L'abbaye de Barbeau est une ancienne abbaye de l'ordre cistercien, située en France à huit kilomètres au sud-est de Melun à côté de la Seine. Elle avait été fondée par Louis VII qui y fut inhumé. Après avoir cessé de fonctionner à la Révolution, elle a été totalement détruite au . Elle se trouvait sur le territoire de la commune de Fontaine-le-Port.

Histoire Débuts à Seine-Port Des ermites ayant fondé la chapelle de Saint-Acyre en bord de Seine entre Melun et Corbeil, sur l'actuelle commune de Seine-Port, ils la cédèrent en à l'abbaye cistercienne de Preuilly sise à Égligny, à condition que ses moines y construisent un monastère qui serait nommé Saint-Port – ce qui fut fait. En , Louis VII érigea ce monastère en abbaye, avec pour premier abbé un moine de Preuilly nommé MarlinAbbé Henry Goudemetz, Voyage de Champeaux à Meaux, fait en 1785, 1892. Chapitre « Histoire des environs de Champeaux – décembre 1785 ». Barbeaux, p. 166-169, .. L'abbaye est dédiée à la Sainte Vierge et baptisée Sainte-Marie de Barbeau..

Transfert à Barbeaux En , l'abbaye était transférée à Barbeaux sur une terre donnée par Louis VII le long de la Seine entre Melun et Fontainebleau. Le titre de sa fondation lui donne le nom de Sacer Portus (Port Sacré, dans la même ligne de pensée que Saint-Port), Sequanae Portus (Seine-Port) et Barbellus (Barbeaux) ; en , on trouvera encore le nom de « monastère de Notre-Dame de Saint-Port, dit de Barbeaux » dans quelques titres. En , Louis VII fait don à l'abbaye de deux arpents de terre et un clos de vigne à Fontaines.

L'église de l'abbaye fut consacrée en mars par l'archevêque de Sens Guy de Noyers. Les autels furent consacrés par ses suffragants, celui de Saint-Denis par l'évêque de Paris Maurice de Sully, et celui de Saint-Martin par Manassès, évêque d'Orléans. L'abbaye est désignée officiellement du nom de Sacer Portus de Barbello, « Port Sacré de Barbeau ».

Une ancienne légende dit qu'un pêcheur aurait remonté de la Seine à cet endroit un barbeau à l'intérieur duquel il aurait découvert un diamant – ou selon d'autres versions une bague précieuse que saint Loup, archevêque de Sens, aurait fait tomber dans la Seine ou dans l'Yonne.

Ascension de l'abbaye Les bienfaits de Louis VII font dès l'origine de Barbeau une abbaye importante, richement dotée par le roi, et dans laquelle Louis VII est enterré en ; la reine Adèle lui fait élever un riche mausolée orné d'or, de pierres précieuses et de perles. Les moines cisterciens possédaient ainsi plusieurs propriétés dans les environs. Au , ils possédaient aussi une maison à Melun servant de refuge sur l'Île de Saint-ÉtienneLeroy Gabriel, « Le refuge de Barbeau » in Bulletin de la société d'archéologie, sciences, lettres et arts du département de Seine-et-Marne, n°1, J. Carro, Meaux, 1865, p. 193-198.. À son apogée, l'abbaye abrite de quarante à cinquante moines. L'abbaye possédait également au l'hôtel de Barbeau à l'angle de la rue du Fauconnier à Paris et un fief constitué de quelques maisons en bord de Seine à l'ouest de la rue des Barres.

Vers , l'abbaye est occupée par les Anglais, conduits par le roi Henri V, qui incendièrent les bâtiments, tandis que les moines avaient trouvé refuge à Melun. Ils revinrent sur les lieux vers et l'abbaye fut reconstruite. En , le cardinal Jean du Bellay en fut le premier abbé commendataire. Charles IX, de passage, eut la curiosité de faire ouvrir le tombeau de Louis VII ; lui et les princes de sang qui l'accompagnaient prirent les bagues et la croix sur collier de la dépouille de Louis VII. Au cours du , la discipline d'origine de la communauté semble s'être fort relâchée, et elle fut rétablie strictement en .

En , le cardinal Guillaume-Egon de Fürstenberg, abbé commendataire, fait reconstruire le tombeau de Louis VII et, à compter de , les bâtiments conventuels par Pierre Delisle-Mansart, architecte du roi. Au milieu du , l'abbaye a perdu la plupart de ses moines, mais rapporte à l'abbé une rente de , et verse une taxe de à la Cour de Rome. Le clos de vigne donné par Louis VII produit quatre cents pièces de vin dans les bonnes années, et la forêt de Fontainebleau fournit tout le bois nécessaire – mais la chasse y était prohibée sous peine d'exil dans une lointaine dépendance de l'abbaye. En , le trésor de Barbeaux incluait de nombreux reliquaires et présents royaux ; d'argent témoignaient de son statut de maison-mère.

Déclin et fin Le déclin de l'abbaye, qui la mène en un demi-siècle à sa destruction finale, commence en quand l'abbaye est expropriée. En , une troupe de sans-culottes menée par l'ancien prêtre défroqué Germain Métier envahit l'abbaye et détruit l'église avec son tombeau royal. Récupérés par l'État, les bâtiments conventuels sont donnés en à l'Institution de la Légion d'honneur qui en fit une maison d'éducation pour les orphelines des membres de l'ordre, dirigée par madame de Lézeau. Sous la monarchie de Juillet, l'Institution de la Légion d'honneur les revendit en à un certain Blondat, négociant, qui les fit démolir pour y construire sa demeure.

De l'ancienne abbaye, il ne reste plus aujourd'hui qu'une glacière. Le terrain est occupé par le domaine de Barbeau (qui continue de se faire appeler « abbaye royale » sur leur site malgré l'absence de celle-ci) où se trouvent un parc, un restaurant, un club équestre, une ferme, des logements et où des événements peuvent être organisés..

Tombeau du roi Louis VII Le roi Louis VII fut enseveli dans l'église de l'abbaye le . Son tombeau est ainsi décrit :

En , le roi Charles IX de France fit ouvrir ce tombeau et y aurait prélevé le mobilier funéraire le plus précieux (une couronne et un sceptre d'or, une croix d'or contenant un morceau de la Vraie Croix et des anneaux d'or).vignette|Tombeau de Louis VII au milieu du chœur de l'abbaye de Barbeau.|247x247px

En , le cardinal Guillaume-Egon de Furstenberg fit reconstruire ce tombeau en marbres de couleurs, et y replaça le gisant d'origine. Il y fit mettre une inscription latine qui se traduit ainsi : « Au Très-Pieux roi des Francs Louis VII, enseveli ici le , la reine Adèle son épouse avait érigé un mausolée autrefois magnifique que reconstruisit pour recueillir ses précieux restes, après qu'il eut été détruit par la vétusté, le Très Éminent, Très Révérend et Très Haut Prince Guillaume Egon, Landgrave de Fürstenberg, Prince-Évêque de Strasbourg, Abbé de ce Monastère royal, en l'an . »

Peu avant la destruction de l'église et du mausolée royal par les sans-culottes en , les restes de Louis VII avaient été mis en sécurité par le procureur de l'abbaye nommé Lejeune, qui sera plus tard curé de Chartrettes ; il les fit remettre dans leur tombeau en , puis obtint leur transfert à la basilique Saint-Denis par le roi Louis XVIII en .

Dans l'église de l'abbaye, jusqu'en , se trouvaient également les tombeaux d'Anselme et d'Amaury, évêques de Meaux, respectivement morts en et ; et des jumeaux Jean de Sancerre et Thibaud, fils d'Étienne II de Sancerre, appartenant à la famille royale et tous deux morts noyés au cours d'une baignade dans la SeinePère Anselme II-848. Jean Adhemar, Les tombeaux de la collection Gaignière – Dessins d'archéologie du , t. I, p. 36, présente deux gravures (152 et 154) magnifiques des tombeaux de Thibaud et Jean de Sancerre., avant . Leur sœur Constance de Sancerre confirma à l'abbaye de Barbeau, le mercredi avant la fête de Saint-Pierre-aux-Liens , les aumônes que leur père y avait faites.. On pouvait y voir également le tombeau du peintre Martin Fréminet mort en . Depuis sa fondation, cette abbaye comptait une soixantaine d'abbés, et le dernier fut M. Chapt de Rastignac, nommé en .

Notes et références

Annexes

Bibliographie

Articles connexes Prieuré Notre-Dame de Franchard Cathédrale Saint-Étienne de Sens

Liens externes

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