années auparavant, Marc Monnier écritMarc Monnier Naples et les Napolitains, Le Tour du monde, 1861, page 204. :
La pratique du jet de confettis-dragées durant les fêtes fut cependant abandonnée. L'explication qu'en donne l'abbé Richard dans sa description du Carnaval de Rome en 1770 est la suivante :
Une autre explication de l'abandon des dragées est fournie par le Magasin pittoresque en 1836 :
Le nouveau confetti en plâtre fut baptisé à Paris « confetti italien ». Il ne fut jamais utilisé à Paris. On le fabriquait à l'aide d'un entonnoir. Goethe en parle, dans sa description du Carnaval de Rome, auquel il assista en 1787. Sa chambre à RomeC'est aujourd'hui un local dépendant du Centre culturel allemand de Rome (Goethe Institut). donnait sur la via del Corso, ancienne via Flaminia et haut lieu du Carnaval romain. C'est là que se déroulait notamment la fameuse course de chevaux libres clou du Carnaval.
Une brochure contre les confettis en papier, parue en 1895La croisade contre les confettis par un groupe de Pères de Famille, Brochure de propagande de protestation contre les abus du Carnaval Parisien, Paris mars 1895, ouvrage conservé à la BNF. indique une autre recette de confettis italiens :
« Comme les macaronis, les confettis sont d'origine italienne ; à Rome, à Naples, à Nice, on emploie sous le nom de « confetti », une préparation mi-sucre et mi-plâtre, formant de petites dragées qui, projetées, se brisent en laissant une poussière inoffensive aussi bien pour la personne atteinte que pour ses vêtements. »
Il existait également des confettis en terre de Pouzzoles et d'autres en amidon.
Le confetti en plâtre exista au Carnaval de Nice. Il est ainsi décrit en 1888A. Lacoste et G. Pietri, Guide-Bleu, Nice pratique et pittoresque, , V.-E. Gauthier éditeur, Nice 1888,page 195. :
En 1891, parlant aussi du Carnaval de Nice dans un de ses romans, André Theuriet décrit précisément « l'attirail nécessaire pour les batailles de confettis : pelles de fer-blanc, gibecières de coutil, masques de toile métalliqueAndré Theuriet, Charme dangereux, A. Lemerre éditeur, Paris 1891, page 163.. » Dans le même livre on trouve l'expression « aller aux confettiUtilisation par André Theuriet de l'expression aller aux confetti » ou « se voir aux confetti » pour dire : aller à la bataille de confettis, ou : se voir à la bataille de confettis.
Le jet de confettis a été encadré légalement, comme cela apparait en 1884 dans le Règlement général de police municipale de la ville de Paramé, qui n'a pas dû être le seul du genre :
Le confetti en papier apparut au Carnaval de Nice vers 1892 sous le nom de « confetti parisiens »Nouveau Dictionnaire étymologique et historique, par Albert Dauzat, Jean Dubois et Henri Mitterand, Librairie Larousse, Paris 1964, page 188, article Confetti., ce qui indique bien son origine. Par la suite et durant très longtemps, le confetti en plâtre continua à exister au Carnaval de Nice, parallèlement au confetti en papier. Il fut finalement interdit au début des années 1950.
L'usage « amoureux » des confettis vignette|1894 : Affiche de Toulouse-Lautrec pour un fabricant anglais de confettis en papier.vignette|Les confettis à la Mi-Carême 1897 à ParisLa soirée sur les boulevards - Le Petit Journal, 26 mars 1897, , . vignette|La Croix, 19 mars 1898, lendemain de la Mi-Carême à ParisLa Mi-Carême - La Croix, 19 mars 1898, , .. En Italie, comme le rapporte un ouvrage français publié en 1842, le jet de confettis est utilisé pour approcher les femmes durant le carnavalAntoine Dilmans, (pseudonyme de Joseph Milsand), Bianca Teobaldi, mœurs italiennes, Hippolyte Souverain éditeur, Paris 1842, . Antoine Dilmans mentionne dans ce texte sur les confettis l'existence de confettis en amidon. : vignette|redresse|gauche|Char lanceur de fleurs et confettis en plâtre au Carnaval de Nice 1895Carnaval de Nice - Les chars du cortège - L'Univers illustré, 2 mars 1895, . Commentaires du dessin : , .. .
Le confetti moderne en papier vignette|Les confettis au Bal de l'Opéra en 1892. vignette|Bataille de confettis à la Mi-Carême 1907 à Paris, tableau de Paul Chocarne-MoreauPaul Chocarne-Moreau, Mi-Carême, tableau exposé au Salon des artistes français 1907.. vignette|Petit garçon essayant d'attraper des confettis lancés à la journée folklorique de Namur en avril 2006. vignette|Une pratique traditionnelle et souvent condamnée pour des raisons d'hygiène : le ramassage des confettis pour les réutiliser, ici au Carnaval de Vanves en 1992. vignette|Utilisation de canons à confettis portatifs à Cologne en juillet 2011. vignette|Apparition des confettis à Melun en 1897. Il a été avancé en France l'hypothèse que le confetti fut inventé en 1884 à une fête organisée par la presse de Milan, ou au Carnaval de Pau, vers 1880. C'est ce qui est écrit dans un article conservé dans les dossiers « Actualités Carnaval » à la Bibliothèque historique de la ville de Paris. La réponse à la question de l'origine du confetti actuel parait se trouver en Italie. L'article du Wikipédia italien consacré aux confettis indique que c'est en 1875 que furent adoptées les chutes du papier utilisé pour l'élevage du ver à soie, en remplacement du confetti fait de billes en plâtre. L'idée en reviendrait à l'ingénieur Enrico Mangili, de Crescenzago, dans la province de Milan, qui a commencé à en faire le commerce. Selon certains, l'inventeur du confetti moderne en papier serait le physicien atomiste de Trieste Ettore FenderlTexte original en italien : « Solo nel 1875 furono adottati i cerchi di carta, grazie all'inventiva dell'ingegner Enrico Mangili di Crescenzago (Milano) che iniziò a commercializzare come coriandoli i cerchi di carta di risulta dalle carte traforate utilizzate in sericoltura per l'allevamento dei bachi da seta. Alcuni attribuiscono l'invenzione dei coriandoli al fisico nucleare triestino Ettore Fenderl. ».
La vogue mondiale du confetti en papier commença à Paris au début des années 1890. Les journaux parisiens de ces années-là rapportent qu'elle débuta au Casino de Paris, en , à l'initiative de son directeur téâtral, Monsieur Robert Lué (1857-1912). Son père ingénieur à Modena Italie lui aurait fait parvenir les chutes de papier utilisées à cette occasion. Le lancement du nouveau confetti aurait eu lieu au cours d'une fête donnée pour le Carnaval de Paris, alors très grand et qui durait depuis la Saint Martin, le , jusqu'aux Jours Gras en février-mars, avec une reprise pour la Mi-CarêmeLe lancement du confetti à Paris est raconté par exemple dans l'article À propos de la Mi-Carême, paru dans Les Annales politiques et littéraires, revue populaire paraissant le dimanche, 30 mars 1919, numéro 1866, , .. La paternité du lancement du confetti à Paris est attribuée, sur la partition de la chansonnette Les Confettis éditée en 1895, .
Initialement chutes de papier perforé utilisé pour l'élevage du ver à soie, le premier confetti en papier était blanc. Il est décrit ainsi par Le Monde illustré du , commentant un dessin figurant la bataille de confettis de la journée de la Mi-Carême 1892Voir l'article La Mi-Carême en 1892, paru dans Le Monde Illustré du 26 mars 1892. Voir le dessin commenté.: