La mouvance nationaliste-révolutionnaire, parfois appelée nationalisme-révolutionnaire est une idéologie et un ensemble d'organisations allant de l'extrême droite nationaliste à l'ultradroite, influencée par le néofascisme. Il se présente comme un syncrétisme idéologique. En effet, la mouvance n'est pas un bloc idéologique uni, mais plutôt une nébuleuse d'idéologies qui se réclament d'un nationalisme fortement distinct du nationalisme traditionnel, car plus engagé dans la question sociale, par la defense d'un socialisme non-marxiste, et davantage positionné géopolitiquement.. Les références politiques sont multiples et parfois sélectives, fortement caractérisés par l'éclectisme. On parle alors de mouvance nationale-révolutionnaire, de nationalisme-révolutionnaire ou de NR..

Généralement, le terme regroupe des mouvements nationalistes, dits de « troisième voie ».

Les mouvements nationalistes révolutionnaires se caractérisent par leurs positions communes et non par leurs antagonismes internes, ni par leur positionnement sur l'échiquier politique, ils se veulent avant tout syncrétiques idéologiquement.

Dénominateurs communs Le terme de nationalisme révolutionnaire désigne globalement une forme de nationalisme populiste qui se dit socialisant avec un identitarisme lié à l'idée de localisme, de protectionnisme, d'autosuffisance, l'antisionisme, l'opposition à la mondialisation, de protection des traditions et coutumes et met également l'accent sur l'idée de préserver le concept d'État-nation comme antidote à l'avant-poste mondialiste, afin de garantir dans tous les pays le maximum de bien-être social de la population et le respect absolu de l'intégrité de l'environnementGuntram H. Herb, David H. Kaplan, edit., Nations and Nationalism: A Global Historical Overview, Santa Barbara, CA, ABC-CLIO, 2008, chap: “Perversions of Nationalism” Aristotle A. Kallis, ..

Les partisans des nationalismes-révolutionnaires voient dans le libéralisme, le matérialisme, la société de consommation, l'immigration massive et la mondialisation les causes principales du « déclin social de la nation » et de « l'identité culturelle », ils rejettent le capitalisme libéral, le conservatisme classique, le social-libéralisme, le marxisme et plus globalement mettent l'accent sur une Troisième voie.

Les idées principales communes sont : Nationalisme : subordination de l'État aux intérêts de la nation et préservation de son indépendance économique, et donc politique, complète du pays. Droit du peuple à l'autodétermination : statut de pays non aligné, lutte contre les ingérences et lobbys étrangers. La défense de l'État-nation ou la fondation d'un nouveauUwe Sauermann: Ernst Niekisch. Zwischen allen Fronten. Mit einem bio-bibliographischen Anhang von Armin Mohler. München, Berlin: Herbig, 1980, 236 S., S. 219 – 236). Le communautarisme : la nation est basée sur un destin partagé, ce qui s'oppose à l'individualisme. Le rejet de ce que ces militants d'extrême droite présentent comme des « dérives sociétales de la modernité ». Application d'un prétendu « socialisme » dans une version solidariste (anti-marxiste) dans la patrie. Anticommunisme, par opposition au marxisme et à l'internationalisme. Personnalisme, par opposition à l'individualisme tant au collectivisme. Le rejet de tout ce qui représente ou soutient, selon ces militants, l'internationalisme (OTAN, pacte de Varsovie, ploutocratie supposée, Forum économique mondial, centrisme, délocalisation.) L'ethno-différentialismeNicolas Lebourg, "Qu'est ce que le nationalisme-revolutionnaire?" (1/2), Fragments sur les Temps Presents, 9 mars 2009.Thomas Pfeiffer, Die Neue Rechte in Deutschland, . en tant que défense des identités ethno-culturelles sur une « terre ancestrale ». La protection de ce que ces militants considèrent être la culture, la religion et les traditions du pays. Non-sectarisme : Rejet des extrémismes religieux ou de « l'extrémisme athée ». La révolution comme leitmotiv avant-gardiste de son idéologie..

Formes de courants nationaux-révolutionnaires La mouvance nationale-révolutionnaire est fortement diversifiée et est également constituée de plusieurs sous-groupes.

Les différentes tendances peuvent être issues de plusieurs facteurs, l'apparition de formes basées sur les mêmes principes, une évolution idéologique au fil des années et de nouvelles références idéologiques se greffant, des scissions, une rupture avec les théoriciens d'origine pour animer une nouvelle forme.

Les différents courants par pays pouvant être identifiés comme nationaux-révolutionnaires sont : Les nationalrevolutionäre allemands : mouvance de la révolution conservatrice issue d'un « fusionnement » idéologique de la droite nationaliste allemande et de la gauche radicale radicalement anti-occidental, protectionniste, völkisch et germaniste. La mouvance de la première génération a été décimée sous le Troisième Reich en 1937 tandis que la seconde est apparue dans les années 1960. Le solidarisme - tercérisme français : courant nationaliste français rejetant le condominium américano-soviétique pendant la guerre froide, il prône la défense des petits commerçants, des travailleurs, l'indépendance politique, le protectionnisme, le personnalisme, l'opposition à l'immigration et le non-alignement international. Le courant Minzokuha japonais : mouvement nationaliste qui défend un nationalisme intégral japonais, pan-asiatique qui rejette la présence de troupes américaines au Japon ainsi que l'expansionnisme chinois. Généralement classé à droite, il rejette toutefois la catégorisation日高義樹「オバマの敗北、プーチンの勝利」、Voice 平成26年5月号p95. Ce mouvement idéologique n'est pas anti-coréen contrairement à d'autres mouvances japonaises. Le mouvement Ulusalcılık : le mouvement ulusalcılık est un courant de gauche nationaliste turc laïc, socialiste et kémaliste.. Le mouvement ulusalcı sympathise avec le protectionnisme. Le mouvement est étatiste, rejette fortement l'immigration et est pan-turciste. Les péronistes orthodoxes, formant une Faction d'extrême droite national-syndicaliste du péronisme argentin, regroupe des membres ultranationalistes argentins regroupant syndicalistes, catholique de droite opposés au système des blocs atlantiste et communiste et, actuellement aux États-Unis. Les « orthodoxes » furent au pouvoir entre 1973 et 1976. Les Nationalistes autonomes d'Ukraine s'opposent à la domination de certains peuples et nations sur d'autres, l'hégémonie mondiale et les politiques considérées comme criminelles des États-Unis, d'Israël et de la fédération de Russie. Ils soutiennent le nationalisme ethnique ukrainien, dans un sens de nationalisme de libération. Les nationaux-bolchéviques russes soutiennent que la Russie est une nation-empire, glorifie le passé de la Russie qu'il soit impérial ou soviétique et soutiennent l'expansionnisme russe.

Description Les mouvements nationalistes-révolutionnaires étant par essence éclectiques, ils ne peuvent être décrits comme un seul bloc mais plutôt comme une nébuleuse à part entière. L'apparition de mouvement nationalistes-révolutionnaires se fait dans des contextes différents selon les pays, comme peuvent en témoigner les différentes descriptions de spécialistes politiques de leur pays respectifs.

Selon Nicolas Lebourg, spécialiste de l'extrême droite française :

Toujours selon Nicolas Lebourg, le mouvement nationaliste révolutionnaire est tributaire de la pensée néo-fasciste, surtout en ce qui concerne la place de la civilisation. Il analyse un basculement sémantique :

Lebourg note également que ces mouvements peuvent avoir des filiations évidentes avec le national-syndicalisme, le socialisme à caractéristiques nationales, le solidarisme et le national-bolchévisme.

Au contraire, pour le sociologue culturel allemand Thomas Wagner, celui-ci atteste de la tendance du mouvement national-révolutionnaire allemand et de la Nouvelle Droite en Allemagne se dirige vers le nationalisme de gauche. L'étude de Wagner sur la littérature de la Nouvelle droite allemande a constitué la base de son œuvre de 2017, Die Angstmacher : 1968 und die Neuerechte..

Le mémorial de la Résistance allemande note que les nationaux-révolutionnaires allemands étaient de farouches opposants aux nationaux-socialistes, et qu'ils ont tentés de former un mouvement de résistance anti-hitlérien dès 1933. :

Richard Stöss note que le mouvement national-révolutionnaire allemand est à l'origine du concept d'ethnopluralisme et, par postérité, de celui d'Identitarisme.

Méthodes d'actions Interventions dans des conflits Les militants nationalistes-révolutionnaires prennent parfois part de façon directe à des conflits à travers le monde.

Le conflit israélo-palestinien voit le premier volontaire NR à l'étranger, Roger Coudroy, qui s'est enrôlé au sein du Fatah et commandait un bataillon palestinien. Coudroy a été tué par l'Armée israélienne durant une offensive, et ses restes n'ont jamais été retrouvés.

Durant les guerres de Yougoslavie, plusieurs militants NR étrangers participent aux côtés de différents belligérants aux guerres. Ainsi, durant la guerre de Croatie, il y avait des NR dans les deux camps principaux. Cette opposition intra-NR s'est également retrouvée durant la guerre russo-ukrainienne. D'autres évitent au contraire de prendre parti des conflits intra-européens, par souci d'éviter la division.

Lors de la guerre du Liban, de nombreux mouvements nationalistes-révolutionnaires comme ceux du Groupe action jeunesse et le Groupe union défense soutinrent initialement les Phalangistes libanais. Plusieurs membres de ces mouvements partirent même combattre au Liban aux côtés des phalangistes Toutefois ce soutien est initial, la plupart des NR français étant partis avant qu'Israël ne soutiennent officiellement les phalangistes à son tour. Un groupe NR allemand, le Wehrsportgruppe Hoffmann, arrivé plus tard, était allié à l'Organisation de libération de la Palestine qui entraînait ses membres au combat et ont été pris d'assaut par les phalangistes libanais.

La guerre civile syrienne, elle, a fait l'unanimité au sein des NR qui ont tous soutenu le régime baasiste contre les djihadistes de l'EIIL et les factions islamistes des rebelles. Les NR considèrent les salafistes, les gouvernements démocratiques libéraux et les sionistes comme des ennemis, ce qui a joué en faveur du soutien à Assad, de plus le Baasisme est considéré comme une idéologie NR adaptée aux Arabes, ce qui insufflait une sympathie idéologique..La galaxie pro-Assad en Europe, ARTE, 16 décembre 2016.Germano Monti, A red-brown alliance for Syria, Qantara.de, 14 avril 2014.Caroline Hayek, Comment Assad est devenu « le blanc » de l’extrême-droite occidentale, OLJ, 15 août 2017.Günther Orth, The left-wing/right-wing alliance of Assad apologists, Qantara, 18 décembre 2017.Antoine Hasday, La désinformation d'une partie de la gauche sur la guerre en Syrie, Slate, .. Un groupe nationaliste-révolutionnaire grec, Mávros Krínos, a participé aux hostilités contre des djihadistes sunnites en Syrie aux côtés de l'Armée arabe syrienne et du Hezbollah contre le Front al-Nosra.

Militantisme

Nationalisme-révolutionnaire par pays Allemagne

vignette|Couverture de Widerstand (mai 1934), revue idéologique nationale-révolutionnaire d'Ernst Niekisch.

Le nationalisme révolutionnaire est l'un des principaux courants de la révolution conservatrice allemande, d'après la typologie que lui a donné Armin Mohler. C'est alors un courant néo-nationaliste, sans attache pour la Monarchie whilelmienne.