Le bas-relief hittite de Karabel est situé, en Turquie, sur le col du même nom entre Torbalı et Kemalpaşa, à environ 25 km à l'est d'Izmir et à au sud-est de Kemalpaşa. Ce col permet de passer la vallée du Gediz (Hermos dans l'Antiquité) à celle du Küçük Menderes (Caystre dans l'Antiquité).
Localisation
Jusqu'au renouvellement de la route du col entre 1977 et 1982, le site se composait de quatre parties, deux bas-reliefs (Karabel A et B) et deux inscriptions (Karabel C1 et C2 ). À l'exception de Karabel A, les autres parties ont été détruites. Le relief Karabel A, d'une dimension de 1,5 x 2,5 mètres, montre un homme en armes marchant vers la droite tenant un arc dans sa main droite et une lance dans sa main gauche. Au-dessus du bras gauche, se trouvent des hiéroglyphes louvites en bas-relief. En mars 2019, notamment, le monument a été vandalisé, la partie inférieure du bas-relief a été particulièrement endommagée.
vignette|redresse|Plan des reliefs de Karabel d'après
Historique de la recherche
Dans l'Antiquité
gauche|vignette| Dessin de Charles Texier
Hérodote relate, dans son deuxième livre, les coutumes du peuple égyptien et des gestes des pharaons, parmi lesquels, le pharaon Sesostris joue un rôle proéminent. Selon Hérodote, ce roi a entrepris de vastes conquêtes, laissant derrière lui des monuments de victoire dans des pays lointains, comme en Anatolie occidentale sur la route de Sardes à Smyrne (aujourd'hui Izmir). Hérodote décrit le monument ainsi comme étant une représentation du pharaon égyptien Sesostris :
Ce passage montre, entre autres, que dès le temps d'Hérodote, pater historiae (Père de l'Histoire) selon Cicéron, la civilisation hittite avait déjà été oubliée et la présence de hiéroglyphes suffisait pour attribuer des vestiges à la civilisation égyptienne.
Époque moderne
Charles Texier visita le relief en 1839 mais ne publia un dessin que vingt ans plus tard, en 1862Charles Texier. Asie mineure: description géographique, historique et archéologique des provinces et des villes de la Chersonnèse d'Asie. Didot frères, 1862. Le monument était déjà connu puisque par l'intermédiaire de Alexander von Humboldt, un dessin du monument était transmis à Karl Richard Lepsius, dont il fit le compte rendu en 1840 à Berlin. Ces deux savants adhéraient à l'interprétation d'Hérodote et à l'origine égyptienne du monument. Heinrich Kiepert a été le premier à proposer une autre interprétation en 1843, en comparant Karabel aux reliefs de Yazılıkaya, à côté de Boğazkale.
Interprétation
Selon les dernières découvertes, le relief représente Tarkašnawa, le roi du royaume de Mira de l'époque de l'Empire hittite (). Dans un article publié en 1998, John David Hawkins translittère l'inscription en hiéroglyphes ainsi :
vignette|droite|redresse|alt="Dessin du relief"|Dessin de Karabel d'après les publications de et
gauche|vignette| Bas-relief du roi du , Tarkašnawa, après les dommages de 2019
1. (sinistroverse) REX TARKASNA-wa/i REX mi+ra/i-a 2. (dextroverse) AVISx-li? REX mi+ra/i-a REGIO [INFANS] 3. (sinistroverse) [... ]x REX mi+ra/i-a REGIO NEPOS
John David Hawkins traduit ainsi l'inscription : (1) (King) Tarkasnawa, king of <the land> Mira, (2) [son] of BIRD-li(?), king of the land Mira, (3) grandson of [ ... ], king of the land Mira.
À sa suite, on peut traduire l'inscription ainsi en français : (1) (Roi) Tarkasnawa, roi [du royaume de] Mira (2) [Fils] de BIRD-li(?), roi du royaume de Mira (3) Petis-fils de [ ... ], roi du royaume de Mira
Toujours d'après J. D. Hawkins, le sceau en argent appelé Tarkondemos vient de Tarkašnawa ainsi que d'autres empreintes de sceaux trouvées dans la capitale hittite Ḫattuša
Notes et références
Annexes
Articles connexes
Tarkašnawa Lettre Milawata Tudhaliya IV
Bibliographie
Liens externes
Hittite Monuments. Karabel Reliefs
Catégorie:Inscription en louvite Catégorie:XIIIe siècle av. J.-C. Catégorie:Sculpture du Proche-Orient ancien