Josemaría Escrivá (de son nom complet José María Julián Mariano Escrivá Albás), né le à Barbastro (province de Huesca en Espagne) et mort le à Rome, est le fondateur de l'Opus Dei (Œuvre de Dieu en latin), une prélature personnelle de l'Église catholique. Il est canonisé par le .
En prêchant l'appel universel à la sainteté et à l'apostolat, Josémaría est un précurseur du concile Vatican II. Le cardinal Jean-Marie Lustiger voit en lui « une de ces figures qui traversent les siècles et révèlent, d’une certaine façon, à l’observateur qui sait voir, ce que l’Esprit est en train de faire dans son Église. L’œuvre précise à laquelle la Providence a appelé le bienheureux Josémaría porte sur un de ces messages : mettre en œuvre l’appel à la sainteté de tout le peuple chrétien »..
L'Église catholique célèbre saint Josemaría Escrivá le .
Enfance et formation gauche|thumb|La maison natale de Josemaría Escrivá. Il est le second d'une fratrie de et sœurs : Carmen (1899-1957), trois sœurs plus jeunes que lui, Maria Asuncion, (1905) Maria Dolores (1907) et Maria Rosario, 1909 et son jeune frère cadet, Santiago (1919). Entre 1910 et la fin de 1913, ses trois jeunes sœurs benjamines décèdent. La famille est profondément chrétienne.. Son père José Escrivá tient un commerce textile avec deux associés. Sa mère, María Dolores Albás Blanc, avant-dernière de , a des ancêtres français, en Narbonnaise..
La vie à Barbastro est heureuse, au milieu de ces deuils. Les Escrivá vivent leur foi avec sérénité. Les deux enfants qui restent, en attendant le jeune Santiago, reçoivent une excellente éducation dans des écoles catholiques de Barbastro. Son père est estimé dans cette petite ville, où il est généreux avec les pauvres et les indigentsIl encourageait ses employés à participer à des exercices spirituels, et venait facilement en aide, par des aumônes généreuses, à ceux qui lui en faisaient la demande. ( Cuadernos del Centro de Documentación y Estudios Josemaría Escrivá de Balaguer (Separata del Anuario de Hª de la Iglesia), num. 2, (1998), , note 13). Il participe à des rencontres où on échange sur la doctrine sociale de l'Église catholiqueIl aurait été de ceux, qui à la demande de l'évêque du lieu, Isidro Baldia, avaient mis sur pied le Centre Catholique de Barbastro. (voir note 27, Cuadernos del Centro de Documentación y Estudios Josemaría Escrivá de Balaguer (Separata del Anuario de Hª de la Iglesia), num. 2, (1998), ). Il travaille dans une entreprise commerciale de tissus qu'il opère avec deux associés. En 1915, son commerce fait faillite et la famille doit s'installer à Logroño. Le père travaille alors comme simple employé dans un magasin..
Vers l'âge de 15 ou 16 ans, il décide de devenir prêtre. Il raconta plus tard : « Quelle fut l'origine de ma vocation sacerdotale ? — Quelque chose d'apparemment futile : la trace des pieds nus d'un carme sur la neige. » Il expliqua qu'en songeant au sacrifice de ce religieux par amour de Dieu, il se demanda ce qu'il faisait lui-même pour le Seigneur, et commença à pressentir un appel.
Après avoir obtenu la bénédiction et l'encouragement de son père, il entre au séminaire et étudie d'abord à Logrono, puis à Saragosse. où il effectue les trois années de la licence en théologie, terminées avec de bonnes notes. Après avoir reçu la tonsure, première étape vers l'ordination, il est nommé supérieur du séminaire. Son rôle est de guider les autres séminaristes dans une conduite propre de la vie cléricale. Tout ce temps, Josémaria est conscient que Dieu le veut prêtre sans en savoir tout à fait la raison. Il prie quotidiennement la Vierge du Pilier (de la cathédrale de Saragosse), de lui faire voir ce que Dieu attend de lui. Son père meurt en . Il est ordonné diacre à Saragosse le samedi , et prêtre le .
Sa vie avant de devenir prêtre En plus de ses études au séminaire de Saragosse, il termine ses études de théologie avec de bonnes qualificationsCollectif, Diccionario de S. Josemaria Escriva de Balaguer, Editorial Monte Carmelo, Burgos, 2013, Voz Estudios de y titulos academicos de San Josemaria, p. 462.. En même temps, Josémaria suit des cours de droit civil, avec l'approbation des directeurs du séminaire. Le climat politique s'envenime et rend l'exercice de la vie chrétienne plus difficile. Ainsi, le cardinal Soldevilla est assassiné en pleine rue, criblé de balles.
La fondation de l'Opus Dei
thumb|200px|Armoiries ecclésiastiques de Josemaría Escrivá. D'après les biographies ou œuvres écrites par des membres de l'Opus Dei tels que : Michele Dolz, lui-même prêtre, professeur d’histoire de l’Art Chrétien à l’Université pontificale de la Sainte-Croix à Rome qui a écrit « Saint Josémaría Escrivá »., éditée à la maison d'édition Le Laurier, François Gondrand, qui est l'auteur du livre Au pas de Dieu , Andrés Vazquez de Prada, le biographe de Josémaría Escrivá, (la biographie de Vazquez de Prada 1997 reprend la substance du quatrième volume de la Positio Biografia Documentata de 1988.. Amadeo de Fuenmayor Champin qui est l'auteur d'ouvrages sur l'Opus Dei a été également collaborateur de la Biographa Documentata, Dominique Le Tourneau, auteur de L’Opus Dei, Presses universitaires de France,
l'histoire de la fondation se déclinerait dans le contexte suivant :
Ordonné prêtre le , puis nommé dans une paroisse rurale proche de Saragosse, il s'installe en 1927 à Madrid. C’est en 1927 que Josémaría Escrivá se rend à Madrid pour son doctorat en droit civil, lequel se préparait alors à l’Université centrale. Il pensait qu’en se trouvant dans la capitale de l’Espagne, il pourrait également mieux accomplir ce que Dieu voulait de lui. Il s’installe rue Larra, dans une résidence pour prêtres, dirigée par les sœurs apostoliques du Sacré-Cœur.
De 1927 à 1931, Escrivá est premier aumônier de cette Fondation. L’Église catholique enseigne que grâce à leurs souffrances, les malades et les pauvres aident Dieu dans la co-rédemption du monde. C’est pourquoi Josémaría dira que l’Opus Dei est le fruit des prières et des souffrances des malades pour qui il consacra beaucoup de ses efforts en cette période.
Les comptes rendus d'activité sacerdotale que le prêtre devait fournir à ses supérieurs, établissent qu'à la Fondation des malades en 1928, plus de se confessèrent, l’extrême-onction fut administrée à 483 moribonds ; sont célébrés, ainsi que 147 baptêmes. L’auteur précise : « Les statistiques parlent d’elles-mêmes, d’autant que préparer au mariage religieux des personnes vivant depuis longtemps en situation irrégulière, ou obtenir que des gens éloignés de l’Église se décident à se confesser, demandait plus d’une visite de persuasion et d’opiniâtreté chrétienne, que les chiffres ne peuvent refléter ». « Ses années d’aumônerie à la Fondation des malades furent des années de travail éprouvantes, aux limites de sa résistance physique, ainsi que de son estomac, car très souvent la seule chose qu’il pouvait donner aux mendiants qui lui demandaient l’aumône dans la rue était le sandwich de son déjeuner » .
C'est donc à Madrid qu'il fonde l'Opus Dei (« Œuvre de Dieu ») le au cours d'une retraite au couvent des missionnaires de saint Vincent de Paul. Josémaria commence dès lors à réunir autour de lui des jeunes gens et des prêtres. Le blé tarde à lever ; pendant les premières années, l'Œuvre progresse lentement, le jeune prêtre tendant surtout à se remettre en contact avec ses anciens compagnons de cours et avec des prêtres qu'il connait.
Le plus ancien document conservé sur l'épisode de la fondation de l'Opus Dei est une note manuscrite rédigée par Escrivá en 1931 : Il y a trois ans jour pour jour que, dans le couvent des missionnaires de saint Vincent de Paul, je mis un certain ordre dans les notes éparses que je prenais jusqu'alors (j'ai reçu à ce moment l'illumination sur l'ensemble de l'Œuvre pendant que je lisais ces papiers. Ému, je me suis agenouillé , j'ai remercié le Seigneur et je me rappelle avec émotion le carillon des cloches de la paroisse Notre-Dame-des-Anges). Depuis ce jour-là, l'âne galeux s'est rendu compte de la belle et lourde charge que le Seigneur, dans sa bonté inexplicable, avait mise sur ses épaules. Ce jour-là, le Seigneur a fondé son Œuvre : dès lors, j'ai commencé à fréquenter des laïcs, étudiants ou non, mais jeunes. Et à former des groupes. Et à prier et à faire prier. Et à souffrirCité dans A de Fuenamyor, V. Gómez-Iglesias, J. L. Illanes, L'itinéraire juridique de l'Opus Dei, Paris, Desclée, 1992 , .…
Un autre passage cité dans A. Vázquez de Prada explique la finalité de cette fondation : Nous sommes venus dire, avec l’humilité de celui qui se sait pécheur et peu de chose – homo peccator sum (Lc 5,8), disons-nous avec Pierre, – mais avec la foi de celui qui se laisse guider par la main de Dieu, que la sainteté n’est pas affaire de privilégiés : que le Seigneur nous appelle tous, que de tous il attend de l’Amour, de tous, où qu’ils se trouvent, de tous, quel que soit leur état, leur profession ou leur métier. Car cette vie courante, ordinaire, sans éclat, peut être un moyen de sainteté : il n’est pas nécessaire d’abandonner son état dans le monde, pour chercher Dieu, si le Seigneur ne donne pas la vocation religieuse à une âme, car tous les chemins peuvent être l’occasion d’une rencontre avec le Christ.
Il s’agit donc de promouvoir ce qui sera appelé, lors du concile Vatican II, « l’appel universel à la sainteté ». Les membres de l’Opus Dei devront mettre leur vie au service de la diffusion de cet appel, en s’efforçant de faire d’abord de leur propre vie courante « une prière continuelle », comme le dit Escrivá dans la même lettre de 1930.
Tout en assumant les charges pastorales qui lui sont confiées par son évêque, Josémaría Escrivá travaille en solitaire au développement de sa fondation. Il contacte des personnes de sa connaissance, ou recommandées par des amis, et accueille les premières vocations à l'Opus Dei au début des années 1930. Le nom « Opus Dei » lui est suggéré en , par son directeur spirituel, le Père Sanchez, s.j. Dans l'esprit du fondateur, ce nom signifie que l'initiative de cette fondation ne vient pas de lui, mais de Dieu. Il synthétise en même temps la théologie de la sanctification du travail promue par l'Opus Dei : faire de tout travail humain, de toute tâche, une « œuvre de Dieu » toujours selon Andrés Vázquez de Prada.
En 1939, on trouve des traces d'une petite organisation structurée.. Le jeune prêtre présente la réalité de la sainteté dans le quotidien à toutes sortes de gens.
Le , les trois premiers prêtres de l’Opus Dei sont ordonnés par l'archevêque de Madrid.. Il s'agit d'Alvaro del Portillo (qui lui succédera à la tête de l'Opus Dei en 1975), l'abbé José María Hernández Garnica, et de l'abbé Joseph Muzquiz.
Constantino Anchel. (docteur de théologie de l'université de Navarre 1979 – Enquêteur du Centre de Documentation et d'Étude sur Josemaría Escrivá.) qui a recensé le troisième volume de l'œuvre de Prada dans Scripta theologica. écrit : « avec le travail de Prada se clôt une époque dans les biographies d'Escrivá et s'ouvre le temps des monographies spécialisées ».
Études de Saint Josemaría Jeune prêtre, l'abbé Escriva songe à des études supérieures qui lui seront utiles pour ce que Dieu veut de lui. Au début, il pense au droit canon, mais il fonde aussi l'Opus Dei en 1928, doit interrompre ses études pendant la guerre civile espagnole, poursuivant son projet ensuite parmi des événements qui lui demandent beaucoup d'attention.
Les années 1930