BAC Nord est un film français coécrit avec Audrey Diwan et réalisé par Cédric Jimenez, sorti en 2020.
L'intrigue de ce drame policier est librement inspirée par le scandale de 2012 au sein de la brigade anti-criminalité (BAC) de Marseille, dont dix-huit membres furent poursuivis pour trafic de stupéfiants et racket... Par ailleurs cette affaire a fait l'objet du livre autobiographique Sacrifié de la BAC nord de Bruno Carrasco et Séverine Pardini-Battesti, publié en 2015. Bruno Carrasco, qui était policier à la BAC nord en 2012, a été conseiller de Cédric Jimenez pour la réalisation du film. Ce dernier a, quant à lui, grandi dans les quartiers nord de Marseille ce qui lui a permis de retranscrire à l’écran avec réalisme (parfois teinté de romanesque) le vécu des policiers et de l’environnement hostile dans lequel ils évoluent.
Le film est présenté hors compétition au Festival de Cannes 2021. Il obtient huit nominations et une récompense à la des César.
Synopsis
En 2012 à Marseille, une des villes au plus fort taux de criminalité de France, Grégory (« Greg »), Yassine (« Yass ») et Antoine sont des agents de la BAC Nord. La compagne de Yass, Nora, est enceinte et va bientôt accoucher. Le trio perd peu à peu toute illusion sur l'utilité de son travail car il n'est pas soutenu par la hiérarchie, plus obnubilée par le souci de ne pas faire de vagues et d'obtenir de bonnes statistiques.
Lors d'une intervention, l'équipe pourchasse un suspect en Audi, qui se réfugie dans une cité tenue par des caïds. L’équipe de police est bloquée à l'entrée par une sorte de « checkpoint » et est contrainte de repartir, la hiérarchie refusant tout incident. Humilié, Greg se plaint à son supérieur, le capitaine Jérôme Bodin. Quelque temps plus tard, ce dernier lui propose enfin de démanteler un grand réseau de trafic de drogue dans ce même quartier afin de satisfaire la demande directe venue du préfet, qui veut faire un coup médiatique après la parution d'une vidéo en ligne où un jeune des quartiers se fait tabasser par des dealers pour avoir volé une partie de leur stock et où les délinquants prétendent être la police.
Dans ce but, Antoine fait appel à son indic, une jeune femme prénommée Amel. Cette dernière accepte de lui donner une information dès qu'elle le pourra, mais, compte tenu des risques pour sa vie, elle exige cinq kilos de résine de cannabis. Elle demande qu'ils ne proviennent pas du quartier concerné afin d'éviter de se faire repérer, la drogue portant une sorte de signature de par la façon dont elle est coupée. Le trio pense à utiliser de la résine déjà saisie et destinée à la destruction, mais Bodin refuse. Les trois policiers devront donc se débrouiller seuls pour en obtenir. Alors chaque nuit, ils saisissent du cannabis auprès de clients pris sur le fait. Après une altercation violente avec un dealer local près d'un rond-point, le trio est « grillé » dans ce quartier, et quand un autre groupe de la BAC Nord a besoin de son aide pour être dégagé sur ce même rond-point, il préfère ne pas intervenir. Au cours d'une violente altercation avec Jacques, Greg parvient à lui expliquer qu'ils doivent saisir du cannabis pour leur future opération. Le capitaine Bodin intervient pour ordonner aux deux groupes de poursuivre ensemble ces saisies dans le centre-ville, avec l'aide des autres membres de la brigade.
vignette|alt=photo en plan général d'une cité avec tour et barre d'immeubles |Le tournage de l'opération devait initialement se dérouler à La Castellane dans le de Marseille, mais il est finalement annulé, la production craignant que le film véhicule une image négative de la cité..
Finalement, les cinq kilos sont récoltés, ce qui permet de rémunérer Amel. Elle donne l'information promise, à savoir l'arrivée trois jours plus tard d'un chargement qui mènera à la cache. L'opération est mise en place avec l'intégralité de la BAC Nord et approuvée par la hiérarchie.
Le jour J, un paquet est livré par une Twingo jaune. Toutes les équipes sont en observation et l'opération est lancée de façon coordonnée avec près d'une trentaine d'agents, six véhicules et un grand zodiac. Après des courses poursuites provoquées quand Antoine est repéré, Yass parvient à suivre le livreur jusqu'à la planque au d'un bloc, mais il est pris au piège, car une grille renforcée a été mise en place à l’entrée de l’immeuble par les trafiquants, empêchant ses collègues d’intervenir. Il trouve refuge à un étage supérieur dans un appartement habité par une mère maghrébine et son fils adolescent, qui voudrait alerter ses amis dealers du quartier et réussit à donner un coup de couteau dans le dos de Yass avant d'être assommé par une gifle. Pendant ce temps, une partie de l'équipe passe par l'immeuble d'à côté, puis par les toits. Ils viennent récupérer Yass, puis interviennent au , où tous les appartements communiquent entre eux par des trous dans les cloisons. Les chefs de bande sont en train d'évacuer argent et drogues par le vide-ordures et le local à poubelles du rez-de-chaussée quand sont arrêtés une bonne partie des meneurs du trafic, quelques-uns abattus en légitime défense. Drogues et argent sont saisis. Dehors, la situation est ultra tendue avec prêts à en découdre ; Greg, Antoine et les autres policiers de la BAC tiennent en joue une bande incontrôlable.
Toutefois, sous le feu d'un individu armé d'un AKM (Kalachnikov), la BAC finit enfin par s'extraire de la cité sans que cela dégénère et sans bavure policière notable. Les héros ont frôlé la mort, mais le démantèlement est un succès, fêté par l’ensemble de la BAC Nord. Tout semble bien se terminer.
Néanmoins, deux mois plus tard, l'IGPN arrête Greg, Antoine et Yass pour trafic en bande organisée. Yass se défend en affirmant avoir réalisé une simple « collecte » sans en tirer le moindre profit. Greg prend violemment à partie l'agent de l'IGPN, disant avoir agi sur ordre de son supérieur et affirmant que ce cannabis a uniquement servi à être échangé contre une information essentielle. Antoine, ayant promis à Amel qu'elle serait protégée, ne révèle pas son identité et ne parle que de cannabis pour sa consommation personnelle. Greg, Yass et Antoine sont mis en détention provisoire à la prison des Baumettes. Pendant l'enquête de l'IGPN, le capitaine Bodin nie, lors d'une confrontation avec Greg, avoir eu connaissance de l'opération. L'affaire prend des proportions nationales quand le ministre de l'intérieur prend la parole à la télévision pour « condamner des faits d'une exceptionnelle gravité ».
Au parloir, Nora informe Yass que l'autre équipe de la BAC ne prendra pas le risque de témoigner que la hiérarchie était au courant de cette récolte pour constituer les . Au fil des semaines, la santé mentale de Greg vacille. Prétextant une coupe de cheveux, Yass finit par convaincre Antoine, de se résigner à livrer le nom d'Amel à l'IGPN.
Le trio est finalement jugé pour ses écarts mais sort de prison car le chef d'accusation le plus grave est abandonné. Yass reste dans la police et se syndique, Antoine se reconvertit en infirmier pénitentiaire et Greg, radié de la police, devient agent municipal.
Fiche technique Titre original : BAC Nord Titre international : . Réalisation : Cédric Jimenez Scénario : Cédric Jimenez et Audrey Diwan Musique : Guillaume Roussel Décors : Jean-Philippe Moreaux Costumes : Stéphanie Watrigant Photographie : Laurent Tangy Son : Cédric Deloche Montage : Simon Jacquet Production : Hugo Sélignac et Vincent Mazel Sociétés de production : Chi-Fou-Mi Productions, France 2 Cinéma et Studiocanal Sociétés de distribution : Studiocanal (France), Les Films 26 (Afrique francophone). Budget : . Pays de production : Langue originale : français Format : couleur — 2,35:1 — son Dolby numérique Genre : policier, drame Durée : Dates de sortie : France : (Soirée des passionnés de Gaumont). ; (Festival de Cannes) ; (sortie nationale) Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Côte d'Ivoire, Djibouti, Guinée, Madagascar, Mali, Niger, Sénégal : Classification : France : tous publics avec avertissement lors de sa sortie en salles
Distribution Gilles Lellouche : le brigadier-chef Grégory Cerva Karim Leklou : le brigadier Yassine François Civil : le gardien de la paix Antoine Adèle Exarchopoulos : Nora, compagne policière de Yassine Kenza Fortas : Amel, l'indic Cyril Lecomte : le capitaine Jérôme Bodin (chef de la BAC Nord) Michaël Abiteboul : Jacques, un policier Jean-Yves Berteloot : Yvon, inspecteur de l'IGPN Kofs : l'homme du TMAX
Production Genèse et développement
Dans un entretien paru dans Tsounami, Audrey Diwan est revenue sur le processus d'écriture du film : « Je ne voulais pas écrire ce film, je n'étais pas censée le faire au départ, Cédric [Jimenez, ndlr] devait l'écrire seul pendant que je travaillais sur L'Événement. » Elle explique n'avoir pas travaillé sur toutes les versions du scénario, et qu'après son départ, Cette logique a été renforcée par le fait qu'il y a eu une collaboration étroite avec des membres de la police marseillaise et des membres des quartiers nords qui ont pu s'exprimer sur leur vécu réel auprès des équipes de tournage. Bruno Carrasco, l'auteur du livre autobiographique Sacrifié de la BAC nord, a également été conseiller pour ce film auprès de Cédric Jimenez. Ancien policier de la BAC nord marseillaise, il avait été mis en examen pendant douze mois au moment des faits de corruption racontés dans ce film.
Attribution des rôles
Tournage Le tournage du film démarre le . et s'achève en .
Bien que le film ait fait l'objet de vives critiques, la réalité du tournage a été celle d'une très bonne ambiance entre les équipes de tournage et les résidents de la banlieue marseillaise où il s'est déroulé, comme le racontent Gilles Lellouche et Cédric Jimenez. Ils décrivent une ambiance de communion entre jeunes de la banlieue et véritables policiers qui étaient figurants dans le tournage du film.
Musique Guillaume Roussel compose la musique du film. Il avait déjà travaillé avec Cédric Jimenez pour La French (2014) et HHhH (2017). On peut également entendre dans le film Tears de Giorgio Moroder., du groupe hollandais Brainbox, The House of the Rising Sun de The Animals ou encore La Bandite de Jul., rappeur marseillais, ville dans laquelle se déroule le film.
Promotion et sortie La sortie du film est initialement prévue en fin d'année 2020, la date de sortie est d'abord fixée au , puis décalée au .. Le premier teaser du film sort le . Malheureusement, la pandémie de Covid-19 provoque un bouleversement dans le monde du cinéma et les établissements recevant du public doivent fermer leurs portes le à l'occasion du deuxième confinement ; une avant-première a cependant lieu le . Une possible réouverture des lieux culturels est évoquée pour le , si les conditions sanitaires le permettent.. Le , une nouvelle bande-annonce est dévoilée par le distributeur., faisant le pari de maintenir le film au . Malheureusement, la situation sanitaire ne s'améliorant pas., les cinémas ne peuvent rouvrir leurs portes et la sortie du film est reportée à une date ultérieure.
Finalement, les cinémas ne rouvrant que le , c'est à l'occasion du Festival de Cannes et de la sélection hors compétition du film que StudioCanal annonce la nouvelle date de sortie fixée au ..
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