Niccolò Paganini, né le à Gênes et mort le à Nice, est un violoniste, altiste, guitariste et compositeur génois.

Par sa technique exceptionnelle, il a contribué à l'histoire du violon, mais également à intégrer la dimension virtuose dans l'art, dont il est un des représentants les plus célèbres, attirant à lui d'autres compositeurs romantiques, tel Liszt. Souvent qualifié de plus grand violoniste de tous les temps, il est également un compositeur réputé.

Même si l'ensemble ou presque des techniques modernes du violon n'est pas de son fait (staccato, trémolo, glissando, pizzicato de la main gauche, entre autres, sont dans les Capricci de Locatelli ou les duos de son maître Rolla), il a inventé de nouvelles façons de jouer du violon, en les rassemblant, il les actualise ou magnifie les effets déjà existants (trilles, double-cordes, démanché), lui donnant un nouvel élan ; la postérité considérant qu'il y a « un avant et un après » Paganini.

Biographie thumb|upright=1.5|alt=gravure : Gênes c. 1810|La ville et le port de Gênes, vers 1810, par Ambroise Louis Garneray.

Formation Niccolò Paganini naît dans une famille modeste et est baptisé à l'église San Salvatore, le lendemain de sa naissance. Pendant tout le la date erronée du 18 février 1784 était donnée par ses biographes dès 1830 (Peter Lichtenthal, Schottky, Fétis etc.) en raison d'une coquetterie de Paganini lui-même, voulant se rajeunir.. Il est le troisième fils d'Antonio Paganini, né en 1754., ancien dockerCourtier de commerce selon Paganini, ouvrier du port selon Fétis, simple facteur du port selon d'autres. Note de : dans son testament daté de 1817, le père se décrit ainsi : . (.) qui arrondit ses fins de mois en jouant de la mandoline., et de Teresa Bocciardo, tous deux amateurs de musique. Son frère aîné, Carlo (1778–1830), sera également violoniste. Il a deux sœurs, Nicoletta, âgée d'un an en 1782 (deux enfants morts en bas âge) et Domenica, née en 1788 Biographie de Paganini par Roberto Grisley (Responsable de la médiathèque de l'Accadémie Sainte-Cécile à Rome), sur le Dizionario Biografico de treccani.it.

Il apprend la mandoline avec son père à cinq ans. et, à la suite d'un songe de sa mère où elle l'avait vu jouant du violon en soliste et entraînant un orchestre, se met à étudier le violon deux ans plus tard, dressé par son père autoritaire qui le contraint à jouer du violon du matin au soir. et le prive de nourriture lorsqu'il ne s'applique pas suffisamment.. Il étudie ensuite avec un violoniste professionnel mal identifié, Giovanni Cervetto (ou Servetto) ; puis avec Giacomo Costa, premier violon de l'orchestre du théâtre et maître de chapelle à San Lorenzo. pendant trente leçons. , mais ne défendait pas sa manière . Il compose sa première sonate (perdue) à l'âge de huit ans et donne son premier concert six mois aprèsCharles Hertrich, Paganini ou « le mage du violon », Éditions des « Flambeaux », 1944, et 2 .. Il prend ses premières leçons de composition avec Francesco Gnecco et, à douze ans, donne des concerts dans les églises (San Agostino) et les cercles privés, où il est remarqué par le marquis et patricien génois Gian Carlo Di NegroGiancarlo Di Negro conservera toute la vie du musicien une bienveillance envers lui : par exemple le 6 octobre 1834, il publie une chanson à la gloire de Paganini dans la Gazzetta di Genova.. À la même époque, en 1795, il compose les quatorze variations sur La Carmagnole pour violon et guitare, pièce inspirée par la chanson de la Révolution française et destinée au public francophile de Gênes. L'œuvre constitue un précieux témoignage du style précoce de Paganini..thumb|left|Le violon de Paganini enfant, photographie de 1911.

Beaucoup de professeurs se succèdent au cours de la scolarité de Paganini. Le jeune élève étant trop doué, beaucoup ne sont pas à la hauteur. Il donne un concert en 1795 au théâtre San AgostinoLe 31 juillet 1795 selon la Gazzetta di Genova du 25 juillet : , pour financer ses frais de déplacement et d'études.. Recommandé à la famille du virtuose par le marquis Di Negro, ébahi par les prestations musicales de Niccolò, Paganini, treize ans, se rend chez Alessandro Rolla à Parme. Après que le jeune violoniste a déchiffré à première vue une œuvre inconnue, Rolla est tellement impressionné par sa technique exceptionnelle qu'il estime n'avoir rien à lui apprendre dans la technique du violon. Néanmoins, Paganini travaille avec lui plusieurs mois. En 1796, il découvre L’Arte del violino de Locatelli, qui contient vingt-quatre caprices pour le violon Alberto Cantù, « I tre Locatelli e Paganini », Nuova Rivista Musicale Italiana , 1988, . L'auteur y analyse les trois phases stylistiques de la carrière de compositeur de Locatelli, comparé avec celles de Paganini.. Avec la rencontre de August Duranowski (Auguste Frédéric Durant, violoniste polonais d'origine française), un peu antérieure, dont il apprend les effets brillants et populaires, il s'agit des deux influences qui jouent un grand rôle dans la formation de la technique violonistique de Paganini. La troisième est celle de Rodolphe Kreutzer, le principal disciple de Viotti, qui joue à Gênes en 1796 et 1797. Il lui est présenté par l'intermédiaire de Giancarlo Di Negro. et lui apporte un jeu au style noble et ample, caractéristique de l'école de Viotti. Avant la composition de ses propres concertos, ceux de Kreutzer, Viotti et Rode étaient à son répertoire courant et synthétisent les influences de l'école génoise de violon.. Le concerto de jeunesse désigné sous le numéro 6 montre bien ces influences, outre celle de la technique de Rolla.

En dehors de l'instrument, Paganini reçoit, sur la recommandation de Rolla, des leçons de composition (trois fois par semaine, durant six mois environ) par Ferdinando Paër (en passe de partir à Vienne), et surtout par Gasparo Ghiretti (1754–1797), lui-même violoncelliste et maître du précédent, qui a sans doute beaucoup compté dans la formation musicale. Dans une lettre de 1831 à Paër, alors parisien, Paganini signe. . Il compose vingt-quatre fugues à quatre mains et plusieurs œuvres de musique instrumentale, mais beaucoup des œuvres de cette période d'étude ne sont pas restées.. Parallèlement, accompagné de son père, il effectue des tournées de concerts dès l'âge de quinze ans. Lorsqu'il retourne à Gênes, fin 1796, il est déjà un compositeur accompli avec une excellente maîtrise de la théorie, de l'orchestration et du contrepoint.

En 1797, les troupes françaises arrivent à Gênes et la flotte anglaise fait blocus. Pour montrer l'étendue de son talent, il tente sa chance dans l'Italie du Nord : Livourne, Modène… où il arrive fin 1800 et se produit au théâtre Rangoni. Il joue des compositions écrites, mais s'attache à conserver un certain mystère sur ses techniques de jeu. Il est l'un des premiers musiciens à gérer sa carrière avec un sens certain de la publicité.

Lucques et tournées italiennes En 1801, âgé de dix-huit ans, Paganini s'installe à Lucques pour une dizaine d'années. Cette ville, qui peut se flatter d'une tradition musicale , se trouve occupée par la France depuis fin 1799. Il donne son premier concert lors du festival de Santa Croce, après un examen :

Cet usage de l'archet long et de la grosse armature de ses cordes trahit encore l'influence de l'école de TartiniSur le cordage spécifique de Paganini : Nicolò Paganini and gut strings par Mimmo Peruffo, sur ricerche.aquilacorde.comÀ moins de supposer que ce jeu sont des cordes de guitare, l'article de Mimmo Peruffo cite le témoignage de Carl Flesch, Die Kunst des Violinspiels [L'art du violon], 2 vol, Ries, Berlin 1924-28, qui écrit : .. Il est très applaudi lors du concert du dans la cathédrale, mais on lui reproche ses démonstrations peu orthodoxes d'homme et d'artiste, notamment quand, pendant le concert, il imite des cris d'animaux et émet d’autres sons bizarres, à la grande satisfaction d'un public hilare et conquis.. L'abbé J. Chelini s'en fait écho dans ses MélangesCité par . :

Outre ses talents de violoniste, il se consacre plusieurs années (1801–1804) à étudier la guitare. Il a écrit plus de cent pièces pour violon et guitare ainsi que pour guitare seule ; il est même capable de présenter des concerts dans lesquels il joue alternativement de ces deux instruments. En , il postule au rang de premier violon de l'orchestre lucquois. Sa nomination comme premier violon de l'orchestre républicain, où il joue avec Carlo, son frère aîné, également violoniste, est datée du .. Elle lui offre la stabilité matérielle ( par mois), avec obligation de former deux élèves. Il enseigne tous les instruments à archet, y compris le violoncelle, et fait adopter une méthode de contrebasse à Francesco Bendettini, le premier contrebasse de l'orchestre.. Ses talents pédagogiques sont confirmés par la suite. Il excelle aussi dans la direction d'orchestre, tâche alors demandée au premier violon-soliste..

thumb|left|alt=peinture : Élisa|Élisa Bonaparte par Marie-Guillemine Benoist, vers 1805 (musée de la villa Guinigi de Lucques). Mais lorsque Élisa (sœur de Napoléon) et son époux, le prince Felice Baciocchi, arrivent dans la principauté, Paganini se trouve « rétrogradé » en « premier violon des seconds violons ». Il est occupé à d'autres tâches : direction de l'opéra, « virtuose de la Chambre » , leçons à Felice Baciocchi, violoniste amateur à la Congregazione San Felice , et cérémonies officielles, où il doit porter un uniforme.

thumb|Kyoko Yonemoto, Caprice (2009). Vers 1805 environ (en tout cas avant 1818), il compose les Vingt-quatre Caprices pour violon seul, qui contribuèrent à développer le jeu de l'instrument par l'emploi du mélange des techniques pizzicato et arco, avec la particularité de faire son pizzicato de la main gauche, les doubles harmoniques.

Parmi de nombreuses œuvres pour violon et guitare, il compose une improvisation effectuée sur les seules cordes aiguë et grave (mi et sol) figurant, pour l'une, la femme, et, pour l'autre, l'homme, intitulée Scène amoureuse, que Neill qualifie de . Paganini raconte lui-même l'anecdoteCité par .. :

Élisa lui commande une autre composition, pour la fête de Napoléon, son frère. Il s'agit de sa première œuvre avec orchestre connue, datée entre 1805 et 1809., intitulée « Napoléon » et souvent appelée ensuite Sonata Napoleone . La composition se consacre pour la première fois à la corde de sol, la corde grave, qui est haussée d'une tierce mineure pour obtenir des effets impossibles autrement. Cette scordatura permet au musicien d'obtenir des . .

Une relation amoureuse avec Élisa est détaillée par le récit de Paganini à son fils Achille, rapporté dans un article paru en 1931Article paru dans Minerva, Turin, 1931 et paru en anglais dans : .. Edward Neill est circonspect sur les aspects de la vie sentimentale propre à alimenter les romans et rapporte qu'Élisa était connue comme la et poursuit en hypothèse, que c'est plutôt elle qui courtise Paganini, que le contraire.

Incipit du – thème repris par Liszt, Brahms, Rachmaninoff, Casella…

thumb|left|alt=gravure : La Scala|Le théâtre de la Scala à Milan.