Les élections générales boliviennes de 2020 ont lieu de manière anticipée le afin d'élire simultanément le président et le vice-président ainsi que les de la Chambre des députés et les de la Chambre des sénateurs de la Bolivie.

Le scrutin a lieu dans le contexte de la démission d'Evo Morales, réélu de façon controversée et dont la validité de la reconduction a été rejetée par l'opposition, ce qui a provoqué la crise post-électorale bolivienne de 2019. Initialement prévu le , le scrutin est reporté à deux reprises en raison de la progression de la pandémie de Covid-19 dans le pays.

Déjouant la majorité des sondages qui envisageaient un second tour entre lui et son principal concurrent Carlos Mesa, président de 2003 à 2005, le candidat du Mouvement vers le socialisme Luis Arce, ancien ministre d'Evo Morales, est largement élu dès le premier tour avec plus de 55 % des voix. Sa victoire est reconnue le soir même par Mesa, par la présidente sortante Jeanine Áñez, ainsi que par les observateurs internationaux.

Contexte Crise politique

vignette |gauche |Evo Morales|redresse Le dépouillement des résultats des élections générales boliviennes de 2019 a initialement lieu avec une publication en ligne des résultats mis à jour. Celle-ci est suspendue à 83 % du dépouillement du total des bulletins de vote, dans l'attente du décompte des bulletins des zones rurales reculées. Bien que le décompte avait déjà été suspendu à hauteur de 70 % lors de l'élection présidentielle de 2014, et de 80 % lors du référendum de 2016., la durée (). de l'arrêt des opérations électorales alors qu'un second tour se profile provoque de vives tensions dans le pays. Les résultats au moment du gel du décompte, le soir du scrutin, donnent en effet Evo Morales à 45,28 %, Carlos Mesa à 38,16 %, Chi Hyun Chung à 8,77 % et Oscar Ortiz à 4,41 %.. Sur la base de ces résultats préliminaires, un second tour est pressenti pour avoir lieu le , aucun candidat à la présidentielle n'ayant remporté la majorité absolue ou 40 % avec d'avance sur le candidat suivant. Ce second tour aurait été le premier auquel aurait été contraint Evo Morales, ainsi que du premier à avoir lieu au suffrage populaire en Bolivie, les candidats qualifiés pour le second tour étant auparavant départagés par un vote du congrès avant la mise en place de la constitution de 2009, et aucun n'ayant jusqu'à présent eu lieu sous cette dernière..

L'arrêt de la publication du dépouillement en temps réel est considéré comme très suspect par l'opposition, qui accuse le gouvernement de s’apprêter à commettre une fraude électorale. Carlos Mesa parle ainsi d'une et appelle à la jusqu'à ce que les résultats complets soient connus. Les observateurs de l'Organisation des États américains (OAE) font également part de leur vive inquiétude, l'organisation affirmant crucial que le Tribunal électoral suprême bolivien (TSE) s'explique le plus rapidement possible sur les raisons de cette interruption. Le gouvernement affirme alors avoir procédé à cet arrêt du fait de la publication de résultats officiels de la part des tribunaux régionaux, afin d'éviter toute annonce simultanée de résultats contradictoires. Selon la BBC, aucun résultat officiel n'est cependant proclamé à ce moment du processus électoral..

vignette|Tribunal électoral incendié à Santa Cruz (). Le , en milieu de soirée, le TSE met à jour les résultats en publiant les chiffres correspondant au dépouillement de 95,3 % des bulletins de vote. Ceux-ci donnent Evo Morales en tête avec 46,87 % des voix contre 36,73 % à Carlos Mesa, soit un écart de , ce qui laisse présager d'une réélection dès le premier tour du président sortant. Les partisans d'Evo Morales attribuent ce revirement à la prise en compte plus tardive du vote rural, bastion du président sortant. L'OAE qualifie cependant les nouveaux chiffres de changement radical, inexplicable et difficile à justifier entraînant une . De son côté, Carlos Mesa dénonce ce qu'il qualifie de et annonce ne pas reconnaître les résultats de l'élection.. S'ensuivent des affrontements accompagnés d'appels à une grève illimitée. Evo Morales qualifie ces appels de tentative de coup d’État tandis que le décompte des suffrages se poursuit, laissant entrevoir un résultat plus serré avec une possibilité de second tour..

Le lendemain, le , à partir de résultats quasi-définitifs, Morales revendique sa victoire et qualifie Mesa de , tout en restant ouvert à la possibilité d'un duel face à celui-ci. De son côté, l'OEA recommande la tenue d'un second tour, même en cas d'un écart de plus de entre les deux candidats, compte tenu des irrégularités observées durant le scrutin..

Le , Morales est déclaré vainqueur par le Tribunal suprême électoral.. Le , le président déclare rejeter .. Les troubles atteignent La Paz le , et voient l'affrontement des partisans et opposants de Morales, et font plusieurs morts et blessés... Le , Mesa réclame un nouveau scrutin..

vignette|Manifestation pacifique à La Paz. Les autorités boliviennes demandent l’ouverture d’un audit réalisé par l’Organisation des États américains (OEA) et proposent à la Communauté civique de Carlos Mesa de s'y associer, mais cette dernière dénonce un accord conclu « sans représentants de la société civile ni partis politiques », et réclame la tenue d'un nouveau scrutin...

Le , dans plusieurs villes du pays, des agents de police se soulèvent contre le gouvernement au cri de « mutinerie policière ». Le gouvernement indique qu'un recours à l'armée contre les mutins est « totalement exclu ».. Dans le même temps, le président appelle au dialogue avec les partis représentés au Parlement, mais pas avec les comités de la société civile ayant lancé la contestation ; l’offre est refusée par Carlos Mesa et les formations politiques.

Certains groupes de la société civile qui réclament un nouveau scrutin souhaitent que ni Morales ni Mesa ne se représentent..

À la suite des conclusions de l’audit de l'OEA faisant état de fraudes et alors que le mouvement se poursuit, avec un total de trois morts et quelque ., Evo Morales annonce le le renouvellement de l'ensemble des membres du Tribunal électoral suprême, suivis de la tenue d'une nouvelle élection présidentielleEvo Morales annonce la convocation d’une nouvelle élection présidentielle en Bolivie, Le Monde, 10 novembre 2019.. La situation continue de se dégrader en cours de journée : des manifestants prennent possession des médias publics, agressent et retiennent en otage des membres des familles de personnalités politiques proches du président, ce qui entraîne la démission de plusieurs ministres et députés, dont le président de la Chambre des députés.

Dans la soirée, tandis que les affrontements se poursuivent, le président annonce sa démission., alors que le chef de l'armée, avait peu avant appelé à son départ dans une allocution télévisée.. Le vice-président Álvaro García Linera, président de l'Assemblée législative plurinationale, qui fait office de successeur constitutionnel, démissionne lui aussi., et dénonce un ., ainsi qu'Adriana Salvatierra, présidente de la Chambre des sénateurs, et Víctor Borda, président de la Chambre des députés, respectivement troisième et quatrième dans l'ordre de succession présidentiel. Le successeur potentiel est Jeanine Áñez, seconde vice-présidente de la Chambre des sénateurs, après la démission de Rubén Medinaceli, premier vice-présidentJeanine Añez podría ser la Presidenta del país, YouTube, journal télévisé de Bolivisión, minute 0:40, 10 novembre 2012... Un mandat d'arrêt est émis à l'encontre de Morales lui-même.. Le Mexique propose l'asile à ce dernier et accueille dans son ambassade à La Paz des fonctionnaires et des parlementaires boliviens.

Le , Áñez annonce la convocation prochaine d'une nouvelle élection présidentielle, de façon qu'un nouveau président prenne ses fonctions d'ici le , comme prévu.. La séance parlementaire destinée à fixer la date de la présidentielle a lieu le .. La séance étant suspendue pour cause de quorum non atteint par le boycott des parlementaires du Mouvement vers le socialisme (MAS), conformément à la constitution plurinationale, elle se déclare chargée de l'intérim de la présidence de l'État, arguant de la nécessité de ne pas laisser le pays sans gouvernement et de celle de pacifier le pays.. Evo Morales dénonce alors .. Le Tribunal constitutionnel plurinational valide l'accession de Jeanine Áñez à la présidence de l'État par intérim dans un communiqué publié le ..

Les conclusions de l’OEA ont par la suite été contredites par trois rapports de chercheurs indépendants, concluant à l’absence de preuves statistiques de fraude..

Convocation d'un nouveau scrutin vignette|160px|La présidente par intérim, Jeanine Áñez. Le , Áñez annonce la convocation de nouvelles élections.. Elle présente au Parlement un projet de loi destiné à annuler les résultats des législatives et de la présidentielle, et à renouveler la composition du Tribunal suprême électoral, qui devra fixer la date des prochaines élections..

Le Sénat approuve le cette mesure et l'interdiction pour un individu ayant déjà effectué un deuxième mandat d’en faire un troisième., ainsi qu'une loi d'amnistie pour Morales , que la présidente par intérim rejette cependant.. La Chambre des députés adopte quelques heures plus tard ce projet de loi.. Áñez promulgue le texte le .. Celui-ci prévoit que le scrutin puisse se tenir d'ici ..

Le , le nouveau président du Tribunal suprême électoral, Salvador Romero, convoque le scrutin pour le . Un éventuel second tour doit avoir lieu dans les suivant cette première date..

Le Tribunal constitutionnel prolonge le son mandat et celui du Parlement élu en 2014 jusqu'à l'investiture des nouvelles autorités élues..

Pandémie de coronavirus et reports En raison de la progression de la pandémie de Covid-19 et du confinement total décrété par la présidente par intérim, le Tribunal suprême de justice (TSE) décide le de reporter sine die le scrutin.. Le TSE propose par la suite au Parlement de fixer la date du scrutin entre le et le . puis, face à la propagation du virus, entre le et le .. Le Parlement, dominé par le MAS, vote cependant le mai une loi organisant le scrutin dans les , contre l'avis de Jeanine Áñez.. Les différents partis parviennent finalement début juin à un accord fixant le scrutin au .. La hausse des cas de personnes affectées entraîne cependant un nouveau report au .. Les partisans de l'ancien président organisent des manifestations et des blocages de routes, alors que le gouvernement tente de reporter de nouveau le scrutin. Le , le Tribunal suprême électoral adopte une résolution empêchant tout nouveau report.. D'après plusieurs observateurs, ces reports successifs, alors que des élections auraient dû selon la constitution bolivienne se tenir dans les suivant la démission d'Evo Morales, seraient plutôt liés aux sondages donnant un avantage au MAS..

Système électoral

L'ensemble des scrutins se déroule simultanément, un seul vote de l'électeur pour un parti comptant pour ses candidats à la présidence, à la Chambre des sénateurs, et pour ceux élus à la proportionnelle à la Chambre des députés, suivant un système appelé Ley de lemas.

Président Le président bolivien est élu en même temps que le vice-président pour un mandat de cinq ans par le biais d'une version modifiée du scrutin uninominal majoritaire à deux tours. Si aucun candidat ne remporte la majorité absolue des suffrages exprimés lors du premier tour, ou plus de 40 % des voix avec au moins dix points d'avance sur celui arrivé en deuxième position, un second tour est organisé dans les soixante jours entre les deux candidats arrivés en tête. Est alors élu celui qui reçoit le plus grand nombre de suffrages... En 2020, la date d'organisation d'un éventuel second tour est fixée au .