Saint-Rémy-de-Maurienne est une commune française située dans le département de la Savoie, en région Auvergne-Rhône-Alpes. Géographie vignette|left|Sud de la vallée vu du chef-lieu. Situation et description Saint-Rémy-de-Maurienne se situe sur la rive gauche de l'Arc, à quelques kilomètres, en descendant la vallée, de la confluence avec la vallée des Villards et celle du Bugeon. Le territoire communal, intégralement situé sur la rive gauche, englobe également plusieurs vallons et sommets de la chaîne séparant la Maurienne de la vallée d'Allevard. Parmi les principaux sommets figurent le pic du Frêne () et le Grand Miceau, parfois appelé Grand Pic de Saint-Rémy ().
La faune sauvage est nombreuse sur la commune mais varie selon le milieu. Ainsi le fond de vallée (héron, canard, épervier, lapin sauvage, renard, couleuvre, lézards), les bois (chouette, chat-huant, grand-duc, sanglier, chevreuil) et les alpages (corbeau, choucas, aigle royal, marmotte, chamois et depuis peu quelques loups ont été observés) comptent des espèces variées. Le dernier ours y fut tué pendant la Première Guerre mondiale. Le roi de Piémont-Sardaigne, futur roi d'Italie, Victor-Emmanuel vint y chasser, selon des sources locales, avant que la Savoie ne devienne française.
Communes limitrophes Saint-Rémy-de-Maurienne est limitrophe de 8 communes. 6 d'entre elles sont situées dans la vallée de la Maurienne : 3 sur la même rive de l'Arc (Saint-Pierre-de-Belleville, Saint-Léger, Saint-Étienne-de-Cuines) et 3 sur la rive opposée (La Chapelle, Les Chavannes-en-Maurienne, La Chambre). Les 2 autres communes d'Arvillard et de Presle sont situées à l'ouest, sur le versant opposé du massif de Belledonne, dans la combe de Savoie.
Relief et géologie Si le fond de vallée est ample et plat, les contreforts sont abrupts et rocheux, et recouverts d'une dense forêt composée principalement de frênes, de châtaigniers et plus haut, de conifères, jusqu'aux environs de . Plus haut, s'étend une végétation de haute montagne avec d'amples pâturages vallonnés et moins abrupts.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne. et est dans la région climatique Alpes du nord, caractérisée par une pluviométrie annuelle de à , irrégulièrement répartie en été.. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Sainte-Marie-de-Cuines à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Hydrographie
Urbanisme Typologie Au , Saint-Rémy-de-Maurienne est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Saint-Jean-de-Maurienne, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (91,8 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (94 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (55,6 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (22,6 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (13,5 %), zones agricoles hétérogènes (2,9 %), zones urbanisées (2,8 %), prairies (1,8 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (0,6 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (0,1 %)..
L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran..
Toponymie
En francoprovençal, le nom de la commune s'écrit Sin Rmi, selon la graphie de Conflans.
Histoire Les mentions du village sous la Révolution parlent de deux bourgs appelés Arpingon (Saint-Rémy) et la Tour Marteau (Saint-Sulpice).
Politique et administration Tendances politiques et résultats
Liste des maires vignette|Mairie de la commune.
Intercommunalité La commune fait partie de la communauté de communes Terres de Maurienne depuis 2014.
Industrie vignette|Anciens bâtiments de la râperie Horteur. C'est sous sa forme mécanique qu'a commencé à Saint-Rémy l'ère de la houille blanche. En effet, quand a été créée en 1873 la Société des établissements Horteur, on ne savait pas encore convertir l'énergie d'une chute d'eau en électricité. Son fondateur, dont le service de diligences Chambéry-Suse était victime de la concurrence ferroviaire nouvellement établie par le tunnel du Fréjus, s'est inspiré des papetiers installés dans le proche Grésivaudan en créant une râperie de bois. Il a équipé par une chute de , portée en 1900 à 250, le ruisseau de la Lescherette descendu de la chaîne de Belledonne. Ayant fait le choix de se placer sur le créneau d'une pâte blanche, de qualité, il s'est approvisionné, pour l'essentiel, en bois de tremble dans les départements bourguignons et franc-comtois par le chemin de fer en gare des Chavannes distante de .. alt=Photo de turbine pelton|vignette|Turbine Pelton. L'affaire a perduré, le camion-grumier remplaçant peu à peu le wagon pour l'approvisionnement. La rente énergétique s'est perpétuée. La principale préoccupation a toujours été de s'assurer une clientèle dans le climat de concurrence des pâtes scandinaves et du plastique. Il a fallu sortir de l'isolement en liant son sort à une clientèle de grande fidélité. Ce furent, dans un premier temps, au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, les Papeteries de Savoie, établies au Bourget-du-Lac avec lesquelles fut conclu un accord de leasing. Quand celles-ci furent contraintes à la fermeture en 1965, le hasard a voulu que les puissantes Cartonneries de La Rochette, en cours de reconversion, aient été intéressées par le rachat de la râperie. Elles en firent une filiale. Las ! Mises en demeure de se conformer aux normes environnementales rigoureuses, les Cartonneries ont préféré abandonner la fabrication polluante de l'emballage en carton ordinaire. En compensation, elles ont décidé de développer la production de cartonnette, à base de pâte blanche, et d'intégrer vers l'amont, la fabrication de la pâte elle-même avec l'objectif très ambitieux de par an. A quoi bon, dans ces conditions, maintenir en service la râperie de Saint-Rémy () dont le matériel était à renouveler ? Celle-ci a donc été fermée en 1968. La commune y a perdu 30 emplois mais le souvenir est resté vif de cette entreprise pionnière dont elle perpétue la mémoire en baptisant sa zone d'activité du nom de François Horteur..
vignette|Johnson Electric a réinvesti les bâtiments en shed des anciennes tréfileries.
Avec la création des Filatures et Tréfileries de la Maurienne s'est ouverte, à la fin du , une autre page de l'histoire industrielle de la commune. Tandis que la main-d'œuvre quasi exclusivement masculine trouvait à s'employer dans les usines électrochimiques de la Basse Maurienne, de nombreuses femmes restaient disponibles pour l'embauche. C'est par le hasard du service militaire que le directeur de la râperie Horteur a rencontré un industriel lyonnais désireux de transférer à la campagne son fonds de guimperie. Cette simple affaire familiale s'est développée à la dimension industrielle et s'est muée en société anonyme avec, bientôt, comme actionnaire principal le Comptoir Lyon-Alemand, spécialiste du travail des métaux précieux. Le recrutement local s'avérant insuffisant, une Maison de famille accueillit une centaine de jeunes filles italiennes recrutées parmi les familles de mineurs lorrains. En 1926, au maximum de leur activité, les Tréfileries employaient et livraient plus de de marchandises..
La reprise des affaires s'est confirmée après la crise des années 1930 et la Seconde Guerre mondiale mais avec un effectif réduit du fait de l'automatisation. Mais à partir de 1962 on a assisté à un rétrécissement inexorable du marché mondial. Les modes avaient changé. Après Vatican II l'Eglise faisait retour à la simplicité dans l'exercice du culte et l'ornementation des édifices ; du fait de la décolonisation se sont fermés des pays comme l'Inde ou le Maghreb amateurs de costumes chamarrés. C'est dans ce contexte de récession structurelle qu'a éclaté la crise de 1968 dont a découlé l'ajustement des salaires de la campagne sur celui des villes. Les dorures Louis Mathieu de Villeurbanne étaient mieux armées pour la concurrence internationale grâce en particulier à une grande intégration verticale de la fonderie des métaux à la tréfilerie et au tissage et à la passementerie. Elles ont fermé leur établissement de Saint-Rémy..
On assiste désormais à un changement d'époque. Les pesanteurs traditionnelles ont cessé de jouer en faveur des communes. C'est à elles qu'il appartient désormais de retenir l'attention des investisseurs par une publicité dynamique, par la mise à disposition de locaux, par la création de zones d'activité bien équipées. C'est un combat perpétuel car les stratégies des entreprises favorisent la mobilité géographique. La chance a d'abord souri à Saint-Rémy car la C.I.T.-Alcatel, peinant à recruter pour son usine d'Aix-les-Bains du fait de la concurrence du thermalisme, s'est montrée intéressée par la disponibilité immédiate des locaux des ex Filatures et par la qualité du personnel féminin. Elle s'est engagée pour 12 ans.Ses espoirs n'ont pas été déçus et elle a pu recruter par des services d'autocars dans toute la Maurienne jusqu'à en 1974. Mais elle n'a pas renouvelé son bail à son expiration en 1980, la commutation électronique rendant obsolète la téléphonie traditionnelle..