Millebosc est une commune française située dans le département de la Seine-Maritime en région Normandie. Géographie Localisation

vignette|redresse|Les congères en hiver 1954.

Une clairière au cœur de la forêt d'Eu À de Gamaches et à de la ville d'Eu.

Le relief de Millebosc est tourmenté pour la région : de 49 à 159 m d'altitude. Le sous-sol est constitué d'une couche de craie du Crétacé de plusieurs dizaines de mètres : (le puits du village a dû être creusé jusqu'à 90 m) qui affleure dans les pentes ou sur les buttes. Les sols peuvent être faits des argiles rouges de décalcification (à cailloux) consacrées aux herbages ou de "pastilles" de limons éoliens favorables aux cultures. Les sols trop pentus ou trop ingrats ont été gardés en forêt sous l'autorité des comtes d'Eu. Actuellement la forêt a le statut de forêt indivise et le village le statut de village forestier.

Le climat de ce point haut du petit Caux est plutôt rude : pluvieux et venteux en hiver. En 1954, des congères de neige ont bloqué le village pendant une semaine ; tous les hommes du village ont dû conjuguer leurs efforts pour en dégager les accès à la pelle.

Des trous énigmatiques dans le sol

Dans les champs au , il est arrivé souvent que le sol se soit dérobé sous le poids d’un lourd charroi. Dans ces situations, les Daumalle et les Garret perdirent même des chevaux. Le pays de Caux n’a pas le relief karstique des Causses : pas de circulation souterraine de l’eau qui puisse y générer la formation de grandes cavités souterraines : ces trous dans la craie ont été creusés par l’homme.

Certes, de grandes quantités de craie ont été de longue date prélevées pour être épandues en surface des champs pour corriger l’acidité excessive des limons : les Gaulois connaissaient déjà les vertus du marnage. Mais il y a sur le territoire forestier assez de pentes raides sur le flanc desquelles la craie affleure déjà (les marnières). La difficile exploitation souterraine de la craie avait des justifications plus impérieuses que le marnage :

dès le néolithique, l’homme préhistorique exploitait des lits souterrains de silex, matériau nécessaire pour tailler les pierres qui devenaient ses armes ou ses outils. Ce fait est attesté par les préhistoriens à Flixecourt (80) où de tels ateliers ont été retrouvés. à l’époque de la construction des églises, les besoins en pierre de taille se font sentir. Pas question de transporter sur de grandes distances de lourds blocs de roches : il faut se contenter de la craie locale en recherchant en profondeur des gisements de bonne qualité. La mésaventure de René Dabovalle, survenue il y a une vingtaine d’années seulement, nous éclaire sur la configuration de ces carrières. Cette fois-là ce n’était pas un cheval qui s’était enterré dans un champ mais un veau évadé. Après l’effondrement, la bête était emprisonnée au fond d’un grand trou sur les flancs duquel s’ouvrait l’entrée d’une galerie : dans son affolement, le veau tenta de se réfugier dans cet abri inattendu et notre éleveur dut faire une courte course avec son bestiau à l’entrée d’une galerie d’exploitation minière de craie abandonnée depuis pas loin d’un millénaire.

Ce n’est peut-être pas un hasard si c’est dans la plaine de la Cour du Bosc que le plus grand nombre d’éboulements a été constaté dans les champs : une aïeule a donné le chiffre de 17. En effet les deux grands chantiers du début du second millénaire – l’église de Millebosc et le prieuré de Saint-Martin- étaient sous la même autorité religieuse : celle de l’abbaye du Bec Hellouin, qui possédait aussi le domaine de la Cour du Bosc ; site où aurait pu être constitué un centre commun d’exploitation d’une carrière souterraine.

Mais l’existence de cavités dans le sol à proximité immédiate de deux constructions du village demande une autre explication : pas besoin d’être grand architecte pour savoir qu’il serait néfaste de faire voisiner les fondations d’une bâtisse avec les galeries d’une carrière.

vignette|redresse|Entrée de tunnel de la Cour du Bosc.

À ce sujet, les Dumont, maçons du village, avaient été impliqués dans deux curieux évènements :

Dans les années soixante, Robert Dumont est en train de consolider le sol de l’autel de l’église de Millebosc quand un coup de pioche éventre une cavité voûtée : crypte ou amorce de souterrain ? Il rebouche tout cela. Quelques années plus tard, son équipe travaille à côté de la citerne de la Cour du Bosc quand le sol se dérobe sous ses pieds : ses compagnons le sortent de cet éboulement à grand-peine. Juste à côté subsiste encore de nos jours la descente de cave de la maison Dabovalle qui chemine sous plusieurs arcades romanes millénaires : entrée de souterrain ?

De là vient la légende villageoise de l’existence d’un souterrain reliant l’église de Millebosc au domaine de la Cour du Bosc.

Hydrographie La commune est située dans le bassin Seine-Normandie. Elle n'est drainée par aucun cours d'eau..

vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de MilleboscLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. et est dans la région climatique Côtes de la Manche orientale, caractérisée par un faible ensoleillement () ; forte humidité de l’air (plus de avec humidité relative > 80 % en hiver), vents forts fréquents.. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune d'Oisemont à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Millebosc est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction d'Eu, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (57,2 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (57,2 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (50,8 %), forêts (39,3 %), prairies (6,4 %), zones urbanisées (3,5 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie Les premières dénominations connues du village : Apud Crena puis CrennesPascal Pradié - Chronique des abbés de Fontenelle (Saint-Wandrille)- Les Belles Lettres - 1999 - page 245. sont celles de la famille fondatriceSelon Duplessis, le nom de Crènes ou Crevers aurait été signalé jusqu'en 1570. : une famille assez aisée puisque plusieurs de ses membres seront donateurs pour l’établissement en 1106 du prieuré de Saint-Martin actuellement sur le territoire d'Incheville.

Le nom de la localité est attesté sous les formes « In territorio ville in Mediobosco » en 1255., in Medio Bosco en 1330, villa in Medio Bosco en 1431, la « ville au milieu des bois », Millebos 1449, Emmy le Bos 1494Les noms de communes et anciennes paroisses de Seine Maritime : François Beaurepaire, Google books,

Hameaux : la Cour du Bosc, la Plattemare, la Bouillarderie. Bois : bois de Longroy, bois de Saint-Martin, bois de la Bouillarderie, bois de la Cour du Bosc et massif du Triage de la forêt d'Eu. Vallons : le Fond de Forêt, la Vallée Mayeux, le Fond des Bœufs: Le lundi de Pentecôte 1936 un invraisemblable orage y provoque la formation d'un torrent qui charrie terre et branchages et emporte sur des centaines de mètres le carcahoux dans lequel les amoureux Gisèle et Louis seront noyés. Chemins et routes : carrefour du Camp Catin, chemin des Fonds, chemin du Mont Blanc, poteau du Hêtre des Princes, rond de Nemours, rond du Père des Familles, route Adélaïde, route du Hêtre des Princes, route Tournante, Croix du père Anthime (Anthime Delépine devait être bon chrétien : Il avait participé pour 20 francs (la plus forte participation après celle du comte de Paris et du maire) à la souscription pour la nouvelle cloche du village). Autres toponymes : l'Anglée, le Cronquelet et le Quesnot. gauche|vignette|redresse |La croix du père Anthime. centré|vignette|redresse |Croix du Fond des Bœufs.

Histoire Premières traces d'occupation humaine pérenne Quelques monnaies romaines trouvées dans deux des " lentilles" limoneuses fertiles du terroirrevue numismatique 1895 p 99 Google books UNiversité de Virginie :

- des sesterces gallo-romaines dans les champs qui font face à la Bouillarderie.

- un aureus de Marc-Aurèle au lieu-dit le Quesnot, sur la route de Guerville.

Mais les hordes Franc vont bientôt déferler sur la Gaule-Belgique et incendier vers 300 le théâtre aux gradins de bois de Briga : la ville gallo-romaine située au Bois l'Abbé, sur les hauteurs de la ville d'Eu. Les Mérovingiens, qui leur succèdent, laisseront la trace d'un de leurs cimetières sur le proche coteau de la Bresle, à Longroy. À la fin du premier millénaire, les Nord-men multiplient les raids et les pillages sur la zone côtière de la Seine à la Flandre. Le roi carolingien Louis le Germanique réussit un temps à les repousser en les battant sévèrement dans le Vimeu voisin, à Saucourt-en-Vimeu, mais pour avoir la paix, il faudra laisser la Normandie, de la Bresle au Mont Saint-Michel. Millebosc n'existe pas encore ; tout juste quelques petites clairières dans une grande forêt hostile. Les premières dénominations connue du village : Apud Crena puis Crenes sont celles de la famille Crenes : une famille assez aisée puisque plusieurs de ses membres seront donateurs pour l’établissement en 1106 du prieuré de Saint-Martin actuellement sur le territoire d’Incheville.

Au temps des Croisades, la création de clairières de défrichage