Le saintongeais est un dialecte de la langue poitevine-saintongeaise, langue romane qui fait partie de la famille des langues d’oïl, qui comprend également le français.
Le saintongeais (saintonjhais) est la langue vernaculaire parlée dans les anciennes provinces d'Aunis, Saintonge et Angoumois. On l’appelle aussi le charentais ou encore le patois charentais. Les locuteurs sont dits patoisants.
Associé au poitevin au sein du poitevin-saintongeais, le saintongeais a été énuméré dans la liste des langues de France de la DGLFLF distinctement du poitevin entre 2007 et 2010. Depuis, il figure comme variété linguistique sous le libellé suivant : « poitevin-saintongeais, dans ses deux variétés : poitevin et saintongeais »Site de la DGLFLF Délégation générale à la langue française et aux langues de France, service du ministère de la CultureDGLF - Ministère de la Culture.
Le saintongeais a fortement influencé l’acadien et en conséquence, par « ricochet », le cadien ; quant au québécois, il a été influencé par des langues telles que le normand, le francien et le poitevinAu , c'est près de la moitié de la population acadienne qui a une souche poitevine et saintongeaise. Le français d'Acadie a conservé, malgré tout, une grande originalité par rapport au québécois en raison précisément de ses origines poitevines et saintongeaises. Au niveau phonétique, le nombre de traits dialectaux conservés est supérieur à celui du Québec, surtout dans les communautés de la vieille Acadie, en Nouvelle-Écosse et à l'île du Prince Édouard, et qu'en particulier le [jh] saintongeais s’y est maintenu jusqu'à nos jours..
Répartition géographique thumb|alt=Carte représentant l'aire linguistique du Saintongeais dans les Charente et le Nord-Gironde|Aire linguistique du Saintongeais
L’aire du saintongeaisPour une analyse plus précise voir Éric Nowak (2010). Histoire et géographie des parlers poitevins et saintongeais. Cressé: Éditions des Régionalismes . couvre la quasi-totalité du département de la Charente-Maritime (sauf l'extrême nord : île de RéAlbert Dauzat (Les Patois, 1927, p. 142) parle de la limite : « entre les îles de Ré (parlers poitevins) et d’Oléron (parlers saintongeais du sud) »Raymond Doussinet (Le Parler savoureux de Saintonge, 1958, p. 21) : « L’île de Ré se rattache plutôt au patois poitevin, l'île d’Oléron au patois charentais », nord de l'AunisBrigitte Horiot (Les parlers du Sud-Ouest, dans : Français de France et Français du Canada : Les parlers de l’Ouest de la France, du Québec et de l’Acadie, Centre d’Études Linguistiques Jacques Goudet, Université Lyon III, 1995, p. 226) parlant du secteur compris entre L’Ile-d’Elle, Courçon-d’Aunis, Péré, Saint-Marie-de-Ré et Les Portes-en-Ré, écrit : , région de Surgères et pointe de Saintonge montant vers Frontenay-Rohan-Rohan, régions de Loulay et d'AulnayRaymond Doussinet (Le paysan charentais dans ses bots, 1963) dans la carte du « patois saintongeais » qu’il met en première page de son second ouvrage (Le paysan charentais dans ses bots, 1963) indique la mention « zone de transition » entre d’une part les localités de Tonnay-Boutonne et de Saint-Jean-d’Angély (à tendance saintongeaise) et d’autre part les localités de Surgères, de Loulay et d’Aulnay (à tendance poitevine)Un texte de Raoul Coutin, en parler de la région d’Aulnay, parue dans le journal Le Subiet en 1978, est présentée comme étant en « Parler poitevin d’Aulnay-de-Saintonge » : Coutin Raoul (alias : Tinra l’coup), Les aventures dau chéti : Le sourcer, dans : Le Subiet, Mars-Avril 1978.), l'ouest et le centre du département de la Charente (sauf le nord-ouest : RuffécoisPaul Dyvorne (de Cozes en Charente-Maritime : Folklore saintongeais, 1935, p. 44) : « Dans le Confolentais, c’est le patois limousin que parlent les paysans ; à l’est d’Angoulême, c’est celui du Périgord ; à Ruffec, celui du Poitou. Dans l’Angoumois du sud, vers Cognac et Barbezieux, l’idiome saintongeais est seul en faveur». Brigitte Horiot (Les parlers du Sud-Ouest, dans : Français de France et Français du Canada : Les parlers de l’Ouest de la France, du Québec et de l’Acadie, Centre d’Études Linguistiques Jacques Goudet, Université Lyon III, 1995), qui rattache implicitement le Ruffécois au domaine poitevin lorsqu’elle remarque que la description lexicale du domaine de l’ALO (Atlas Linguistique de l’Ouest : Poitou, Aunis, Saintonge, Angoumois) montre qu’. Et sur un sujet connexe : Léo Ganachaud (d'Ambérac en Charente : Lée Bitons chérentais : Ambérac, mon pays !, 1949) : « La région de Ruffec a plutôt les coutumes poitevines que charentaises, et là, pas de bons repas sans qu’au dessert arrive le tourteau fromageou. », et bordure d'oïl du Confolentais : Le Bouchage et Pleuville en partieLes écrits de Jean-François Migaud (originaire de Pleuville, commune de la bordure d'oïl du Confolentais), sont présentés, dans le journal Le Subiet dans les années 1980, comme étant en « poitevin méridional ». On retrouve cette mention « poitevin méridional » par exemple dans ces deux œuvres de Jean-François Migaud : Que l’bon Dieu nous eûy’de !!! (dans Le Subiet de novembre-décembre 1985) ; Saint-Piarre et la Chabre (dans Le Subiet de novembre-décembre 1989).), le nord du département de la Gironde avec son Pays Gabay (comprenant la totalité des anciens cantons de Saint-Ciers-sur-Gironde, Blaye, Saint-Savin et Guîtres, la quasi-totalité de l’ancien canton de Coutras, la moitié nord de l’ancien canton de Lussac et l’extrémité nord des anciens cantons de Bourg, Saint-André-de-Cubzac, Fronsac et Libourne)Édouard Bourciez, Recueil des idiomes de la région gasconne, 1895. [Manuscrit]. Et : Freddy Bossy, Pour une approche linguistique des gavacheries, 1978. et ses enclaves saintongeaises de la petite Gavacherie autour de Monségur dans l'Entre-deux-Mers(débordant sur le Lot-et-Garonne) et autrefois du VerdonCh. de Tourtoulon et O. Bringuier, Étude sur la Limite de la langue d’oc et de la langue d’oïl, 1876. [Premier rapport à monsieur le ministre de l’Instruction publique, des Cultes et des Beaux-Arts], et enfin l'extrême Ouest de la Dordogne aux alentours de La Roche-Chalais.
Classification
thumb|Les langues d'oïl selon Henriette Walter (1988). thumb|Les langues d'oïl selon Marie-Rose Simoni-Aurembou (2003).
Depuis 1831Coquebert de Mombret : Essai d'un travail sur la géographie de la langue française, dans Mélanges..., 1831 : « bien que les habitans de la Haute-Bretagne (auxquels les bretons bretonnants donnent le nom de Gallots) ne parlent pas un français bien pur, on ne peut mettre le leur au rang des patois proprement dits, puisque les expressions qui le caractérisent se retrouvent dans les auteurs du tels que Rabelais […]. Mais à quelques distance au-delà de la Loire commence le patois poitevin usité dans les départements de la Vendée, des Deux-Sèvres, et de la Vienne, et auquel succède, comme simple variété, le patois saintongeois en usage dans la partie orientale [erreur : il voulait évidemment écrire : occidentale] des deux départements de la Charente […]. À l’est du pays occupé par le patois poitevin se trouve le Berri qui n’a pas de patois particulier .» copie numérisée sur Google Livres, et même dès 1640Edward Brerewood, Recherches curieuses sur la diversité des langues et religions, par toutes les principales parties du monde, 1640 : ., le saintongeais est associé au poitevin au sein d'une même langue poitevine-saintongeaise, association confirmée par les publications d'universitaires des universités de LiverpoolAdolphe-Louis Terracher(né à Vindelle près d’Angoulême en Charente), La rencontre des langues entre Loire et Dordogne, dans : Le Centre-Ouest de la France, encyclopédie régionale illustrée, AngersA.-D. Poirier (professeur de philologie romane à l’université catholique d’Angers), Éléments d’unité : le parler, le folklore, l’art, dans La Revue du Bas-Poitou, 1941 : « Dans le Haut-Poitou, comme dans la Vendée, comme dans l’Aunis, la Saintonge et l’Angoumois, les mêmes termes, issus du dialecte, se retrouvent [...], avec la même physionomie, je pourrais dire, le même costume, en tout cas avec un air de proche parenté qu’un œil exercé saisit au passage. » , Poitiers Jacques Pignon, linguiste poitevin professeur à l'université de Poitiers (natif de Latillé dans la Vienne), L’évolution phonétique des parlers du Poitou, 1960. Liliane Jagueneau, linguiste poitevine (née à Ulcot près de Thouars en Deux-Sèvres) professeur de poitevin-saintongeais et d’occitan à l’université de Poitiers, dans Les Traits linguistiques du poitevin-saintongeais, dans : La langue poitevine-saintongeaise : identité et ouverture, écrivait en 1994 « Tout d’abord le poitevin-saintongeais correspond aux cinq départements de Poitou-Charentes-Vendée, auxquels s’ajoute une partie du nord de la Gironde, le pays gabaye. […] les points du domaine poitevin-saintongeais sont suffisamment proches dans l’analyse (distance linguistique faible) pour être considérés comme formant un ensemble cohérent. Il n’apparaît pas en effet de partition entre la Vendée et Poitou-Charentes, ni entre l’ensemble de la façade maritime et l’intérieur, ni entre le nord et le sud […]. […] il existe des différences entre le nord et le sud, mais elles sont moins nombreuses que les ressemblances. »,