Gaston Flosse, né le à Rikitea sur l'île de Mangareva, est un homme politique français actif en Polynésie française.

Membre du RPR et fondateur du Tahoera'a huira'atira en 1977, parti politique polynésien d'inspiration gaulliste, il est maire de Pirae de 1965 à 2000. Il est élu pour la première fois député à l'Assemblée nationale en 1978 et exerce la fonction de secrétaire d'État chargé des Problèmes du Pacifique sud dans le deuxième gouvernement Chirac, de 1986 à 1988. Il est sénateur de 1998 à 2014.

Premier président du gouvernement de la Polynésie française, de 1984 à 1987, Gaston Flosse exerce à nouveau cette fonction de 1991 à 2004, devenant ainsi l'homme fort de cette collectivité française autonome. Il parvient ensuite à revenir brièvement à la tête de la Polynésie française à deux reprises, puis conduit le Tahoera'a aux élections territoriales de 2013, qui lui permettent de redevenir président de la Polynésie française.

Il est déchu de ses mandats électoraux en 2014, après une condamnation définitive dans une affaire d'emplois fictifs, une des nombreuses affaires ayant émaillé sa carrière politique. Par la suite, il est à nouveau condamné et rendu inéligible, tout en restant présent dans le débat public en amorçant un virage souverainiste. Il quitte la présidence de son parti rebaptisé Amuitahiraa o te nuna'a Maohi le . En désaccord avec l'élection de son successeur, il quitte son parti, et créé en octobre le Taho'e tatou.

Situation personnelle Origines et carrière Né d'un père lorrain venu exploiter la perle noire et d'une mère originaire de l'archipel des Gambier, Gaston Flosse voit le jour dans l’archipel des Gambier. Puis en 1938, la famille Flosse s'installe à Tahiti, dans la commune de Pirae. Le jeune Gaston a sept ans et ne parle que le reo mangareva, dialecte parlé sur son île natale..

De l'âge de sept à seize ans, il effectue sa scolarité à l’école des frères de Ploërmel de Papeete, qui est aujourd’hui le collège-lycée La Mennais. Il n'a alors pas le droit d'utiliser une langue polynésienne sous peine de sanction.. Il exerce dans cette école une carrière d’instituteur pendant treize ans avant de se diriger vers le métier d’assureur. C’est à cette occasion qu’il rencontre et noue de solides relations avec quelques riches familles des anciens Établissements français d’Océanie, comme Albert Moux, copropriétaire du quotidien Les Nouvelles de Tahiti, Robert Wan, surnommé « l’empereur de la perle », et Louis Wan, personnalité de la grande distribution, s’occupant également de brasserie, de perle et d’hôtellerie..

Vie privée et familiale vignette|gauche|Gaston Flosse, avec sa compagne Pascale Haiti. Il s’est marié deux fois et a eu neuf enfants, avecJ. Lafitte, St. Taylor, Qui est qui en France ?, 1999, . : Barbara (Viera Joan) Cunningham (1931-2000) en 1950, divorcés avant 1994 Oceania Flash, SPC, « FRENCH POLYNESIA PRESIDENT FLOSSE'S FIRST WIFE DIES », Pacific Islands Report, 02-03/05/2000., 6 enfants : Vera Flosse, agent de voyagesPage de l'agence VAHINETAHITI-TRAVEL.. Joan Flosse, épouse le Édouard Fritch, homme politique et dauphin désigné de Gaston Flosse, qu'il a remplacé comme député de 1986 à 1988 en tant que suppléant pendant son passage au gouvernement, puis qui a été élu député en 2012, il l'avait aussi remplacé à la mairie de Pirae de 2000 à 2008 et est le numéro deux du Tahoera'a huira'atira en tant que président délégué, 3 enfants (Marc Manuarii Fritch, Pamela Fritch, Joan Fritch)Qui est qui… ?, op. cit., .. Reginald Flosse, chef d'entreprise. Jacqueline Flosse, avocate à Papeete., mariée à Daniel Dumont, médecin, ancien directeur du Fare Tama Hau.. Hinareva Flosse. Christina Flosse, gérante de magasin. (Marie-Jeanne) Tonita Mao le , séparés depuis les années 2000, 3 enfants : Cora Flosse, née en 1984, compagne de Vincent Dubois, avocat, sénateur de Polynésie française, 2 enfants. Jacques Flosse, né en 1993, dont le parrain est l'ancien président de la République Jacques Chirac, grand ami de Gaston Flosse.. Katarina Flosse, née en 1997.

Il est franc-maçontavini.e-monsite.com « Polynésie, le système Flosse »], tavini.e-monsite.com, 2005..

Parcours politique 1958-1978 : débuts En 1958, Gaston Flosse rejoint le mouvement de l'avocat Rudy Bambridge, fondateur de l'Union tahitienne démocratique (UTD) affiliée à l'Union pour la nouvelle République (UNR), qui devient le relais local du mouvement gaulliste. Il commence sa carrière politique en 1965 en devenant le premier maire de la commune de Pirae, à Tahiti, un poste qu’il quittera le pour être en conformité avec la loi limitant le cumul des mandats.

Il assiste le , en sa qualité de conseiller du gouvernement polynésien, au premier essai nucléaire français dans le Pacifique aux côtés du général Pierre Billotte, ministre des Outre-mer.

En 1967, il est membre pour la première fois de l'Assemblée territoriale de Polynésie, et sera réélu sans discontinuer depuis, sous la bannière de l’Union tahitienne-Tetahoera’a ma’ohi (UT-UDR), puis de 1977 à 1996, avec le Tahoeraa huiraatira (Rassemblement du Peuple), qu’il fonde quatre ans plus tard. Il en devient le président en 1972 et entre peu après au comité central de l'Union des démocrates pour la République (UDR) et est l'un des pères fondateurs du Rassemblement pour la République (RPR). De cette époque date son amitié avec Jacques Chirac.

1978-1991 : responsabilités nationales Député à partir de 1978, il entre grâce au parrainage de Jacques Chirac à la prestigieuse commission des Finances à l’Assemblée, traditionnellement réservée aux parlementaires aguerris. Élu ensuite député européen, il devient secrétaire d'État chargé du Pacifique sud dans le premier gouvernement de cohabitation (1986-1988).

Il est un initié des secrets politiques et financiers du RPR. Il est par exemple le dernier responsable politique à avoir officiellement rencontré le ministre du Travail Robert Boulin, le .

1991-2005 : président du gouvernement polynésien

En 1984, Gaston Flosse siège au Parlement européen et parallèlement, obtient le premier statut d’autonomie interne de la Polynésie française et devient le premier président du gouvernement polynésien. Ardent défenseur de l’autonomie de la Polynésie, il obtient une autre réforme statutaire en 1996 puis en 2004. Habile négociateur, proche du président de la République Jacques Chirac, il entretient des relations privilégiées avec Paris, dont il use pour financer le développement du territoire et l'évolution de son statut. En 1986, il est chargé du secrétariat du Pacifique sud par Jacques Chirac, alors Premier ministre de François Mitterrand, jusqu’en 1988.

En 1995, Gaston Flosse est confronté à un regain de violences dans la capitale de la Polynésie, Papeete. Les manifestants, soutenus par le mouvement indépendantiste Tavini Huiraatira et les syndicats, protestent contre la reprise des essais nucléaires promise par Jacques Chirac et soutenue par Gaston Flosse. Le centre-ville de Papeete est partiellement détruit et l'aéroport international de Faa'a est également endommagé. L'intervention de la gendarmerie et de la Légion étrangère réussit à apaiser les tensions, et le dernier tir nucléaire a lieu le ..

En janvier 1996, peu après la reprise puis l'arrêt définitif des essais nucléaires dans le Pacifique, il annonce, après un entretien avec Jacques Chirac, devenu président de la République, que l'État versera 990 millions de francs (150 millions d'euros) par an pendant dix ans au territoire pour compenser la disparition des flux financiers engendrés jusque-là par le centre d'expérimentations du Pacifique.

Quelques mois plus tard, il obtient un statut d'autonomie élargi pour le territoire. Sous le gouvernement de Lionel Jospin, les socialistes ne se montrent pas moins généreux : les crédits d'État augmentent de 11 % à partir de 2000. Au lendemain de la réélection de Jacques Chirac, enfin, ce sont 840 millions d'euros qui sont budgétisés pour financer le développement de la Polynésie dans les dix prochaines années. , fait remarquer le président de la République, en juillet 2003, lors de sa tournée dans les territoires du Pacifique sud.

À partir de 1997, des agents de la DGSE sont détachés par Paris pour mettre en place un Service d'études et de documentation (SED), qui est rapidement utilisé à des fins d'espionnage des opposants à Gaston Flosse, ce que confirmera une enquête de la justice française.

Gaston Flosse est élu sénateur le 27 septembre 1998 et réélu le 21 septembre 2008 avec 53,45 % des voix au  tourÉlections sénatoriales de 2008 - résultats en Polynésie française sur le site du Sénat.. Pendant sa longue carrière politique, il a été également élu six fois maire de la commune de Pirae, trois fois président de l’Assemblée territoriale et à quatre reprises député à l’Assemblée nationale. Il est décoré chevalier de l’ordre national du Mérite en et de la Légion d'honneur en . En , il reçoit la grand-croix de l’ordre de Tahiti Nui, qu’il a créée la même année.

Aux élections du 23 mai 2004 pour le renouvellement de l’Assemblée de la Polynésie française, la quasi-totalité de ses opposants forment une coalition politique créée pour la circonstance : l'Union pour la démocratie (UPLD). Sa pratique autoritaire du gouvernement, ses nombreuses mises en examen, sa réforme de statut qui a du mal à être acceptée par l'opinion publique et un système électoral assurant une « prime » aux listes arrivant en tête dans les circonscriptions, provoquent sa défaite. L'indépendantiste Oscar Temaru devient le nouveau président de la Polynésie française. Cette victoire est contestée par Gaston Flosse, qui réussit à réunir une nouvelle majorité à l'Assemblée de la Polynésie et à renverser le gouvernement d'Oscar Temaru, quatre mois après son élection. Dès lors, une lutte de pouvoir commence entre les deux hommes et annonce le début d'une instabilité politique qui dure jusqu'en 2011.

2008 : bref retour au pouvoir avec l'UPLD Devant l'incapacité d'obtenir une majorité durable, l'Assemblée de la Polynésie française procède à des élections anticipées en 2008. Cinq gouvernements se sont succédé depuis les élections de 2004. Lors des élections territoriales de janvier et , le To Tatou Ai'a, dirigé par des dissidents du parti de Gaston Flosse dont le chef est Gaston Tong Sang, remporte le plus grand nombre de sièges à l'Assemblée territoriale. Un accord entre To Tatou Ai'a et l'autre parti de Gaston Flosse, le Tahoera'a huiraatira, semble se dessiner. Cependant, Gaston Flosse forge une alliance avec les indépendantistes sous la bannière d'une Union pour le développement, la stabilité et la paix (UDSP). Il est élu à la présidence de la Polynésie française avec les voix de l'UPLD (indépendantistes). La coalition avec To Tatou Ai'a s'effondre et Oscar Temaru est élu à la présidence de l'Assemblée territoriale avec les voix du Tahoera'a. Considéré comme une trahison politique, Gaston Flosse est exclu de l'UMP..

Le , une nouvelle motion de défiance, déposée par Gaston Tong Sang, est votée par 29 voix sur 57 (les 21 membres du groupe autonomiste et anti-indépendantiste du To Tatou Ai'a, les six élus du tout nouveau groupe Te Mana no te mau Motu (La voix des Archipels) regroupant des « îliens » alliés à Gaston Tong Sang et enfin deux dissidents de la majorité Tahoera'a-UPLD). Comme le veut la réforme statutaire décidée avant les élections territoriales, celle-ci entraîne alors la chute du gouvernement Flosse et l'élection immédiate de Gaston Tong Sang pour lui succéder..

Parallèlement, Gaston Flosse mène une liste conjointe avec l'UPLD Richard Tuheiava pour les élections sénatoriales de , qui les voit être élus tous deux sénateurs.

2008-2012 : mise en retrait provisoire