La Fédération belge des femmes diplômées des académies est une association sans but lucratif créée en 1921. Elle s'inscrit dans les mouvements féministes belges des s et lutte contre les inégalités entre les hommes et les femmes. Elle lutte principalement contre les inégalités éducationnelles et professionnelles et défend prioritairement les droits des femmes universitaires.

Contexte historique Au émergent les premières pensées féministes belgesE. Gubin, Sextant : Sciences et cultures, vol. 2, Groupe interdisciplinaire d'Études sur les femmes de l'Université libre de Bruxelles, 1994, p. 89.. Ce fut l’accès à l’instruction qui éveilla en premier la conscience des femmes. Effectivement, le féminisme au en Belgique est avant tout pédagogique. Bien que minoritaires, les femmes prirent progressivement conscience que le mariage n’était plus leur seule possibilité d’existenceS., Rokeghem, J., Vercheval-Vervoort et J., Aubenas, « Elles s’affranchissent », Des femmes dans l'histoire en Belgique, depuis 1830., Bruxelles, Luc Pire, 2006, p. 108. et que l’éducation pouvait être un pas de plus vers l’émancipation de la femme. Les quelques féministes existantes de l’époque sont convaincues que l’émancipation des femmes passe d’abord, non par l’innovation de lois, mais par un changement des mentalités qui serait rendu possible par l’éducation. En 1876, une loi leur permit désormais d’accéder aux études supérieuresS., Rokeghem, J., Vercheval-Vervoort et J., Aubenas, « Elles s’affranchissent », Des femmes dans l'histoire en Belgique, depuis 1830., Bruxelles, Luc Pire, 2006, p. 32.. Cependant, les revendications pédagogiques n’en demeuraient pas moins présentes car les inégalités entre les hommes et les femmes persistaient, notamment sur le plan éducationnel puisque aucune mesure ne fut mise en place pour rendre accessible ce droit qui leur avait été octroyé.

La période d’entre-deux-guerres connut l’émergence de nombreux mouvements féministes. Cette affirmation s’explique par la prise de conscience générale des femmes de leur rôle important joué pendant la première guerre mondiale tant au niveau de la résistance qu’au niveau de la conservation du pays. Les femmes prirent conscience de leurs accomplissements considérables et c’est entre crises politiques et économiques, entre montée des courants autoritaires et la persistance des inégalités entre les hommes et les femmes que les revendications féministes n’ont cessé de se manifesterP. Defosse, « La fédération belge des femmes universitaires », Dictionnaire historique de la laïcité en Belgique, Bruxelles, Fondation Rationaliste, 2005, p. 121. ; K. Jacques, « Le féminisme en Belgique de la fin du aux années 1970 », Courrier hebdomadaire du CRISP, 2009/7, n° 2012-2013, p. 18.. En effet, même si quelques privilèges avaient été accordés à certaines femmes méritantes de la guerre, notamment un droit de voteS. Rokeghem, J. Vercheval-Vervoort et J. Aubenas, « Elles s’affranchissent », Des femmes dans l'histoire en Belgique, depuis 1830., Bruxelles, Luc Pire, 2006, p. 109., cela n’était plus suffisant. Les femmes qui avaient participé activement à la vie politique et socio-économique durant la première guerre mondiale avaient d’autant plus de mal à concevoir qu’elles puissent à nouveau être assignées à leur rôle traditionnel de mère et de femme au foyerS., Rokeghem, J., Vercheval-Vervoort et J., Aubenas, « Elles s’affranchissent », Des femmes dans l'histoire en Belgique, depuis 1830., Bruxelles, Luc Pire, 2006, p. 108 – 109. ; « Les associations féminines en Belgique », Courrier hebdomadaire du CRISP, 1973/35-36, n° 621-622, p. 3.. Pour de nombreuses femmes, il était donc temps que leur statut soit davantage reconnu et que leurs conditions changent, pour effectivement passer de la femme qu’on voyait plus souvent au foyer à la femme révolutionnaire.

Ces mouvements de revendications féministes ont été portés par d’anciennes associations féministes mais également de nouvelles, plus réformistes encore.

Influencée par des associations féministes étrangères qui luttaient pour les droits et le développement de l’éducation des femmes, et encouragée par Paule Vanderstichele qui assista au premier Congrès international organisé par l’IFUW en 1920, Marie Derscheid fonda en 1921 la Fédération belge des femmes universitairesE. Gubin, « Engagements féminins », Groupe interdisciplinaire d’Études sur les femmes de l’Université libre de Bruxelles, Sextant, vol. 9, 1998, p. 84-85..

Objectifs et revendications La Fédération belge des femmes diplômées des académies a pour principal objectif la défense des droits des femmes en général, mais plus particulièrement ceux des femmes universitairesV. Di Tillio, « La Fédération belge des femmes universitaires. Naissance et essor. » dans Sextant : Engagements féminins, vol. 9, Groupe interdisciplinaire d’Études sur les femmes de l’Université libre de Bruxelles, 1998, p. 99..

Si les revendications féministes sont souvent centrées sur l’acquisition pour les femmes de droits politiques, comme le droit de vote, les mouvements féministes belges portent des revendications pédagogiques et prônent une éducation de qualité pour accéder à l’égalité économique et civile. Soutenant la promotion et le développement de l’éducationE. Gubin, dans Sextant : Engagements féminins, vol. 9, Groupe interdisciplinaire d’Études sur les femmes de l’Université libre de Bruxelles, 1998, p. 84. et des carrières intellectuelles des femmesM.-S. DUPONT-BOUCHAT et E. Gubin, Dictionnaire des femmes belges (s), Bruxelles, éd. Racine, 2006., p. 188., la FBFU a pour ambition d’une part, la réorganisation de l’enseignement secondaire afin de mieux préparer les femmes aux études universitaires et d’autre part, la restructuration du système universitaire lui-même afin de mieux les préparer à la vie professionnelleP. Defosse, « La fédération belge des femmes universitaires », Dictionnaire historique de la laïcité en Belgique, Bruxelles, Fondation Rationaliste, 2005, p. 121..

L’association lutte contre toute forme d’inégalité entre les hommes et les femmes mais principalement celles sur le plan éducationnel et sur le plan professionnel. En effet, à la sortie de l’université, les femmes sont confrontées à des difficultés que ne rencontrent pas la gent masculine. Les femmes éprouvent des difficultés considérables à trouver un emploi ou à accéder à certaines professionsGubin, E., Sextant : Sciences et cultures, vol. 2, Groupe interdisciplinaire d'Études sur les femmes de l'Université libre de Bruxelles, 1994, p. 14., notamment dans le droit ou la médecine, et ne bénéficient pas des mêmes privilèges ni du même salaire que les hommes pour un même diplôme. Afin d’y remédier, un comité d’entraide est créé en 1921 pour aider ces femmes à trouver un emploi et pour défendre leurs intérêts sur le plan professionnelV. Di Tillio, « La Fédération belge des femmes universitaires. Naissance et essor. » dans Sextant : Engagements féminins, vol. 9, Groupe interdisciplinaire d’Études sur les femmes de l’Université libre de Bruxelles, 1998, p. 100..

Ce n’est qu’à partir des années 1930, dans la période d’entre-deux-guerres, que la Fédération commença son combat pour l’acquisition du droit de vote pour les femmes pensant que par cette voie, leurs revendications pourraient être exaucéesK. Jacques, « Le féminisme en Belgique de la fin du XIXe siècle aux années 1970 », Courrier hebdomadaire du CRISP, 2009/7, n° 2012-2013, p. 13.. Par ailleurs, pour la Fédération, le vote était devenu indispensable pour permettre la participation des femmes à la vie publique et à la réorganisation du pays tant désirée par celles-ci en ce contexte d’après-guerre.

Un autre objectif important pour la Fédération est la promotion d’un idéal de paix, dans le but d’éviter de nouvelles guerresV. Di Tillio, « La Fédération belge des femmes universitaires. Naissance et essor. » dans Sextant : Engagements féminins, vol. 9, Groupe interdisciplinaire d’Études sur les femmes de l’Université libre de Bruxelles, 1998, p. 84.. Pour ce faire, la FBFU a pris de nombreuses initiatives telles que l’organisation de conférences sur le désarmementV. Di Tillio, « La Fédération belge des femmes universitaires. Naissance et essor. » dans Sextant : Engagements féminins, vol. 9, Groupe interdisciplinaire d’Études sur les femmes de l’Université libre de Bruxelles, 1998, p. 110.. Malheureusement, l’entrée en guerre de la Deuxième Guerre mondiale ternira ses espoirs et celles des autres associations féminines quant à la réalisation de cet idéal.

La FBFU vise également la création d’un réseau international d'entraide entre diplômées. Elle favorise les relations entre femmes universitaires d’horizons différents par le biais, notamment, d’échanges internationaux et via l’octroi de bourse d’étude et de voyageV. Di Tillio, « La Fédération belge des femmes universitaires. Naissance et essor. » dans Sextant : Engagements féminins, vol. 9, Groupe interdisciplinaire d’Études sur les femmes de l’Université libre de Bruxelles, 1998, p. 106.. La première bourse de la Fédération fut attribuée en 1926V. Di Tillio, « La Fédération belge des femmes universitaires. Naissance et essor. » dans Sextant : Engagements féminins, vol. 9, Groupe interdisciplinaire d’Études sur les femmes de l’Université libre de Bruxelles, 1998, p. 107..

La Seconde Guerre mondiale freinera les revendications féministes car la situation tragique du pays mènera les associations féministes dont fait partie la FBFU à poursuivre ses activités de manière clandestineJacques, K., « Le féminisme en Belgique de la fin du aux années 1970 », Courrier hebdomadaire du CRISP, 2009/7, n° 2012-2013, p. 42.. Cependant, le mérite des nombreuses femmes à nouveau résistantes durant la guerre permettra de justifier d’autant plus fort, dès la fin de celle-ci, que de réels changements soient entrepris à l’égard du statut des femmes. Ce que les associations ne vont cesser de revendiquer encore dans les années 1950, demandant plus d’égalité entre les hommes et les femmes tant au niveau politique qu’économique ou encore civilJacques, K., « Le féminisme en Belgique de la fin du aux années 1970 », Courrier hebdomadaire du CRISP, 2009/7, n° 2012-2013, p. 46. car les opinions sur la place et le rôle que les femmes devraient occuper tend encore à faire divergence. Pour réaliser ses objectifs, la FBFU peut compter sur trois personnalités politiques en particulier : Georgette Ciselet, Jeanne Vandervelde et Pierre Vermeylen. Malheureusement, elle perdra dans les années 1960 la majorité de ces appuis car Georgette Ciselet perd son mandat de sénatrice en 1961 et Jeanne Vandervelde décède en 1963.

Ces événements n’empêcheront cependant pas les ambitions et le combat de la FBFU contre la discrimination à progressivement s’achever car dès les années 1970 de nouvelles législations introduisant l’égalité entre les hommes et les femmes tant attendue font leur apparition. Ce progrès s’explique probablement par la pression exercée par les femmes sur la société pour admettre cette nouvelle réalité, celle d’une égalité entre les sexes. Ces changements législatifs s’effectuèrent successivement jusqu’à la réforme de la Constitution en l’an 2000 qui acta définitivement la position égale de la femme à celle de l’homme par l’interdiction de créer toute discrimination fondée sur le sexeJacques, K., « Le féminisme en Belgique de la fin du aux années 1970 », Courrier hebdomadaire du CRISP, 2009/7, n° 2012-2013, p. 52.. Les activités de la FBFU ainsi que celles des autres associations féministes consistent désormais, depuis les avancées législatives, à veiller à ce que cette égalité et ces droits durement acquis soient respectés et à écarter les potentiels dangers menaçant de rompre cet équilibre.

Initiatives et activités La fédération belge des femmes universitaires entreprit de nombreux projets : Sur le plan pédagogique