Veauville-lès-Quelles est une commune française située dans le département de la Seine-Maritime en région Normandie. Géographie Localisation Veauville-lès-Quelles est un village du pays de Caux.
C'était au dernier recensement une commune de (580 en 1851) sur à d’altitude, à 49° 44’ 40 de latitude nord et 0° 42’ 34 de longitude est, en Caux maritime.
Hydrographie La commune est située dans le bassin Seine-Normandie. Elle n'est drainée par aucun cours d'eau..
vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Veauville-lès-QuellesLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. et est dans la région climatique Côtes de la Manche orientale, caractérisée par un faible ensoleillement () ; forte humidité de l’air (plus de avec humidité relative > 80 % en hiver), vents forts fréquents.. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune d'Ectot-lès-Baons à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Veauville-lès-Quelles est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (96,3 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (96,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (68,4 %), prairies (19,6 %), zones agricoles hétérogènes (8,3 %), forêts (3,7 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie Le nom de la paroisse est mentionné Wialvilla (sans date), Wiauvilla que dicitur la Willame d'Escalles en 1235 (d'après Guillaume d'Escales, seigneur du lieu), Veauville d'Escalles en 1337. ; Veauvilla d'Esquelles en 1465. ; Veauville lesquelles et Veauville l'Echelle en 1648 et 1738 (Pouillé).
Il s'agit d'un type toponymique en -ville au sens ancien de « domaine rural », précédé du nom de personne anglo-saxon ou norrois Wifel, fréquemment attesté en Angleterre, ex. : Wivelsfield (Sussex) et au Danemark dans Vilsback (Wivaelsbaec 1231), comprendre l'ancien norrois Vífill / Vifill qui se perpétue dans les prénoms islandais Vífill, norvégien Vivil, féroïen Vívil. Cette hypothèse est basée sur l'homonymie avec Veauville-les-Baons, autre commune du pays de Caux, attestée plus anciennement sous la forme Wivelvilla vers 1050, ainsi que sur l'évolution phonétique analogue du premier élément : Wialvillam 1195.
La forme Veau- est liée à l'interprétation de Viau-, comme « un veau » en dialecte.
Le déterminant complémentaire lès-quelles est une mauvaise graphie par mécoupe de l'Escalles, attesté en 1337 avec d’ : Veauville d’Escalles. Il rappelle l'ancienne famille d'EscalesC'est Willame descales (Guillaume d'Ecalles) qui est à l'origine du toponyme de Veauville-lès-Quelles. qui précéda les La Rive, connus aux , et qui ont fourni des maires à la ville de Rouen. Il s'agit à l'origine d'un toponyme, Escalles, pluriel roman issu d'un pluriel anglo-scandinave en /s/, du norrois skáli « chalet, habitation » les nombreux Scales en Angleterre et les toponymes en -skáli islandais.
On retrouve skáli dans quelques toponymes normands comme Écalles-Alix, Villers-Écalles, Touffrécal, Foucart-Escales, aujourd'hui Foucart, etc. On rencontre aussi exceptionnellement des exemples dans le Boulonnais et le Calaisis, régions ayant connu une colonisation saxonne, mais pas ailleurs.
En 1953, la nomenclature INSEE ajoute un accent grave à les > lès, accent qui n'a pas lieu d'exister puisque Quelles n'est en rien un toponyme où le déterminant lès signifierait « à côté de »Christian Guerrin, « Les compléments toponymiques dans les noms de communes de Seine-Maritime » [article] in Nouvelle revue d'onomastique, Année 2000, page 317. Déville-lès-Rouen.
Histoire Le nom d’Escales rappelle l’ancienne famille d’Escales qui précéda les La Rive, connus aux et s, et qui ont fourni des maires à la ville de Rouen.
Thomas La Rive (Ripa en latin médiéval) seigneur de Veauville et de Herville, possédait la première portion de la cure. La seconde appartenait à Lucas La Mallet, seigneur d’Auffay. En 1250, Guillaume de Houdetot, marié à de Ripa, devint le seigneur de Herville et de Veauville.
En 1381, Richard de Houdetot, chevalier chambellan du roy, bailli de Rouen, remit la possession de ces trois seigneuries. Le demi-fief d’Oherville était un démembrement du fief de Veauville, dont il continua à relever jusqu’au , époque où l’aveu en fut rendu au roi.
En 1820, le hameau d’Attemesnil, actuellement sur le territoire de Carville-Pot-de-Fer fut rattaché provisoirement à Veauville. La population passa à .
Vie économique À Veauville, comme ailleurs en pays de Caux, on trouvait des maisons de tisserands. En effet, jusqu’au début du , le tissage se pratique à domicile. Les tisserands fabriquaient des tissus à partir du lin du plateau et de l’élevage de la vallée. Le lin cultivé était roui puis « écouché » ou teillé au moulin flamand.
Du côté nord, le métier était souvent installé au fond de la grande pièce de la chaumière (la « chambre à cacher »). Il était éclairé par des « verrines », petites vitres encastrées entre les colombes et scellées avec du terrage (torchis). De l’aube aux dernières lueurs du jour, les tisserands manœuvraient les navettes (« les cacheux d'navettes »), assis sur une planche de bois posée sur les montants du métier. Ces métiers à tisser rustiques étaient très souvent fabriqués par les menuisiers locaux. Peu à peu, ces tisserands ont émigré vers les vallées industrialisées du secteur ; les filatures et usines de tissage ont remplacé les métiers qui ont disparu définitivement vers 1935.
Les produits finis étaient portés chez des collecteurs à Anvéville, Envronville, Beuzeville qui livraient les tissus dans les grandes villes voisines voire les pays frontaliers tels que l’Allemagne. En retour, les négociants passaient les commandes suivantes et fournissaient les écheveaux de fils nécessaires car les usines avaient déjà remplacé les fileuses à domicile.
Les navettes utilisées dans les chaumières étaient souvent en buis, les œillets et autres pièces métalliques en fer. Lorsque les navettes étaient endommagées, les tisserands les faisaient réparer. On y greffait des petites pièces du même bois pour les rendre à nouveau utilisables.
On tissait des siamoiseries ou siamoises, tissus dont la trame était en coton et la chaîne en lin, des mouchoirs, des draps pour les lits, des burnous
C’est pourquoi entre 1910 et 1950 les nombreux moulins de la vallée de la Durdent s’étaient reconvertis dans le teillage du lin ; de vieux fours abandonnés aujourd’hui, étaient utilisés pour rouir artificiellement le lin, c’est-à-dire isoler les fibres textiles du reste de la plante.
La vallée de la Durdent était au très active, commerciale et industrielle puisqu'en 1870, il fut demandé la construction d’une ligne de chemin de fer Yvetot - Cany suivant la vallée. C’est un autre tracé entre Beuzeville-la-Grenier et Fécamp qui fut retenu par l’administration des chemins de fer. Les « usiniers » de la vallée furent obligés de porter leurs produits ou retirer les marchandises à la gare dite de Grainville-la-Teinturière ou celle de Cany.
Les vieillards racontent que l’ancienne rivière de Saint-Valery, sortie des coteaux de Néville, fut bouchée avec des balles de laine, parce qu’elle était l’objet d’un culte idolâtrique. Ce qui ramène à l'élevage ovin que l'on pratiquait pour tisser également la laine dans la région, avant que celle-ci ne soit concurrencée par le coton, dont les ports du Havre et de Rouen sont devenus de grands importateurs à partir du .
Politique et administration Liste des maires
Jumelages
Intercommunalité Gérard Colin, maire de Veauville-lès-Quelles, est le président de la communauté de communes de la Côte d'Albâtre de 2008 à 2020.
Démographie
Culture locale et patrimoine Lieux et monuments L’église Notre-Dame. vignette|L’église Notre-Dame de Veauville-lès-Quelles. Elle a été reconstruite au en brique et silex, mais elle possède une façade à fronton du . Elle remplace un édifice antérieur du qui était consacré à saint Aignan.
On dit qu'un Clercy de Mathonville a dépensé près de de l’époque à l’embellissement de l’église. Le clocher est précédé d’un fronton grec, en pierre blanche, supporté par quatre colonnes de granit. Deux niches renferment saint Pierre et saint Paul, les gardiens de l’église. Le chœur et la nef forment la croix, dont les bras montrent les chapelles de la Sainte-Vierge et des Saints-Anges.
Le principal ornement de cette église est le maître-autel, en marbre noir et blanc. Le tabernacle, aussi de marbre, fermé avec une porte de cuivre, sert de piédestal à une grande statue en marbre de Notre-Dame, patronne de la paroisse. À droite et à gauche sont deux anges d’albâtre. Le chœur est fraîchement orné, marbré dans ses murs comme dans ses lambris ; le pavage est un échiquier noir et blanc. Le porte-christ est une guirlande finement sculptée sur bois, dans le goût des porte-christs du . Le baptistère est en marbre ; dans la nef est un tableau de la crucifixion, de l’école de Jouvenet.
Dans le cimetière, près du chœur, est la tombe commune de MM. J.-P. et A.-L. de Clercy, chevaliers de Saint-Louis et lieutenants-colonels, tous deux morts octogénaires, l’un en 1834, l’autre en 1842. Ce dernier étant le bienfaiteur de l’église.
Monsieur de Clercy de Mathonville avait réuni, dans le même endroit, le cimetière, l’église, la croix, le presbytère, la mairie et les écoles.