Les Sections carrément anti-Le Pen (abrégées en SCALP) constituent un réseau français antifasciste, Georges Ubbiali, De l’associationnisme sectoriel à la radicalité politique ?, Territoires contemporains, revue en ligne publiée sur le site du Centre Georges Chevrier, Université de Bourgogne, 2008, page 36 ou en ligne. , William Safran, The French Polity, Routledge, 2015, page 178. radical, Groupe Histoire des femmes, Myriam Cottias, Cécile Dauphin, Arlette Farge, Nancy L. Green, Danielle Haase-Dubosc, Danièle Poublan et Yannick Ripa, Entre doutes et engagements : un arrêt sur image à partir de l’histoire des femmes ( partie), Clio, Histoire‚ femmes et sociétés, 21|2005, , . et libertaire, Sylvain Boulouque, Manifestation hommage à Clément Méric : quel avenir pour l'antifascisme ?, L'Obs, 23 juin 2013, . d'extrême gauche , Stefano Fella, Carlo Ruzza, Anti-Racist Movements in the EU : Between Europeanisation and National Trajectories, Palgrave Macmillan, 2012, page 92.Serge Cosseron, Dictionnaire de l'extrême gauche, Paris, Larousse, 2007, 77-79..
Le premier SCALP apparait en juin 1984Thierry Blin, L'invention des sans-papiers : Essai sur la démocratie à l'épreuve du faible, Presses Universitaires de France, 2010, page 34. à Toulouse« La première Section carrément anti-Le Pen (SCALP) est par exemple créée en 1984 à Toulouse », Stéphanie Chauveau, Au-delà du cas Soral. Corruption de l’esprit public et postérité d’une nouvelle synthèse réactionnaire, Agone, 2014/2, n°54, pp. 95-122, . et est issu de la mouvance autonomeChristophe Bourseiller, Le temps des révolutions minuscules, Le Monde, 6 juin 2009, .Nelly Haudegand, Pierre Lefébure, Dictionnaire des questions politiques : 60 enjeux de la France contemporaine, Éditions de l'Atelier, 2000, page 102..
Militant, le Réseau No Pasaran promeut la confrontation physique avec les membres des partis ou groupes d'extrême droite, Jeremy Tranmer, La droite radicale vue par ses opposants : l'antifascisme en Grande-Bretagne et en France, traduit de l'anglais par Olivier Esteves, in Philippe Vervaecke (dir.), À droite de la droite : Droites radicales en France et en Grande-Bretagne au , Presses universitaires du Septentrion, 2012, page 196..
Origines et idéologie En 1984, conçue à l'origine pour être un sigle éphémère à l'occasion d'une manifestation, la « Section Carrément Anti Le Pen » voit le jour à ToulouseSimon Luck, Sociologie de l’engagement libertaire dans la France contemporaine. Socialisations individuelles, experiences collectives et cultures politiques alternatives, Science politique, Université Panthéon-Sorbonne, Paris I, 2008, page 147, . dans les locaux de la CNT-AIT. Le succès médiatique de la manifestation du contre la venue du président du Front national à Toulouse à l'occasion des élections européennesRapport des Renseignements généraux baptisé « Gauche 2000 », et .Hélène Amiraux, Il y a 20 ans, Bagnols a connu son « affaire Méric », Midi libre, 26 juin 2017, . inspire la création de groupes dans une douzaine de villes de France, qui en reprennent l'acronymeÀ propos de l'histoire du SCALP et de la stratégie antifasciste radicale, par un des fondateurs du SCALP originel de Toulouse, Actualité de l’anarcho-syndicalisme, 14 avril 2007..
Le CERF (Centre d'études et de recherche sur le fascisme) présidé par Henri Martin recueille informations et sources dans divers milieux.
Ce SCALP première manière, qui se développe en même temps que la scène rock alternative. Est ainsi organisé en 1985 (à la salle de la piscine) le concert Géronimo, avec le groupe Bérurier noir, les City Kids et le groupe toulousain Dau Al Set, que sont créés en 1985 et 1986 le fanzine KAO, l'organisation avec les lycéens d'un carnaval antifasciste (interdit) à Toulouse.
En , un engin explosif est découvert à la permanence du Front national de Toulouse. La fédération des différents groupes au sein de la CNAF (Coordination nationale antifasciste) ne fonctionna jamais vraiment, le groupe parisien finissant par exploser en 1990, et les SCALP des différentes villes qui continuent à exister ne sont plus, ou que peu et mal coordonnés sur le plan national.
Selon un rapport des Renseignements généraux baptisé « Gauche 2000 », les SCALP ont de l'antifascisme une conception extensive qui les conduit à « lutter contre le système ultra-libéral et ses conséquences sociales, économiques, sécuritaires... »
Histoire
Après un ou deux ans de sommeil, les éléments du SCALP Paris « première manière » qui animaient en parallèle la revue REFLEXes (pour la plupart d'anciens étudiants qui s'étaient connus à la faculté de Nanterre« Ce groupuscule de lutte contre le racisme et la xénophobie, qui regrouperait au maximum une centaine de personnes dans la région parisienne, est plutôt bien implanté à la faculté de Nanterre », Retour sur l'affaire Rey-Maupin : les tueurs de la Nation, Le Monde, 2 juin 1995, .) redonnent vie au SCALP en utilisant le sigle et son aura pour essayer de regrouper les jeunes qui se reconnaissent dans la lutte antifasciste radicale. Dans le même temps, le SCALP nouvelle manière s'éloignait de la mouvance autonome pour se rapprocher des organisations libertaires traditionnelles.
En 1993, le nouveau SCALP s'organise en réseau national : le Réseau No Pasaran, qui fédère une trentaine de groupes locaux. Le groupe parisien est connu sous le nom de SCALP-REFLEX (Réseau d'étude, de formation et de lutte contre l'extrême droite et la xénophobie) , Mark Bray, Antifa : The Antifascist Handbook, :en:Melville House Publishing, 2017, pp. 50-51..
Chaque collectif du réseau est autonome et une structure changeant chaque trimestre assure la coordination de l’ensemble.
En 2004, des individus quittent le groupe SCALP-REFLEX pour fonder plus tard le groupe Offensive libertaire et socialeSerge Cosseron Dictionnaire de l'extrême gauche - À présent, Éditeur Larousse, 2007 , 286 pages, « Offensive libertaire et sociale (OLS, issue d’une scission de 2003 avec le réseau antifasciste No Pasaran) », Simon Luck, Sociologie de l’engagement libertaire dans la France contemporaine. Socialisations individuelles, experiences collectives et cultures politiques alternatives, Science politique, Université Panthéon-Sorbonne, Paris I, 2008, page 146, ..
En 2006, dans le mouvement anti-CPE, les membres du Scalp-Reflex ont participé aux assemblées générales dans les universités et aux manifestations. Ils étaient présents lors de l'occupation de l'EHESS.
En 2007, pour la campagne présidentielle, le Scalp-Reflex initie la candidature « Patate », Les Désobéissants, Désobéir par le rire, Le passager clandestin, 2010, page 39.. En mars de la même année, le mouvement organise une manifestation à Toulouse à l'occasion du meeting de Le Pen..
En , le groupe parisien SCALP-REFLEX annonce sa dissolution « face aux limites de la lutte antifasciste et à l'évolution de la société moderne »[Paris Auto-dissolution du SCALP-Reflex], toutefois, le réseau No Pasaran continue à perdurer.
Effectifs L'actrice Ovidie, le dessinateur Manu LarcenetManu Larcenet - Que de la BD, brain-magazine.com, 15 juillet 2006, ainsi que Florent Grospart qui deviendra adjoint au maire Vert de Vendôme et dirigeant d'Attac, ont fait partie du SCALP.
Publications Le réseau publie une revue mensuelle intitulée No Pasaran !. Imprimée à 2000 exemplaires, elle est disponible dans les lieux militants et de nombreuses librairiesXavier Crettiez, Isabelle Sommier, La France rebelle, Éditions Michalon, 2002, pages 254 et 257..
Le réseau No Pasaran a également publié de nombreux ouvrages sur l'extrême droite dont GUD, autopsie d'un moribondXavier Renou, Le GUD, autopsie d'un moribond. Histoire et analyses d'un groupuscule d'extrême droite (1975-1995), Éditions Reflex, 1998, en note., Bêtes et Méchants, petite histoire des jeunes fascistes françaisCollectif, Bêtes et méchants: petite histoire des jeunes fascistes français, Réseau no pasaran / Éditions Reflex, 2002, présentation en ligne. et Rock Haine Roll, origines, histoires et acteurs du rock identitaire français, une tentative pour contrer la culture d’extrême droiteCollectif, Rock Haine Roll, origines, histoires et acteurs du rock identitaire français, Paris, No Pasaran, 2004, en note dans Jean-Paul Gautier, Les extrêmes droites en France : De 1945 à nos jours, Syllepse, 2009..
En 2005, le SCALP sort un livre : Comme un indien Métropolitain, sur l'histoire du mouvement de 1984 à 1992, Nicolas Lebourg, « Rencontre avec “REFLEXes” : qu’est ce que l’antifascisme ? », Fragments sur les temps présents, 15 juin 2013..
Voir aussi Articles connexes
Action antifasciste Réseau d'étude, de formation et de lutte contre l'extrême droite et la xénophobie Antifascisme Anarchisme Anarchisme en France Mouvement autonome Anarcho-communisme Socialisme libertaire Extrême gauche Communisme Action antifasciste Paris-Banlieue Red and Anarchist Skinheads Anti-Fascist Action Skinheads Against Racial Prejudice
Bibliographie et sources WorldCat : bibliographie. Système universitaire de documentation : bibliographie. Centre international de recherches sur l'anarchisme (Lausanne) : notice bibliographique.
Serge Cosseron, Dictionnaire de l'extrême gauche, Paris, Larousse, 2007, 77-79. Gilles Vergnon, L’antifascisme en France, de Mussolini à Le Pen, Presses universitaires de Rennes, 2009. Simon Luck, Sociologie de l’engagement libertaire dans la France contemporaine. Socialisations individuelles, expériences collectives et cultures politiques alternatives, Science politique, Université Panthéon-Sorbonne,Paris I, 2008, page 147, . Xavier Crettiez, Isabelle Sommier, La France rebelle, Éditions Michalon, 2002, extraits en ligne, extraits en ligne. Une section significative est consacrée aux SCALP dans le rapport des Renseignements généraux baptisé « Gauche 2000 » et révélée par journal Le Parisien en 2001Consultable partiellement et modifié sur Gauche 2000 et scribd.com.Laurent Valdiguié, 155 personnalités « fichées » à l'extrême gauche, Le Parisien, 8 juin 2001, .« Sections carrément anti-Le Pen (Scalp) qui englobent, selon les RG, "des éléments se signalant par une propension à la violence" », Patricia Tourancheau, Les RG en fichent pas mal, Libération, 9 juin 2001, .. Christophe Bourseiller, Extrémismes : enquête sur une grande peur contemporaine, CNRS Éditions, 2012, page 132, , , Christophe Bourseiller, Extrémismes : enquête sur une grande peur contemporaine, CNRS Éditions, 2012, page 132, . Sur les sentiers de la guerre anti-Le Pen : pour la nébuleuse libertaire des Sections carrément anti-Le Pen (SCALP) tous les moyens sont bons contre le Front national, Le Monde, , . Centre de recherche, d'information et de documentation antiraciste, Rapport 1998 : panorama des actes racistes et de l’extrémisme de droite en Europe, CEDIDELP/CRIDA, 1998, . Collectif, Antifascisme : 15 ans de faux-semblants ?, Réseau d'étude, de formation et de lutte contre l'extrême droite et la xénophobie, 2003, . Collectif, Petite histoire de l’antifascisme contemporain, La Horde, 2013, . . . Jelena Prtoric, Les skinheads, anatomie d'un mouvement, Franceinfo, , .
Vidéographie Nicolas Réglat, Gérard et les Indiens, Le-loKal production, 2017, 52 minutes, présentation éditeur.
Notes et références Notes
Références
Liens externes
Site de REFLEXes Blog du SCALP-REFLEX
Catégorie:Ancienne organisation anarchiste en France Catégorie:Organisation antifasciste en France Catégorie:Organisation anti-néonazisme Catégorie:Action antifasciste Catégorie:Organisme fondé en 1984