La Comtesse sanglante est un roman de Valentine Penrose publié en 1962. Ce texte, inspiré par la retranscription de son procès, retrace la vie d'Erzsébeth de Bathory, comtesse hongroise du . Elle y relate, de façon macabre et en mêlant le réel et l'imaginaire, les meurtres de jeunes filles auxquels Erzsébeth Báthory a pris part et dont elle a été l'instigatrice..
Résumé partiel
Début du roman Le début du roman retrace tout l’historique d’Erzsébet Bathory en tant que femme, mais également celle de sa famille et de ses ancêtres qui l’ont précédée. Entre autres, Il est question de cette longue lignée familiale venue de la Transylvanie et de la Hongrie. Valentine Penrose fait référence à une des branches de la famille des Bathory, celle des Ecsed, comme étant « tarés, cruels et luxurieux, fantasques et courageux ». Le roman met également en scène, Ferencz, son mari, qui est très respecté à travers toute la Hongrie pour ses exploits politiques. On évoque également sa belle-mère, Orsolya, qui veut fait d’Erzsébet une dame aussi respectée avec des protocoles qui l’étouffent et qui semblent l’isoler au fil du temps. L’histoire nous introduit également à l’entourage d’Erzsébet ainsi que son mode de vie au quotidien.
Chapitre 1 L’auteur nous présente une perception historique sur Erzsébet Bathory : d’où elle vient, qui elle est, de qui elle descend. Il est décrit qu’elle a environ 25 ans, même si on ne connaît pas son âge exact. Elle aurait teint ses cheveux en blond, alors que ses cheveux sont châtains noirs. Penrose évoque également que c’était une époque qui était déjà en mauvais état avec les assassinats de rois, reines et la royauté en général. Cependant, ce n’était pas le cas avec Erzsébet à cause des circonstances ésotériques qui entoureraient la comtesse. Bien qu’il ne soit pas tout de suite question de son mari, il est déjà évoqué qu’il aurait probablement peur d’elle et de son teint de vampire. La question des astres semblent très importants pour expliquer les circonstances de sa naissance.
Chapitre 2 Il est question de l’historique des croyances de la Hongrie dans ces temps-là. Erzsébet a une sorcière qui est à son service et elle, elle serait le vampire. Penrose évoque Jean Le Laboureur, qui écrit sur ses voyages dans les pays de l’Europe de l’Est en les décrivant avec beaucoup de violence dans certains petits villages et beaucoup de légendes sur les vampires. Il est également question des réformes religieuses de Martin Luther et de l’opposition entre la religion catholique et protestante. Le chapitre se clôture sur la Hongrie du siècle qui est encore dans un système féodal.
Chapitre 3 Dans ce troisième chapitre, il est question des châteaux de la Hongrie ainsi que de la vie de son mari, Nadasdy. Il est expliqué pourquoi le château de Csejthe est son préféré : parce qu’il étouffe les bruits, qu’il a des allures sauvages, lugubres et que les salles sont basses. On parle également de comment les caves des châteaux étaient toujours immenses et qu’ils étaient surtout utilisés comme celliers. Quant au mari d’Erzsébet, il se soucie peu de ce que peut faire sa femme de ses servantes. Après l’historique familial d’Erzsébet, il est question de celui de Nadasdy et surtout, de sa mère Orsolya, qui semble étouffer la comtesse. Erzsébet ne l’apprécie pas vraiment parce qu’elle ne se sent pas aussi libre que chez elle. L’auteur fait également un contraste avec la famille d’Erzsébett avec sa lignée tourmentée.
Chapitre 4 Après la vie avant et après le mariage, il est question de sa vie pendant. L’union de la comtesse et Ferencz n’est pas très extraordinaire et il y a peu de documentations sur le sujet. Il est seulement mentionné que ce sont les deux familles les plus influentes de la Hongrie. Erzsébet s’ennuie de son château de Csejthe et sa belle-mère est toujours sur ses talons. Elle s’ennuie lorsque son mari est absent et elle décide de se trouver d’autres occupations avec les servantes. On y mentionne pour la première fois Dorko, qui est son valet. Il est décrit comme un gnome, laid. Il est capable de faire entrer les filles dans le château sans problème et il le fait pour se venger des gens qui se moquaient de sa laideur. Il est également mention de son autre grande complice, Jo Ilona, qui est méchante et laide, selon les dires. Ce chapitre marque également la mort de Ferencz et les premiers soupçons de Ponikenus qui a tenté une première fois de mettre la lumière sur ces événements. Cependant, il ne nuit plus à Erzsébet jusqu’au procès.
Milieu du roman Après la mort de son mari, c’est à ce moment que les choses commencent à devenir plus sombres. Si les rumeurs entourant Erzsébet courent déjà à travers les régions qu’elle visite, les choses ne s’améliorent pas pour elle. La Comtesse démontre davantage de fermeté envers son personnel et elle développe cette obsession de rester jeune et de garder son teint de jeunesse. Valentine Penrose décrit ensuite les châteaux et l’ambiance sombre qui y régnait, tout en accentuant l’obsession d’Erzsébet envers les jeunes filles ainsi que son désir de vengeance contre elles à cause de leur beauté et leur jeunesse.
Chapitre 5 Pour la première fois du roman, Penrose mentionne finalement la légende à propos des bains de sang et des grands banquets d’Ezsrébet. Il est montré dans ce chapitre qu’elle est de plus en plus dure avec son personnel. C’est également le début de la mention de l’obsession de rester jeune et toute la question de la jeunesse dans la vie de la comtesse. Il y a également des témoignages historiques qui n’ont aucune référence.
Chapitre 6 On met l’accent sur la description du château avec l’ambiance et les peintures qui s’y trouvent. L’obsession d’Erzsébet envers les jeunes femmes pour leur beauté et leur jeunesse est encore plus intense et se poursuit tout au long de ce chapitre.
Chapitre 7 L'auteure parle de la force dynamisante originelle d'Eros. Elle mentionne plusieurs pierres précieuses, plantes et objets insolites, leurs fonctions de sorcellerie ou de guérison, de Prague à Vienne en passant par l'Orient dont l`amulette en forme de serpent que possède Erzsébet Báthory. La fille aînée de la comtesse, Anna, se marie à la suite de la mort de son père et son autre fille, Katherine, se fiance à un grand seigneur. La comtesse continue ses exercices de torture dans sa carriole-même, en chemin vers des villes, avec l'aide de ses servantes fidèles dans la cruauté. La comtesse se rend à Presbourg et est accueillie par des chants du peuple fasciné alors que ses servantes lui trouvent de nouvelles proies et de nouveaux terriers.
Chapitre 8 La routine de la comtesse débute sur une chasse après un petit-déjeuner. Judith Thurzò épouse un seigneur de Haute-Hongrie et la comtesse est invitée par György Thurzò aux festivités et commence à douter des accusations qui sont formulées au sujet de la comtesse. Sur le chemin de retour à Bisce, la comtesse s'en prend dans la calèche à une nouvelle victime par le moyen de la morsure. Les rumeurs s'accentuent ainsi dans les villages de la Haute-Hongrie. À Pistyàn, Erzsébet prend un bain d'eaux et de boues chaudes pour soigner ses maux et maintenir sa jeune splendeur. Sa fille, Anna, et son époux, expriment le souhait de se baigner à Pistyàn. Ils sont invités par la comtesse, qui reste embarrassée de cet imprévu. Cette fois-ci, Dorkò a plus de difficultés à trouver des fosses pour les nouvelles victimes décédées de la comtesse.
Fin du roman Chapitre 9 La révolte éclate en Hongrie et menace la comtesse ainsi que sa descendance. Sa vie dans son château de Csejthe devient de plus en plus ardue et elle passe son temps à demander et chercher de l'argent autour d'elle. Petit à petit, ses crimes évoluent de châtiment en torture dont la fin est en elle-même la torture et la mort. C'est une nouvelle magicienne, Darvulia, qui initie la comtesse à toutes les cruautés qui s'ensuivent. À la suite d'une visite au duc de Brunswick, Erzsébet commande une «vierge de fer », nouvel instrument de torture, à l'horloger de Dolna Krupa. Mais la comtesse finit par s'en lasser car cette machine cruelle faisait tout le travail qui lui était destiné.
Chapitre 10 L'auteure compare Gilles de Rai et Erzsébet Báthory qui se ressemblent à plusieurs niveaux et surtout à travers la difficulté qu'ils ont eue, vers la fin de leurs ravages, à trouver des victimes à leur goût. L’un des éléments qui les distingue est le procédé du procès de chacun. Une autre différence est la sauvagerie qui imprègne Erzsébet et le silence qu'elle maintient au sein de son exercice de torture.
Chapitre 11 La comtesse cherche à remédier aux premiers signes de la vieillesse qui s'imposent à son corps avec la sorcière Majorova. Les nouvelles victimes de la comtesse doivent à présent être de sang noble. 25 filles meurent en moins d'une semaine. Erzsébet redoute Noël qui approche et demande à la sorcière de lui concocter un gâteau pour lancer un maléfice contre ceux qui la poursuivent, entre autres le roi Mathias et Thurzò. Cependant, à Noël, personne ne touche à la pâtisserie. Après Noël, le parlement s'occupe de l'affaire des accusations adressées à la comtesse. L'une de ses dernières victimes, Doricza, est retrouvée par Thurzò qui refuse pourtant de faire parler la comtesse dans son procès. Le procès donne la parole à ceux qui ont participé directement ou indirectement au crime et conduit à leur exécution. Quant à Erzsébet, elle est condamnée à la prison dans sa demeure de Csejthe pour conserver l'honneur de cette famille. Elle meurt finalement le .
Contexte historique Contexte historique de la Hongrie féodale vignette|Ruines du château de Čachtice. La Hongrie féodale () était une époque de chaos. Les divisions internes, se manifestant en guerres, la recherche permanente du pouvoir entre les différents groupes ethniques et les rapports difficiles entre nobles et villageois constituent l’état d’esprit dans lequel plusieurs personnages historiques ont baigné depuis l’enfance. C’est le cas d’Erzsébet Báthory, comtesse de Cjsethe. Cette figure est une des représentantes et descendantes de l’une des plus illustres famille de Transylvanie. Celle-ci a, dans ses ancêtres, des princes et d’autres gens d’importances, dont la réputation les précède : « Zsigmond qu’on a vu montrer sur le trône [de Transylvanie] et le perdre cinq fois fut vilipendé à cause de son inconstance; le jeune et séduisant Gabor à cause de ses frasques. » Ces différents éléments contextuels et familiaux ont sûrement inspiré Valentine Penrose lors de l’écriture de son roman, puisqu’elle en fait la démonstration dans son œuvre, dès les premières pages qui agissent à titre de « prologue »..
Contexte géopolitique La Hongrie du est en guerre interne : les Ottomans, sous l’égide de Soliman , règnent sur la Hongrie, alors que la famille royale des Habsbourg, sous le commandement de Ferdinand , et János Szapolyai (qui deviendra, à la suite de l’adhésion de la Transylvanie à la Hongrie, Jean de Hongrie), prince de la Transylvanie, tentent de conquérir une partie du territoire qu’ils détiennent.
En 1535, Jean de Hongrie tente de réunifier les différents royaumes qui organisent le pays, en proposant un traité de paix. En 1538, il fait une entente secrète avec Ferdinand , en signant le « Traité secret de Varád ». Cependant, cela n’empêche par les deux hommes de vouloir s’attirer les faveurs de Soliman , pour consolider leurs alliances respectives. En effet, Jean de Hongrie se rapproche énormément du sultan, empêchant la famille royale des Habsbourg d’établir un lien privilégié avec celui-ci. Dix jours avant sa mort, Jean de Hongrie contrevient au Traité secret de Varád et conclu une alliance avec le sultan, permettant à sa femme et à son fils, Jean II de Hongrie, une certaine sécurité face à Ferdinand .