Jeanne Even (née Jeanne Marie Courtois le à Saïgon en Cochinchine, n° 24, vue 12/27, avec mentions marginales du mariage et du décès. et morte le à ClichyArchives départementales des Hauts-de-Seine, commune de Clichy, année 1950, acte de décès , vue 14/177) est une actrice française, pensionnaire de la Comédie-Française.
Biographie Elle était fille de Marie Charles Courtois, polytechnicien, capitaine à l’état-major particulier du Génie, chef de bataillon du Génie à la direction du Génie en Cochinchine (né à Paris ancien le ), épouse le à Paris Valentine Marie Louise Desquibes (née à Paris ancien le ), et de Valentine Marie Louise Desquibes.
Elle passait des cours à Paris à l’École classique de la rue Charras. Le , Le Rappel écrivit sur les résultats des concours de déclamation et d’opéra-comique de l’École classique de la rue Charras, qui ont lieu sous la présidence d'Édouard Chavagnat : « du concours de déclamation : Comédie (femmes) : accessit Jeanne Even, élève de M. Jolliet. » Au concours du Conservatoire de Paris en 1896, elle obtient un accessit à la tragédie et un accessit à la comédie.
On ne sait pas pourquoi elle s'est appelée Jeanne Even. En raison de son nom de scène, la rumeur a circulé qu'elle était luxembourgeoise et la fille de Jean-Pierre Even (1828-1886), député-maire de Beaufort, qui avait une fille appelée Marie Jeanne Even, née en 1864 à Thionville. Cette rumeur a cependant été rejetée en 2016Pierre Even, « Auf den Spuren einer vergessenen Mimin. War Jeanne Even eine Luxemburger Schauspielerin? » in Luxemburger Wort/Die Warte, 7 juillet 2016..
À Paris, à l’époque, Jeanne Even devint une actrice connue. Depuis 1900, elle jouait au Théâtre de l'Odéon. Le , Le Radical écrivit : « À l’Odéon. M. Ginisty vient d’engager Jeanne Even, la jeune et charmante tragédienne. » Et le , Le Radical écrivit de « Courtois, dite Jeanne Even, de l’Odéon. » Elle jouait également au Théâtre Antoine et au Théâtre Femina, à Paris. De 1911 à 1927, elle était la pensionnaire de la Comédie-Française.
Le , à Paris , a eu lieu le mariage de Jeanne Even avec l'auteur dramatique Eugène Brieux (1858-1932État-civil de la mairie du arr.). Le lendemain, , Le Journal écrivit : « Le mariage de M. Eugène Brieux et de Jeanne Even. Un mariage bien parisien a été célébré, hier matin, à la mairie du arrondissement, celui de M. Eugène Brieux, membre de l’Académie française, et de Jeanne Even, ancienne pensionnaire de la Maison de Molière. Le témoin de l’auteur de ‘Blanchette’ était M. Barthou, vice-président du conseil, et M. Fabre, administrateur de la Comédie-Française, celui de Even. »
Eugène Brieux, depuis 1878, en premières noces, était marié avec Blanche Bricout (1858-1925Le 19 février 1925, Le Figaro écrivit : « Nous apprenons avec un vif regret la mort de Brieux, femme de M. Brieux, de l’Académie française, décédée à Cannes ».). Il est mort le , ayant auprès de lui Jeanne EvenLe 7 décembre 1932, Le Petit Parisien écrivit : « Il rendait le dernier soupir dans les bras de Brieux qui, depuis sa maladie, n’avait pas quitté son chevet »..
Le , Ciné-Comoedia publia « Une lettre de Madame Brieux au producteur du film La Robe rouge ». Le , les aveugles de guerre ont inauguré la plaque à la mémoire de Brieux, leur « grand-père », sur la maison qu’habita Eugène Brieux dans l’avenue Frochot, « en présence de Eugène Brieux, veuve de l’écrivainVoir Comoedia du 26 novembre et 3 décembre 1935. ».
Le , la municipalité de Cannes a honoré la mémoire d’Eugène Brieux en apposant une plaque commémorative sur les murs de la villa « Le Pin qui danse » qu’il habita de 1920 à 1926, et de donner son nom à une rue du quartier de la Croisette, « d’accord avec BrieuxVoir Comoedia du 20 novembre et 12 décembre 1936. ».
Jusqu'à sa mort, Jeanne Brieux-Courtois eut des copyrights pour des œuvres d’Eugène Brieux« Catalog of Copyright Entries » Third Series, Vol. 3, Part 14 A, Number 1 (1949)..
Théâtre Rôles au Théâtre de l'Odéon (e.a.) : Œnone, dans Phèdre de Jean Racine, musique de Jules Massenet, . Fanny, dans Le Luxe des autres, de P. Bourget et H. Amic, . La princesse, dans Résurrection de H. Bataille d'après le roman de Tolstoï, La Saga, dans Les Noces corinthiennes d'Anatole France, . Duprat, dans Poste restante de Serge Basset, . Pauline, dans Polyeucte de Pierre Corneille, . Phoedime, dans Mithridate de Jean Racine, . Rosemont, dans Le Premier Venu de Jean-Baptiste-Charles Vial, . Araminthe, dans Les Ménechmes de Jean-François Regnard, . Arsinoë, dans Le Misanthrope de Molière, . La Douairière, dans Le Roi Galant de Marsolleau et M. Soulié, . Hélène, dans La Déserteuse d’Eugène Brieux et Jean Sigaux, . Gildis, dans Armide et Gildis, de Camille de Sainte-Croix, . Nourrice, dans Hippolyte couronné de Bois, . Mme de Moisand, dans La Souris d’Edmond Pailleron, . Dorothée, dans Don Juan d'Autriche de Casimir Delavigne, . Renaude, dans L'Arlésienne d'Alphonse Daudet, musique de Georges Bizet, . La comtesse, dans Les Plaideurs de Jean Racine, . Euryclée, dans Endymion d'Achille Richard, . Herminie, dans Le Jeu des ans et de l’amour d’Adolphe Aderer et Armand Éphraïm, . Nancy, dans Biribi de Georges Darien et Lauras, .
Rôles au Théâtre Antoine : Hardouin, dans Le Bluff de Georges Thurner, . Lydie Ivanovna, dans Anna Karénine d’après Léon Tolstoï, adaptation d'Edmond Guiraud, . Baudricourt, dans La Sacrifiée de Gaston Devore, . Letison, dans Monsieur Codomat de Tristan Bernard, . Mistress Brent, dans Sherlock Holmes d’après Arthur Conan Doyle et William Gillette, adaptation de Pierre Decourcelle, . Rosemonde, dans Ubu roi d'Alfred Jarry, . de Blaye, dans Répudiée de Louise Dartigue, . Clergeot, dans L’Oreille fendue de Lucien Népoty, . Julia, dans Master Bob, gagnant du derby d'Henry de Brisay et Marcel Lauras, . Catherine Archer, dans 1812 de Gabriel Nigond, . Esselin, dans La Bête d’Edmond Fleg, .
Rôles au Théatre Fémina (Paris) : Turpin, dans Les Jumeaux de Brighton de Tristan Bernard, .
Rôles à la Comédie-Française : Cléone dans Andromaque de Jean Racine, 1911 (et 1912, 1913, 1915, 1919, 1920, 1921, 1923). Doris dans Iphigénie de Jean Racine, 1911 (et 1912, 1920, 1921). Comtesse dans Les Plaideurs de Jean Racine, 1911 (et 1922, 1923). Œnone dans Phèdre de Jean Racine, 1911 (et 1912, 1913, 1917, 1920, 1921, 1922, 1923, 1924). Marceline dans Le Mariage de Figaro de Beaumarchais, 1912 (et 1913, 1915, 1920, 1922, 1923, 1924, 1926). Clara, dans Antony d’Alexandre Dumas, . Phoedime dans Mithridate de Jean Racine, 1912 (et 1913, 1918, 1920, 1921, 1923, 1924, 1926). Albine dans Britannicus de Jean Racine, 1912 (et 1918, 1919, 1920, 1921, 1922, 1923, 1924, 1926). Claudine, dans Yvonic de Paul Ferrier et Jeanne Paul-Ferrier, . de Plessans, dans La Marche nuptiale d'Henry Bataille, . Panope dans Phèdre de Jean Racine, 1914 (et 1917, 1918, 1919, 1920, 1921, 1922, 1923). Céphise dans Andromaque Jean Racine, 1914 (et 1918, 1919, 1920, 1921, 1922). La nourrice, dans Sophonisbe d’Alfred Poizat, 1914. Hubert, dans Le Prince charmant de Tristan Bernard, de Sotenville dans Georges Dandin de Molière, 1916 (et 1917, 1918, 1919, 1920, 1921, 1922, 1925). Egine dans Iphigénie de Jean Racine, 1917. Lepic, dans Poil de carotte de Jules Renard, . Anna, dans Les Sœurs d’amour d'Henry Bataille, . Lady Montaigu, dans Juliette et Roméo d’André Rivoire, d’après William Shakespeare et Luigi da Porto, . Clotho, dans La Mort enchainée de Maurice Magre, . Chadeaux, dans Maman Colibri de Henry Bataille, . Vagret, dans La Robe rouge d’Eugène Brieux, . Dame Pluche, dans On ne badine pas avec l'amour d’Alfred de Musset, . Michonneau, dans Vautrin d’Edmond Guiraud, d’après Honoré de Balzac, . La Baronne de Sainte-Hermine, dans L’amour veille de Gaston Arman de Caillavet et Robert de Flers, . Dona Primitiva, dans Le Chevalier de Colomb de François Porché, . Claire de Maurevers, dans L’Ivresse du sage de François de Curel, . La Marquise, dans Le Député de Bombignac d’Alexandre Bisson, . Phénice dans Mithridate de Jean Racine, 1923. La tante Thérèse, dans Le Carnaval des enfants de Saint-Georges de Bouhélier, . Lecointe, dans Poliche d'Henry Bataille, . Claudine, dans La Dépositaire d’Edmond Sée, . Berthe, dans Hedda Gabler d’Henrik Ibsen, . Une mère, dans Alkestis de Georges Rivollet, d’après Euripide, .
Autres rôles : En été 1908, à l’abbaye de Saint-Wandrille, Jeanne Even joua Geneviève dans Pelléas et Mélisande de Maurice Maeterlinck. Il semble qu'à l'été 1915, dans le même lieu, elle jouait encore Geneviève dans le film muet Pelléas et Mélisande réalisé par Gustave Labruyère. Le , à la Halle-aux-Draps de Tournai, Jeanne Even joua Stratonice dans Polyeucte de Pierre Corneille. Le , à l’Alhambra à Orléans, elle jouait le rôle de Renaude dans L’Arlésienne, d’Alphonse Daudet et Georges BizetJournal du Loiret, année, du 11 mai 1918..
Filmographie Entre 1917 et 1924, Jeanne Even, en partie sous le nom de Jane Even, participait, comme actrice de cinéma, dans les films suivants : 1917 : Le Dédale de Jean Kemm : Vilard-Duval. 1917 : Par la vérité de Maurice de Féraudy et Gaston Leprieur. 1918 : La Route du devoir de Georges Monca : Mademoiselle Laroche. 1920 : Le Penseur de Léon Poirier : grand-mère Dartigue 1922 : La Ferme du Choquart de Jean Kemm : veuve Paluel, une fermière. 1924 : Violettes impériales de Henry Roussel : comtesse de Saint-Affremond.
Notes et références
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