Le Mirage 2000 est un avion de chasse conçu par la société française Dassault Aviation, à la fin des années 1970. Bien que la formule à ailes delta fasse penser au des années 1960 et que le soit de taille comparable, il s'agit en fait d'un avion entièrement nouveau. Il dispose d'une surface alaire plus importante, naturellement instable afin d'améliorer sa manœuvrabilité, et il est équipé de commandes de vol électriques. Mis en service en 1984, le est principalement utilisé par l'Armée de l'air française qui en a reçu , tandis que ont été exportés vers huit pays différents. La production du Mirage 2000 s’arrête en 2007 après 612 appareils produits.

Conception En 1972, l'Armée de l'air française lance le programme Avion de combat futur (ACF) pour lequel elle demande un avion biréacteur doté de Snecma M53 et avec une aile fixe, destiné à des missions de supériorité aérienne. Tout en préparant une réponse à cet appel d'offres, le constructeur Dassault Aviation lance dès l'année suivante, sur fonds propres, l'étude d'un avion monoréacteur à ailes delta baptisé . Le , le programme ACF est arrêté, pour des questions de coûts, et le gouvernement décide d'adopter à la place le projet du Delta 2000. vignette|Cockpit du .

Quatre prototypes d'un avion de chasse monoplace () sont commandés officiellement en 1976 :

Le Mirage 2000-01 fait son vol inaugural le , piloté par Jean Coureau. À l'issue des premiers vols d'essais, plusieurs modifications s'avèrent nécessaires afin d'améliorer l'aérodynamisme de l'avion, la plus visible étant la modification de la dérive. L'avion est transféré au CEV devenu le DGA Essais en vol le et restera utilisé pour différents essais jusqu'en 1988.

Le Mirage 2000-02 fait son vol inaugural le , avec diverses modifications et équipements supplémentaires. Il doit notamment réaliser les essais d'emport et de tir ou largage des charges externes, et commencer les tests de ravitaillement en vol. L'avion est transféré au CEV le . À la fin d'un vol d'essai, le , un problème de carburant provoque l'extinction du moteur et le pilote doit s'éjecter. Le prototype est totalement détruit lors du crash.

Le Mirage 2000-03 fait son vol inaugural le afin de réaliser les essais du Radar Doppler Multimode (RDM) et des différents systèmes embarqués (navigation, attaque, etc.). Transféré au CEV le , il participera à divers essais jusqu'à son dernier vol en 1988.

Le Mirage 2000-04 fait son vol inaugural le , avec le système d'armes complet. Transféré au CEV le , il participera à divers essais jusqu'au début des années 1990.

Une version biplace (), destinée à l'entrainement mais devant garder toutes les capacités opérationnelles, est demandée dès 1977. Pour installer le second poste de pilotage, les canons de calibre et certains équipements électroniques sont supprimés, tandis que la capacité interne en carburant est légèrement réduite. Destiné à l'instructeur, le poste arrière lui permet de surveiller les actions de l'élève installé en place avant et de piloter l'appareil en cas de besoin. Certaines actions, par exemple la sélection des armements, ne sont cependant possibles qu'en place avant. Dans le cas d'une utilisation opérationnelle, un seul pilote est installé en place avant et les équipements électroniques manquants sont installés dans le poste arrière - sans avoir à démonter le siège.

Le prototype Mirage 2000-B01 fait son premier vol le , et est transféré au CEV le . Il participe à de nombreux essais, notamment pour valider la formule biplace et l'emport du missile Air-sol moyenne portée (sigle ASMP) ; puis plus tard afin de tester les équipements destinés au Mirage 2000-5. L'avion est retiré du service en 1996.

Dès 1979, l'armée de l'Air française avait commandé une version biplace destinée d'une part, à la pénétration tout-temps à basse altitude avec le missile nucléaire ASMP (alors en développement) et, d'autre part, aux missions d'attaque au sol et bombardement classique. Désignée « », cette version dispose d'un système de navigation et d'attaque (SNA) basé sur le radar Antilope V, doté d'un mode suivi de terrain (SDT) qui permet la détection du terrain dans le plan vertical à et le vol en mode automatique ou manuel à () d'altitude et ().

Sur le plan structurel, la voilure du Mirage 2000N est quasiment identique à celle des Mirage 2000C/2000B, et le fuselage est directement dérivé de celui du Mirage 2000B avec des différences d'aménagement interne liées aux équipements spécifiques embarqués. Le poste de pilotage arrière est occupé par un navigateur officier systèmes d'armes (NOSA, équivalent du des pays anglophones), qui dispose néanmoins des commandes lui permettant de piloter l'avion.

Le premier prototype Mirage 2000 N01 fait son vol inaugural le et effectue de nombreux essais pour valider les différences avec le Mirage 2000B, l'emport et le largage d'armements, ainsi que le SNA et le SDT. L'avion vole jusqu'en , et sera réutilisé par la suite pour les essais du Mirage 2000D (voir ci-dessous).

Le second prototype Mirage 2000 N02 fait son vol inaugural le : les souris d'entrée d'air sont désormais fixes (limitant la vitesse à ), tandis que les systèmes de CME et d'autoprotection sont améliorés. Destiné à valider les procédures spécifiques d'emploi du missile ASMP, l'avion vole jusqu'à fin et sera lui aussi ré-utilisé par la suite pour les essais du Mirage 2000D (voir ci-dessous).

À la fin des années 1980, l'armée de l'Air française lance le développement d'une version capable de larguer des bombes guidées laser et des missiles air-sol par tous les temps, tout en conservant la capacité ASMP. Désignée « Mirage 2000D », cette version est dérivée du Mirage 2000N avec des systèmes de navigation, d'attaque, et de suivi de terrain améliorés, des modifications de capteurs et d'antennes, un renforcement de la structure afin d'emporter des charges plus lourdes, et l'ajout d'un lance-leurres sur le dos. L'avion est également capable d'embarquer des nacelles de désignation laser.

Le premier prototype Mirage 2000 D01 (ex-Mirage 2000 N01 modifié) fait son vol inaugural le pour commencer la validation des nouveaux systèmes embarqués. Il est suivi un an plus tard par le second prototype Mirage 2000 D02 (ex-Mirage 2000 N02 modifié, premier vol le ).

L'expérience opérationnelle fait apparaître le besoin d'un plus grand emport en carburant et d'une plus grande capacité en mode air-air. À la suite d'un nouvel appel d'offres de la DGA, sont transformés en . Cette nouvelle version intègre de nouvelles technologies et des fonctionnalités souvent dérivées de celles du Rafale, principalement le multifonction capable de détecter simultanément et de suivre huit cibles dont quatre en mode prioritaire, avec une capacité de détection en mode air-air portée à contre pour le RDI ( pour le RDM), l'ajout de quatre points d'emport MICA qui permettent de tirer jusqu'à six missiles en mode « tire et oublie », sans avoir recours à la liaison de données. Le est optimisé pour les opérations d'interception à haute altitude et à des vitesses supersoniques ( à ), avec son moteur Snecma M53-P2, sa masse maximum au décollage est portée de . Le possède un système interne et intégré de contremesures électroniques, comprenant un détecteur de menaces avec des lance-leurres électromagnétiques ou infrarouges.

Cette rénovation a aussi permis de récupérer les 37 radars RDI remplacés par le RDY et de remettre à niveau les qui avaient été livrés avec le radar RDM.

Deux versions légèrement différentes, appelées « » et « », dotées de capacités multirôles (possibilité de configuration mixte air-air/air-surface), ont été dérivées du et commandées par la Grèce et les Émirats arabes unis (EAU) respectivement.

Mise en service Le premier Mirage 2000C de série fait son vol inaugural le , équipé du et d'un radar RDM. Les livraisons à l'Armée de l'air française commencent début 1983 et, en de cette même année, pilotes et mécaniciens de l'escadron de chasse 1/2 Cigognes commencent leur formation. Le , jour du cinquantième anniversaire de la création de l’Armée de l’air, huit Mirage 2000C et quatre Mirage 2000B effectuent leur transfert officiel vers leur base d'origine, la base aérienne 102 Dijon-Longvic. Les deux autres unités de la de chasse sont déclarées opérationnelles en (EC 3/2 Alsace) et (ECT 2/2 Côte d'Or).

Le premier Mirage 2000N de série fait son vol inaugural le , capable seulement de missions nucléaires ASMP limitées. Les livraisons à l'Armée de l'air française commencent début 1987 et, en de cette même année, pilotes et mécaniciens de l'escadron de chasse 1/4 Dauphiné commencent leur formation. Le , les premiers Mirage 2000N rejoignent leur base d'origine, la base aérienne 116 Luxeuil-Saint Sauveur. Les premiers escadrons sont déclarés opérationnels en (escadron de chasse 1/4 Dauphiné) et (escadron de chasse 2/4 La Fayette).

Le premier Mirage 2000D de série fait son vol inaugural le et l'escadron de chasse 1/3 Navarre est déclaré opérationnel fin 1993, suivi par l'escadron de chasse 3/3 Ardennes mi-1994.

Versions vignette| C/B/D/N/-5 Armée de l'air. À l'origine développé pour être un avion d'interception et de supériorité aérienne, le a été ensuite commercialisé en différentes versions :

Mirage 2000B Version biplace d'entraînement.

Mirage 2000B S3, à 514 : 14 biplaces équipés de radars RDM, de moteurs M53-5 et armés de missiles air-air R550 Magic II, de missiles air-air Super 530F ; Mirage 2000B S4, à 520 : 6 biplaces équipés de radars RDI J1-1 et de moteurs M53-5 ; Mirage 2000B S4-2, à 522 : 2 biplaces équipés de radars RDI J2-4 et de moteurs M53-5 () et M53-P2 () ; Mirage 2000B S5, à 530 : 8 biplaces équipés de radars RDI J3-13 et de moteurs M53-P2.

Le premier Mirage 2000B de série (n° 501) a été livré au CEV en , où il a été utilisé pendant 40 ans pour des essais de systèmes embarqués destinés au Mirage 2000C puis au Rafale. Il était équipé d'un réservoir ventral de Mirage III modifié pour emporter non plus du carburant mais des équipements de mesure, et a reçu un réacteur M53-P2 en 2009. Cet avion a fait son dernier vol le .

En France, les 7 derniers Mirage 2000B S5 encore en service sont stationnés sur la base aérienne de Nancy-Ochey depuis l'été 2022..

Mirage 2000C Version monoplace utilisée pour la défense aérienne et entrée en service en à l'escadron de chasse 1/2 Cigognes de la base aérienne 102 Dijon-Longvic. Appareils RDI S5 encore en service pouvant, depuis 2016, embarquer quatre bombes. Ils sont stationnés sur la base aérienne d'Orange-Caritat. L'escadron de chasse 2/5 Île-de-France exploite les 12 derniers Mirage 2000C qui sont retirés du service le .. Quatre appareils effectuent le dernier défilé du Mirage 2000C le : Mirage 2000C (RDM) : version intérimaire équipée du radar RDM (le radar RDI prévu n'était pas encore disponible) et du moteur M53-5 ; Mirage 2000C S1, à 15 : équipés de radar RDM et armés de 2 missiles air-air Matra R550 Magic puis Magic II (à partir de 1985) en externe voilure (Magic II jusqu'à l'apparition du MICA pour les 2000-5 et plus tard sur les 2000D modifiés) et de 2 canons DEFA de (pour tous les monoplaces : 2 canons types 30-550-F4, avec une cadence de tir nominale de 1800 à 2000 coups/min et cadence lente possible de 1150 à 1300 coups /min, 125 cartouches lovées dans un caisson pour chaque arme) ; Mirage 2000C S2, à 19 : équipés de radars RDM à capacité « » (détection vers le bas) améliorée ; Mirage 2000C S3, à 37 : capables de tirer également des missiles air-air Super 530F ; Mirage 2000C (RDI) : version « définitive » équipée du radar RDI et du moteur M53-P2 à double flux et postcombustion ; Mirage 2000C S4 : à 48, équipés de radars RDI J1-1 et capables de tirer des missiles air-air Super 530D ; Mirage 2000C S4-1 : à 63, radars RDI J1-2 ; Mirage 2000C S4-2 : à 74, radars RDI J2-4 ; Mirage 2000C S4-2A : passage au standard des S4, S4-1 et S4-2 avec un radar RDI J2-5 ; Mirage 2000C S5 : à 124, radars RDI J3-13 ;