Gautier de Costes, sieur de La Calprenède, de Toulgou et de Vatimény (communément appelé La Calprenède), né au château de Toulgou à Salignac en 1609 et mort au Grand Andely le , est un romancier et dramaturge français.

Biographie Fils de Pierre de Costes, sieur de La Calprenède, avocat en parlement et juge de Salignac, et de Catherine du Verdier de Genouillac, La Calprenède, après des études de magistrature à Toulouse, monte en 1632 à Paris, entre comme cadet au régiment des gardes, où il devient officier. À peine arrivé dans la capitale, La Calprenède se livre à son goût pour la littérature, et publie une série de romans et de pièces de théâtre dont fort peu ont survécu.

Ses saillies gasconnes, la gaieté de son humeur et sa manière piquante de raconter, acquièrent bientôt une certaine réputation à La Calprenède, dont Titon du Tillet raconte qu’ayant composé un roman intitulé : Sylvandre, il le vend et de l’argent qu’il touche, se fait habiller d’une manière bizarre, et lorsqu’on lui demandait de quelle étoffe il était vêtu, il répondait : « C’est du Sylvandre. » Le père Niceron a contesté cette anecdote, mais il a confirmé que lorsque le cadet gascon était de service au château, il débitait et contait des histoires si amusantes que les dames de la cour et même les femmes de la reine négligeaient leur service pour l’écouter. Un jour, la reine Anne d’Autriche

En faveur auprès de la reine, La Calprenède ne tarde pas à l’être auprès du roi, qui, en 1650, l’admet au nombre des gentilshommes ordinaires de sa chambre. La Calprenède fait un mariage d’amour. Il épouse, le , une jeune veuve, la précieuse Madeleine de Lyée, dame de Saint-Jean-de-Livet et du Coudray, veuve en premières noces de Jean de Vieux-Pont, seigneur de Compant, et en secondes noces d’Arnoul de Drague, seigneur de Vaulard et de Château-VertC’est à tort que Richetot avance que La Calprenède . C’est avec moins de raison encore que Guy Patin écrivait le : Peut-être s’agissait-il d’une autre dame La Calprenède, car Madeleine de Lyée survécut à La Calprenède, et est enterrée à Paris, dans l’église Saint-Sulpice, le . Elle laisse une fille, Jeanne de La Calprenède, qui épouse, en 1669, Armand de Coustin de Bourzolles de Caumont, vicomte de Beaurepos.. Elle était folle de ses romans et, ayant quelque fortune, vint lui dire qu’elle était prête à l’épouser, pourvu qu’il consente à finir la Cléopâtre qu’il avait laissée en suspens à cause d’une querelle avec les libraires. La Calprenède y consentit, et l’obligation de finir la Cléopâtre fut un des articles du contrat de mariage.

Lorsque La Calprenède entre dans le monde, les romans précieux et le genre pastoral étaient en grande vogue. Les bergers amoureux et poètes du genre de l’Astrée d'Honoré d'Urfé étaient à l’apogée de leur gloire. La Calprenède fut un des imitateurs du maître, mais comme l'a dit Boileau

Bien que les œuvres de La Calprenède soient aujourd’hui tombées dans l’oubli, il a été l’un des auteurs les plus prolifiques de son temps et a connu un immense succès de son vivant. Son œuvre romanesque, très appréciée à l’époque, lui a valu de nombreux admirateurs. On lui a cependant reproché une prolixité qui alourdit la lecture de ses romans, ainsi qu’un manque de vraisemblance dans les dialogues de ses personnages, qui s’expriment rarement selon leur rang ou leur caractère historique. C’est précisément ce défaut que Boileau lui a vivement reproché dans son Art poétique, raillant le fait que tous ses héros, du roi Juba à l’auteur lui-même, parlent du même ton gascon. Marie de Sévigné a également dit que : Malgré ces critiques, La Calprenède s'est distingué des autres romanciers pastoraux du . Il a su compenser un style parfois diffus et prolixe, par une imagination féconde et brillante, où s’impose une grandeur d'âme qui élève souvent ses récits.

De 1642 à 1645, est publié son roman Cassandre (10 vol. ). Entre 1646 et 1657, il fait paraître les douze volumes in-8º de Cléopâtre. Guéret et Titon du Tillet vantent le style noble et élégant de ce roman, dont Niceron convient Tout en blâmant leur exagération, Boileau rendit, en quelque sorte, justice à l’énergie des sentiments de La Calprenède, à propos de ce roman :Marie de Sévigné écrivait à sa fille : En 1671, elle ajoutait : La Harpe trouvait dans Cléopâtre des caractères fortement dessinés ; il cite en ce genre celui d’Artaban, qui a donné naissance à un proverbe devenu populaire : « fier comme Artaban ». La mort de La Calprenède ayant laissé cet ouvrage incomplet, Pierre Ortigues de Vaumorière y a ajouté cinq volumes supplémentaires.

En , il avait donné un Faramond, ou l’histoire de France (Paris, 1661, 7 vol. ) et son Silvandre est perdu. En 1661, il publia, sous le nom de sa femme, les Nouvelles ou les Divertissements de la princesse Alcidiane. On blâme surtout ces défauts dans Cassandre ; Paris, 1642, 1648, 1654, 1660, 10 vol. ; — La Cléopâtre ; Paris, 1647, 10 vol. ; en Hollande, 1648, et Paris, 1656, 1662, 12 vol. , en 23 vol. ¡11-12.

La Calprenède a aussi écrit pour le théâtre. En , il fit jouer la tragédie la Mort de Mithridate, représentée pour la première fois le jour des Rois. À la fin de la pièce, Mithridate prend une coupe empoisonnée, et, après avoir délibéré quelque temps, il dit en avalant le poison : Le parterre acheva le vers en s’écriant : , ce qui fit rire aux éclats le parterre au moment le plus pathétique. À ces mots, la toile tomba, et la pièce avec elle.

En , il donna Bradamante, tragi-comédie ; Clarionte, ou le sacrifice sanglant ; en , Jeanne d’Angleterre ; en , le Comte d’Essex, œuvre qui n’est pas sans mérite dont Boyer et Thomas CorneilleSon frère Pierre Corneille l’estimait également beaucoup., qui traitait La Calprenède d’incomparable auteur, s’est inspiré en partie pour sa tragédie du même nom ; La Mort des enfants d'Hérode ou la Suite de la Mariane (la tragédie de Tristan L'Hermite qui, en 1636-1637, avait balancé le succès du Cid) ; en , Édouard, roi d’Angleterre ; en , Phalante ; en , Herménégilde, tragédie en prose ; en , Bélisaire.

Bien que les tragédies de La Calprenède pèchent parfois par manque de rigueur dans leur construction, elles possèdent un indéniable mérite qui lui a valu une longue réputation. Un jour, le cardinal de Richelieu, après s'être fait lire l'une de ces pièces, l’a jugée bonne, mais a qualifié ses vers de « lâches ». Piqué au vif, l'auteur gascon s'exclama : Cette saillie a fait rire le ministre, qui aimait à dire que grâce à son talent, il achetait un cahier de papier trois sous pour le revendre cent écus. .

En mars 1663, alors qu'il séjournait au château de Morfontaine, il a été grièvement blessé et défiguré par l'explosion accidentelle d'un fusil, alors qu’il tentait de faire étalage de son adresse au tir. Dans sa Muse historique du , Jean Loret parle d’un accident qui lui est arrivé :

La Calprenède a survécu six mois à cet accident, avant de subir un second choc, fatal, cette fois. Le , le gazetier Jean Loret rapporte ainsi sa mort : de retour de Normandie, où son épouse possédait d'importants domaines, son cheval a fait un faux pas. En le relevant trop brusquement, l'auteur a reçu un violent coup de tête de l'animal. Transporté chez un ami, il y a succombé, quelques jours plus tard. Sa femme n’est donc pour rien dans sa mort« Jean Loret - Mort de Gauthier de Costes, Sieur de La Calprenède », Académie de Chartres..

Postérité littéraire à l’étranger Plusieurs œuvres de La Calprenède ont pour sujet l'histoire de l'Angleterre (Jeanne, Édouard, le Comte d'Essex…). Charles Cotterell a traduit en anglais à partir de 1652 Cassandre. Dans son journal intime, le critique Samuel Pepys, trouvait ce texte supérieur à Hudibras ( au ) Benjamin Wells, « La Calprenède and Scudéry », In: The Sewanee Review, 6.4 (1898), ..

Œuvres en ligne , 1637. , 1637. , 1637. , 1638. , 1638. , 1639. , 1640. , 1642. , 1643. , 1642-1645. Cléopâtre, 1652.

Notes et références

Bibliographie Duckett fils, Dictionnaire de la conversation et de la lecture, , Paris, Michel Lévy, 1873, . Ferdinand Höfer, Nouvelle biographie générale, t. , Paris, Firmin-Didot, 1859, . Hippolyte Lucas, Histoire philosophique et littéraire du théâtre français depuis son origine, Paris, Charles Gosselin, 1843, . Maurice Magendie, Le Roman français au , De l'''Astrée au'' Grand Cyrus, Droz, 1932, p. 195.

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