Jean François Aimé, comte Dejean ( à Castelnaudary - à Paris), est un militaire français, général de la Révolution française, puis ministre de Napoléon et sénateur du Premier Empire, qui finit sa carrière militaire et parlementaire (membre de la Chambre des pairs) sous la Restauration française.

Biographie Ingénieur militaire Jean-François-Aimé Dejean naquit à Castelnaudary, le . Fils d'un subdélégué de l'intendance de Languedoc, il fut destiné par son père à l'état militaire. Ses premières études faites à l'École de Sorèze, il en sortit en 1766, pour entrer à l'École royale du génie de Mézières (promotion 1769), d'où il sortit avec le grade de lieutenant en second.

Employé dans plusieurs places fortes, le zèle et les connaissances étendues du jeune Dejean le firent bientôt employer comme ingénieur ordinaire, et ensuite comme ingénieur en chef, depuis 1781 jusqu'en 1791. Il était en Picardie au moment de la Révolution. Les guerres de la Révolution française allaient ouvrir à ses talents une carrière qu'il devait parcourir avec distinction. Chevalier de Saint-Louis, il fut nommé en 1791 commandant en second des gardes nationales de la Somme, puis membre de l'administration de ce département.

Général de la Révolution française Il servit sous Dumouriez (1792-1793), et donna sa démission de capitaine du génie à la nouvelle de la mort de Louis XVI ; mais la lettre de démission fut retirée par lui, en raison des revers éprouvés par l'armée au même moment. Il servait déjà en qualité de chef de bataillon à l'armée du Nord, lorsque sa brillante conduite, à la prise de la citadelle d'Anvers, le fit nommer en 1793 commandant du génie sous Pichegru et directeur des fortifications. En , il obtint le grade de général de brigade pour récompense des services qu'il avait rendus aux attaques de Courtrai et de Ménin, ainsi qu'aux () et d'Ypres (1794). Ce fut Dejean qui réunit secrètement en Hollande les bateaux et les agrès nécessaires pour tenter le passage du Rhin que Kléber effectua avec un succès complet dans la nuit du 5 au , au-dessus de Düsseldorf. L'habileté et les talents qu'il déploya dans cette circonstance lui valurent le grade de général de division ().

De retour quelque temps après au quartier-général de l'armée du Nord, il en obtint (lorsque le général Beurnonville fut appelé à l'armée de Sambre-et-Meuse) le commandement en chef par intérim (avec celui des troupes franco-bataves), de à . Il fut destitué, le , pour avoir refusé d'associer son armée aux plaintes de l'armée d'Italie contre les Conseils. Le général Dejean fut mis immédiatement à la réforme. Il fut réintégré l'année suivante, sur la demande du comité des fortifications, dans ses fonctions d'inspecteur-général des fortifications.

Ministre de Napoléon

Nommé conseiller d'État après la journée du 18 brumaire, le premier Consul lui confia plusieurs missions importantes qui le firent remarquer et comme administrateur et comme homme d'État. C'est ainsi qu'il fut successivement chargé de l'exécution de convention d'Alexandrie et de l'organisation du gouvernement de la République ligurienne. On lui confia, le (), la direction (ministère) de l'administration de la guerre, et le de l'année suivante, il fut élevé à la dignité de grand-trésorier de la Légion d'honneur. Choisi par en pour présider le collège électoral de la Somme, le même collège le porta comme candidat au Sénat conservateur.

Dejean fut créé comte de l'Empire le . En 1809, lors du débarquement des Anglais dans l'île de Walcheren, il se rendit à Anvers pour y organiser des moyens de résistance. Peu de temps après, Napoléon retira au comte Dejean le portefeuille de l'administration de la guerre, pour avoir demandé un budget plus élevé que celui qui lui était alloué. Cette disgrâce ne fut pourtant que momentanée, et Napoléon le nomma bientôt premier inspecteur du génie (, chargé de l'inspection générale en Hollande le ) et membre du Sénat conservateur (). En 1812, il fut élu président à vie du collège électoral d'Indre-et-Loire. La même année le vit présider la commission militaire qui condamna à mort les généraux Malet, Lahorie et Guidal.

En , il ne vote pas la déchéance de l'Empereur.

Membre de la Chambre des pairs L'Empereur ayant abdiqué, le comte Dejean adhéra au gouvernement provisoire de 1814. Louis XVIII le nomma son commissaire extraordinaire dans la division militaire (Bordeaux : il n'y fit qu'un court séjour), chevalier de Saint-Louis, (membre de la Chambre des pairs), gouverneur de l'École Polytechnique et président du comité de liquidation de l'arriéré. Au retour de Napoléon en 1815, le comte Dejean devint membre de la nouvelle Chambre des pairs ; il fut réintégré dans ses fonctions de premier inspecteur du génie, et remplit, en l'absence du comte Lacépède, celles de grand chancelier de la Légion d'honneur. Après la bataille de Waterloo, il se prononça énergiquement contre l'opinion de la plupart des généraux qui s'opposèrent à la défense de Paris.

À la seconde Restauration, l'ordonnance royale du 24 juillet 1815 le dépouilla de toutes ses fonctions, (Fastes de la Légion d'honneur). Cependant, il fut mis à la tête d'une subdivision militaire (), et rétabli, sous le ministère de Gouvion-Saint-Cyr (gouvernement Dessolles), dans l'emploi de directeur-général des subsistances, qu'il conserva jusqu'à la fin de 1820, époque où l'affaiblissement de sa santé le força de donner sa démission (il fut alors remplacé par le comte Andréossy). Le , il fut compris dans la fournée de pairs créée par le ministère Decazes. Il siégea la Chambre haute, (Fastes de la Légion d'honneur), parmi les défenseurs des libertés octroyées par la Charte de 1814.

Le comte Dejean fut admis à la retraite comme inspecteur général du génie, le . Victime, en 1823, d'une attaque d'apoplexie (congestion cérébrale), il fut frappé d'hémiplégie (il eut le côté droit de son corps paralysé). Le comte Dejean mourut dans sa soixante-quinzième année, le , à Paris, en l'Hôtel Bochart de SaronL'Hôtel Bochart de Saron avait appartenu avant la Révolution par Jean Baptiste Gaspard Bochart de Saron (1730-1794), premier président du parlement de Paris, avait été habité par Talleyrand, au temps de la Constituante et appartient, au , à Marguerite Wilson. Les Éditions Gallimard occupent désormais l'hôtel. (17, de la rue de l'Université). Il fut inhumé au cimetière du Père-Lachaise (), Paris .

État de service Ingénieur (1770) ; Capitaine (1777) ; Ingénieur en chef (1781) ; Chef de brigade aux sièges du fort de l'Écluse ( - ) puis de Venloo () ; Général de brigade () ; Général de division (1795) ;

Vie familiale vignette|gauche|redresse|Portrait d'Aurore Barthélémy, 2e épouse du général Dejean, par Robert Lefèvre Jean François Aimé était le fils cadet de Jean-Pierre (1699-1754), maire perpétuel de Castelnaudary, premier président au siège royal de Lauragais, subdélégué de l'intendance de Languedoc et de Marie de Fabry. Sa sœur aînée, Antoinette (1746-1776), avait épousé Louis de Cazals (1731-1782), directeur du , dont elle eut le général-baron Louis-Joseph Elisabeth Cazals (1774-1813) ; tandis que son frère (né en 1748), fut évêque d'Asti (1809-1814).

Dejean épousa, en 1779, Alexandrine Marie Élisabeth Le Boucher d'Ailly ( ✝ 1782), fille de Jacques Nicolas Le Boucher d'Ailly (1698-1776), seigneur de Richemont, conseiller du Roi, maire et commandant d'Abbeville, et de Marie Louise Catherine Françoise Colette de Villers.

Veuf il convola en secondes noces, le (il a 52 ans), avec Aurore Barthélémy (1777-1858), de 28 ans sa cadette, fille de Jacques Barthélémy, échevin de Marseille, et de Claire Mélanie Roze (nièce du chevalier Roze). Le suivant, Auguste unique fils du premier mariage de Jean François Aimé, épouse Adèle Barthélémy (1786-1872), sœur de sa belle-mère ! Un jour Napoléon interpella son ministre de l'Administration de la guerre et, lui parlant de son second mariage et de celui de son fils lui dit : Et Dejean de lui rétorquer :

Titres 200px|thumb|right|Noms gravés sur l'arc de triomphe de l'Étoile : pilier Nord, et .

Comte Dejean et de l'Empire (lettres patentes du , Bayonne) ; Pair de France : ; ( : Cent-Jours, révoqué par l'ordonnance du 24 juillet 1815) Baron-pair héréditaire ( , lettres patentes du ).

Distinctions Légion d'honneur : Grand aigle de la Légion d'honneur (Almanach impérial, 1810.), Grand-trésorier de l'Ordre ( : ) ; Grand chancelier de l'Ordre (par intérim : Cent-Jours) ; Chevalier de Saint-Louis (1814).

Armoiries Figure Blasonnement Armes du comte Dejean et de l'Empire ()

D'argent au griffon essorant de sable, au comble d'azur, chargé à senestre de deux étoiles et d'un croissant d'or, et à dextre du quartier des comtes ministres.

Livrées : amarante clair, blanc et jaunePLEADE (C.H.A.N. : Centre historique des Archives nationales (France)).. Armes des comtes Dejean, (membres de la Chambre des pairs : barons-pairs héréditaires)

D'argent, au griffon de sable; au chef d'azur, chargé d'un croissant d'or, accosté de 2 étoiles du même.

Annexes Bibliographie

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Les papiers personnels de Jean-François-Aimé Dejean sont conservés aux Archives nationales, site de Pierrefitte-sur-Seine, sous la cote 554AP : Inventaire du fonds.

Notes et références

Voir aussi Articles connexes École royale du génie de Mézières ; Liste des généraux de la Révolution et du Premier Empire ; Siège de Venlo (1794) ; Expédition de Walcheren ; Liste des ministres français de l'Administration de la Guerre ; Consulat Bonaparte, Sieyès, Roger-Ducos ; Consulat Napoléon Bonaparte ; Ministres de Napoléon ; Liste des membres du sénat conservateur ; Liste des membres de la noblesse d'Empire ; Armorial des comtes de l'Empire ; Armorial du Premier Empire ; Liste des grands-croix de la Légion d'honneur ; Rue de l'Université (Paris) ; Liste de personnalités enterrées au cimetière du Père-Lachaise ; Noms gravés sur l'arc de triomphe de l'Étoile ;

Liens externes

La correspondance et les rapports des ministres de l’Administration de la guerre (dont Dejean, 1802-1810) au Secrétaire d’État sous Napoléon sont conservées aux Archives nationales de France

Association Sorézienne : Jean-François-Aimé, Comte DEJEAN (1759-1766) + 1824

Catégorie:Général de la Révolution française promu en 1794 Catégorie:Conseiller d'État français Catégorie:Ministre du Premier Empire Catégorie:Ministre français de la Guerre Catégorie:Comte de l'Empire Catégorie:Grand-croix de la Légion d'honneur Catégorie:Membre du Sénat conservateur Catégorie:Chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis Catégorie:Pair de France (Restauration) Catégorie:Directeur général de l'École polytechnique Catégorie:Pair de France (Cent-Jours) Catégorie:Grand chancelier de la Légion d'honneur Catégorie:Nom gravé sur l'arc de triomphe de l'Étoile Catégorie:Élève de l'abbaye-école de Sorèze Catégorie:Militaire français des guerres de la Révolution française Catégorie:Naissance en octobre 1749 Catégorie:Naissance à Castelnaudary Catégorie:Naissance dans la province du Languedoc Catégorie:Décès en mai 1824 Catégorie:Décès dans l'ancien 10e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 74 ans Catégorie:Personnalité inhumée au cimetière du Père-Lachaise (division 40)