Louise Laffon, née Louise Charialle ou Charial (légitimée Louise Lazard) à Paris le et morte le à Nice, est une photographe et peintre française, active de 1859 à 1876 à Paris.
Elle est l'une des rares femmes photographes à avoir possédé un atelier en son nom.
Biographie D'après l'état civil reconstitué de la ville de Paris, elle est née au 3, rue Guisarde sous le nom de Louise Joséphine Charialle, le Acte de naissance du (avec mention de reconnaissance), reconstitué le , Paris (ancien), Archives de Paris (vues 33-34/51) ; acte de naissance du , reconstitué après le , Paris, Archives de Paris (vue 30/51). . Fille naturelle de Geneviève Joséphine Charialle ou Marie Geneviève Charial, couturière, elle est baptisée le sous le nom de Louise Joséphine Victoire Charial à l'église Saint-SulpiceRelevé de baptême, , église Saint-Sulpice, Paris, FamilySearch.
Louise Charial est reconnue en 1835 par Louis Lusignan Lazard dont elle prend le nom. Le Répertoire des photographes de France au dix-neuvième siècle donne comme nom de naissance Luzignand-Lazard. En fonction des sources, elle est généralement identifiée sous le nom de Madame (Louise) Laffon, mais aussi Lafond, Laffond ou LaffontInventaire des tirages de la Société française de photographie. Louise Laffont.
Son père, déjà marié depuis 1821Acte de mariage du 7 avril 1821, entre Louis Lusignan Lazard et Louise Félicité Sebert, Saint-Eustache de Paris, état civil reconstitué, Paris, Geneaservice, le reste jusqu'à sa mort en 1842Acte de décès du 25 octobre 1842, Gentilly, Archives du Val-de-Marne, cote EDEPOT/GENTILLY/6E 42 (vue 90). Sa mère se marie quelques mois plus tardActe de mariage du 19 janvier 1843, entre Marie Geneviève Charial et Joseph Nicolas Guillard, état civil reconstitué, Paris, Archives de Paris.
Louise Lazard réapparaît sous le nom de en 1859, comme photographe établie au 93, boulevard BeaumarchaisCatalogue de la troisième exposition de la Société française de photographie, Paris, Imprimerie Mallet-Bachelier, 1859, p. 37. En 1860, elle dépose une demande de brevet d'invention, au nom de
En 1861, elle déménage au 13, rue Lord-Byron, en haut des Champs-Élysées, et donne à son atelier le nom de Photographie Lord Byron. À cette adresse est installé un certain Jean-Charles Laffon, marchand de vins, dont Louise Laffon tient peut-être son nom d'artiste. Jean-Charles Laffon est cité comme photographe vers 1863, dans la liste des exposants de diverses expositions.
Louise Laffon expose ses travaux lors de grandes manifestations : Exposition universelle de Londres ; troisième, quatrième et cinquième expositions de la Société française de photographie, au Palais de l'IndustrieCatalogue de la quatrième exposition de la Société française de photographie, Paris, Imprimerie Mallet-Bachelier, 1861, p. 32Catalogue de la cinquième exposition de la Société française de photographie, Paris, Imprimerie Mallet-Bachelier, 1863, p. 27. Elle y présente des portraits, des natures mortes (procédé au collodion humide) et des épreuves sur soie montées en écrans. Le 26, rue Vivienne devient sa seconde adresse commerciale. En , elle fait don à la SFP qui l'admet en mai parmi ses membres. Elle est la troisième femme à y adhérer, après Louise Leghait en 1856 et Madame Breton en 1857.
Louise Laffon travaille à plusieurs reprises avec des archéologues, auxquels la photographie apporte une aide documentaire précieuse. Ainsi, en 1862, elle photographie les objets issus des fouilles menées par Ernest Renande Font-Réaulx, Dominique. « Genèse d'un livre d'art. La Description des marbres antiques du musée Campana à Rome (1855-1862) », Revue de la BNF, vol. 44, no. 2, 2013, pp. 5-17 à l'occasion d'une mission archéologique menée pendant l'expédition française en Syrie. Elle collabore plus tard avec l'archéologue Félix Ravaisson à la reproduction d'un ensemble de marbres antiques, puis photographie les marbres de la collection Campana pour illustrer un ouvrage consacré aux œuvres de l'éphémère musée Napoléon III, qui préfigure le musée du Louvre. Les planches sont des lithophotographies d’après les « clichés de L. Laffon, procédé Poitevin ». Cinq cents de ses tirages albuminés sont achetés par le Victoria & Albert Museum en 1864.
En 1866 est publié, sous l'égide d'Alexis Godillot, un Album photographique des uniformes de l'armée française, rassemblant 66 photographies coloriées de Louise Laffon, . L'année suivante, la photographe est récompensée pour ses photographies sur soie blanche d'une mention honorable à l'Exposition universelle.
Dans l'annuaire Firmin-Didot de 1870, elle apparaît sous le nom de Laffond, photographe, au 3, avenue Beaucour, petite impasse qui s'ouvre au 248, rue du Faubourg-Saint-Honoré. Au 3 bis est installé un photographe du nom de Richard Nielsen, de 15 ans son cadet. Ils se marient en 1871 à Courbevoie, l'un et l'autre étant déclarés artistes peintres sur leur acte de mariageActe de mariage du 16 novembre 1871, Courbevoie, Archives départementales des Hauts-de-Seine (vues 62-63). À la même époque, l'adresse commerciale de Louise Laffon devient le 14, rue de Tilsitt, à deux pas de la place de l'Étoile. On la trouve à cette adresse, sous le nom de Lafond, dans les éditions 1871 à 1873 de l'annuaire. Dans l'édition suivante est mentionné un « Lafond photographe » tout près de là, au 29, avenue de Wagram. C'est à cette adresse que meurt Jean-Charles Laffon, en 1876Acte de décès , 13 novembre 1876, Paris arrondissement, Archives de Paris.
Louise Laffon cesse ses activités après 1876. Elle est membre de la Société française de photographie jusqu'en 1885.
Elle meurt sous le nom de Louise Joséphine Lazard à l'âge de 90 ans, en 1919 à Nice, à son domicile du 4, avenue PaulianiActe de décès , , Nice, Archives départementales des Alpes-Maritimes (vue 168/482). Selon son acte de décès, elle était toujours mariée à Richard Nielsen.
Galerie
Publications Le Musée Napoléon III. Architecture, sculpture, ornementation, terres cuites et marbres de l’ex-collection Campana. Cent planches d’après les clichés photographiques de M. L. Laffon lithographiées et imprimées par M. Lemercier, Paris, A. Morel et , -1864. BNF, Littérature et Art, V-5285 Album photographique des uniformes de l'armée française, Paris : A. Godillot : [Impr. de Laprunière], 1866 : 66 photogr. coloriées ; Marbres antiques, [Paris] : [Félix Ravaisson] ; [Paris] (14 rue de Tilsit) : Laffon, 1873 ; BNF, Estampes et Photographie, AZ-25 (1)-boîte 4 Galerie historique de l'art, [Paris] : [Félix Ravaisson] ; [Paris] (14 rue de Tilsit) : Laffon, 1873 ; BNF, Estampes et Photographie, AZ-25 (2)-boîte 4 Adrien Prévost de Longpérier, Musée Napoléon III. Choix de monuments antiques pour servir à l’histoire de l’art en Orient et en Occident, Paris, L. Guérin, 1867-1874
Expositions - . After Daguerre: Masterworks of French Photography (1848–1900) from the Bibliothèque Nationale, New York, Metropolitan Museum of Art Novembre 1981 - . La Femme artiste : d'Elisabeth Vigée-Lebrun à Rosa Bonheur, Mont-de-Marsan, musée Despiau-Wlérick, donjon Lacataye - . La Photographie à l'épreuve, Villeurbanne, Institut d'art contemporain, Musée d'art moderne de Saint-Étienne - . Qui a peur des femmes photographes ? Paris, musée d'Orsay, musée de l'Orangerie
Notes et références Notes
Références
Voir aussi Liens externes
Catégorie:Photographe française du XIXe siècle Catégorie:Pseudonyme Catégorie:Naissance à Paris au XIXe siècle Catégorie:Naissance dans l'ancien 11e arrondissement de Paris Catégorie:Naissance en octobre 1828 Catégorie:Décès en octobre 1919 Catégorie:Décès à Nice Catégorie:Décès à 90 ans