Le parc Montsouris est un jardin public situé dans le quartier du même nom, dans le sud de Paris, dans le . Aménagé à la fin du comme le parc des Buttes-Chaumont, ce parc à l'anglaise s'étend sur . Le parc abrite un grand nombre d'espèces d'oiseaux et de nombreux arbres.
Son nom lui vient des nombreuses souris qu'attiraient ici les multiples moulins que faisait tourner la Bièvre toute procheSource : panneaux locaux d'information de la ville de Paris..
Situation et accès thumb|left|Entrée du parc, place Jacques-Debu-Bridel entre la rue Gazan et l'avenue Reille.
Le parc Montsouris est situé entre la porte de Gentilly et la porte d'Arcueil. Il est délimité par le boulevard Jourdan au sud, les rues Gazan et de la Cité-Universitaire à l'est, l'avenue Reille au nord et les rues Nansouty et Émile-Deutsch-de-la-Meurthe à l'ouest.
Relief Le parc Montsouris est le point culminant de la rive gauche de Paris (78 mètres).
Historique Le parc Montsouris est imaginé au Second Empire dans le cadre d'un projet destiné à offrir aux Parisiens des espaces verts aux quatre points cardinaux de Paris : bois de Boulogne à l'ouest, parc des Buttes-Chaumont au nord, bois de Vincennes à l'est, et parc Montsouris au sud.
L’emplacement est choisi car peu de construction sont bâties et les expropriations faciles, parmi lesquelles quatre carrières, une pépinière, quelques jardins, une fabrique de carton et des propriétés de l’Assistance publique.
L’endroit est ainsi décrit : « C’était un véritable désert, une sorte de morceau de Far-West encastré dans Paris et d’assez mauvais renom… Les habitants du quartier prétendaient qu’il n’était pas prudent de s’aventurer dans les parages de la Fosse aux Lions et l’on racontait à ce sujet des histoires lugubres bien capables d’impressionner les braves Montrougiens »..
Il fut d’abord appelé « Parc national des Montrougiens ».
Haussmann décide de sa construction en 1860, et confie sa réalisation à l'ingénieur Alphand. Comme les Buttes-Chaumont, le site choisi se situe sur d'anciennes carrières désaffectées, ici celles de Montsouris, ce qui posa quelques problèmes.
Une première difficulté technique est d'aménager le parc au-dessus de ces anciennes carrières, qu'il faut préalablement consolider. Véritablement mis en chantier en 1867, les travaux dureront jusqu'en 1878. Quatre carrières, vingt-quatre maisons, des jardins, une pépinière, et le prolongement du chemin des Prêtres d’Arcueil furent supprimés.. À la demande des habitants, le parc est partiellement ouvert en 1867. Le parc est malgré tout inauguré en 1869. Le lac artificiel est aménagé dans une ancienne carrière à ciel ouvert remblayée dans laquelle était extrait le calcaire lutétien, page 7.. Il était alimenté à l'époque par l'aqueduc d'Arcueil. Une légende veut que le jour de l'inauguration, le lac artificiel se soit vidé et qu'un ingénieur qui avait supervisé sa construction se soit suicidé« Sous le parc Montsouris » sur exploration.urban.free.fr.. Il semble que le lac se soit effectivement vidé une nuit de « Historique du parc Montsouris », www.creperie-bonbonniere.com..
La terre végétale retirée lors des travaux pour la construction du réservoir de Montsouris a été utilisée pour l’aménagement du parc.
Les premiers arbres plantés dans le parc proviennent du jardin de l’hospice des Petites Maisons. D’autres ont été déplacés des jardins de l’Exposition universelle de 1878.
La construction de la ligne de Ceinture sud (pas encore « Petite » puisque la « Grande » n'existait pas) est réalisée en tranchée, conjointement avec l'aménagement du parc en 1866-1867. Cette tranchée, dite tranchée Alphand est même citée dans le monde entier comme modèle d'intégration paysagère. Quant à la ligne de Sceaux, qui est à l'origine en surface, elle est mise en tranchée au début des années 1930-1931 et sera incorporée en 1977 dans le réseau express régional (RER ligne B).
Le , une statue en bronze du révolutionnaire Jean-Paul Marat est installée sur la pelouse du parc. Elle sera enlevée dès l'année 1891, sur ordre du préfet, puis ré-installée dans le parc des Buttes-Chaumont. Elle en est, lors de la Seconde Guerre mondiale, enlevée pour être fondue.. Une copie, refaite grâce à un plâtre d'origine retrouvé, trône depuis 2015 à l'entrée du musée de la Révolution française à Vizille.
Autrefois fréquenté par les patients du centre hospitalier Sainte-Anne, ce parc ne leur est plus accessible (ils bénéficient désormais d'un parc dans l'hôpital même).
Le parc est classé au titre des sites historiquesarrêté du 27 août 1979 : ..
Le parc Montsouris est aujourd'hui un jardin public entretenu par le service des espaces verts de la Ville de Paris. Il est bordé au nord par l'avenue Reille (trois entrées), à l'est par la rue Gazan (deux entrées), au sud par le boulevard Jourdan (deux entrées) et à l'ouest par la rue Nansouty (une entrée).
Le parc et l'histoire de France vignette|Camp militaire au parc Montsouris en 1871. En 1871 lors de la Commune, le parc est le théâtre de combats. Le , l'un des acteurs de l'affaire Dreyfus, Ferdinand Walsin Esterhazy, rencontre Maximilian von Schwartzkoppen pour la dernière fois. Un peu plus tard, au parc Montsouris, il a une entrevue secrète avec Armand du Paty de Clam, déguisé, qui l'assure de sa protection. La Seconde Guerre mondiale y fait au moins une victime : le soldat Pierre Durand y meurt, victime d'une bombe (une stèle commémore ce fait à proximité du lac).
Bâtiments et constructions remarquables vignette|center|600px|Plan du parc Montsouris.
Kiosque Construit pour l’Exposition internationale d'Électricité de 1881, le kiosque est remonté dans le parc en 1884. D’abord prévu pour abriter les promeneurs, il est transformé en kiosque à musique en 1884.
Palais du Bardo, observatoire météorologique vignette|droite|
Cet édifice reproduisait à une échelle réduite une partie de la résidence d'été du bey de Tunis. Il fut conçu par l'architecte Alfred Chapon, voir (consulté le 13 novembre 2008). pour représenter la Tunisie à l'Exposition universelle de 1867.. Racheté à Jules de Lesseps pour francs par la Ville de ParisDélibération du conseil municipal du 8 mai et arrêté préfectoral du 10 juillet 1868. en 1868, il fut remonté par Davioud en 1869 dans la partie sud du parc. Les ouvriers tunisiens mirent quatre mois pour l'installer au point le plus haut du parc.
Prévu à l'origine pour servir de logement au personnel de l'Observatoire chargé de l'étude et du climat parisien, il eut à souffrir du siège de Paris en 1870 puis de la Commune en 1871.
Après restauration, il devient un observatoire météorologique qui jusqu'en 1886 sera dirigé par Hippolyte Marié-Davy. Puis il fut doté d'. À partir de 1893, il abrita également .
En 1974, il fut définitivement évacué et laissé à l'abandon.
Se dégradant rapidement, et nécessitant une restauration, il fut racheté pour une somme symbolique par le gouvernement tunisien qui se chargea de le rénover. Il était aussi inscrit à l’inventaire des monuments historiques et était en cours de réhabilitation. La mairie de Paris venait d’affecter 15 millions de francs pour restaurer ce monument original quand il brûla entièrement le .
Il apparaît dans le film Cléo de 5 à 7 (1962) d'Agnès Varda, dans More (1969) de Barbet Schroeder et dans Out 1 : Noli me tangere (1971) de Jacques Rivette.
Colonne de la Paix Armée La Paix armée conçue pour orner la colonne du square d’Anvers, Jules Coutan réalisa cette statue en 1888. Déposée en 1968, elle est réinstallée au parc Montsouris en 1984..
Vestiges de l'observatoire de la Marine puis du Bureau des longitudes
En 1875, le capitaine de vaisseau Mouchez, membre du Bureau des longitudes depuis 1873, fait approuver son projet d'un observatoire chargé de compléter les connaissances astronomiques des officiers issus de l'École navale. Le projet est appuyé par Hervé Faye (1814-1902), président du Bureau des longitudes, plusieurs institutions et ministères, la Marine, l'Instruction publique, le département de la Guerre, et surtout la Ville de Paris, qui assurera pratiquement à elle seule le fonctionnement de l'observatoire, quand, en 1900, la Marine se désengagera du fonctionnement de cet observatoire.
Entre 1875 et 1910, l'observatoire est dirigé essentiellement par des officiers de Marine ayant tous évolué dans le cercle des amis proches de Mouchez. Ce dernier sera devenu entre-temps, en 1878, le premier marin directeur de l'Observatoire de Paris.
Les directeurs seront successivement Mouchez, son ancien second, Frédéric Turquet de Beauregard, l'amiral Charles de Poidloué, l'amiral Georges-Ernest Fleuriais, le capitaine de vaisseau Octave de Bernardières (qui prendra ensuite le commandement de l'École navale à Brest), le capitaine Émile Boistel, puis le commandant Émile Guyou. Quelques intérims seront assurés par des membres du Bureau des longitudes et de l'Observatoire, tels Félix Tisserand ou Maurice Lœwy.
L'observatoire voit passer un public plus large que les officiers de Marine : des voyageurs et explorateurs (dont le lieutenant de vaisseau Matha, de la première expédition Charcot de 1904-1905), la mission saharienne Flatters, le docteur Jules Crevaux, explorateur de l'Amazonie ; le futur directeur de l'observatoire de Tōkyō, nombre d'officiers de l'infanterie, des ingénieurs français et étrangers, des étudiants, venus s'entraîner aux observations astronomiques, régler et utiliser des instruments astronomiques (cercles méridiens, instruments nautiques).
À l'observatoire de Montsouris, des essais seront faits sur des pendules et chronomètres utilisant un tout nouvel alliage à dilatation presque nulle, l'Invar.
Après 1905, l'observatoire vit comme il peut avec peu de subventions. Il devient un lieu de stockage des archives du Bureau des longitudes.
En 1983, l'Association française d'astronomie (AFA) et sa revue Ciel et espace s'installent dans les locaux de l'observatoire abandonné depuis plusieurs années.
Aujourd'hui, les publications de l'Observatoire de Montsouris sont numérisées sur la bibliothèque numérique de l'Observatoire de Paris.
Station météorologique
En 1872 fut fondé l'observatoire météorologique de Montsouris par Charles Sainte-Claire Deville et Émilien Renou.. C’est la plus ancienne station météorologique de France.. En 1896, l'observatoire de la tour Saint-Jacques lui fut affecté. En 1947, une tour de relevé a été construite.
Cette station enregistre sans interruption les paramètres météorologiques depuis , ce qui constitue l'une des plus anciennes bases de données complètes disponibles en France sur le climat. Elle a été reconnue « Station d'observation centenaire » par l'Organisation météorologique mondiale. En 2022 seules sept stations ont ce statut en France, et celle de Montsouris a la plus longue série de mesures.
Depuis l'abandon du palais Bardo, des locaux ont été construits et mis à la disposition du personnel en 1973. Depuis 2011, le personnel de ce centre moderne, qui réalisait la prévision pour Paris et la petite couronne., a déménagé au nouveau siège de Saint-Mandé.. Les capteurs, qui font la particularité du site de Montsouris, restent cependant sur place, leurs données sont recueillies par transmission régulière toutes les 6 minutes.
Climat Le parc abrite, depuis 1873, l'une des stations de relevés météorologiques d'Île-de-France et la principale de Paris.. Paris-Montsouris a un climat de type Cfb (océanique) avec comme record de chaleur le et comme record de froid le . La température moyenne annuelle (1971-2000) est de .
Matérialisations du méridien de Paris La mire du Sud