Victor Brunclair, né à Anvers le et mort au camp de concentration de Lagelund, au Schleswig-Holstein, le , est un activiste flamand, également poète, critique littéraire, essayiste et romancier de langue néerlandaise. Il écrit aussi sous les pseudonymes de Geert Bardemeyer, de J. Fikkens et de Lirio.
Biographie Brunclair débute en 1915 avec des poèmes lyriques dans la revue (Le Godendac), où, en 1917, et comme Paul van Ostaijen et Gaston Burssens, il évolue vers l'expressionnisme humanitaire dans le sillage d'un Werfel. Au début, il agit en tant qu'essayiste virulent, entre autres dans la revue (Résurrection), l'organe des groupes flamands créés à l'instar du mouvement autour de la revue française Clarté. Sous l'influence du mouvement de Henri Barbusse et du groupe d'action (« ») allemand (Kurt Hiller, Ludwig Rubiner), il développe ses idées humanitaires et activistes. En , il est cofondateur de la revue (Espace)Paul de Wispelaere, « Brunclair, Victor J. », De Nederlandse en Vlaamse auteurs van middeleeuwen tot heden met inbegrip van de Friese auteurs (réd. Gerrit Jan van Bork et Pieter Jozias Verkruijsse), Weesp, De Haan, 1985, ..
Dans , il traite la problématique artistique. Il y condamne l'« impressionnisme » et « le mauvais goût bourgeois », mais aussi l'esthétisme « (« estheterij ») de Mondrian. De Van Gogh, de Cézanne, de Picasso, de Léger, des frères Floris et Oscar Jespers, de Paul Joostens et de Jozef Peeters admire-t-il en revanche l'art « dynamique », qu'il décrit avec une terminologie empruntée à Van Ostaijen. C'est dans qu'il peut se prononcer sur ses opinions politiques, notamment dans des articles militants comme (Autour de Clarté), (L'Art social), (Beaux projets) et (À bas le mouvement de la Mouette orageuse !), où il incite à la politisation, la démocratisation et la socialisation du mouvement flamand dans un contexte international : « Pendant trop longtemps, le peuple flamand a été dirigé par des amateurs de la philologie germanique Brunclair, cité dans : Paul Hadermann, « De modernistische doorbraak », (réd. Jean Weisgerber et Mathieu Rutten), Anvers, Standaard Uitgeverij, 1988, . » Vers la même époque, il se détourne d'un humanisme assez vague, holiste et idéaliste, le « » à la Werfel, pour se rapprocher de l' allemand. L'essai Distinguos, de 1921, est le résultat de cette réflexion politique : « S'il ne s'appuie pas sur une politique réaliste, tout ce bavardage sur le monde du futur ne représente que des sottises. Bon pour les fanatiques et les dilettantes de l'humilité Brunclair, cité dans : Paul Hadermann, « De modernistische doorbraak », (réd. Jean Weisgerber et Mathieu Rutten), Anvers, Standaard Uitgeverij, 1988, Paul de Wispelaere, Victor J. Brunclair, 1899-1944, Bruxelles, / Manteau, 1960, .. »
Après la disparition de la revue , il devient collaborateur régulier de la revue (Labeur flamand). C'est surtout dans ce dernier périodique qu'il défend, par des critiques vives et parfois provocatrices, le modernisme et la théorie de la poésie organique et expérimentale.
En 1926 paraît (Le Panorama idiot) qui constitue le seul recueil de poésie unanimiste que l'expressionnisme flamand nous a laissé, exception faite du (Le Signal) de Van Ostaijen, un ouvrage qui a sans aucun doute fortement influencé Brunclair ; en 1928, il écrit d'ailleurs un remarquable Van OstaijenPaul Hadermann, « De modernistische doorbraak », (réd. Jean Weisgerber et Mathieu Rutten), Anvers, Standaard Uitgeverij, 1988, .
En 1929 paraît le roman chaotique (Le Moine de l'Occident), où l'auteur essaie de s'exprimer de façon visionnaire sur le rêve de la révolution mondiale et la volonté de la spiritualisation de la vie, dont émane l'humanitarisme. Après 1930, Brunclair se consacre surtout à l'écriture de pièces radiophoniques et de théâtre, restées au stade de manuscrit. En 1936, il fonde la revue humaniste de gauche (Témoignage), qui ne connaîtra que deux fascicules comprenant trois numérosLut Missinne, Kunst en leven, een wankel evenwicht. Ethiek en esthetiek: prozaopvattingen in Vlaamse tijdschriften en weekbladen tijdens het interbellum (1927-1940), Louvain / Amersfoort, Acco, 1994, ., où il attaque en particulier le fascisme et le nazisme. Dans le même esprit de lutte pour la liberté de l'esprit humain, il publie l'essai antifasciste (La Charte sacrée). Les recueils de poésie de cette époque, dont la (Chambre claire) de 1937, apportent une forme de poésie plus traditionnelle mais purifiée. En outre, Brunclair traduit l'Opéra de quat'sous de Bertolt Brecht (1934).
Dans l'essai , il vitupère contre « Mussolini, Hitler, Staline, bâtisseurs d'empire par l'effusion de sang » ; il y attaque aussi l'attitude pro-allemande de certains de ses compatriotes et y présente notre siècle comme celui de l'universalisme, un idéal qui doit être atteint par la voie de l'humilité, de la foi dans la vie, du sacrifice à l'esprit et de l'inviolabilité de la force créatrice de chaque homme, produit de la création« […] Mussolini, Hitler, Stalin, regimebouwers door bloedstorting […] », « […] deemoed en levensgeloof, offerdienst aan den Geest, en onaantastbaarheid van de creatieve kracht in iederen Mensch als exponent der schepping […] ». Brunclair, cité dans : Paul Hadermann, « De modernistische doorbraak », (réd. Jean Weisgerber et Mathieu Rutten), Anvers, Standaard Uitgeverij, 1988, .
En , une querelle, jamais complètement tirée au clair, entre Hendrik Diels et Victor BrunclairMarnix Beyen, « Van Brunclair tot Peleman: cultureel onderhandelen in bezettingstijd », (réd. Lukas de Vos, Yves T'Sjoen et Ludo Stynen), Gand, Academia Press, 2009 , ., alors secrétaire de presse de l'Opéra royal flamand d'Anvers, mène à l'arrestation de ce dernier par la Gestapo. En effet, Diels a accusé l'ancien activiste Brunclair de lui avoir envoyé une lettre de menace de mortBrunclair, Victor J., [En ligne], 2014, [www.schrijversgewijs.be] (Schrijversgewijs: Vlaamse schrijvers: 1830-heden).. Si on ne connaît aucun acte réel de résistance de sa part commis pendant l'occupation, Brunclair s'est toutefois investi dans la lutte antifasciste pendant les années 1930, entre autres avec son de 1937. Déporté, il mourra des séquelles de la dysenterie au camp de concentration de Lagelund. Ressources Œuvre (Cohue : revue de l'époque, pièce de théâtre de 1921)Maurits Sabbe, Lode Monteyne et Hendrik Thz. Coopman, Het Vlaamsch tooneel inzonderheid in de XIXe eeuw, geschreven in opdracht van den koninklijken tooneelkring de Morgenstar van Brussel, Bruxelles, Colassin, 1927, . (L'Étoile déchue, comédie satirique burlesque)H.T., « Vraaggesprek met Victor J. Brunclair », , , . (La Valse de minuit, pièce de théâtre satirique de 1926) (Le Panorama idiot, recueil de poésie de 1926) (Le Moine de l'Occident, roman de 1929) (Fading, recueil de poésie de 1936) (Chambre claire, recueil de poésie de 1937) (La Charte sacrée, essai de 1937) (Cabine téléphonique publique, recueil de poésie de 1940) Références
Bibliographie Beyen, Marnix. « Van Brunclair tot Peleman: cultureel onderhandelen in bezettingstijd », (réd. Lukas de Vos, Yves T'Sjoen et Ludo Stynen), Gand, Academia Press, 2009 , . Buckinx, P.G. « Victor J. Brunclair: », 46, 1946 2, . Burssens, Gaston. « Victor J. Brunclair », , Amsterdam, Elsevier / Anvers, Manteau, 1981 , . De Wispelaere, Paul. « Brunclair, Victor J. », De Nederlandse en Vlaamse auteurs van middeleeuwen tot heden met inbegrip van de Friese auteurs (réd. Gerrit Jan van Bork et Pieter Jozias Verkruijsse), Weesp, De Haan, 1985, . De Wispelaere, Paul. Victor J. Brunclair, 1899-1944, Bruxelles, Ministerie van Openbaar Onderwijs / Manteau, 1960, 48 (Monografieën over Vlaamse Letterkunde; 12). Gijsen, Marnix. , tome 6, Amsterdam, Meulenhoff / La Haye-Rotterdam, Nijgh & Van Ditmar, 1977. Hadermann, Paul. « De modernistische doorbraak », (réd. Jean Weisgerber et Mathieu Rutten), Anvers, Standaard Uitgeverij, 1988, . H.T. « Vraaggesprek met Victor J. Brunclair », , , . Lampo, Hubert. , Bruxelles, Manteau, 1967. Missinne, Lut. Kunst en leven, een wankel evenwicht. Ethiek en esthetiek: prozaopvattingen in Vlaamse tijdschriften en weekbladen tijdens het interbellum (1927-1940), Louvain / Amersfoort, Acco, 1994, . Sabbe, Maurits, Lode Monteyne et Hendrik Thz. Coopman. Het Vlaamsch tooneel inzonderheid in de XIXe eeuw, geschreven in opdracht van den koninklijken tooneelkring de Morgenstar van Brussel, Bruxelles, Colassin, 1927, . Liens externes
Victor J. Brunclair dans la Bibliothèque numérique des lettres néerlandaises Brunclair, Victor J., [En ligne], 2014. [www.schrijversgewijs.be].
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